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 Sauvez les chats.

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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Dim 14 Sep - 19:33

D’un œil vigilant et gourmand, Guillaume observait. Incroyable comme ce contact tendre et charnel arrivait à éveiller le corps tout entier. Ses lèvres contre les siennes, dans un baiser d’amour impudique et lubrique, cette passion corporelle qui soulève raz de marées, Guillaume épiait, plus que fasciné, absorbé par l’ondoiement qui avait pris Geetali, soumise à des sensations qui la prenaient pour la première fois. Et il s’accrochait, les mains à la hauteur des hanches, afin de ne réduire en aucune raison leur proximité. Se fondre à l’autre, c’est ce à quoi aspirait sans qu’il n’y songe même l’entièreté de son être. Aussi le feu commençait-il à prendre à son tour dans le bassin de Guillaume, on ne peut plus disposé à entrer dans la danse à son tour. Pourtant, il demeura fixé au bas ventre de Geetali, l’œil éveillé, allumé par quelque chose qu’il voyait venir sans regarder, dans un crescendo captivant. Paupières closes, Guillaume se concentrait sur ce qu’il avait à faire, s’infiltrant le plus profondément qu’il le pouvait dans ce ventre bouillonnant.

Une plainte, bien audible cette fois, s’introduit dans son monde, le faisant rouvrir les yeux et constater comme Geetali approchait ce grand silence, summum de la sensation, ce que lui convoitait à travers elle, ce qu’il ne cherchait qu’à provoquer. En faire don pouvait être presque aussi jouissant, et en faire don à Geetali, plus particulièrement, assurément le serait. Elle se cachait, mais lui ne cessait pas, au contraire. À nu! Il la voulait découverte complètement, livrée au pire des plaisirs qu’il lui infligeait. Porter le rôle du bourreau avait quelque chose de grisant et de différent de ce qu’il vivait habituellement. Maintes situations pouvaient mener à une forme d’échange des plus stimulants, dont la présente, indubitablement, faisait partie.

Guillaume ferma les yeux, prêt à s’abandonner au jeu auquel il s’adonnait depuis des minutes déjà, mais les rouvrit rapidement, la main de Geetali trouvant appui sur son épaule. Curieusement il eut l’impression de la retrouver. Il s’interrompit, se redressa et, une main de chaque côté du corps qu’il surmontait, un genou de chaque côté également, il s’avança sur elle, sans la toucher, ou l’effleurant à peine. Et là, nouvellement détaché d’elle, il la regarda, encore, en passant le bout de ses doigts sur un côté de son visage.
Une trêve dans le corps à corps, un moment pour reprendre son souffle et, pour s’ancrer dans ce moment. Il se souviendrait, assurément qu’il se souviendrait ce visage et les instants partagés, plus ou moins clairement peut-être, mais tout de même. Et ce baiser qu’il vola, un autre, en diminuant l’écart entre la peau de Geetali et la sienne, il s’en rappellerait également.

Malgré l’empressement qu’il avait deviné en elle un peu avant, Guillaume prit son temps. Il avait des jambes en métal, il devait faire avec et l’assumer. Et faire avec ne signifie pas faire moins bien. Et Geetali, savait-elle ce qui l’attendait vraiment? La première fois n’était pas nécessairement vouée qu’à la douleur, le Second s’en convainquait, et se le répéta une dernière fois en se couchant sur le côté, tout près de Geetali, à sa droite à elle. Passant un bras le plus près du milieu de son dos possible, y posant sa main, il l’incita à se tourner face à lui. Cette même main glissa alors jusqu’à la cuisse en une longue caresse et la fit remonter, s’élever pour que le genou atteigne son dos à lui, au-dessus de la fesse. De son côté, Guillaume plia sa jambe droite, amenant sa cuisse, épargnée par les chirurgiens, juste sous Geetali. Il se rapprocha, ses bras l’enlaçant, la tenant collée contre lui et, les yeux rivés aux siens, d’un mouvement de bassin, l’embrassa définitivement, et sans pourtant s’y plonger entièrement. Il détaillait son visage, l’expression qu’il y lirait, s’accrochant de son regard à ces traits, en fait, afin de ne pas se laisser aller aux pulsions qui demeureraient, malgré tout, dans ses hanches et ses reins, dans son dos, en lui, muselées par sa propre volonté.

Les vagues se succédèrent, dans une ondulation modérée, mais sur laquelle Guillaume éprouvait une certaine difficulté à se trouver en plein contrôle, cassant le rythme par moments, pris de court par l’instinct de l’envie. Sa respiration accélérée se mêlant à celle de Geetali qu’il pouvait sentir contre sa peau, il étouffait de désir.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Dim 14 Sep - 21:58

Un voile de buée devant les yeux, Geetali soutint tant bien que mal le regard de Guillaume, déglutit difficilement tout en essayant d’apaiser sa respiration devenue chaotique, mais aussi de faire taire cette frustration qu’elle avait elle-même engendrée. Quelque part, elle n’était qu’un moyen d’entretenir sa soif à merveille : il y aurait continuation jusqu’à trouver satisfaction ou plutôt, jusqu’à ce qu’elle acceptât de la trouver. Le répit, l’absence de contact, fut par conséquent bienvenue et le voile se dissipa quelque peu. La jeune femme put distinguer l’éclat rougeoyant qui parait les yeux de son premier amant, s’interrogeait : devait-elle chercher à y lire quelque chose ? Non. Tout ce qu’elle ressentait, c’était que cet éloignement s’avérait aussi intense qu’une caresse, concrétisait cette envie de lui tout entier. Parce qu’il était son contraire, parce qu’il représentait l’interdit… Désormais, elle doutait de ces motifs, mais s’y complaisait par facilité. Avec ce même empressement, Geetali cueillit les lèvres du Second, les dévorant comme elle l’avait précédemment dévoré des yeux, lui témoignant à quel point elle avait faim de lui.

Elle ne savait pas ce qui l’attendait, juste que ça viendrait bientôt, très bientôt, que ça pouvait être exquis comme cauchemardesque. Elle ne craignait pas nécessairement la douleur, mais plutôt que ça ne marcha pas avec lui qui prenait tant de soin à la soulager d’une anxiété tantôt vaguement présente, tantôt bien ancrée. Lorsqu’il glissa sur son côté droit, la jeune femme suivit son mouvement en tournant la tête, curieuse et attentive. Elle comprit vite ce qu’il attendait d’elle et se positionna à son tour sur le flanc, le laissant manipuler sa jambe qui, ensuite, telle l’évidence même, épousa confortablement la hanche de Guillaume. Un frisson parcourut son échine tandis qu’elle réalisait la proximité de leur deux corps – on ne pouvait être plus proche – elle pouvait le sentir pulser, brûler tout comme elle le faisait. Automatiquement, son bras droit s’enroula autour du torse offert, se fixant fermement à lui, tandis que le gauche s’était replié sous elle.
Geetali aurait pu montrer autant d’ardeur que Guillaume lors de cet échange rassurant de regard – comme l’était leur position – mais elle n’exprima qu’une stupeur certaine ; ses doigts se crispèrent sur la peau de la Sentinelle, la marquant, la griffant presque, sa lèvre fut sauvagement mordue afin de ne laisser échapper aucun cri, seulement un gémissement, et ses paupières se rabattirent sur les témoins trop sincères de sa douleur, deux billes rouges qu’une ou deux larmes avaient humidifiées. L’impression d’être beaucoup trop étroite, accrue par la manière dont elle se tenait, la submergea cruellement et faillit l’obliger à lui demander d’arrêter. Arrêter. Comment pouvait-elle seulement y songer ? Elle avait mal, mais en réalité, la douleur la surprenait bien plus par son caractère différent que par son intensité. Cette douleur emportait quelque chose avec elle, qui s’était jusque-là trouvé à l’intérieur, à l’abri. Ce n’était pas comme s’exploser le genou sur l’asphalte, ni comme un échec amoureux, c’était un vol, permis par elle de surcroît, qui engendrait une métamorphose considérable dans tout son être. N’était-ce pas une façon d’enterrer dix-neuf années d’existence ? Il ne s’agissait plus de virginité, mais de dix-neuf ans, plutôt effrayant en y pensant correctement, justifiait par ailleurs l’importance de la première fois.

Et puis… La proximité prit de nouveau le dessus. La peau de Guillaume, le souffle de Guillaume, Guillaume qui prenait possession d’elle, Guillaume qui devait sûrement la contempler à cet instant. Ses traits, progressivement, se détendirent, ses lèvres s’entrouvrirent, laissant le sang jaillir à l’endroit où la circulation avait été coupée par l’émail barbare d’une dent. Des soupirs incontrôlés, le visage, dès à présent, n’arborait aucun ornement sinon le plaisir et la reconnaissance. Sa main, cependant, était toujours agrippée au dos du Second, descendant parfois pour éprouver le mouvement qu’il imprimait, sentir les muscles rouler sous sa peau. Enfin, elle ouvrit les yeux, constatant qu’elle discernait mal ce qui l’entourait, préféra alors se raccrocher au visage qui lui faisait face, et faire du souffle qui en émanait son air de fortune – ou de luxe ? – le respirant tout en l’embrassant parfois, par brefs contacts. Doucement, son corps s’éveillait totalement, il lui sembla que chaque parcelle de sa peau pouvait lui infliger une décharge de volupté, en témoigna l’accentuation de ses gémissements qu’il n’était plus question de réprimer. Sensation d’une fièvre fatale, qu’un regard trop insistant sur lui la mènerait à un délicieux trépas. Était-il possible de le sentir plus encore ? Car il lui en fallait plus. Les pulsions, contrairement à Guillaume, elle ne pouvait pas les modérer, très certainement par manque d’expérience. Sans prévenir, son ventre se crispa davantage autour de son amant, afin de mieux le percevoir, tandis que ses lèvres, affamées, venaient trouver les siennes en un profond baiser prématurément essoufflé. Elle voulait que son bassin tapât plus durement contre le sien, mais comment le lui faire comprendre ? Lui qui utilisait des pincettes pour ne pas lui faire de mal. Eh bien, simplement, elle ne chercha pas à l’informer. Son bras gauche, endormi sous son propre corps, se déplia pour aller entourer définitivement le buste de Guillaume. Animée par une vigueur incommensurable, avec pour source son envie, la jeune femme bascula sur le dos, entraînant son amant tout en le gardant en elle. Ses jambes reprirent leur rôle d’étau, enserrèrent amoureusement les reins de la Sentinelle tandis qu’elle lui susurrait deux mots à l’oreille. « Ça va. » Elle souhaitait qu’il ne s’imposât plus de limite.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mar 16 Sep - 21:03

Il ne put que supposer la nature de ce qui s'était opéré en Geetali. La douleur, il la vit s'écouler de sa lèvre en filet rouge, il la sentit se cramponner à sa peau, mais elle l'aurait déchirée qu'il ne se serait pas arrêté, pas tant qu'aucune barrière ne se dresserait devant lui, de mots ou de gestes. Ils s'étaient déjà aventurés trop loin pour que la marche arrière ne soit réparatrice d'une quelconque façon, trop tard pour renoncer. Et de toute façon, il n'en fut pas question, au contraire, c'est avec une ardeur renouvellée que Geetali retrouvait Guillaume qui, à son tour, se laissait progressivement gagner par les pulsions, sans pour autant s'y laisser complètement guidé de manière aussi instinctive qu'elle.

