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 Chocolat "chaud"

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MessageSujet: Chocolat "chaud"   Jeu 25 Sep - 23:50

Il raccrocha. Voilà, enfin, c'était fait. Et il ne savait pas s'il devait être suffisamment heureux pour en sourire. Il sourit tout de même, tout en demeurant planté devant l'appareil immobile et silencieux. Trois secondes plus tôt, une voix lui avait rempli la tête d'un sentiment qu'il jugeait puéril chez les autres. Il avait hâte, non d'un chat décapité, il avait hâte de la voir. Aussi simple que ça, et pourtant. Il rentrait, ou venait juste de le faire, et portait toujours sa combinaison de vol. Une journée dans le ciel, aujourd'hui, ou du moins, une partie. Et sans Gelli! Faut dire que l'occasion s'était présentée de manière imprévue et, sur les deux Sentinelles qu'il avait prises avec lui pour escorter l'aérostat blindé, l'une était toujours en formation, mais achevait, et l'autre s'était tout simplement présentée sur son chemin avant Gelli. Pas de chance. Bah, en fait, de son côté, Guillaume n'en avait pas souffert. Faut dire qu'elles n'étaient pas laides du tout, ses collègues féminines de la mission... Une blonde, une rousse, et toutes les deux gâtées pourries par Dame Nature. Seulement, en professionnel qu'il était, il ne pouvait se permettre la moindre perversion publique, surtout au travail... Alors l'appel de la nature, il s'était efforcé de l'écraser au fond de son crâne, et n'avait répliqué que par un sourire en coin au clin d'oeil que l'une d'elle lui avait gentiment tendu, comme un appât. Le pire, c'est qu'il avait pensé un truc vraiment bizarre. Il avait pensé : de toute façon, je n'en ai pas vraiment envie. !!! Ô mensonge! Écoutez-la, soi-disant « conscience », qui se la jouait « diète »...! Ça ne saurait durer, parole de cochon.

Bref, après ces ennuyantes « folles mésaventures », il rentrait relativement tôt, 19h, c'était pas mal du tout, et s'était pointé juste à temps pour que cela ne sonne, enfin. En même temps, difficile de dire s'il avait attendu, ces derniers jours... Le temps avait passé et lui avait travaillé, s'était carrément sacrifié au travail, en fait, rentrant tard, repartant tôt, épluchant les dossiers, se fondant dans les décors de pubs, d'Ysir et autres lieux stratégiques. Entre dattes, chocolat, boulot et Madame Mercure, peu d'espace avait été accordé à quoi ou qui que ce soit d'autre. Sage garçon que monsieur Vollmer... D'ailleurs, si ce n'avait été de ce coup de téléphone, après avoir nourrit sa marmaille à mandibules, il serait probablement sortit, pour chasser, encore et toujours. On ne se tanne jamais de coffrer des pirates. La vague impression d'avoir oublié quelque chose lui vint à cette pensée, toujours planté devant l'objet dangereusement sans vie que pouvait s'avérer le téléphone. Mais oublier quoi? Ou alors qui? Hmm... Instant de silence cérébral total. Il ne vit pas.

Ce qui a de bien, quand on est seul dans la vie et qu'on ne craint pas le rester, c'est que peu importe les oublis, l'idée d'en rester à sa solitude par négligence n'a rien d'effrayant. ... Ouais, alors du coup, on ne prend pas trop le temps de se les creuser, les méninges, et on passe à autre chose. Geetali serait là tout à l'heure, il avait également l'intention d'y être, et alors il l'embrasserait et la metterait toute nue et lui ficherait du chocolat fondu partout. Partout. Ce serait non seulement cochon, mais en plus, ce serait terriblement bon. Guillaume avait faim, mais se retint de forcer son estomac à se taire, pour le bien de son fantasme. Il rejoint plutôt Justaucorps, Madame Mercure, Carmen, les Fred, Nu, Xued, Siort, Guillaume Vollmer, Qinc, Xis, Tpes, Tiuh, Fuen, Xid, Ezno, Ezuod, Eziert et les autres aux prénoms encore mal maîtrisés par le Sous-chef. Ils avaient faim, eux aussi, et dans un silence religieux, Guillaume distribua mouches, criquets et autres à ses chéris, arrachant pattes, ailes, et plus encore préalablement aux repas. La distribution achevée, il constata son oeuvre, sa bonté, mains sur les hanches, couvrant d'un rassurant regard indifférent ses insectes, puis quitta la pièce, passa devant la porte d'entrée en lui jetant un coup d'oeil méfiant. Bientôt, elle s'ouvrirait sur son dessert. En attendant, c'est vers sa chambre, qu'il se dirigea, question de retirer cet habit bien trop émoustillant, mais ne s'y rendit pas.

-Punaise.

Tan Tan Taaaaan! La porte, grosse, massive comme jamais, venait de subir la vilenie des hommes, encore. Deux coups, cette fois. Difficile de deviner l'identité de quelqu'un par sa façon de frapper à la porte... Enfin, y'avait Kris qui... Mais assurément, il ne s'agissait pas de Kris. Il s'agissait de Geetali. Évidemment qu'il s'agissait de Geetali! Alors, pourquoi demeurer planté là, face à elle, une main sur la poignée de la porte entrouverte de sa chambre? Un bout de bois les séparait, mais on aurait dit qu'il s'agissait plutôt d'une vie entière. Guillaume exagérait, dans son excitation nerveuse, et en être conscient n'améliorait rien. Il finit par faire un pas, lâchant la poignée, puis un autre, essuyant ses paumes moites sur son habit, et un autre, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'aboutisse tout juste devant la porte, main sur une poignée, encore une.

-Punaise.

Ça devenait inutilement long. Que faire. Ce n'était (et n'est) visiblement pas une question. Il n'y avait qu'une chose à faire : se taire et feindre l'absence. Tournant le poignet, Guillaume fit bouger la porte, la tirant vers lui, d'abord lentement, puis trop vivement, provoquant un courant d'air fou qui se perdit dans son toupet en le dressant fier et droit sur la tête qu'il ornait. Ni vu ni connu, il s'efforça d'avoir l'air naturel. Reste que c'est toujours compliqué, quand on a des images de chocolat dégoulinant dans la tête.



[à vous de voir qui commence, c'est pas trop important, je pense. Et quand je pense un truc, c'est qu'il vaut la peine d'être pensé. ]
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Ven 26 Sep - 12:31

Tu as du temps à m'accorder ? Avec un microscopique sourire, comme s'il s'agissait d'une évidence. Au hasard, elle avait appelé, et peut-être au hasard avait-il répondu, restait que le rendez-vous était fixé. Combiné reposé, lèvres étirées plus encore, elle se réjouissait à la perspective de le voir. Geetali avait tout prévu, ses parents absents en début de soirée, elle pourrait ainsi sortir sans se faire remaquer. Mais tout d'abord, il lui fallait préparer son sac. Elle n'avait rien dit à Guillaume, toutefois, mieux valait prendre ses précautions ; se résignant à l'admettre, elle ne pourrait sans doute pas partir après... après quoi ? Elle eut un regard inconsciemment gourmand, avant de rejoindre sa chambre pour extirper un sac en tissu noir de sous le lit, qu'elle prenait fréquemment à l'occasion des "sérieux, voire dangereux repérages", ceux qui nécessitaient plusieurs jours en-dehors du domicile familial. Une tenue supplémentaire, son démaquillant, et son adoré crayon noir avec... deux pommes. Goldens. Elle s'attacha négligemment les cheveux, réajusta ses lunettes, coinça son éventail dans sa large ceinture et sortit de chez elle, prenant soin de fermer la porte à clé, adressant quelques prières intérieures aux déesses afin que la petite maison ne fût pas victime d'un cambriolage. Puis elle s'engagea dans les ruelles, l'air joyeux, regardant en l'air plutôt qu'en bas, balançant son sac au gré de ses pas. Joyeuse, pourquoi ? Ca coulait de source ; après plusieurs jours, elle ne s'était plus préoccupée d'un sentiment naissant que par ailleurs elle n'identifiait pas, mais bien du fait de le revoir, sans penser à toutes les autres femmes qu'il rencontrait en parallèle. Tant qu'il restait discret - et sans vraiment s'en rendre compte, elle ne lui demandait que ça, sans avoir la prétention d'en attendre davantage, ce qui lui confèrerait un statut qu'à l'évidence, elle ne possédait pas.