Mais s'en fut trop, lorsqu'il se retrouva sur Geetali, Guillaume d'abord ne bougea pas, soudainement pénétré par un intense frisson, alors qu'il goûtait à une proximité, à une profondeur de laquelle il s'était précédemment abstenue. Les mains fermement agrippées au drap froissé, il souffla, la tête appuyée sur le matelas, tout près du visage de Geetali. Paupières closes, il prit un instant à rassembler ses forces, question d'éviter de s'abandonner à ce répit.
Ça allait, ça allait... Se répétant les mots murmurés à son oreille, il parvint à s'assurer que ça allait, de son côté aussi. Un dernier soupir puis, usant de la force de ses bras, le Second parvint à se redresser et, faisant fi de l'essoufflement, entama un mouvement de bassin, s'éloignant et revenant vers elle, en elle, d'abord lentement, mais accélérant de plus en plus. Guillaume gardait difficilement la tête haute, l'abaissant plutôt, ainsi que ses paupières, concentré sur l'acte, et que l'acte. Sans plus aucune retenue ni précaution pour le maintenir dans un état que partiellement offert à son désir, il se donnait maintenant corps et âme.

Sentant venir l'aboutissement de ses efforts, il releva la tête et regarda Geetali une dernière fois, avant que le dernier coup de bassin, impulsif, ne viennent à bout de lui. Un instant de tention, complète, physique, un moment d'aveuglement total. Inexprimable, si ce n'est par le gémissement et le souffle incontrôlés, l'ascension avait trouvée cime.
Les bras du Sous-chef cédèrent à l'effort et se replièrent, provoquant l'union des deux corps, toujours scellés l'un à l'autre. Celui de Guillaume, rompu par la torpeur de ses muscles pourtant toujours nerveux, grisés, se terra dans une inertie troublée seulement par sa respiration.

Il ne saurait dire combien de temps dura ce moment, mais il sembla que les secondes, les minutes, s'écoulèrent dans un absence totale de leur véritable portée. Guillaume rouvrit les yeux, à un moment, et s'écarta finalement de Geetali, trouvant simplement repos à côté d'elle, sur le dos, un bras au-dessus de la tête, l'autre le long de son corps, duquel il sentait s'échapper une chaleur, et l'envahir une sensibilité différente, abandonnée plus tôt au pied de ce lit, remplacée par l'enivrement. Des pensées le reprenaient par fraction, désordonnées. Mais il ne dit rien, songea le faire mais s'en vit d'abord. incapable. C'était un peu comme se réveiller, mais sans le désirer. Il ne s'agissait pas de regrets, de déception ou quoi que ce soit du genre, mais plutôt d'un retour à l'état de conscience un peu lourd.

Il tenta un regard vers Geetali et finalement, opta pour la fuite temporaire.

-J'reviens...

Ni chuchoté ni murmuré, ç'avait plutôt été... grommelé.

Se redressant, il s'assit sur le bord du lit, se leva, quitta la pièce et se retrouva dans la cuisine à se bourrer la fraise de dattes. Pour une rare fois, manger lui fut franchement agréable. D'ailleurs, pour se forcer à arrêter, il dût lancer le sac dans l'armoire, suffisamment loin pour avoir le temps de s'interdire de le reprendre avant de le faire sans réfléchir.
Face à l'entrouverture de sa chambre, Guillaume hésita un court instant. Du bout de l'index, il repoussa la porte, rentra et vint s'asseoir là où il venait de poser les fesses.

-Tu dors ici? Fit-il en se tournant vers Geetali, tentant d'adopter le ton le plus naturel possible.

En fait, il devait être tellement tard qu'il devait presque être très tôt, mais là n'était pas la question. Véritablement, il ne s'était agit que d'ouvrir la bouche, et d'y pousser de force un quelconque son.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mar 16 Sep - 22:53

L’angle n’était pas le même. Différence non-négligeable, puisqu’elle lui permettait de découvrir son propre corps ; les sensations variaient ainsi que la sensibilité. Là, tu aimes ? Bof, sans plus. Et là ? Ah, oui, là oui… Continue. On se trouvait loin d’un tel dialogue, mais de cette manière, la jeune femme faisait connaissance avec elle-même. Ses bras encerclaient le cou de la Sentinelle, l’amenait un peu plus à elle à chacune de ses venues, ses jambes remontant de temps à autre le long de ses reins, telle une évidence, tandis qu’elle essayait de ne pas perdre pied trop vite. Ses soupirs transperçaient voluptueusement le silence complice de la chambre, ses paupières, capricieuses, ne laissaient filtrer qu’un regard partiel à travers les cils, dirigé vers le plafond. Les salves de plaisir l’assaillaient, insolemment régulières, ne lui laissaient aucun répit, venaient la déchirer de toute part. Impuissante, elle sentait l’inconnu arriver, vite, très vite, peut-être trop, dans la suite de l’assaut accéléré dont elle fut victime. Dans un gémissement, presque de défaite, Geetali se cambra brusquement, en proie à une violente pression qui finit par la libérer sèchement de son emprise, ne laissant là, dans son corps, qu’une brève série de spasmes, dans son âme une libératrice sensation de vide. Et une autre chaleur dans son bas ventre, qu’elle accueillit avec apaisement, tout comme elle avait intercepté le regard de Guillaume, sans souffle, sans force, avant de refermer ses bras sur lui et de plonger à son tour dans un repos provisoire, yeux fermés. Si molle que son emprise s’affaiblit d’elle-même lorsque le Second lui échappa, pour venir à son côté. Rien ne parvint à la sortir de sa léthargie, si ce n’est un frisson. Elle avait froid, terriblement froid. La chaleur l’avait cruellement larguée, et tout aussi cruellement, la pensée avait de nouveau investi sa tête, preuve en fut le pincement éprouvé à l’entente du grommellement. Ça s’était mal passé ? Elle aurait voulu le lui demander, mais la seule chose qui manquait au rendez-vous, c’était la force. En retard. Ses doigts se refermèrent dans le vide sans conviction, et son visage bascula sur le côté dans un imperceptible soupir. Une désillusion, en quelque sorte… Ainsi, on pouvait s’éloigner à ce point de la réalité, puis y revenir brutalement. Aucune déception là non plus, mais elle ne comprenait pas l’attitude de Guillaume. En réalité, elle ne comprenait pas surtout car, simplement, elle ne savait pas quelle attitude il fallait adopter dans leur cas. Faire comme si de rien n’était ? Impossible. Le désir, elle l’avait ressenti, et pas qu’un peu, elle ne nierait rien de ce qui venait de se dérouler. Restait qu’elle ne lui en voudrait pas, elle l’avait dit et n’en pensait pas moins. C’était juste… surprenant. Qu’avait-elle attendu, hein ? Dans l’affaire, un aspect l’énervait. Elle aurait voulu savoir ce qui se passait dans la tête de Guillaume. Cette ignorance créait progressivement en elle un instinct défensif, gouverné par l’incertitude qui la faisait s’interroger : comment devait-elle l’aborder, désormais ? Réponse simple et évidente : elle ne l’aborderait pas. Geetali doutait d’elle, envisageait la possibilité qu’elle eût fait quelque chose de mal, et ne souhaitait donc pas que cela empirât d’une quelconque manière.

Un autre frisson. Fiévreuse, elle rabattit le drap sur elle et inspira profondément, le coton de sa tête cédant place aux habituelles vagues de questions et de vaines réflexions. Puis elle se redressa sur le lit, entreprit de remettre aveuglément de l’ordre dans ses cheveux, tâchant d’ignorer l’appréhension qui la submergeait de nouveau, sournoisement. Etrange cependant, puisqu’elle disparut au retour du Second, dont la jeune femme suivit la progression. Ses paroles la prirent de court. Dormir ici… Elle n’y avait même pas pensé. Ou alors cela lui semblait tellement évident qu’elle ne se serait jamais attendue à une telle question. Qu’est-ce qui lui semblait évident ? Dormir ici ou s’en aller ? Y songer la força à baisser les yeux, incapable d’affronter ceux de Guillaume pour le moment. Finalement, dans un geste d’abandon, elle détourna la tête et vint cueillir ses lunettes, restées au bord du lit, qu’elle reposa machinalement sur son nez. Un rempart de froideur, en soi. Elle faillit pester en sentant le nœud logé dans son ventre, crut bon de répondre afin de s’en détourner.

« N… Non. » Trop hésitant. Du nerf ! « Mes parents doivent s’inquiéter, je ferais mieux de rentrer. »

La voix restait inexorablement basse, trahissant un malaise évident. Qu’y pouvait-elle ? Elle n’y connaissait rien, et il lui fermait toutes ses portes. Dans cette situation, elle ne pouvait pas forcer comme elle avait pu le faire dans d’autres. Plus de speech ennuyant, rien qu’un silence bien plus éloquent que n’importe quelle argumentation.
Fébrile, le bout des doigts gelés, Geetali se redressa en gardant le drap noué autour d’elle, tâcha de rassembler ses affaires le plus rapidement possible. Mais bon sang, pourquoi est-ce qu’il lui faisait ça ?! C’était peut-être le genre d’homme… Elle divaguait. Un pas pour récupérer son pantalon la plongeait dans une divagation. Pathétique.
Finalement, elle s’installa au pied du lit, s’habilla partiellement après s’être délestée du drap, remarqua pourtant sa chaussure gauche éloignée alors qu’elle agrafait son soutien-gorge – restait la tunique et les chaussettes, délaissées en boule sur le sol. Elle se leva, toujours aussi tremblante, saisit sa chaussure mais, se retournant, buta contre une chaussette qui alla en conséquence trouver refuge plus loin sous le lit. « Merde. » Juron murmuré avant de s’agenouiller et de disparaître à moitié dans la noirceur qui avait englouti la pauvre petite boule de tissu. Celle-ci retrouva la lumière, accessoirement le pied de Geetali qui avait repris place sur le lit. L’atmosphère l’usait. Elle ne pouvait pas partir comme ça, sur cette impression. Une solution, vite, quelque chose pour lui faire comprendre qu’elle ne lui en voulait pas – qu’il le crût ou non. Kris ! Kris ! Cet imbécile lui rendait service.

« Tu devrais allonger ton ami correctement, il risque de se réveiller tout courbaturé. Ce n’est pas très agréable… »

Ouais, et les arbres sont en fleurs, les oiseaux chantent… Tiens, aussi, aujourd’hui j’ai mangé une pomme. Génial, non ? Du remplissage pur et dur, elle aussi parlait pour libérer un son, pour se cacher derrière un mensonge. Elle n’osait même pas lui redemander son numéro de téléphone. Le retournement de situation était choquant, vraiment choquant.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mer 17 Sep - 1:17

-Ah...