Parvenue à proximité de la résidence, la jeune femme s'arrêta un instant, considéra de loin la fenêtre qui donnait sur la rue, et par laquelle elle était passée l'autre fois. Si proche ! Il ne suffirait que de quelques pas pour le rejoindre, et cette pensée faillit l'inciter à courir, comme si quelque chose irait à l'encontre de leur intimité prochaine. Sans doute aurait-elle dû savoir qu'il ne s'agissait là que d'une forte intuition. Même cette femme qui à quelques mètres la devança ne lui inspira aucun soupçon, probablement une voisine. Ecoulées quelques minutes, Geetali s'engouffra à son tour dans l'immeuble, si légère qu'avec un certain recul, cela lui serait semblé tout à fait dégueulasse. La suite fut lente. Main sur la rampe, pied sur la première marche, la deuxième, elle montait paisiblement, sans tracas ni scepticisme. Elle était tellement joyeuse qu'à la vision qui s'offrit à elle, son sourire ne s'effrita pas, et il aurait alors été impossible de soupçonner l'incommensurable contrariété qui l'envahit dès cet instant. Bienheureusement, elle n'en était pas encore au stade de la contrariété mêlée à de la paranoïa, dans le genre "C'est qui, elle ?!" (à part la femme qui était entrée juste avant), non, toute son irritation se dirigeait présentement vers Guillaume, et uniquement vers lui.

Mais peut-être était-ce un imprévu ? Une erreur ? Impossible. Ca sentait mauvais les scénarii "Ce n'est pas ce que tu crois !", et c'était trop vrai, trop évident pour cela pût être une erreur. Alors peut-être que cette fois, son sourire accueillit une imperceptible trace de mécontentement, animée par l'ironie de la situation, de la même manière qu'on rierait jaune. Elle eut un mouvement de recul, non pas pour s'enfuir en courant - jamais elle ne s'abaisserait à une telle grossièreté - mais bien pour manifester qu'elle ne comptait pas imposer sa présence. Il y avait cette femme, et Guillaume, dans l'encadrement de la porte ouverte. Il y avait Geetali, qui ne savait pas réellement quelle place adopter dans l'affaire. Elle hésitait entre partir calmement, afin que l'inconnue ne la remarquât pas - dans le but de revenir une autre fois, le temps de digérer - et se signaler d'un éclaircissement de gorge, faire comprendre à Guillaume, par la même occasion, qu'il était quand même fort de se tromper dans ses rendez-vous galants. Enfin, il se pouvait que cela ne fût pas le cas, mais dans le doute... Ce que Geetali voyait, elle, c'était un empêchement dans toute sa splendeur. Elle retombe, l'euphorie, elle retombe. Rapidement, elle mesura : les escaliers tout près, il ne lui faudrait que quelques pas pour s'en aller, rien de difficile, et son attitude trahissait qu'elle n'hésiterait pas à les emprunter sous peu, ces fameux escaliers. Sac sur l'épaule, elle pencha la tête sur le côté dans un geste de désinvolture, comme pour mieux considérer les deux autres protagonistes et examiner le cadre dans lequel ils étaient tous trois fondus. C'était moche. Vraiment très moche. Et sa contrariété, hélas, la poussa à faire preuve de mauvaise volonté, puisqu'elle ne tarda pas à déclarer d'une voix paradoxalement neutre :

"Eh bien... Je gage que je me suis trompée de porte."

En clair, et que Guillaume me pardonne, le dessert à base de chocolat fondu était sur le point de s'envoler, cela ne se voyait que trop bien, dans son refus d'approcher et de s'intéresser à l'autre femme, pour les présentations usuelles, que l'on appelait plus couramment politesse.

[Gelli arrivée en premier, donc ^^ Parce que Gee' se serait dans doute montrée moins barbare envers cette pauvre porte qui pète plus haut que son trou. :°]
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Sam 27 Sep - 11:42

[… Et voilà, je passe encore pour l’emmerdeuse de service è_é C’est avec ta tête à lunettes que jvais être barbare si t’insistes, chère presqu’homonyme What a Face Hey Guillaume ! Le chocolat chaud, ça me rappelle notre… deuxième sujet sur Riddi ! Tu sais, avec les choses petites et moches :O ]

Quelle saloperie de temps. Certes, il y avait plus important pour Gaëlle que le taux d’humidité de ses vêtements, mais là… Quand même. Increvable peut être, mais elle restait humaine et un coup de froid pouvait la rendre malade au même titre que n’importe qui. Bon, d’accord, pas exactement au même titre… A vrai dire, à chaque fois qu’elle s’était retrouvée ainsi sous la pluie diluvienne à vibrer comme une cloche sonnée, ça s’était fini au lit pendant une bonne semaine à suçoter quelque chose de long et dur – un thermomètre. Et si il y avait bien une chose que Gaëlle ne pouvait pas supporter, c’était bien d’être malade. Enfin, reformulons : inutile, pas malade. Ca lui était arrivé de bosser tout en étant malade, hein, mais dans les cas étudiés il s’agissait vraiment de la grosse grippe bien merdique qui faisait tourner la tête au moindre essai de stationnement à l’état vertical. Horizontale, immobile, et donc inutile. Insupportable. Au moins dans ces moments là, elle avait au moins la consolation de recevoir de fréquentes visites de sa mère qui prenait soin d’elle comme quand elle était gamine. Fallait l’avouer, elle l’aimait beaucoup sa maman, la Gelli…

Nous disions donc, saloperie de temps ! Le ciel avait été dégagé toute la matinée pourtant, le ciel bleu, quelques nuages, les oiseaux, les zeppelins et le reste. La sentinelle en avait profité pour sortir un peu, traîner devant les magasins, occuper son temps libre en quelque sorte. Faut dire, elle n’avait plus rien à foutre depuis deux jours, une grosse affaire ayant été bouclée de manière sauvage. Après, le train-train de la vie normale reprenait son cours, lentement, comme si ça l’emmerdait mais qu’elle y était obligée. Gaëlle suivait, hein, bien forcée. Les oiseaux gnagnagna. Ca la déprimait. Assise sur un banc du parc municipal des jolis quartiers – parce que le parc était joli, comprenez que le parc de son quartier était moche, vu qu’elle habitait dans les quartiers moches – elle avait sorti un vieux bouquin sur le mouvement des planètes, un truc bien prise de tête que personne n’avait envie de lire. Même pas elle. Enfin, elle en était là dans sa morne solitude lorsque la première goutte était tombée. Très exactement sur les lettre b, i et t – et presque e, la salope – du mot « orbite ». Gelli avait levé les yeux. Ah, non. Non non non ! Sauf que les gouttes ne comprenaient pas le langage des humains, de toute évidence, et s’étaient mises à tomber, de plus en plus nombreuses. Ils sortaient d’où ces putains de nuages, hein ?

Bref, le ciel lui était tombé sur la tête. En une demi seconde. Elle n’avait même pas eu le temps de gicler de son banc que déjà ses cheveux étaient devenus des tentacules humides qui lui collaient au front et aux joues. Rappelez-lui la raison pour laquelle elle était sortie en chemisier blanc ? Il faisait chaud, ah ouais. Bien joué monsieur météo. En plus il se faisait tard. Alors qu’elle courrait à toutes gambettes vers le café le plus proche, la pauvre humide se vit refermer la porte au nez, brutalement. Ah ! Là bas ! Un abris bus providentiel ? L’endroit était bondé… En réalité, les deux mètres carrés au sec étaient d’ores et déjà squattés par tous les pauvres mouillés comme elle. Sauf qu’ils avaient été plus rapides… Un vieil homme, avisant la Gaëlle qui restait les bras ballants sous la pluie à observer l’amas de personnes, se décala d’un demi millimètre sur le coté tout en lui adressant un regard concupiscent – rapport à sa chemise blanche et mouillée, et bien sûr à son absence de soutif pour aller le plus loin possible dans l’emmerdement.


- Une petite place au sec mademoiselle ?
- Allez vous faire foutre.

Et elle tourna les talons, avant de détaler pour de bon. Elle venait de se souvenir de quelque chose d’assez sympa au fond. Guillaume ! Guillaume Vollmer, son si cher collègue. Il n’habitait pas loin, le bougre, c’était d’ailleurs la prochaine rue sur la droite… Voilà, elle y était. Entre temps, l’averse s’était calmée, mais pas le vent. Il balayait le bitume de son expiration gelée, glaçant Gaëlle jusqu’aux os. En plus elle était toujours trempée. Hors de question de rentrer chez elle dans cet état, là bas ce n’étaient pas des vieux monsieurs au regard libidineux qu’elle allait croiser, mais plutôt des racailles expérimentées dont elle aurait bien plus de mal à se défaire. Surtout à cette heure… Alors qu’elle grimpait péniblement les marches qui la menaient bravement vers l’appart de son homme bionique – en laissant des flaques d’eau sur chaque marche, sinon ce n’est pas drôle – elle se demanda si elle n’allait pas le déranger… Bah, rien à foutre, ce ne serait pas la première fois qu’elle débarquerait à l’improviste, et puis comment refuser cette adorable Gelli à l’air misérable, toute mouillée, presque nue et grelottante, qui frappa à la porte quelques secondes plus tard ? Timidement d’abord, puis plus sauvagement. Vrai, quoi, il n’allait tout de même pas la laisser crever sur son perron !

C’est alors qu’arriva quelque chose de vraiment effrayant. Quelqu’un plutôt. Et puis, finalement, plus surprenante qu’effrayante. C’était qui cette fille ? Qu’est ce qu’elle venait faire à traîner ainsi autour de l’appartement de Guillaume ? Une voisine énamourée ? Une admiratrice plus téméraire que les autres ? Allez, dégage petite, au lieu de rester planter là comme un poisson – oui parce qu’un poisson planté est surprenant – tu le verras sans doute deux petites secondes le temps qu’il fasse entrer son amie, mais t’as rien à faire ici. Le Guillaume dont il était question avait ouvert sa sale porte en bois massif et se tenait dans l’encadrement, l’air con. Il considérait les deux filles. A son regard, elle comprit que l’autre n’était rien de tout ce qu’elle avait imaginé. Ben voilà, à son tour de rester conne.

Heureusement, Gaëlle était du genre à ne pas rester conne trop longtemps, et à se remettre rapidement. Quoique là c’était difficile… Il prenait son pied avec… avec ça ? Ah, il fallait qu’elle fasse abstraction, pour la bienséance de la situation. Un air furieux rapidement constitué sur le visage, elle croisa les bras sur sa petite poitrine pour rester un peu crédible – parce que sinon, pour la bienséance… et soutint quelques instants le regard de la petite. Elle aussi était furieuse, mais Gaëlle n’avait pas la moindre intention de déguerpir. Ca ne la dérangeait pas de passer pour la squatteuse chiante qui fait foirer le plan romantisme, et puis elle avait plus besoin de Guillaume que l’autre, cela ne faisait aucun doute.


- Eh bien... Je gage que je me suis trompée de porte.
- Mais non ma jolie, tu peux te joindre à nous si tu veux. A Guillaume. Espèce de dégueulasse, si les plans à trois t’excitent, t’aurais au moins pu me prévenir. J’aurais emmené une amie à moi.

Suite à un frisson plus violent que les autres, elle n’y tint plus et bouscula son pauvre supérieur afin de s’engouffrer dans le – miracle, chauffé ! – appartement. Une seconde de plus dehors, et elle se transformait en iceberg, gros morceau de glace flottant sur la mer de l’incompréhension de Guillaume. C’est clair que les réactions de Gelli étaient surprenantes, surtout lorsque elle-même se trouvait dans une situation délicate. Bah, elle s’en était pas trop mal tiré, et puis elle avait en plus fait preuve de délicatesse : il devrait se débrouiller seul avec sa pétasse pour lui expliquer que Gaëlle n’était pas – mais non ma chérie ! – ce qu’elle croyait. Transformant le sol en patinoire fondue, elle glissa tant bien que mal vers la salle de bain, ouvrit un tiroir et en sorti une épaisse serviette. Toute douce, un vrai bonheur. Chez elle, les serviettes étaient fines et rêches, ici elles étaient plus du genre édredon.

Des éclats de voix montaient de derrière elle. Tant pis, sa santé avant tout. Elle ôta voluptueusement sa chemise pleine de pluie, très satisfaite de son petit numéro.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Sam 27 Sep - 21:14

[Geetalounette, (le jeu de mots! le jeu de mots! What a Face) si ça va pas et qu'en fait tu préfères prendre tes jambes à ton cou, j'éditerai... Même si j'en ai pas envie. X) Et ouais, Gellibean, le chocolat chaud, c'est un éternel classique. Seulement celui-là sera encore meilleur. Cool ]

Wow. Après le chocolat dégoulinant, les « wet t-shirts », ou wet chemises, plutôt. Encore mieux. Comment ne pas baisser les yeux devant une paire de montagnes aussi bien enveloppées? Peu enveloppées, en fait. Carrément transparentes. Mais que de chair! Miam miam miam. Cela sentait bon le gâteau au glaçage chocolaté. Le beau mélange… Et je répète : Comment ne pas baisser les yeux devant ce… regard singulier, tout en courbes et en lubricité, qui insistait! « Nous avons froid! » hurlait le nombril pour ces pauvres choses, et Guillaume se vit poser les mains aux sommets des monts enneigés dans un geste de dévotion absolue. Il s’en manqua de peu pour qu’il ne le fasse véritablement, détachant son attention, enfin, de ces splendeurs naturelles, afin de suivre le regard de Gelli. Ah tient, Gelli. Qu’est-ce qu’elle fichait là? Il ne l’avait pas reconnue. Faut dire que, c’était probablement la première fois qu’il prenait conscience de… de ça, comme ça surtout. Bref, elle regardait Geetali.
Geetali! Le chocolat, enfin! Il avait faim. Hélas, quelque chose n’allait visiblement pas. Geetali. Gelli. Geetali. Hmm… Ça rime, et pourtant, ça ne va pas. Elles ne se connaissaient pas, et jamais Guillaume n’avait imaginé qu’elles finiraient par se rencontrer un jour. C’est vrai, pourquoi? C’était complètement inutile. En plus, ça faisait une personne de plus dans le « complot ». Ah, pas de chance…! Seulement pour vrai, cette façon qu’elles avaient de se regarder, c’était nul. Elles lui anéantissaient ses beaux plans de cuisine sans la moindre pensée pour lui. Pauvre lui. Pris entre deux tigresses! Que faire!? Fuir ou attaquer? Réfléchir plutôt…

Trop lent, il fut devancé par Gelli, qui entra dans l’appartement comme chez elle. Pire, comme chez lui. Il n’y fit pas attention, plus habitué à sa présence chez lui qu’il ne saurait l’admettre. Guillaume s’empressa plutôt de rejoindre Geetali, soudainement animé, réveillé, remis de son retour brutal au monde moche qu’était devenu le sien en peu de temps. Mais attention, il ne renonçait pas encore à ses rêves sucrés.