Les parents. Ouais ça, enfin, eux, il n'y avait pas pensé. Bonne excuse. Il se contenta de cette réponse, se gardant de remettre en question la Geetali qu'il n'avait pas crue si consciencieuse, et le fait que rendu là, l'inquiétude, si inquiétude il y avait, atteignait souvent des sommets difficiles à dépasser, l'imaginaire ayant déjà accompli le pire. Seulement il n'ajouta rien à ce « ah » indécis, pris entre la déception et la feinte compréhension, mais plus vague qu'autre chose, car tout simplement indécis quant à sa signification même. Boucher les trous, remplir le silence, quelque chose comme ça... Et puis faut l'avouer, c'était évident, que tout ce qu'ils disaient, l'un ou l'autre, résonnait bizarrement.
Il la regardait s'affairer autour du lit, cueillant lunettes et vêtements, et il ne bougeait pas, ne se gênant absolument pas pour la fixer. C'était difficile, de comprendre ce qu'il avait en tête, et lui-même se la cassait à tenter d'y voir plus clair, rien qu'un peu. L'éternel dilemme, toujours à opposer choix et conséquences, envies et devoirs, Geetali et le Sous-chef, Guillaume et Guillaume Alexandre, c'était du pareil au même, et c'est éreintant, de lutter incéssamment et avec la désagréable impression que c'est en vain, toujours en vain. Ouais comme quoi, y'a rien à faire contre soi-même. Guillaume pataugeait dans la désillusion et flirtait avec le délire.

Le drap laissait deviner des formes, découvrait tantôt une cuisse, un ventre, et lui détaillait, pervers, se demandant comment le sentiment d'être étranger à ce corps qu'il avait pourtant vu et touché dans sa quasi entièreté était possible. Et pourtant, Guillaume ne se sentait pas libre de l'approcher, et d'embrasser cette épaule qu'elle s'apprêtait à recouvrir. Il détourna le regard.
Kris. Il l'avait un peu oublié, celui-là.

-T'as raison. Je vais le coucher correctement.

Là, maintenant, il n'en fit rien, se trouvant bien où il était, jusqu'à ce que tout ça, cette situation inconfortable et ce silence, ces mots pour ne rien dire, ne lui pèsent trop lourd sur le dos et qu'il s'en voit forcé à se relever. Guillaume ouvrit complètement la porte et la passa comme s'il retournait au salon, replacer Kris peut-être, mais non, il revint la seconde suivante sur ses pas, et se planta dans le cadre de la porte, nu qu'il était, déterminé à ne pas s'en écarter avant de... Et bien d'avoir réglé ça.

-C'était bien.

Bien comme, agréable, satisfaisant, soulageant, commun. Bien comme avec elle, et elle, et elles toutes. C'était bien, pour sûr, ça l'avait été, mais encore.

-Non, pire.

Et c'était sérieux. Pour ainsi tenter sa chance à exprimer les choses indiscernables qu'il avait en tête, il fallait que ça le soit. Le regard fuyant, il réfléchissait, cherchant les bons mots, qu'il ne connaissait probablement pas.

-C'était mieux.

Cette fois, croyant avoir saisi un bon élan, il leva les yeux vers Geetali, rassemblant le plus d'assurance possible, et surtout, ne bougeant pas d'un pouce de son cadre. Elle ne partirait pas comme ça.

-Et...

Blocage! Ce que ça pouvait être facile, de cracher des ordres et de dire des conneries...

-Ça m'a un peu surpris...

Évidemment, elle était vierge.

-Pas que-... Pas... pas toi! Pas nous! Pas couché avec toi... Enfin, je n'avais pas... d'attentes particulières... J'avais envie c'est tout mais bon, c'est pas ça.

Sauvé de justesse. Ou pas...?

-C'est que, je croyais pas que, j'aurais envie que tu restes, après. C'est la première fois. Mais vas-y, tes parents... C'est vrai que, ils vont sûrement s'inquiéter.

Et je le répète, il ne bougea pas. Comme quoi, finalement, son corps parlait probablement mieux que ne le ferait jamais sa bouche, même nu et possiblement figé car en partie gelé. Il avait froid, et avait envie d'enfiler un pantalon vite fait, mais impossible de laisser partir Geetali, pas comme ça, et non.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mer 17 Sep - 17:27

[Bon, la typographie a un peu changé puisque ce n'est pas mon ordinateur habituel, mais j'ai la flemme de copier-coller tous les tirets et guillemets \o/]

Deuxième chaussette mise. Devait-elle enfiler sa tunique ? Du moins le devrait-elle. Pas encore, puisqu'elle gratifia d'abord Guillaume d'un regard passablement confus, ne comprenant vraisemblablement pas ce "Ah..." Le motif le dérangeait ? Elle ne se doutait pas de ses réelles envies, pensait plutôt qu'il ne désirait pas la voir partager son lit pour la nuit... pour cette nuit. Sans prendre compte du ton qu'il avait adopté pour poser sa question, Geetali avait surtout retenu le grommellement, qui traduisait selon elle d'un certain mécontentement, d'une insatisfaction qu'elle n'était pas en mesure d'expliquer. Alors ce "Ah..." imaginez un peu. Elle se trouva tout aussi incapable de l'interprêter. Parce que non, bien évidemment que ses parents s'inquiétaient, mais cela n'avait jamais été une raison pour elle de faire acte de présence durant la nuit, et cela, eux-mêmes le savaient parfaitement. D'autant plus qu'officiellement, elle était en froid avec son père, qu'elle ne rentrât pas lui apparaissait sans doute comme logique, selon le mode de conduite de sa fille. En clair, elle boudait. Tout ce qu'elle avait dit jusque-là au Second n'était rien d'autre qu'une tentative de fuite, elle croyait agir comme il aurait probablement voulu qu'elle agît, par conséquent qu'elle partît d'ici, sans soupçonner qu'elle avait faux sur toute la ligne. Deux personnes d'un naturel peu bavard - sauf elle lors de ses pensées faussement philosophiques, mais là n'était pas l'aspect fondamental de Geetali - donnaient une série de situations jonchées de malentendus souvent très stupides, à l'image de cette volonté non avouée chez ces deux mêmes personnes : que la jeune femme restât.

Irritée, elle lutta encore une fois contre l'envie de lui demander clairement ce qu'il voulait. Elle ne comprenait pas ses réactions et ne pouvait pas clarifier les choses d'elle-même. Embêtant, très embêtant. Et le doute devait se lire sur son visage, puisqu'elle avait suspendu tout geste, fixant Guillaume dans l'encadrement de la porte. Il hésitait peut-être. Normal, non ? Mais stupide. Pas après ça. Pour tout avouer, et seulement maintenant, elle osait y songer, Geetali n'avait même pas envisagé de se lever du lit après être tombée sous les assauts du plaisir. Et non, ce n'était pas une image idéalisée de l'acte amoureux ou simplement sexuel, elle ne savait quel mot y mettre, non elle ne s'était pas imaginée s'endormir paisiblement dans ses bras, de un parce qu'elle mettait toujours une ou deux heures à se laisser emporter par le sommeil, de deux car elle se rabattait toujours sur l'extrême côté du lit afin qu'on ne pût pas la regarder dormir - elle détestait ça. Vous parlez d'une image idéalisée. Elle avait l'habitude d'occuper un lit seule, aborder une autre possibilité pour cette nuit était sans doute une grande erreur, un revirement trop cru, mais c'était un fait, l'idée de dormir à côté de lui, juste assez loin et tout près en même temps la réjouissait. Et pas lui ! Pas lui !! Crétin.

Ce fut sur cette pensée qu'elle l'entendit. C'était bien. Ah ouais ? Ses joues eurent la faiblesse de s'empourprer sensiblement. Décidément, elles n'en rataient pas une. Non, pire. Comment ça, pire ?! Geetali, cette fois, dut bien arquer un sourcil d'incompréhension. Drôle qu'il eût de telles difficultés à dire clairement ce qu'il pensait, ou alors à se faire comprendre, et dans ce cas, le problème pouvait tout aussi bien provenir d'elle. S'il fuyait, la jeune femme gardait sur lui un regard attentif bien qu'en proie à l'émotion. C'était mieux. Mieux que quoi ? Que ce qu'il avait imaginé ? Elle allait rire. En fait, elle sourit seulement, alors qu'il se perdait dans ses propres mots. Sourire qui s'estompa lorsqu'enfin, il lui avoua précisément ce qu'il souhaitait. Idiote. Elle se sentit idiote. Mais comment aurait-elle pu savoir ? L'insatisfaction apparente du Second l'avait privée de tout courage, de toute initiative éventuelle envers lui. Autre inconvénient majeur à l'attachement : on en venait à se soucier de l'autre au point de mettre un frein à ses actes, et ça, c'était moche, tout à fait contraire à Geetali, qui poussa un long soupir d'exaspération. Laissant tomber sa tunique sur le lit, elle se leva et s'approcha de Guillaume, lui faisant face, l'embrassant silencieusement des yeux. Sa main fit mine de s'approcher du torse nu, mais les doigts se rétractèrent alors qu'ils allaient atteindre leur cible, le bras se replia, comme s'il s'était agi d'un fruit défendu. Alors, elle accrocha le visage, l'examina longuement, puis finit par hausser les sourcils, avec l'air de celui qui venait de découvrir quelque chose de compromettant.

"Guillaume ! ... tu veux que je reste." Elle s'était exclamée, presqu'enfantine. "Si tu te voyais... Tu es planté là, comme un piquet. Je me demande bien ce que tu ferais si je terminais de m'habiller, si je tentais de sortir de cette pièce... Tu n'en as pas envie, hein ? Tu l'as dit. Tu as aussi dit que tu laissais tous tes papillons repartir... Mon cul. Note que je ne suis pas un papillon, alors tu es sauvé pour cette fois."

Ce qui la faisait tant parler, c'était l'euphorie de savoir qu'il voulait d'elle. Suivit sur ses lèvres un sourire espiègle qui atteignit même ses yeux, plus bridés alors qu'à l'accoutumée.

"Je me suis disputée avec mes parents, alors ils ne doivent pas m'attendre. Mais il me fallait une raison, j'ai vraiment cru que tu désirais mon départ. On aurait dit un chien insatisfait...", déclara-t-elle, légèrement boudeuse.
La petite fille qui découvrait avait refait surface. Il était temps de mettre les choses au clair, à présent, maintenant qu'elle pouvait se le permettre. Elle s'approcha, bien que légèrement hésistante, et glissa ses mains froides sur la taille de Guillaume.

"Je peux te toucher ?" Puis sa bouche recouvrit les lèvres de la Sentinelle d'un chaste baiser. "T'embrasser ?"

Qu'étaient-ils ? Question délicate. Dans un dernier temps, elle le serra entièrement, joue contre son torse, bras enroulés autour. Elle ne pouvait pas le sentir totalement du fait de ses sous-vêtements et de son pantalon, mais qu'importait, c'était bien comme ça.

"C'est vraiment un domaine que je ne maîtrise pas... Je ne sais pas quoi faire, je ne peux même pas te noyer sous un long discours chiant à crever... Je ne sais pas ce que je dois faire de toi."
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mer 17 Sep - 23:24

Les laisser s'envoler et retrouver leur ciel, c'était facile. Il aimait, puis se tannait, comme de trop nombreuses choses, et détournait le regard. Le temps de libérer l'étreinte, d'attendre un peu, de le laisser s'éveiller dans sa main, de secouer ses belles, grandes et fines ailes, et de retrouver sa liberté, libre de faire ce qu'il voudrait de sa courte vie. Semblablement, il suffisait d'éteindre l'étincelle dans le regard, d'y injecter une inébranlable indifférence, pour que celles qui s'étaient faites papillon, pour la nuit, ne désire retrouver, elles aussi, leur ciel. Refermer la porte sur ces éphémères histoires n'avait rien d'affligeant. La porte close avait l'effet de l'effacement. Mais elle était grande ouverte, cette fois, et Guillaume s'était obstiné à garder la main fermée, aussi instinctivement que le contraire l'avait auparavant été. C'est peine s'il ne serrait pas les poings en tapant pas du pied et en hurlant que non! Elle ne quitterait pas.

Il ne se permit pas d'y croire, lorsqu'elle s'approcha, préférant s'entêter à s'imaginer qu'il devait défendre son cadre de porte coûte que coûte. Elle tenterait peut-être d'user de ses charmes pour le confondre, ou encore de se faire tranchante, dictatoriale, violente! Qui sait, il s'agissait de Geetali. Et de lui, congelé là, le ventre soulevé par d'intenses respirations.
Le ton qu'elle adopta eut l'effet d'une douche chaude, quoique surprenante malgré tout. C'était normal, de se sentir un peu stupide, tout d'un coup? La prise de conscience prit un certain temps, question de se départir du rôle de mur que Guillaume s'était imposé. Il accueillait les mots de Geetali avec un étonnement gêné, pas prêt pour cette étape, qu'il avait classée après une belle prise de bec, éliminée par ce regard, et ces mots.
Et puis non, non, non il ne voulait pas qu'elle sorte. Ce qu'elle pouvait comprendre vite! Le Sous-chef secouait la tête de gauche à droite, pour que ce soit clair, bel et bien clair, et qu'il n'ait plus à rester là, comme ça surtout, pour trop longtemps. Contagieux, le sourire de Geetali en tira un à Guillaume, souriant de l'entendre dire les choses comme il n'avait osé l'espérer, mais aussi de la voir sourire, tout simplement, et de la trouver aussi jolie, sa Geetali. Sa? Pouvait-il se le permettre? Qu'étaient-ils, oui? Il l'ignorait, ne cherchait pas trop à le savoir, et se contentait de ce moment, en se disant que là maintenant, elle était peut-être bien, au moins un peu, sa Geetali...

Guillaume en vint même à rire de s'entendre comparer, pour la première fois, à un chien insatisfait. Et pour qu'il rit de ça, il fallait qu'il ait la tête pas trop accrochée à la terre ferme, et plutôt flottante quelque part bien haut avec les nuages. Un chien! UN CHIEN!!! Horrible, quand on y pense vraiment, et d'ailleurs, un vif et bref éclair de lucidité alluma un court instant la consicence de Guillaume. Un chien. Son sourire eut un drôle de soubresaut, au coin de la bouche, soulevant la lèvre dans un air de dégoût fugace. Un réflexe, probablement... Reste qu'il en garda une impression étrange.

Les mains de Geetali sur sa taille arrivèrent juste au bon moment, l'accrochant à la chaleur qui s'étala sur sa peau, et définitivement, le gardant bien loin des chiens, avec ce baiser qu'elle vint poser sur ses lèvres. Guillaume déjà s'était légèrement décrispé, mais là, définitivement, entourant Geetali de ses bras, la pression tomba. Le désir y était toujours, malgré les vêtements et le fait qu'il avait trouvé contentement peu avant, mais ce que Guillaume goûtait était plus doux et fort moins pressant. Lui saurait ce qu'il ferait d'elle, et plutôt que de lui répondre quoi que ce soit sur le moment, il le lui démontra, s'abaissant légèrement afin de pouvoir convenablement la tenir, et la retenir, une fois qu'il l'eut forcée à détacher ses pieds du sol, l'élevant, et marchant, le nez dans son cou jusqu'à ce que, avant de la poser sur le bord du lit, il n'hume une dernière fois le parfum de sa peau.
Elle assise, lui agenouillé entre ses jambes, sans parler il l'adora du regard, mais ses yeux où jouait le rire eurent raison de lui, et parlèrent avant qu'il ne le fasse.

-Je ne devrais peut-être pas te dire ça mais, je crois que... Tu peux un peu faire ce que tu veux de moi. C'est vrai, tu peux me mettre dans ta poche, me cacher dans ton soutien-gorge, dans ta petite culotte... Tu peux... me toucher, m'embrasser et... Me toucher, m'embrasser... Tu peux me dire oui, me dire non, me dire... Ce que tu veux.

Il s'approcha, l'embrassa juste au dessus du sein en la tenant d'une main à la taille et, se releva pour aller trouver, parmi bottes, pantalon et bas, son sous-vêtement, qu'il enfila. Il revint vers le lit, s'y allongea sur le dos, mains sur le ventre, et jeta un regard espiègle vers Geetali.

-Tu dors ici? Tu peux faire semblant, si tu veux, je m'en rendrai même pas compte. Tu pourras fouiller, manger, me raser les cheveux ou même tuer Kris! Radieux sourire, radieux et mou de sommeil. Il t'en serait reconnaissant, parce qu'il mérite que trop la douleur qu'il est entrain d'entretenir présentement... Et ici, un ricanement pathétique, laaaaaas. Tu dors ici? C'est que, si tu veux... C'est que, j'aime bien qu'on me borde. Ma mère puait de la bouche, va savoir pourquoi... alors j'ai été privé de ça, tu vois. Tu dors ici?
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Jeu 18 Sep - 1:15

L'intimité revenait. Agréable que de la sentir envahir les lieux de nouveau, agréable de se trouver stupide face à un malentendu, agréable de voir se concrétiser ses espérances. Alors que ses bras l'entouraient, elle en arriva à avoir l'étrange impression d'être fragile, très vulnérable, elle ne savait pas pourquoi mais ça se trouvait là de façon évidente. Le pire restait que cette impression ne la dérangeait pas, lui semblait même normale, logique. Quelques heures plus tôt, elle se méfiait encore de lui, peut-être pas comme la peste, mais assez pour ne pas le laisser approcher ainsi. Qu'est-ce qui, concrètement, avait changé ? Bien sûr, la confiance qu'elle avait présentement en lui s'avérait relative, elle ne désirait pas envisager autre chose pour le moment, mais... Qu'est-ce qui avait changé ? Elle se souvenait de la découverte ô combien fascinante de son univers, l'enchaînement des surprises, son émerveillement... Il l'avait... séduite ? Non, elle songeait à un mot qui convenait mieux. Il l'avait apprivoisée. Geetali n'était pas à séduire, mais à convaincre, et dans les faits, ces deux notions accumulaient les différences la concernant. Par conséquent, il ne s'agissait même pas de rompre un quelconque charme. Elle ne voulait pas arrêter, se plaisait parfaitement contre lui, tant qu'il restait Guillaume, et pas le Sous-chef de Brigade. Presque difficile à admettre qu'il lui faisait oublier ses tendances suicidaires. Ce simple élément rendait la situation plus dangereuse qu'elle ne l'était déjà, n'est-ce pas ? Cela occasionnerait-il une dépendance ? Physique ? Morale ? Ou les deux... L'éventualité la fit frissonner. Elle ne se connaissait pas à ce niveau, effrayant et excitant à la fois.

Et puis, comment y penser correctement quand il faisait tout, même involontairement, pour la détourner de ses élans de lucidité ? Docilement, elle se laissa soulever, s'agrippant à lui précautionneusement. Etait-ce sa manière de lui répondre ? Ainsi exposée sur le lit, son sourire s'élargit, non sans une once de moquerie et de gêne devant la manière qu'il avait de la considérer. Avant d'afficher une empreinte lubrique, aux paroles qui suivirent. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait de lui. Geetali, aux différents exemples qui lui furent donnés, se mordit doucement la lèvre inférieure. Que ferait-elle de lui ? D'abord accueillir son baiser en silence. Ensuite... Sans doute le découvrir un peu plus, toujours un peu plus... Avec lenteur et subtilité. Le découvrir... dans tous les sens du terme. Elle se surprit à rêver en le contemplant dans sa nudité, imagina même ses jambes dans la continuité du buste fin mais aux muscles saillants qui le paraient. Un autre frisson, le long de l'échine cette fois, et un grondement sourd dans son bas-ventre. Oh oui, elle le désirait tout entier. Interdite, elle le regarda rejoindre le lit, l'écouta, résultant un faible rire qui secoua ses épaules.

"C'est triste à dire, mais je n'ai pensé à rien de tout ça... Même pas pour Kris."

Tu dors ici ? Geetali leva les yeux au plafond et bascula sur le flanc, pour venir surplomber Guillaume, appuyée sur le coude, côté du crâne sur le poing après avoir rassemblé ses cheveux en une lourde mèche par-dessus son épaule - ainsi ils ne gêneraient personne. Il avait sommeil. Contrairement à elle, qui ne dormait jamais beaucoup. Sans sourire, songeuse, elle le fixa de nouveau, tandis que sa main libre allait se perdre sur la gorge, contournait la mâchoire, pour venir se loger dans la chevelure turquoise. Puis ses lèvres sur le front, sur les joues, sur les paupières, jamais sur la bouche, en de furtifs baisers.

"Je dors ici.", souffla-t-elle à son oreille, n'épargnant pas le lobe qui se trouvait là, lui infligeant une douce morsure. Sa main s'égara encore dans les mèches de la Sentinelle, paisible, réconfortante. Elle le borderait, cet homme méchant avec sa mère. Sauf que...

"Je ne sais juste pas raconter les histoires... Enfin pas trop." Alors elle lui raconterait sa vie. "Quand j'aurai ma propre maison, je prendrai un chat... Et je ferai la loi. Il aura des caresses de ma part, puis se montrera ingrat... En retour, je ne lui témoignerai plus aucune attention sinon lui donner son bol de nourriture. Je trouve étonnant que ça ne soit pas suffisant pour eux. Et ce chat souffrira de mon indifférence. Fin de l'histoire.", conclut-elle en lui baisant maternellement le front. "Même plus bas dans la hiérarchie, les animaux sont capables d'amour vache."

Dans ses yeux, un éclat de malice. "Je te propose de rêver... de la souffrance de ce chat. Tu dormiras bien, n'est-ce pas ? Cruel."

Sur ces mots, la jeune femme se leva pour éteindre la lumière et fermer la porte, avant de reprendre place au-dessus de Guillaume, comme si elle n'avait pas terminé de le border. Et en effet, ses doigts glissèrent encore sur la tête du Second.