-Attends, attends… Geetali, c’est que Gelli. Gaëlle Peinamps, une collègue de travail, une… une amie. On se connaît depuis l’Académie, on fait équipe pour les missions… Elle est un peu… antisociale.

De peur qu’elle ne déguerpisse, il avait bondit, l’avait attrapée par la main et avait fixé sur elle ses yeux, insistant. Et l’autre? Bah… elle ferait ses trucs, ce n’était pas lui qui allait s’en soucier. Enfin, pas vraiment. De toute façon elle connaissait son appartement presque aussi bien que lui, et puis il ne fallait pas compter sur elle pour se gêner et perdre son temps à demander quoi que ce soit. N’étaient-ils pas… amis? D’ailleurs, pourquoi cette irritation? Elle savait, pour les femmes, les filles, enfin, elles, qui s’enlisaient toutes dans ses draps. Et puis quoi, à débarquer à l’improviste comme ça, fallait s’y attendre. Guillaume se dit que, ce devait être la pluie, qui l’avait rendue aussi peu amicale. Moins que d’habitude, en fait. Déjà qu’elle était bien loin d’être miss sourire…

-Je savais pas qu’elle viendrait, je suis aussi surpris que toi.

Faux! Mais c’était un détail, la surprise demeurait, à intensités différentes, mais tout de même.

-Faut pas s’empêcher de se voir à cause d’elle, la laisse pas gâcher nos plans. De toute façon je suis certain que c’est même pas son intention… Elle est… sensible à la pluie… À ces mots, Guillaume roula les yeux vers le plafond en esquissant un petit sourire au coin des lèvres, mais retrouva son sérieux en regardant Geetali. Rentre avec moi tu verras bien…Gelli c’est… un peu comme une… Il allait dire « sœur », mais l’image de sa poitrine mouillée le rebuta quelque peu. Amie d’enfance. Ou d’adolescence… Enfin, ce que je veux dire c’est que, tu ne t’es absolument pas trompée de porte. Il l’embrassa, sa main libre posée sur sa nuque, l’autre glissant sur sa taille pour la rapprocher de lui. En la relâchant, il vint retrouver l’une de ses mains, l’entourant de la sienne. Vient.

Sans lâcher sa main, il la mena avec lui jusque dans l’appartement et referma la porte derrière eux. Il souffla silencieusement. Et quoi, maintenant. L’ambiance était bizarre.

-Tu peux t’asseoir, si tu veux.

Et quant à lui, c’est Gelli, qu’il allait voir, pas trop content. Mais d’abord, il passa par sa chambre, agrippa un t-shirt qui traînait parterre et traversa à la chambre de bain. Elle ne méritait pas mieux. Il entrouvrit la porte, lui lança le truc et referma sans mot dire. Retrouvant une timide bonne humeur, il revint à Geetali, se plantant dans le salon.

-Les papillons c’est pour bientôt. J’ai encore du mal avec tes noms, par contre…

Tentative de changement de sujet? Perspicaces… Que faire d’autre? Quand le monstre sortirait, qui sait ce qu’il adviendrait d’eux. Chose certaine cependant, c’est que Guillaume n’avait pas l’intention d’avantager Gelli en tant que gâcheuse de plans cochons par excellence. Même avec la belle image qu’elle avait ajoutée à sa collection de « matériel à fantasmes »… Et puis d’abord il avait même pas touché.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Sam 27 Sep - 22:43

Dans le genre grande gueule. Peut-être vulgaire, aussi. Certainement ! Désoeuvrée, Geetali avait renforcé son étreinte sur la lanière de son sac, après avoir considéré un instant l'inconnue, venait même d'émettre un jugement intérieur. Sauf qu'il n'y avait pas grand-chose à penser, comme rien n'avait été dit sinon des paroles sans importance qui lui étaient superbement passées au-dessus. Un instant, la jeune femme posa son regard ailleurs, l'air de désirer un écoulement plus rapide du temps. Puis, la longue tirade submergea de nouveau son esprit, en extirpant une familiarité notable envers le Second. Non, décidément, impossible d'en conclure quoi que ce fût. Quelle importance, après tout, ne fallait-il pas attendre que Guillaume vînt lui expliquer ? D'ailleurs... Celui-ci s'empressait littéralement. Elle avait l'air si contrarié que ça ? Pourtant, elle tentait de canaliser une éventuelle irritation paranoïaque face à la situation ; une femme mouillée de la tête aux pieds et qui avait eu l'excellente idée de porter un chemisier blanc... Geetali pouvait tout aussi bien lui attribuer l'étiquette "Amie de Guillaume", comme "L'une des innombrables amantes de Guillaume." ou encore "Paumée de service qui n'est pas foutue de prévoir le temps qu'il fait.", car on n'accorde jamais aucune confiance à la météo. A tout hasard, elle pouvait se dire que "Amie de Guillaume" était plus susceptible de tenir en lettres rouges sur son front. Ouais. En attendant, ce n'était que Gelli.

Inexpressive, la jeune femme dévisagea la Sentinelle, tout en l'écoutant, non sans avoir jeté un coup d'oeil à sa main faite prisonnière. Donc, histoire de récapituler, elle était non seulement une amie de Guillaume, mais également une paumée de service qui n'était pas foutue de prévoir le temps qu'il allait faire dehors. Très bien, dans ce cas. Si elle le croyait ? Sans doute, elle s'en fichait bien, désormais. Qu'il y eût n'importe quoi d'autre entre eux, sans preuve, elle ne risquait pas de s'en soucier et préférait fermer les yeux bien sagement. Néanmoins... Geetali semblait maintenant en proie à une particulière inactivité, dans la mesure où elle ne cilla pas, et répondit encore moins au baiser de Guillaume. Tout dans son attitude laissait croire qu'effectivement, elle était toujours profondément irritée, en même temps... Que lui arrivait-il ? Patience. Véritable pantin, elle ne retourna aucune résistance lorsque le Second la tira à l'intérieur, tandis qu'elle-même traînait son sac sur le sol. Alors, elle fronça les sourcils. Evident que quelque chose l'agaçait, mais quoi ? Sans s'occuper de rien, même s'il lui sembla bien être seule un instant, Geetali abandonna ses affaires et alla s'asseoir sur l'accoudoir du divan, dos courbé, jambes croisées, coude sur genou, menton sur paume. Toutefois, elle ne garda pas cette position très longtemps, puisque sa main alla rapidement trouver son front, de la même manière qu'elle aurait cherché à apaiser une douleur. Et finalement, ce fut la voix de Guillaume qui lui soutira un violent sursaut, à la suite duquel elle s'écria - tout en remettant les papillons à plus tard.