"Bonne nuit." Puis saisirent les draps pour les rabattre sur lui. Rapidement, elle s'habitua à l'obscurité, et put ainsi le percevoir plus ou moins bien. Impossible de ne pas sourire. Combien de temps resterait-elle là, accoudée ? Aucune importance, elle aurait tout le temps de dormir après, lorsqu'un retour à la vie quotidienne serait nécessaire, lorsqu'il rejoindrait ces rangs qu'il chérissait tant, ses collègues, son travail, sa traque constante des pirates. Elle dormirait, afin de ne pas replonger dans ses tendances suicidaires. Oui, vraisemblablement, elle était en train de développer une dépendance.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Jeu 18 Sep - 4:41

Kris! Aaaah Kris... Comme de nombreuses autres préoccupations très secondaires, il prenait le bord, comme on dit, et devenait source de rien du tout pour la Sentinelle, trop bien entre le sommeil et une réalité rêvée. Difficile de demander mieux. Mais Guillaume ne demanda plus rien, ne trouvant rien à redemander de toute façon, avec Geetali étendue à côté de lui, vers laquelle il avait tourné la tête, un peu, juste pour dire qu'il la voyait bien, à travers l'ouverture rapetissée à laquelle la fatigue forçait ses paupières. Il entreprit un mouvement, pour venir chercher ce visage qui s'était rapproché du sien, mais ne parvint pas à ses fins, le bras droit arrêté de lui-même, à mi-chemin, plié sur le drap, près de la tête de Guillaume, mais incapable de s'élever pour passer par-dessus ce corps, trop lourd.
Et puis, alors qu'il glissait sur la pente de la douce inconscience, trois mots l'en tirèrent, le faisant rouvrir les yeux, du moins, en partie. Une morsure vint réveiller le corps, qui voulut, encore, toucher, embrasser, sentir ce qu'il avait senti et dont il avait toujours envie, mais non, son temps était écoulé. Plutôt s'accrocher à ce visage, alors, songea Guillaume dans son désespoir de pauvre homme épuisé. Alors il le fixa comme il le put, ce visage qui agitait les lèvres en parlant de chat. Geetali et les chats, c'était une belle histoire d'amour. Il se demanda d'ailleurs à quel niveau de la hiérarchie l'humain pouvait se trouver, mais se réconforta en se disant qu'une chose était sûre, et c'est qu'il n'était pas une vache. Affaire... classée!

-Mmm... Je pourrais lui arracher les griffes, d'abord, avec... Mes dents. Et... les yeux... avec... Mes dents. Et... Je pourrais lui couper la queue... Avec... Un couteau de cuisine. ... Non. Avec... Mes dents. Et puis je lui... Épilerais tous les poils de son corps... Et je le castrerais parce que ce serait un mâle, avec... Mes- non... Avec... une fourchette...

Marmonnant en parlant de moins en moins fort et de manière de moins en moins articulée, le son de sa voix finit par le quitter définitivement. Pour dernier effort, Guillaume se tourna sur le côté, sous le drap, de sorte à se retrouver face à Geetali, sans la voir cependant, car les paupières désormais bel et bien closes pour les heures à venir, mais la position ne fut que transitoire, car inconfortable au niveau des jambes, et donc, c'est finalement sur le ventre, que termina le Second, une main de chaque côté de la tête, le côté du visage enfoncé dans un oreiller, qu'il repoussa de ses poings à la tête du lit. Routine... Et bang.

Il dormit sans se réveiller une seule fois, plongé dans un sommeil inondé de rêves. Bionik Man menaça d'ailleurs d'y faire irruption, mais fut sauvagement repoussé par la conscience de Guillaume. Il n'allait pas venir lui gâcher ce rêve-là. Ce rêve, ou ces rêves, où il se vit devenir chat, caressé par Geetali, puis ignorer, et pendu au pied d'une jambe de métal, avant de se réincarner en vache, menaçée par un bras, ganté, beaucoup trop ganté et beaucoup trop long... Et pouf. (SWASH WONG CCCCHHHING!) Dansant au milieu d'une piste de danse pleine de fesses sur lesquelles il marquait le rythme à coups de tapes, accompagné par nul autre que Kris, tous deux dangereusement souriants et apparemment sains d'esprits. Et Rebekah, immense, qui lui chantait qu'ils s'appelleraient, et qu'ils s'appelleraient, et qu'ils s'appelleraient, sur un air vraiment nul... TA GUEULE!!! Se surprit-il à hurler, sans vraiment le faire... Avant de rouvrir subitement les yeux sur une pièce inondée de lumière. Ouh... Douloureux. Il roula sur le dos, étira ses bras vers le plafond, se prit le visage à deux mains en étirant ses traits, et s'assit, mais sans demeurer droit, car son dos pencha vers l'avant et son front vint toucher ses genoux. Sa colonne vertébrale, une contorsionniste, mais pas lui. C'était le matin, et Geetali n'était plus dans la chambre. Première réflexion : Où est-elle?

Cela songé, Guillaume se leva d'un presque bond et presque sautilla jusqu'à la cuisine. S'emparant de son sac de dattes, il entreprit de le vider avec empressement et de façon fort peu élégante. Ajoutons à cela qu'à la vue de son pitoyable ami étendu sur le tapis, il se mit à parler plus fort qu'il ne crut le faire.

-KRIS!

Le pauvre gars, la tête en milles morceaux, se réveilla avec un air de type qui allait se mettre à brailler, c'est vrai, les yeux petits, la bouche entrouverte, redressé sur ses coudes.

-Guillôôôôôôômm... C'est à peine si une larme ne jaillit pas de son oeil.

Ce dernier était déjà reparti, ayant laisser tomber le sac de dattes parterre, la bouche débordante, debout devant le bol de toilette.
Où elle était? Ici dans l'appartement? Partie? Chez elle?
Il battait des records.
C'était quoi la suite?
Il tira la chasse d'eau, se lava non seulement les mains mais s'aspergea le visage d'eau froide et, dégoulinant, retrouva son sac de dattes, et Kris, presque mort, pleurant.

-Guillaume... J'ai mal... J'ai maaaaaaaaaal...
-Chut.

Il l'avait cherché, et Guillaume lui, cherchait autre chose. Le téléphone sonna. Vivement le retour au quotidien, quelle merde.

-Mm?
-Guillaume? ... Guillaume Alexandre?
-Mmmm!?
-C'est maman!
-...
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Jeu 18 Sep - 18:24

Par le biais de ses caresses, elle le berçait, l'écoutait marmonner de façon incompréhensible. Allons, c'était mignon, un chat. Comment pouvait-on avoir envie de les faire autant souffrir ? Il n'empêche qu'elle gloussa discrètement lorsqu'il se reprit à la dernière de ses tortures. Castrer un chat avec ses dents, image marquante qu'elle ne préféra pas visualiser dans son esprit, et pour cela, elle entreprit de penser à autre chose très rapidement ou plutôt, à essayer de dessiner parfaitement les contours de Guillaume dans la pénombre. Désormais, il n'était plus du même monde qu'elle. Délicatement, elle se pencha une dernière fois sur lui afin d'embrasser ses lèvres - enfin ! - avant de s'en détacher à contrecoeur et de s'éloigner à l'autre bout du lit. La jeune femme se délesta de son pantalon puis s'étendit sur le flanc, visage vers la ruelle, toujours dans l'optique de ne laisser personne la contempler dans son sommeil. Parce que dès l'instant où elle fermait les yeux, elle devenait plus vulnérable, plus expressive que jamais. Un sommeil tourmenté, en outre, qu'elle vivait depuis quelques années déjà. Mais soit. Maintenant, il s'agissait de prendre du recul, de penser à la journée qui s'était déroulée, y porter un jugement... En fait non, pas de jugement. Pas de pensée tout court, elle essaierait cette fois-ci de se vider la tête histoire de dormir paisiblement, chose qu'elle n'était jamais parvenue à faire.

Une heure ou peut-être une heure et demi après avoir retiré ses lunettes, temps durant lequel Geetali avait repoussé avec acharnement les réflexions intempestives, ses paupières s'abaissèrent définitivement, ses poings agrippant fermement les draps comme si elle s'apprêtait à endurer une épreuve difficile. Et pour sûr, ses quelques heures de repos le furent, même si elles ne se limitèrent qu'à un jeune homme se tenant debout devant elle, son portrait craché, bien qu'aux yeux plus vifs que les siens. A l'intérieur d'eux, un reproche aussi abstrait que concret lui infligea une déchirure qui la réveilla brutalement, alors que le soleil filtrait doucement déjà à travers la fenêtre. Elle s'était redressée dans un sursaut, des picotements dans tout le corps, la nuque humide, fiévreuse comme jamais. Puis un soupir qui signifiait le retour à la réalité, bien que son coeur fût lourd, très lourd, comme à chaque fois lorsqu'elle rêvait, cauchemardait de lui. Sans surprise, elle découvrit Guillaume à son côté, Morphée l'enlaçant toujours avec jalousie, dont la vision l'apaisa un instant, jusqu'à ce qu'elle se levât pour reprendre sa tâche d'hier, à savoir s'habiller, et sans rien oublier. Elle n'allait pas attendre son réveil, mais ne comptait pas partir tout de suite. Geetali récupéra ses lunettes et partit en vadrouille, l'air de chercher une pièce précise, qu'elle ne tarda pas à trouver après avoir secoué négativement la tête en apercevant Kris. On ne l'avait pas bougé. Haussant les épaules, elle pénétra dans la salle de bain pour une toilette sommaire. Le noir autour de ses yeux, mélangé à l'eau froide, coula vertigineusement le long de ses joues. Elle ne s'était pas démaquillée la veille, avec l'un de ces produits secrets de sa mère, entièrement naturels que l'on ne trouvait jamais dans les magasins. Elle se demandait par ailleurs si, compte tenu du nombre de femmes qu'il recevait chez lui, Guillaume possédait un équipement de produits de beauté. Ou bien des tenues de rechange. Elle l'imagina un instant collectionner les petites culottes oubliées par ses amantes, grimaça, jugea bon de reprendre sa toilette. Bientôt, plus aucune trace de maquillage, et se refléta dans le miroir un visage beaucoup plus juvénile que celui qu'elle laissait généralement transparaître. Le Second ne devait pas posséder de crayon noir... Eh bien, tant pis, elle ferait sans.

Quand elle ressortit de la salle de bain, il faisait entièrement jour. D'un pas leste, la jeune femme se dirigea vers une fenêtre qui donnait vraisemblablement sur la rue. Elle l'ouvrit, se pencha par-dessus pour vérifier la présence de l'élément désiré, à savoir un long et large tuyau qui remontait tout le long de l'immeuble. Il n'y avait presque personne, en bas, et les boutiques commençaient à ouvrir, ce qui voulait dire : croissants chauds !! Son ventre, sans vergogne aucune, la rappelait à l'ordre. Ainsi, avec agilité, Geetali se hissa sur le bord de la fenêtre et tendit un bras pour se cramponner au tuyau, sans refermer la fenêtre, bien entendu. Elle glissa jusqu'en bas, esquivant les protubérances en détachant dangereusement ses pieds du métal, et finit par atterrir sur le sol comme une fleur. Ses pas la menèrent à une boulangerie non loin d'ici, mais qu'elle mit un certain temps à atteindre car il lui fallut accomplir un repérage minimum des lieux. La chaleureuse odeur des viennoiseries arracha une autre plainte à son estomac, par conséquent, elle entra, ressortit cinq minutes plus tard avec un sachet dans la main et un croissant - chaud !! - dans la bouche. Elle en avait arraché un morceau considérable sans prendre le temps de le savourer, trop faim, et décida de regagner le domicile de Guillaume avant que les autres ne refroidissent. Bien sûr, elle s'était souvenue qu'il n'aimait pas manger, mais à tout hasard... S'il refusait, elle engloutirait son croissant avec joie, comme elle venait de le faire avec le sien.
Devant le tuyau, elle retint le sachet en papier à l'aide de ses dents et se mit à grimper sans trop de difficulté jusqu'à la fenêtre précédemment empruntée, par laquelle elle rentra sans faire de bruit, avant de la refermer. Ses précautions étaient visiblement inutiles. Guillaume, au téléphone, éveillé. Depuis quand ? Elle l'avait sans doute raté de peu. Machinalement, elle s'avança, fourra un croissant dans la bouche de Kris - tout doux, pas bouger - et approcha la Sentinelle par derrière pour lui mordre aussitôt le bras, sans violence cependant.