"Ah bah putain ! Gelli, c'est bien celle qui s'est pris une raclée par les pirates quand tu m'as ar..." Quand tu m'as arrêtée ? Et puis quoi encore ? "Quand tu... Enfin tu vois.", acheva-t-elle dans un sourire satisfait. Oui, ce n'était vraisemblablement que ça. Elle reprit plus bas. "Désolée, je jurais avoir déjà entendu ce nom quelque part et ça m'a tracassée un petit moment." Sur ces paroles révélatrices, Geetali se redressa et rejoignit le Second, s'éleva sur la pointe des pieds afin de lui picorer les lèvres, très brièvement, l'air de dire "Maintenant, je peux te dire bonjour... enfin bonsoir." Puis elle regagna son perchoir de fortune en soupirant. "Ne t'en fais pas, je ne la laisserai rien faire du tout, amie d'enfance, d'adolescence ou pau... que sais-je encore." Geetali aurait parfaitement pu céder la place, ainsi qu'elle y avait songé quelques instants plus tôt, mais puisqu'il semblait tenir à ce qu'elle restât sans se préoccuper de l'autre... Eh bien soit. Elle pouvait bien prendre son mal en patience. Restait qu'à l'instar de Guillaume, la jeune femme opta également pour le changement de sujet, en revint par conséquent aux papillons, l'air de rien.

"Tu comptes vraiment les leur donner ?" En parlant des noms. "Et est-ce que tu lui as demandé, à elle, ses idées de prénoms ?"

Oh, eh bien oui, inconsciemment, elle remettait Gelli sur le tapis. Et elle n'y pouvait strictement rien. Sans penser à mal, des allusions émergeaient, à l'image de la lueur qui filtra dans son regard, significative de sa pensée : peut-être que Gelli ne s'intéressait pas à l'univers original que constituaient les insectes du Second.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Dim 28 Sep - 22:27

Hey, quoi ? La chemise n’était pas la seule à être mouillée, merde ! D’ailleurs elle sècherait sans doute plus vite que le jean avec lequel Gaëlle l’avait assorti, qui semblait lui aussi avoir épongé tout le caniveau. Elle l’enleva, lui aussi, parce qu’avoir froid des jambes c’était presque pire que d’avoir froid des seins. Sauf que voilà, en petite culotte dans la salle de bain de Guillaume, elle n’irait pas bien loin. Justement, le voilà qui lui balançait quelque chose avec négligence. Je t’emmerde, pensa-t-elle avant de ramasser la chose, un t-shirt crade qui sentait la sueur. Sa sueur, ça irait. Le vêtement était bien sûr trop grand pour elle, et lui arrivait finalement assez bas pour qu’elle puisse se permettre ce qu’elle avait l’intention de se permettre. Ce qu’elle se permit. La porte s’ouvrit sur une Gelli qui s’essorait encore les cheveux avec l’édredon. Vêtue en tout et pour tout de sa culotte et du truc puant de Guillaume, elle considéra un instant les deux autres, qui firent de même, avant de hausser les épaules d’un air blasé et de prendre le chemin de la chambre de l’hôte conciliant.

- Eh ben quoi, pas encore à poil ?

La chambre de Guillaume était en bordel, mais bon, le contraire aurait été inquiétant. Si il s’était mis à ordonner ses affaires parce qu’il voyait cette fille, le sang de Gaëlle n’aurait fait qu’un tour et la pauvre petite se serait retrouvée suspendue par les gros orteils à l’arrière de son chasseur. Quoiqu’il en soit, le désordre du bleu n’était plus un secret pour sa coéquipière adorée, qui mit moins de douze secondes à trouver ce qui lui manquait. Bon, c’était encore trop grand, mais au moins personne ne pourrait lui reprocher d’être indécente. Lorsqu’elle fit de nouveau irruption dans le salon, ses lèvres étaient un peu moins bleues, et les tremblements transis ne secouaient plus son corps aussi fort que quelques minutes auparavant. Tout de même, sa main leste fit main basse sur une couverture qui avait le malheur de traîner en évidence, et le pauvre glaçon fondu s’enroula dans le canapé et dans cette nouvelle couette avec un soupir de soulagement bien audible.

- Pour ton information, la seule personne qui n’a jamais été capable de me filer une raclée, c’est ma mère, et je peux t’assurer qu’elle est bien pire que les pirates. Eux n’ont jamais pu me toucher. Trop balèze pour eux. Et puis j’ai Guillaume, pas vrai ? Il ne peut rien m’arriver quand je suis avec lui, et je suis toujours avec lui. Petit silence. Et ses papillons, j’t’assure que la dernière chose dont j’ai envie, c’est bien de leur donner des putains de noms.

L’avantage – ou l’inconvénient, ça dépend si vous êtes dans le camps de Gelli ou si vous soutenez les deux autres imbéciles - dans la maison de Guillaume, c’était que les murs étaient fins. La situation aurait pu être amusante si l’ambiance n’avait pas été aussi électrique. Emmitouflée dans sa couette, les genoux relevés et les deux talons fermement enfoncés dans l’assise moelleuse du canapé, Gaëlle regardait furieusement la brune à lunettes. Quelle âge elle avait, hein ? C’était qu’il se tapait des mineures, le bleu ! Non pas que cela posât le moindre problème. Comment ça, un problème, qui a dit problème ? Il n’y a pas de problème. Juste cette salope au milieu du salon de Guillaume ! Non, pas celle-là, l’autre, avec son petit sac. Elle avait l’air de quoi, avec ses yeux tout fouineurs ? Et puis, c’était une façon de regarder les autres ça ? Mais où l’avait-il trouvé, dans le quartier des putes infantiles ? Sérieusement, Gelli était déçue. Bien sûr qu’il en baisait, des nanas, mais… Bon, elle n’en avait croisé qu’extrêmement rarement, et elle s’imaginait plutôt que ses maîtresses avaient une certaine… classe. Un charisme qu’elle ne possédait pas. Là c’était… dégradant. Voilà, il avait à sa disposition quelqu’un comme Gelli, et lui préférait quelqu’un comme… elle.

Attendez, on répète. A sa… disposition ? Qu’est ce que c’était encore que cette connerie ! Gelli secoua la tête. Son cerveau de merde, encore. Pourtant, c’était plutôt un allié d’habitude. Là, il pétait un boulon – oui parce que la tête de Gelli était un mécanisme complexe dont le mécano avait paumé le mode d’emploi – et la rendait furieusement furieuse. Et folle, aussi. Mais extérieurement, on voyait juste un gros chat mouillé qui faisait la gueule parce qu’il restait des gouttes sur ses moustaches. Une chose était certaine, elle n’aurait pas craché sur Guillaume si il lui avait proposé de l’enduire de chocolat. De chocolat *chaud*. Mais oui, c’était elle qui en avait besoin, pas l’autre ! Elle risquait de tomber malade, bon sang, et si personne ne l’aidait à se remettre de ses frileuses émotions, Bleu travaillerait avec un cadavre. Peut être qu’il s’en fichait. Cette idée lui donna une sueur froide – et merde ! – et elle leva les yeux vers lui, deux yeux presque larmoyants. En fait non, c’étaient des yeux accusateurs qui semblaient lui gueuler bien méchamment « tu la payes combien, ta pétasse ? » Pas cher, elle espérait. Oui, parce que sinon c’était du vol. Et le vol était puni par la loi. Une petite étincelle malsaine au fond des pupilles, Gaëlle s’imagina coffrer la brune pour viol. Heu, vol. Ce serait sans doute jouissif. S’adressant à son cher ami, elle prit un air un peu dégagé, un peu.


- Tu me dis si je dérange, hein. Le temps que mes trucs sèchent, et je me casse. Je voudrais surtout pas contrarier vos plans. Silence. Et puis si vous insistez, je filme.

Peut être qu’on finirait par la frapper, la Gelli. Ca lui ferait les pieds.

[Nom de ! Mais qu’est-ce qu’il est orgasmique ce personnage !]
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mar 30 Sep - 1:29

Hmm. Et après les wet t-shirts, les t-shirt tout court. Mais tout court comme : rien d'autre. Qu'un t-shirt, et autre chose on le devine mais, faut le deviner hein, et bon c'est pas obligatoire de la deviner, cette chose, alors bref, le t-shirt et, du t-shirt, des cuisses, des mollets, des pieds, des cuisses, des cuisses, des mollets, des cuisses, des pieds et... des cuisses. Mmmmhmm, comme dirait l'autre. Mais ce n'est pas ça, pas tout de suite du moins, parce que d'abord, il y avait eu l'illumination de Geetali. L'arrestation, la mission avec Gelli et tout ça, Guillaume avait rangé dans un coin retiré de sa mémoire. Il ne jugeait pas nécessaire de se rappeler que les circonstances de leur rencontre impliquaient la Tour Mirage dans un contexte aussi peu conventionnel. La vérité c'est que s'aurait peut-être bien été nécessaire, après tout, mais que la suite n'aurait pas été la même. Petit sourire, aussi innocent qu'il s'efforçait de se convaincre qu'il l'était, et Guillaume renvoyait valser d'un coup de pied ce bon vieux souvenir dans le grenier. Oui c'est cela Geetali, embrasse-moi et n'en parlons plus, exprimait silencieusement le Second en reçevant comme une gâterie le prompt baiser. Qu'il faisait bon d'être libre d'esprit, voire vaguement simple, de son plein gré surtout. Un nuage lui entourait la tête, lorsque seul avec elle, et c'était très bien comme ça, avec rien pour le sortir de cet état de confort mental.

Si ce n'est des jambes. Mais pas n'importe lesquelles, attention! Et que de subtilité dans la manière de se retourner, on ne peut plus naturellement, pour voir, tout bonnement, mais qui, qui osait ainsi s'exprimer... Et découvrant -oh surprise!- qu'il s'agissait de Gelli, toute de t-shirt vêtue. Visiblement elle, cependant, avait une longueur d'avance sur eux côté « habillage ». Elle disparut dans sa chambre, il n'en fit aucun cas, n'y songeant pas une seconde, en fait, car habitué peut-être bien, mais aussi parce qu'il avait autre chose en tête dans le moment. Retourné face à Geetali, Guillaume en revint aux papillons comme de rien, une équation s'effectuait dans sa tête, aux deux collines s'additionnait des jambes, un réflexe.

-Franchement, je doute que Gelli soit douée pour donner des noms à quoi que ce soit...

Guillaume sous-estimait complètement les capacités créatrices de sa collègue et ne s'en cachait pas. Lui-même était loin d'être un artiste dans l'âme mais, elle, c'était la logique et l'analyse incarnée. Puis le remettre sur le tapis, l'exagérer, tirait toujours un sourire au Sous-chef. Lui en revanche, jugeait comme très acceptables les noms de ses insectes, si ce n'est Justaucorps, qui tous avaient été longuement mijotés dans un esprit de quête de sens vraiment très profonde. Tel la vie se sculpte elle-même du marbre, les termes qui désignaient ces êtres chers avaient jaillis hors de sa bouche tels les éclairs de génie qu'ils étaient.
Elles revinrent, les jambes, mais enveloppées cette fois, Guillaume ne s'y attarda donc pas plus qu'il ne le faut.

- Pour ton information, la seule personne qui n’a jamais été capable de me filer une raclée, c’est ma mère, et je peux t’assurer qu’elle est bien pire que les pirates. Eux n’ont jamais pu me toucher. Trop balèze pour eux. Et puis j’ai Guillaume, pas vrai ? Il ne peut rien m’arriver quand je suis avec lui, et je suis toujours avec lui.

Il était censé faire quoi? Pourquoi elle prenait la peine de le dire, vipère? Parce que c'était pas totalement faux, en plus... Mais qu'est-ce qu'elle cherchait, friponne à demi-nue cachée dans SA couverture à LUI...? Peut-être que... Peut-être qu'elle avait la fièvre. Il crut plus avisé de ne rien dire, trouvant dans l'option « Ouais c'est vrai. » autant de risques que dans la « Bah non, pas toujours. » À elles d'imaginer ce qu'elles le voulaient bien dans son silence, et à lui la paix temporaire.

-C'est ce que je disais, non seulement ça t'intéresse pas, donner des noms à mes papillons, mais en plus tu les nommerais n'importe comment...

Main sur la tête, perdue dans un geste vague visant à le distraire dans son malaise, Guillaume avait au coin des lèvres un sourire, dans une nouvelle tentative visant plutôt, cette fois, une pacification de l'atmosphère. Mais le regard qu'il en gagna de Gelli lui confirma l'échec de sa mission, il se demanda même si elle l'avait entendu. Trop occupée à analyser la situation, sans doute, et à élaborer un plan pour vaincre l'ennemi... Mais pourquoi ennemi... Trop compliqué.

Renvoyer Gelli crever chez elle aurait été relativement facile, vu la présence de Geetali et les plans que Guillaume avait longuement élaborés pour l'occasion, il y songea, d'ailleurs, mais à la vue de la légèrement bleutée et tremblotante Sentinelle, il hésita une seconde de trop, dont profita la pauvre enfant pour s'ouvrir le clapet une fois encore.
Sans s'attarder, après un soupir, il fit volte-face et prit à son tour la direction de sa chambre en marmonnant un « j'reviens... » en cours de route tout en ignorant le commentaire de Gelli. Il ferma la porte mais sans l'enclencher. En se soulageant de sa combinaison de vol, Guillaume se dit que ce n'était peut-être pas très sympathique pour Geetali, de la laisser toute seule avec sa folle d'amie, mais d'un autre côté, elle savait se défendre et puis, il ne doutait pas qu'elle sache remettre miss Peinamps à sa place si elle s'essayait encore à cracher son venim. À l'instar des autres vêtements, la combinaison trouva sa place dans la garde-robe, et lui, penché sur ses tiroirs, en sous-vêtement, chercha de quoi s'habiller, sans trop se presser, et cherchant aussi, dans ces tiroirs désordonnés, de quoi s'éclaircir les idées. Ce n'était pas lui, ça. Peut-être trouverait-il un Guillaume tout fripé, n'attendant qu'à être enfilé, parmi les t-shirts et les pantalons...
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mar 30 Sep - 15:22

[Non seulement ce personnage est orgasmique, mais en plus, il a beaucoup, beaucoup d'espoir.]

Et donc. Bienheureusement, Geetali eut également l'intelligence de détailler Gaëlle dans toute sa splendeur de t-shirt crade, fit mine de se masser l'arrière de la nuque à cette autre intervention pour le moins raffinée - parce que bientôt à poil, c'était presque le cas pour elle. Néanmoins, elle ne put réprimer un sourire, presqu'imperceptible, empreint de sournoiserie à l'idée qu'elle était "trop balèze" pour les pirates. Reste qu'elle avait été blessée. Et mine de rien, il suffisait parfois de quelques répliques pour se faire une idée concrète de quelqu'un ; ici de la mauvaise foi, avec certains autres trucs qu'elle avait pu remarquer chez l'intruse et qui lui permettaient de parvenir à une première conclusion : Gelli, elle était un peu comme la porte de Guillaume, non ? Un peu. Juste un peu. La comparaison la fit sourire davantage, et occulter par la même occasion la jalousie qu'elle aurait peut-être dû ressentir aux paroles suivantes.

Toujours avec lui, dans le cadre du travail. Aurait-elle des vues sur le Second, par hasard ? Ou bien elle jouait son rôle d'amie et, par principe, n'acceptait pas instantanément l'entourage féminin de môsieur. La manière qu'elle avait de dire les choses semblait signifier la recherche d'un conflit particulier ; c'était quelque part puéril, une attitude qu'elle n'avait pas tellement l'habitude de subir, et à laquelle elle n'aspirait pas de répondre. Elle préférait donner des noms aux papillons de Guillaume, et elle s'épargna un "Je vois." on ne peut plus significatif, comme précédemment, quand Gelli s'exprima à ce propos, appuyée juste avant par le Second alors qu'elle n'était pas encore revenue. Etrangement, Geetali se sentait maintenant plutôt encline à s'extirper de cette atmosphère pesante, de relativiser en se disant que l'autre partirait bientôt et qu'elle ne la reverrait sans doute plus jamais. Elle restait silencieuse, sans même observer les deux sentinelles, trouvant progressivement de quoi rire de la situation, constatant qu'avec un certain recul, on pouvait facilement y accoler le ridicule.