"C'est le complément petit-déjeûner.", murmura-t-elle afin de ne pas le déranger dans sa conversation. Parce qu'un croissant, ce n'était pas assez. A ce propos, elle posa le sachet sur le meuble qui accueillait déjà le téléphone et alla se mettre dans un coin, paisible, se tenant là, debout, mains jointes derrière le dos, plus avec des airs d'enfant que de chien de garde.
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Jeu 18 Sep - 21:00

Elle croyait vraiment qu'il ne l'avait pas reconnue. Impossible. Cette voix, haute, bon sang, aussi haute que la dame se voyait dans la hiérarchie sociale, et ce ton...Trop. Trop expressif, chaque mot trop articulé, trop choisi, trop faux, comme son enthousiasme exagéré, auquel elle croyait vraiment, c'est le pire. Elle croyait vraiment être heureuse de parler à ce fils qui, selon toute évidence, était absolument ennuyé et désespéré de l'entendre.

-Ton père et moi pensions profiter de cette belle journée pour nous promener en ville, faire les boutiques, déjeuner, nous balader... Tu sais, ton père ne fait pas beaucoup d'exercice, il passe son temps à dormir derrière son journal. Je ne suis pas bête, je sais bien que la lecture d'un seul et unique exemplaire ne nécessite pas toute une journée! Pauvre Hubert chéri... Toi et lui vous ressemblez beaucoup, tu sais, au fond... C'est un homme... mystérieux...

Quel horreur, cette façon de prononcer le mot « myssstérieux », comme si en le massacrant comme elle le fit, tout le soi-disant mystère prenait son sens. Yeux levés vers le plafond, Guillaume soupira silencieusement, en éloignant un instant le combiné de son oreille.

-Guillaume!? Guillaume tu es toujours là?
-Mm...
-Et toi, comment vas-tu? Le boulot ça va?
-Mmhmm...
-Mais parle, bon sang! Je suis ta mère, parle-moi! Guillaume! Je m'excuse! Je m'excuse pour tout ce que j'ai pu faire qui te déplaise, mais je t'en prie, parle! Je sais bien que je ne suis pas aussi intelligente que les gens avec qui tu travailles et...

Un regard vers Kris...

-Arrête, ça va.
-... Oui?
-Oui. Je suis fatigué, c'est tout.
-Tu étais à la première, hier?
-Mmmmmm....oui.
-Oh! Et alors, c'était bien!?
-Non. Tu vas adorer.
-Oh arrête, tu sais bien que je ne parle pas de ça... Tu étais accompagné?
-Mmmmmmm....
-Guillaume Alexandre! Mais répond!
-Oui.
-Oui!?

Geetali! Geetali! Quel soulagement de l'aperçevoir, du coin de l'oeil, fourrer ce croissant dans la bouche de Kris, qui s'était par ailleurs mis à ramper en gémissant, se plaignant de son crâne qu'il disait, ou marmonnait plutôt, probablement cassé et fuyant. « Je perds du cerveau, Guillaume! » Tout était dans l'attention qu'il pouvait s'accorder, peu importe l'imbécilité que ça nécessitait. Le Second était sourd aux jérémiades du chanteur. Il n'en fit d'ailleurs pas de cas lorsque le pauvre Kris manqua de s'étouffer avec le croissant, avant de finalement, après avoir craché sur le tapis, s'asseoir et manger en silence, tête basse, l'air piteux. Quant à Guillaume, ce qui l'occupa yeux et oreilles, ce fut sans contredit...

-GUILLAUME!!!
-Quoi!

Brusquement il s'était retourné, replaçant le combiné de sorte qu'il entende ce qu'elle avait à dire pour lui faire perdre encore plus de temps.

-Mais je te parle!
-C'est Kris, il... distrait, le Sous-chef portait plus attention à Geetali qu'à ce qu'il disait, sourire au coin des lèvres.
-Je n'aime pas ce garçon.
-Ouais...
-... Qu'importe. ... Alors, cette compagne? C'était qui? Elle est toujours chez toi? Enfin une!
-Hein? Non...
-Tu mens!
-Ouais...
-Elle t'as parlé, non?!?! Si, j'ai entendu!
-Ouais...? Écoute, je vais devoir y aller, le boulot...
-Cachettier... Je sais bien qu'elle y est! ... Bon, je te laisse, ton père est prêt, nous partons. À bientôt, mon chéri.
-Ouais...

Il raccrocha, prit entre son index et son pouce le petit sac qu'il venait tout juste de voir et l'éleva sous son nez afin d'en humer le contenu. L'odeur du croissant chaud lui tira un grimace de dégoût, mais il plongea tout de même la main dans le paquet, et l'en ressortie munie d'un tout petit fragment de la pâtisserie, qu'il porta à sa bouche, et qu'il finit par avaler après l'avoir ridiculement longtemps mâcher. Plutôt déçevant, comme tentative. Aussi lentement qu'il l'avait levé, il reposa le truc, sans quitter des yeux le contenu, écoeuré. Il se tourna vers Geetali, s'essuyant les mains sur le sous-vêtement.

-La texture... Beurk.

L'horreur finit par se dissiper, alors que lui entreprit de se rapprocher d'elle, l'observant comme il observerait une belle grosse barre de chocolat.

-Je préfére les compléments.

Lançant un regard « je peux? » à Geetali, il se pencha sans prendre le temps d'attendre une réponse et mordit à son tour, mais juste un peu plus fort, juste un peu plus haut, sur l'épaule. Il se redressa, ne la toucha pas plus, et l'imita en portant ses mains derrière son dos, amusé.

-T'es drôle. Selon ma mère, tu m'as accompagné au navet d'hier et puisque t'es toujours ici, elle t'as entendue, ou a deviné, j'sais pas, les mères... Hey ben, du coup, ayant survécu au levé, tu en as fait une heureuse maman. Elle est pire, quand elle est heureuse. Et parle encore plus haaauuut et fooooort! Reproduisant le ton de sa mère, Guillaume poussait la hauteur de sa voix tant qu'il le pouvait. Oooooh Guillôôôme Alexaaaandre qu'est-ce que tu faaais qu'est-ce que tu maaaanges qu'est-ce que tu diiiis!
-Guillaume, ta mère a appelé, je crois...
-Merci Kris.

Guillaume jeta un coup d'oeil à l'horloge de la cuisine. Le temps ne le pressait pas trop encore, il choisit de ne rien dire au sujet de ses plans de la journée, et revint plutôt à Geetali, lui de nouveau, ayant abandonné sa génitrice dans un modeste sourire.

-Tout à l'heure je croyais que t'étais partie pour de bon mais, puisque c'est pas le cas, je me disais que, si tu veux... Je pourrais peut-être bien te le vendre, mon numéro de téléphone. Ou alors te l'échanger, faudrait voir ce que t'aurais à offrir, tu vois...
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Jeu 18 Sep - 22:34

Les lèvres pincées de Geetali trahissaient le sourire qu'elles voulaient afficher, mais qu'elles réprimaient tant bien que mal. Ses yeux, légèrement plissés, étaient parés de la même moquerie tandis qu'elle écoutait malgré elle ce que le Second disait. A qui parlait-il ? Elle ne tarda pas à le deviner. Rien qu'à ses expressions, à sa négligence, c'était forcément quelqu'un qui lui imposait une surveillance particulière. Et puis la voix, pour elle étouffée, qui sortait du combiné. Sa maman !! Un instant, la jeune femme jugea raisonnable d'adresser à la Sentinelle un regard réprobateur, car elle souffrait sans doute de le voir aussi désintéressé. Peut-être devait-elle sortir de la pièce ? Cette pensée la traversant, ses lèvres s'étirèrent bel et bien en un sourire malicieux. Dans tous les cas, elle n'eut pas le temps de partir, puisqu'il mettait fin à la conversation. Sans se manifester, toujours silencieuse, elle continua son observation, et cette fois ses yeux se plissèrent d'une fausse contrariété en percevant son rictus dégoûté. Il n'était pas croyable ! Dégoûté par l'odeur du croissant ! Chaud !!

"Ah ! Tu n'étais pas obligé, hein !", s'écria-t-elle avec l'irritation d'une... mère. Et puis son pauvre sous-vêtement. Pas croyable. Au regard qu'il lui lança, elle ne lui donna aucune permission, sinon une petite moue, et lâcha un "Aïe." peu convaincant lorsqu'il la mordit. En soi, c'était un compliment : elle était meilleure qu'un croissant. En même temps, lorsque ça venait de Guillaume... C'est toi le drôle, pensa-t-elle alors qu'il l'imitait. Elle avait désormais une expression neutre, quoique toujours encline à la taquinerie. D'ailleurs...

"Désolée d'avoir contribué à ton malheur.", railla-t-elle en arquant un sourcil ironique. "Et c'est mal d'imiter sa mère comme ça. Ta pauvre maman."

Elle eut un rire discret à l'intervention de Kris, puis à son tour, laissa là Madame Vollmer dans un sourire tout aussi modeste que celui de Guillaume, presque de connivence. Enfin, n'y tenant plus, elle délia ses mains pour aller enserrer sa taille, sans prendre compte du chanteur. Un échange, donc. Et un regard vers le couloir qui donnait sur la chambre. En dernier, un sourire presque cruel, de celle qui allait se montrer ingrate. Comme un chat.

"Je vois, oui. C'est vrai que j'aurais pas mal de choses à t'offrir, là, mais comment était-ce, déjà... ?" Elle fit mine de réfléchir, avant de reprendre. "Ah oui, que tu allais devoir y aller... Le boulot, tout ça... Enfin tu vois." Elle prenait apparemment un malin plaisir à jouer sur les mots du Second, et comble de l'ingratitude, le lâcha pour aller s'emparer du croissant tristement délaissé dans son sachet. Toujours sans le savourer, elle en vint à bout rapidement, marmotta "J'arrive." pour disparaître dans la cuisine, où elle jeta le sachet, puis dans la salle de bain, où elle se lava les mains, parce qu'un croissant au beurre, c'était gras. Place aux négociations, maintenant. Avec caprice, la jeune femme revint auprès de Guillaume et lui saisit le poignet avec une indélicatesse factice, l'air de dire qu'il n'y avait rien de plus honteux que cette façon de marchander un numéro de téléphone. Belle comédie, qui serait l'occasion de réaliser ce dont elle avait envie, et lui pareillement, se doutait-elle. Elle l'emmena donc dans la chambre, referma la porte derrière eux, le plaqua tout contre en faisant s'offusquer les gonds et leva sur lui des yeux implacables, avant de lui adresser un sourire, faible mais non moins énigmatique.