Elle en tirait également quelques raisons valables de ne PAS s'engager dans ce genre d'histoire totalement stupide, la rivalité féminine, tout ça... Mon cul. Elle avait presque l'impression d'être anormale à se sentir si peu concernée par ce type d'affaire, ou alors la majorité des femmes était complètement débile ce qui, à en juger par ce qu'elle voyait - et ne comptez pas sur moi pour vous dire ce qu'elle voit - paraissait plutôt plausible. D'un certain côté, ça pouvait être drôle pour Guillaume. Sa main au feu qu'il lui était déjà arrivé d'en profiter lâchement, de ce genre de spectacle devant lequel on s'installe avec un paquet de pop-corn. Et cette simple image avait de quoi rebuter, elle rebutait d'ailleurs Geetali qui ne souhaitait en aucune façon passer d'une manière ou d'une autre pour une bête de foire, et tant pis si Gaëlle pouvait volontiers s'y complaire.

Par ailleurs, la situation, cette fois, ne ravissait vraisemblablement pas le Second. Geetali tenta en sa direction un sourire qui se voulait rassurant, avant qu'il ne partît, sans s'offusquer outre-mesure du fait qu'il la laissât seule avec sa possessive amie. S'il s'était privé de tout commentaire quant à la réplique de celle-ci, Geetali, elle, ne se gêna pas, sans arrière-pensée cependant.

"Visiblement, on n'insiste pas. Et lui encore plus que moi."

Non, ce n'était pas un moyen de confirmer l'expression "Gaëlle, tu vires." Sans arrière-pensée, j'ai dit. Dans l'absolu, Gelli jouait le rôle de l'irritée, par extension de celle qui n'aurait jamais dû être là, et donc, on n'allait pas lui donner l'occasion de retarder son départ. Si Geetali avait eu dans l'idée d'ouvrir ou de rendre officielles les hostilités, elle aurait pu, par exemple, demander à Guillaume "Tu n'aurais pas un sèche-linge, par hasard ?", et l'air de rien, celui qui agaçait plus qu'il ne laissait neutre. Fidèle à la tête de cochon qu'elle était, quoi. Sa langue représentait son arme la plus tranchante, même si peu de personnes avaient pu l'éprouver. Ca devait aussi être le cas pour Gelli, mais d'une façon différente, et puis, en y regardant bien, la jeune femme se l'imaginait bien être trop impulsive pour rester crédible sur tous les plans. Et l'impulsivité engendrait d'autres choses beaucoup moins nobles, on le savait. Soit, peut-être se trompait-elle.
La jeune femme, désormais, agrandissait la portée de son regard afin d'apercevoir la lumière orangée qui filtrait de cette fameuse pièce, se demandant s'il serait nécessaire de nommer l'un des insectes "Gelli". Elle soumettrait cette idée à Guillaume, une fois qu'ils seraient seuls. Pour l'heure, elle laissait le silence imprégner le salon, sans doute plus pour longtemps malheureusement.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mer 1 Oct - 11:03

[Oh, mille excuses, je ne savais pas qu’on m’avait abîmé… Heureusement que vous me dites tout avant que je fasse mes petites bourdes =) Assumez maintenant, moi je rattrape comme je peux.]

Comment distinguer les pirates des gens normaux ? Le problème à Suria, c’était qu’ils n’avaient ni bandeau sur l’œil, ni jambe de bois. Ni perroquet. Non, en fait les pirates *étaient* des gens normaux, à ceci près que leur ceinture pouvait porter des choses moins sympathiques qu’un simple portefeuille… Gaëlle se souvenait très bien de cette arme pointée sur elle, alors qu’ils se rendaient compte qu’elle était là pour eux. Sur le moment, elle avait sourit. Pas d’inquiétude, ma jolie, il sera là dans une demi seconde, il ne peut rien t’arriver. Il fera un truc de malade comme d’habitude, quelque chose de rigolo, de spectaculaire, avec ses supers gambettes en toc. Sauf qu’une demi seconde plus tard, il n’était pas là. Ni les instants qui suivirent. Etait-ce la bonne étoile de Gelli qui l’avait sauvé ? Ou alors ce réflexe instinctif et salvateur qui l’avait poussé à se jeter sur la droite ? Quoi qu’il en soit, le pirate avait raté sa cible, qui devait être quelque chose comme la poitrine, l’abdomen ou la tête de la sentinelle, et n’avait atteint *que* l’épaule de celle-ci. Un pirate, aussi, n’est jamais très courageux. Lorsque Parkins, son héros, était arrivé, ils avaient déjà tous disparu, laissant tout de même à Gaëlle des souvenirs amicaux tels qu’un ou deux coups de godasse dans le bide, et la jeune femme n’avait toujours pas compris ce qui était arrivé. Un problème de transmission, lui avait-on dit. Elle avait dû s’en contenter, car Guillaume lui-même s’était montré tout à fait vague quant à la raison de sa non-présence.

Là, dans son salon, en face d’une gamine qu’elle n’avait jamais vu avant – quoiqu’on pouvait en trouver une copie conforme à chaque coin de rue – Gaëlle réfléchissait. Une chose de vraiment bien, quand elle réfléchissait, c’était qu’elle ne parlait pas. En réalité, ça causait sec dans sa tête. Mais ce n’était pas sa voix, c’était celle de la fille. Une réplique non-analysée, mais qui ne perdait rien pour attendre. « Gelli, c'est bien celle qui s'est pris une raclée par les pirates quand tu m'as ar... Quand tu... Enfin tu vois. » Ca fourrageait même sérieusement. Le cerveau de Gelli – mais il est où ce putain de boulon ?! – s’était mis en route un peu tardivement, comme un moteur qui a pris l’eau et qui tousse un peu avant de redémarrer. Il établissait des ponts entre les éléments de la mémoire, recréait la chronologie des évènements, retraçait chaque détail. Et cette saloperie de réplique qui se prenait pour un fond sonore ! « Quand tu m’as ar… » Quand tu m’as armée. Quand tu m’as arrachée ? Archivée ? Arnaquée ? Argumentée ? Arrêtée ? … Aromatisée ? Qu’importe le verbe, c’était clairement « Quand tu étais avec moi ». Parce qu’il faut être avec l’autre pour l’archiver. Ou l’argumenter.

La bouche de Gelli, c’était quelque chose. Deux lèvres, à vrai dire, mais si on insistait un peu il fallait bien se rendre compte de la présence de dents, de gencives. Et quand on insistait vraiment, on pouvait aussi y trouver une langue. C’était une cochonnerie pour beaucoup de gens, qui s’offusquaient de toute la merde qui pouvait en sortir. D’autres, plus rares, y avaient vu un outil de plaisir efficace. Et il ne fallait pas non plus négliger l’aspect esthétique… Enfin, toujours en mouvement cette chose là. A cet instant, pourtant, les deux lèvres ne bougeaient pas, entrouvertes dans un ébahissement encore absent. En réalité, elles conféraient à leur propriétaire un air plutôt bête, ainsi figée. Les yeux perdus dans le vide, Gaëlle sentit peu à peu un gros félin tout pataud s’éveiller au creux de son ventre et faire ses griffes sur son estomac, avant de bailler lentement, puis commencer à grogner de façon de plus en plus menaçante. Elle leva les yeux pour les poser sur la cruche qui était restée, pour son plus grand malheur, dans la même pièce qu’elle. Geetani ? Geytali, qu’il l’avait appelé. Ou quelque chose du genre. Le tigre mugit. Gaëlle fronça les sourcils et sembla prendre sa première inspiration depuis une longue minute. Elle semblait abasourdie par une chose qu’elle venait de comprendre.