"En fait, je veux un complément. Encore un. Et ton numéro, aussi." Elle captura ses lèvres brièvement. "Tu me donnes ton numéro, dis ?" Et avec plus d'insistance, gratifiant la bouche de douces morsures, cependant que ses mains descendaient dangereusement le long du buste de la Sentinelle pour aller heurter le tissu, qu'elles bravèrent sans honte. Elles rencontrèrent une chaleur et s'y trouvèrent bien, sans tarder à noyer sous les caresses cette même merveille qu'avaient la veille goûtée ses lèvres. Par ailleurs, Geetali rompit le baiser, désirant fixer le visage de Guillaume jusqu'au terme de ses attentions, et cela se voyait qu'elle ne comptait pas s'attarder après cela - sauf s'il forçait, bien entendu - qu'elle souhaitait simplement donner, pour cette fois. Elle imprimait sur sa virilité un lent mouvement de va et vient, guettait la moindre réaction, se délectant avec indécence de ce contact qui l'était tout autant. Durant la tâche, elle répéta. "Tu me donnes ton numéro ?"
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Ven 19 Sep - 2:30

Pauvre petite maman à la tête farcies d'idées désespérées de mère à l'enfant unique, malheureusement, et au mari aussi présent qu'un mort. Même un mort était plus présent, elle en aurait mis sa main au feu. Mais Guillaume s'en fichait, et ne trouva rien à répliquer si ce n'est un stupide sourire, si peu concerné par les déséquilibres psychologiques de sa Corélienne de maman.
Jouant l'indifférent, il prit soin de garder ses mains bien sages dans son dos même lorsque Geetali entoura sa taille de ses bras. Pas touche! Il ne se laisserait pas avoir par ça. Elle le narguait, et devait se trouver bien maligne, comme ça, à se la jouer « Guillaume ». Et puis quoi, il n'aurait quand même pas pu dire à sa mère qu'il avait passé la nuit avec la fille d'un pirate. Ex-pirate, mais où était la différence, pour elle? Il devait être barbu, poisseux et surtout, très dangereux. Sa fille ne valerait rien de mieux. Ou encore... tout dépendait de la façon que c'était présenté. C'est vrai, une femme comme madame Vollmer, seule à en crever, maternelle à en pourrir tout ce qui bouge, il suffisait de la prendre par les sentiments, pour en extirper quelques trop bonnes intentions... Mais qu'importe, elle ignorait jusqu'à l'existence même du nom « Anavi ». Ce n'était pas un problème.

Avec un regard autant sinon plus horrifié qu'il ne l'avait affiché plus tôt, Guillaume regarda Geetali manger, ou plutôt dévorer, le dernier croissant. Quel goinfre! Quel aspirateur! Beurk! Et double beurk! Mieux valait, pour sa santé mentale, de détourner le regard, mais il n'en fit rien, parce que cet appétit avait quelque chose de familier, aussi pervers que cela puisse sembler. Geetali dans la salle de bain, le Second se tourna vers son ami, toujours à manger, avec une lenteur incroyable, son croissant, se prenant la tête d'une main à chaque fois qu'il avalait, en fermant les yeux.

-Kris.
-Mm?

Perplexe, Guillaume le constata en silence, ayant la décourageante impression que le regard que lui renvoyait l'autre était vide. Il prenait une bouchée, se prenait la tête, souffrait et avalait, soulagé.

-Kris.
-Mm?
-T'es pas obligé, tu sais...
-Mm?
-De manger.
-Oh. Mais non, ça va.
-T'es pas obligé.
-Je sais.
-Non.
-C'est vrai...

Et encore, il mangea, reprenant son manège. Songeant que quoi qu'il ajoute il serait abattu par tant d'absurdité, Guillaume fit mine de ne plus voir Kris, ce serait moins dérangeant. Il n'eut pas à jouer l'aveugle bien longtemps, entraîné de force par la poigne de fer de Geetali Anavi. Il la suivit à reculons, sans trop résister, feignant cependant une brève hésitation avant de se retrouver dans la chambre. Plaqué contre la porte, le Sous-chef ne sut retenir son sourire trop longtemps, une pointe de rire, même, avant de ne plonger ses yeux dans le myssstérieux regard de son bourreau. Vivement les compléments. C'était quoi la suite? Franchement, il n'osait pas croire en la suite qu'il s'imaginait, il n'avait pas le temps, de toute façon. Réflexion ennuyeuse, mais pourtant inévitable. Alors il se laissa manger la bouche sans rien donner en retour, si ce n'est son corps, qui le prit par surprise, sous l'ouragan Geetali. Bête, mais il ne l'avait pas senti venir, ça, et sa tête heurtant la porte l'exprima clairement. Plus dur, maintenant, de garder son sang froid... Il aurait aimé être capable de lui dire d'arrêter, mais c'était impossible, s'aurait été mentir à ce que hurlait toute sa pensée. Il détourna le regard, tournant le tête sur le côté, les paumes de ses mains plaquées sur la porte, s'enfonçant dans la surface dure tant qu'il le pouvait. Plus dur encore fut de masquer le plaisir qu'il éprouvait aux caresses de Geetali. Le pire! C'est qu'il le sentit, sur ses joues, le rouge monter. Mais rien à faire, c'était plus fort que lui, cette fois. Il baissa la tête, mais la releva rapidement, retombant sur l'indécente Geetali. Guillaume s'efforça de soutenir son regard, la mâchoire crispée, le souffle s'accélérant, et entretenant difficilement l'expression dure de son visage, trahie non seulement par les joues, mais bien vite par les ondes de plaisir qui décontractèrent ses muscles faciaux, le faisant tantôt fermer les paupières un moment et entrouvrir les lèvres juste après en un silencieux soupir.

Levant la main, il vint la poser sur l'épaule de Geetali, serra un peu sans le vouloir son épaule, la regarda et fit finalement « oui » de la tête en esquissant un bref sourire, vite remplacé par l'expression que lui imposa sa jouissance, toute d'abandon et de lascivité qu'elle fut. Il fit un pas vers l'avant, et un autre, et enlaça son tortionnaire, le dos juste assez courbé pour que sa tête ne vienne choir sur la nuque de Geetali. Il la garda collée à lui un moment, les deux mains sur ses fesses, carrément, le temps de retrouver pleine maîtrise de lui-même (comme si ça pouvait aider), et redressa la tête, dardant sur elle un regard méfiant.

-Corruptrice, vile corruptrice.

Il la lâcha, rouvrit la porte et alla trouver, près du téléphone, un petit carré de papier ainsi que de quoi écrire, désormais appuyé sur la table et très appliqué à la tâche, un tout petit bout de langue au coin de la bouche. Décoré de sa terrible écriture qui n'avait jamais vieillie, il tendit le papier à Geetali, sur lequel on pouvait lire : Bionik Man 43336775.

-Tient.

Kris avait allumé la télévision et regardait des dessins animés. Il ne leur portait pas attention, enfin, que du coin de l'oeil, apparemment plus éveillé qu'il ne l'avait été y'a pas longtemps. Sans doute l'effet des petits porcelets qui s'agitaient sur l'écran saturé de couleurs vives.

-Guillaume! Y'a notre émission préférée!

L'interpellé jeta plutôt un regard vers l'horloge, soupira d'y lire l'heure.

-Est-ce que ça y'est? J'ai la douche qui me hurle après, la Tour Mirage qui m'attend, et toi. Tu veux pas prendre ta douche avec moi? Ce serait cochon. ... Mais trop long, c'est certain... Le regard espiègle, il reprit. Tu vas me mettre où hein? Dans ta poche?
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Ven 19 Sep - 16:57

Eh non ! Ne fuis pas !, semblait-elle lui intimer du regard. Heureusement, chaque fuite ne fut que provisoire, et elle put admirer ses expressions à loisir tandis que ses mains opéraient avec attention. C'était exercer un pouvoir particulier, fascinant, jouissif que de procurer du plaisir à autrui. Lui aussi pouvait rougir, soupirer, atteindre les extrêmes alors qu'elle gardait une parfaite conscience lui permettant de se faire observateur lucide. Elle voulait anticiper sa jouissance, savoir quand il viendrait et pour cela, gardait un rythme sans irrégularité. Profitant du fait qu'il venait de fermer les yeux, la jeune femme s'accorda un sourire, orné du caractère pervers engendré par la supériorité que lui octroyait l'instant. Puis une moue, se rendant compte qu'elle lui... boufferait bien les joues, en fait.

Cette contemplation faillit lui valoir un moment d'inattention, mais par chance, la main du Second exerçant une pression sur son épaule la ramena à une autre réalité. Non seulement elle avait gagné son numéro, mais en plus, une place aux premières loges pour ce qui suivit, ce qu'elle attendait, retira par conséquent ses mains afin qu'elles ne fussent pas porteuses de trop de preuves quant à son vil délit. Restait que ça en valait largement la peine, superbe vision que de le voir s'abandonner ainsi entre ses mains, et ce fut avec un sourire satisfait flottant sur les lèvres qu'elle se laissa enlacer. Elle ne rouspéta pas à la présence sur son respectable arrière-train, un caprice d'homme sans doute, quoiqu'il pût tout à fait être le sien, à elle. Qui en retour... Non, elle n'oserait pas. Peut-être après. Le numéro d'abord.

Bercée par l'étreinte, elle répandit un souffle brûlant sur la gorge de Guillaume, avant que son sourire ne s'élargît à l'accusation. Elle lui allait si bien. Sans rien demander, elle le suivit jusqu'au téléphone, mais fit un nouveau détour par la salle de bain car surtout, pensez à l'hygiène les enfants, il n'y a rien de plus important. Donc, encore une fois, elle se lava les mains et fut de retour juste à temps pour saisir le papier que lui tendait la Sentinelle, y jetant un coup d'oeil amusé. Bionik Man. Astucieux, ainsi même si ses parents le trouvaient, ils ne sauraient découvrir l'identité de la personne en question... sauf si sa mère avait l'extrême intelligence de faire le lien entre les jambes bioniques et... Non. Et puis, elle le garderait précieusement, ce petit bout de papier, qu'importait s'il méritait d'être exposé dans un cadre par le simple fait de l'écriture. Sacré Guillaume.

Indulgente, ou presque, Geetali se permit un regard en direction de la télévision, ne tardant pas à afficher une moue dubitative. Cet homme devrait réellement faire tout pour ne plus se prendre de cuite à l'avenir. Personne n'avait jamais pensé à le filmer ? Pas pour redistribuer les vidéos, mais bel et bien pour lui montrer celui qu'il devenait une fois ivre. Assurément qu'il y aurait de quoi dissuader ! Dans un haussement d'épaules, la jeune femme en revint à Guillaume, pressentant qu'en effet, ça y était. Elle l'assaillit d'un sourire de personne raisonnable.

"Non, pour la douche, je vais rentrer. Je n'ai pas de vêtements, ni de maquillage, et ce sont deux choses auxquelles je tiens après une douche. J'amènerai ce qu'il faut si j'ai l'occasion de revenir. En attendant..." Elle parut le détailler un instant, émettre un jugement intérieur, menton entre pouce et index. "On va dire dans ma poche, oui. Si tu es sage, tu auras droit à une place bien au chaud dans mon soutien-gorge, et après... Cochon." Un ricanement accompagna ses paroles. Elle tenait un discours grivois, une première. "On ferait mieux de se quitter, maintenant, hm ?", fit-elle en rangeant le numéro de téléphone dans sa poche. "Oh ! non, attends."

Sautillant presque, Geetali se précipita sur Guillaume et le saisit par les épaules, pendant que ses lèvres épousaient la naissance de son cou d'une façon un peu trop insistante pour être honnête. Et pour sûr, elle pinça la peau sans ménagement, aspira longtemps, jusqu'à y laisser une marque rouge très apparente avant de se reculer, taquine.

"Il ne faut pas oublier notre petit jeu. Qu'est-ce que tu vas faire ? Le cacher avec l'un des foulards de ta maman ?"

Bah, elle pouvait bien l'embêter un peu. Après, elle le laisserait tranquille, promis. Le boulot, tout ça. Les autres, quoi. Tandis qu'elle dormirait, puis planifierait des plans pour retrouver son frère. Quand reverrait-elle Guillaume ?
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mar 23 Sep - 2:56

L'heure était venue. Elle vient souvent, en général, et ne manqua pas ce rendez-vous. Sacré Guillaume, oui, nanti d'un esprit pervers le jour de sa naissance. Mais ce qui est encore plus dingue, c'est qu'il n'est pas le seul, et non, visiblement, Geetali avait de la graine de cochon dans la caboche, elle aussi. Sexy. De justesse, le Second se retint de revenir sur son offre de la douche, question d'en vanter les avantages lorsque partagée. L'heure faisait usage de son lasso et trouverait bientôt cible à son tir! Cours Vollmer! Mais plutôt que de prendre ses jambes bioniques à son cou, il demeura plutôt planté devant l'objet de ses images perverses présentes et sans doute à venir encore et encore, mains installées entre sa peau et le tissu de son sous-vêtement, pouces appuyés sur l'élastique, faute de poches. Prêt à la suivre jusqu'à « presque dehors », il alla pour poser le pied devant, dans l'intention, évidemment, d'enclencher un certain mouvement, ici, et d'en finir, une fois pour toute, avec la pénible tentation qui venait avec l'étiré départ de la grivoise et désirable miss Anavi.
La marque. Il fallait bien qu'elle la laisse, maudite! Soumis à l'infernal baiser, Guillaume se plaqua une main sur les yeux dans un « Nooooooon! » désespérement peu convaincant, en partie souriant en plus, alors bon... Il osa démasquer son visage que lorsqu'elle eut terminé, mais ne parvint pas à voir l'oeuvre de l'artiste, trop bien stratégiquement placé. Un regard de tueur, un soupir tout aussi désespéré que sa terrible plainte, et le Sous-chef reprenait la parole.

-Ma mère...

Il allait dire « ne porte pas de foulards », mais à bien y songer, il n'en avait pas la moindre idée. Loin de s'en sentir coupable ou quoi que ce soit qui implique une quelconque émotion, il poursuivit.

-En fait, avec l'uniforme des Sentinelles, les regards ne risquent pas d'être bien nombreux à cet endroit précis, à moins que... Ben à moins que je me déshabille devant quelqu'un, ou alors que quelqu'un me déshabille...

D'une main, sans attendre une quelconque réplique, il poussa Geetali vers la porte, l'ouvrit de l'autre.

-Mais... Pour ça, faudrait que je trouve le temps et, du temps ça, j'en ai peu. J'ai pas le temps de manger, pas le temps de marcher, par le temps de rire, pas le temps de... d'appeler ma mère...! C'est à peine si j'ai le temps de dormir, de vivre... Tu vois? Alors...

Une main sur la pognée à l'intérieur, appuyé dans le cadre de la porte entrouverte sur lui, Guillaume feignait l'abattement forcé. Il trouva cependant un air espiègle en reprenant.

-Cependant... Du temps pour jouer les cochons, ça... Faut dire que, j'ai une réserve spéciale.

Il ferma la porte, la rouvrit vite fait, attrapa Geetali d'une main et l'amena à lui, l'embrassa longuement et goulûment, comme dans les films pourris, si on oublie le sous-vêtement sagement taché de gras de croissant. Son odeur, sa bouche, sa taille, elle, il fallait s'en imprégner.
Il finit par se détacher de ses lèvres, eut un sourire, discret, amusé, et l'embrassa une dernière fois, toute petite dernière fois, furtivement, avant de se redresser et d'adopter une attitude détachée et très cool de casanova à la « films pourris ».

-Appel-moi. Et en super héros... Swoosh!

Porte fermée, Guillaume garda la main sur la pognée un moment, tenté par l'idée de regarder par le petit trou, tout près, juste pour voir son visage, juste un peu... Savoir si elle souriait, n'avait l'air de rien, pleurait, riait, déchirait son numéro de téléphone!?!

-GUILLAUME!

Kris était assis parterre, à moins d'un mètre de l'écran où défilait des cochons habillés et marchant sur deux pattes. Guillaume se décida à lâcher la porte après un moment d'hésitation, et à s'approcher du pauvre enfant débile qu'il avait pour ami. Son attention fut captée par une cochonne, ou truie..., toute de rose vêtue, qui balançait une belle grosse claque à un cochon en complet.

-Bon sang! Kris! Il l'a trompé avec la petite cochon frisée!?!
-En fait... Indirectement, oui, si tu vois ce que je veux dire...

Content d'accueillir Guillaume à ses côtés, Kris lui entoura les épaules de son bras.

-C'est une petite cochonne! Une vrai petite cochonne...
-Ah ça pour être cochonne, elle l'est!
-Qu'est-ce que t'en sais?
-Ben c'est que ça fait un moment que je regarde, moi!
-Ah ouais?
-Ouais! T'as tout manqué...
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MessageSujet: Re: Sauvez les chats.   Mar 23 Sep - 16:00

Fière de son oeuvre, elle se mordit la lèvre inférieure en la contemplant, de sa position, non sans ignorer le regard que venait de lui adresser Guillaume et auquel elle répondit d'une expression faussement innocente. Seulement, elle ne tarda pas à pincer les lèvres lorsqu'il évoqua l'uniforme, mais plus particulièrement les dernières paroles, les conditions, les possibilités qu'on pût apercevoir la fameuse marque. Si on le déshabillait. Jalouse ? Eh ! non, surtout pas. Elle n'eut aucunement le temps de s'attarder davantage sur cette singulière réflexion qu'on la poussait honteusement vers la porte d'entrée, accessoirement de sortie, afin qu'elle libérât les lieux de sa présence. Chassée ! Sans rechigner, elle se retrouva sur le seuil, penaude et bras ballants, écoutant le Second toujours avec cette même moue en guise de bouche. Il n'allait pas se faire déshabiller par quelqu'un d'autre, hein ? Hein, hein, hein ? JALOUSE !! Mais pas du tout, songeait-elle paisiblement. Aussi paisiblement qu'elle bouillonnait à l'idée de l'imaginer entre les mains de... Euh... En fait, il était plutôt difficile d'assumer, et d'abord de concevoir un sentiment tout à fait nouveau chez elle, dont elle n'avait pas l'habitude puisque jamais, ô grand jamais elle ne l'avait ressenti. Il y avait une première fois à tout, seulement, les premières fois s'accumulaient en un temps restreint, peut-être trop vite pour les éprouver pleinement. Est-ce qu'une première fois possédait une signification particulière ? Etre jalouse en imaginant Guillaume dans d'autres bras, sous un regard autre que le sien, quelle place cela lui donnait-il ? Pire, était-ce attendre quelque chose de lui ? A bien y regarder, elle avait l'impression d'être la seule à se poser des questions. Sans doute ne fallait-il pas, du moins pour le moment. Surtout lorsque par ses oreilles passait quelque subtile connerie. Dans le genre je n'ai le temps de rien, sinon jouer au cochon. Ca me va amplement, pensa-t-elle sans donner vie à cette pensée qui dut se lire dans ses yeux. Encore mieux s'il n'avait pas le temps de se faire déshabiller par quelqu'un d'autre. Mais c'était être cochon, ça aussi. Peut-être devait-elle lui demander de garder sa réserve spéciale rien que pour elle, au risque de paraître prétentieuse. Et puis, c'est tout ? Non, elle n'avait pas encore trouvé la force de tourner les talons qu'il rouvrait la porte ; la jeune femme se laissa attirer sans manifester la moindre résistance, eut même l'ingénieuse idée de répondre au baiser, sauf que l'embrasser de cette façon n'était peut-être pas la meilleure solution pour la quitter correctement, et j'entends par correctement : sans trop de regrets. Tout en longueur et en profondeur, qui donnait l'envie d'approfondir davantage - sans commentaire. Un long frisson la traversa, avant qu'elle ne se séparât définitivement de lui suite à la maigre consolation offerte par un furtif et dernier baiser. Pas de sourire pour elle, juste un soupir et une mine rêveuse.

"Euh... Oui."

Quand ? Quand devait-elle l'appeler ? Allez le lui faire demander. Plus de Guillaume désormais, et elle dut bien rester une longue minute sur le pallier, avant de finalement joindre ses mains derrière son crâne et quitter les lieux, sifflotant joyeusement. Elle marcha longtemps le nez en l'air, sans savoir où elle allait, réfléchissant sans vraiment réfléchir, n'imposant à aucune de ses pensées de rester là en vue d'une décortiquation. Elle avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée depuis la rencontre au parc, et pourtant... Soudainement agacée, Geetali secoua négativement la tête. Elle devenait niaise !

"Et puis il peut bien faire ce qu'il veut, c'est un homme à femmes... Mouais."

A l'évidence, il était temps de rentrer. Après s'être un minimum repérée, elle s'engagea sur l'itinéraire exact qui menait à son domicile, d'un pas plutôt lent, tandis que les rues se remplissaient progressivement. Celles des bas quartiers étaient bondées depuis pas mal de temps déjà, et seulement après les avoir atteintes, la jeune femme accéléra le pas. Il arrivait souvent qu'une personne quelconque l'interceptât pour lui faire quelques politesses. Ton papa, ça va ? Et ta mère ? Oh là là, elle est toujours aussi jolie... En même temps..., se disait-elle à chaque fois. Reste que Geetali arriva chez elle sans encombre, toqua à la porte, tomba nez-à-nez face à sa mère, justement, qui abaissa sur elle des yeux courroucés. Sans rien dire, elle la laissa entrer, mais ne tarda pas à la saisir fermement par les épaules, inquiète cette fois-ci.

"Tu n'es pas rentrée cette nuit.", remarqua-t-elle à voix basse.
- Papa n'est pas là ?"
- Non, dans quelques heures. Ma chérie ?"

Dédaigneuse, Geetali se dégagea de l'emprise de sa mère et se dirigea vers une porte, au fond à gauche de la pièce principale. Main sur la poignée, elle sembla hésiter, et finit par se retourner.

"J'étais en colère, c'est tout. Ca arrive souvent, non ?"
- Ton père m'a raconté, mais est-ce vraiment pour cette raison que tu as découché ? Je n'ai pas osé lui parler de cet homme..." Geetali se figea, souffle coupé, prise au dépourvu, elle bégailla. "Q... Quel homme ?" Puis tout lui sembla clair, et ses yeux s'agrandirent au point de manger une majeure partie de son visage. Un hoquet de stupeur, et la voilà qui s'offusquait. "Oh ! Maman !!" Piquée à vif, elle s'enferma instantanément dans sa chambre, tandis qu'Izaya se précipitait pour en marteler l'entrée de ses poings. "Je le savais ! Geetali ! Laisse-moi entrer ! Ou bien je... je défonce la porte ! Et tu sais que j'en suis parfaitement capable !" Pour seule réponse, elle n'eut qu'un "Tricheuse !" étouffé dans un oreiller et enfin, au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit sur une expression renfrognée. L'elfe sourit, baisa une par une les joues de sa fille. "Tu as beaucoup de fièvre. Va dormir, et tu me raconteras tout après, d'accord ?"

On verra. Deux mots qui furent ceux de la jeune femme, avant qu'elle n'allât se glisser dans son lit, après s'être vêtue en conséquence. Quand l'appelerait-elle ?

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