Elle s’extirpa de son nid douillet sans la moindre grimace d’exagération, ni le moindre commentaire pour une fois. A la manière d’un grand robot, elle se dirigea vers la chambre de Guillaume, où celui-ci finissait de se changer, et ouvrit la porte à la volée. Pas très prudent, ça… Elle faillit le percuter au front, parce qu’il allait sortir. Curieusement, cette idée ne la fit pas frémir ni même tiquer. Il l’aurait mérité, l’enflure. Le regard dangereux, elle claqua la porte derrière elle et posa une main dessus pour signifier clairement « tu ne sors pas ».


-Alors, c’est elle.

Le ton employé était froid, presque aussi gelé que la Gelli elle-même. C’était comme si elle s’empêchait de crier. Elle qui ?

- La raison pour laquelle tu m’as laissé tomber l’autre jour. C’est elle, pas vrai ? Une jolie petite brune, qui fait le trottoir, et on oublie les pirates ? Moi j’ai pas oublié.

Un premier tremblement. Il fallait faire vite, elle ne tiendrait pas longtemps comme ça.

- Je comptais sur toi. Je pensais que… que t’avais eu un vrai problème. J’ai faillit y passer, bordel ! Et toi tu… Tout ce que tu voulais c’était te fourrer le nez entre deux cuisses.

Et elle ne lui laissait même pas le temps d’en placer une. Elle ne voulait surtout pas l’entendre. N’y tenant plus, s’imaginant les pires scénarii, elle se pinça les lèvres afin de s’empêcher de continuer sur le même ton, qui redevint finalement plus calme.

- En fait jsais même pas pourquoi jsuis venue ici. Je me tire. Tu penses vraiment qu’à tes couilles.

La lionne en colère fit volte face, sa longue crinière exprimant avec elle son mécontentement. Salaud, salaud ! Et dire que son épaule la faisait encore souffrir… Ignorant superbement la brune, elle lui passa sous le nez en coup de vent et fila vers la salle de bain, où elle entreprit de récupérer ses affaires. Le t-shirt de Guillaume échoua sur le carrelage dans un ‘pof’ très… neutre au regard de la situation. Serpillière puante, ne put-elle s’empêcher de murmurer avec mépris.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Jeu 2 Oct - 20:43

C'était donc ça, il devait s'être trompé. Il était bien là, le Vollmer ratatiné, roulé en boule dans un coin du tiroir de bois, levant sur lui un regard accusateur. Mauvaise combinaison, il avait enfilé la vieille, l'échue, celle qui n'allait pas avec ses cheveux. Tout s'expliquait, c'est sûr. Après un nouveau soupir, une main estampillée sur la figure, massant les joues, la bouche, ce visage d'antan, Guillaume se releva, poings sur les hanches, et soupira, encore, parce que ça faisait du bien.
D'un coup de pied, il referma le tiroir et, cette fois, ce fut sur un Guillaume ramassé en amas tout au fond et au sourire moqueur. Il enfila un pantalon qui traînait sur le sol et un t-shirt noir sur le lit et, d'un pas à l'assurance renouvelée, il entreprit de retourner au salon, grandi. Sa main tendue vers la poignée, le pas déjà enclenché, c'est cependant vers l'arrière qu'il bifurqua à la vive entrée de Gelli. Il ne démontra nul signe de surprise et demeura plutôt planté devant elle, stoïque. Elle n'allait que confirmer la justesse de sa décision, il le savait, rien qu'à voir la manière dont elle était entrée, le bouillonnement au fond de ses mots, sa tenue, il s'en faudrait de peu pour qu'elle ne craque et n'explose. Ne la quittant pas des yeux, il ne contredit aucune de ses affirmations, même si les faits n'étaient pas tout à fait comme les devinait Gelli. Après tout, peut-être aurait-il dut se douter que Gelli ne serait pas aussi aisément dupe. Sûr qu'il aurait dut savoir. Il la connaissait. Mais de toute façon, il ne s'agissait plus que d'une question de temps. Elle repartirait et il aurait la paix. Paix d'esprit, surtout. Il la suivit jusqu'à la salle de bain, plus calmement mais d'un pas soutenu, et profita de ces trois secondes, tout au plus, pour se répéter que c'était le bon choix, parce que le choix, cette fois, s'imposait véritablement.

Guillaume ferma brusquemment la porte de la salle de bain sur une Gelli à demi nue, à laquelle il adressa, juste avant, un regard qui se voulut porteur de ce qu'il avait en tête. « Attend. » Mais sans prendre le temps de s'assurer qu'elle avait compris, il revint au salon, à Geetali, et s'empressa de chasser l'ombre du doute qui lui passa sous les yeux à la vue de la jeune femme. Sérieux, il la constata un court moment avant d'oser dire quoi que ce soit, mais en se rapprochant d'elle, des mots lui revinrent en tête.

-Tu as dit que tu pourrais très bien te passer de moi.

Jadis, et qu'en était-il maintenant? Franchement, Guillaume était convaincu que Geetali aurait encore moins de mal que lui à admettre que la fin était venue. Il faut dire que cette option avait quelque chose d'encourageant. Si elle le pouvait, alors lui le pouvait encore mieux, c'est ce qui devait être, et c'est ce qu'il s'assura de laisser entendre par la manière dont il s'efforça d'éviter de la toucher et de penser à autre chose que Gelli en la regardant dans les yeux. Gelli et ses vêtements trempés, il n'allait quand même pas la laisser repartir comme ça, il savait très bien qu'elle risquait de se rendre malade et, elle avait beau être une vraie plaie quand elle s'y mettait, Guillaume se rendait compte qu'il tenait à sa santé à elle plus qu'à ses fantasmes à lui.

-Tu peux le faire maintenant?

Il avait baissé les yeux en le prononçant, mais s'efforça de les reporter vers Geetali. Il ne fallait pas laisser percer les faiblesses, ça nuisait. Et puis la suite ne demeurerait-elle pas interminablement incertaine? Ne l'était-elle pas toujours? La réaction de Geetali influerait assurément sur cette suite précise, mais malgré tout...

-Je peux pas la laisser partir comme ça, et je lui dois des explications, parce que j'ai été négligent envers mon travail... notre mission, et que Gelli a toujours été là pour moi. Je n'ai pas été là pour elle quand j'aurais dut. Et...

Il la détestait quand même un peu, en ce moment, et l'idée de l'imaginer sourire de l'entendre lui donnait envie de l'étriper mais, il restait que tout ça, il le pensait vraiment, qu'importait la réaction de Gelli si elle écoutait. Le devoir, le juste, l'ordre, n'étaient-ce pas les raisons pour lesquelles il avait joint les rangs des Sentinelles?
Évitant de parler de lui, Guillaume se protégeait de lui-même et, évitant de préciser la vraie nature du « se passer de moi », il s'accrochait, contre son gré, à une indéterminée attente. Pourquoi se placer délibérément dans une issue confuse? Pour le désir, pour cet « intérêt commun » peut-être, qui sait, parce qu'il était humain, hélas.
Malgré tout, il n'était pas l'unique facteur des conséquences à venir, et en était conscient.

-Il vaudrait mieux que je puisse m'expliquer seul avec elle. J'ai du mal à penser en Sentinelle... quand t'es là.

Et par « s'expliquer », Guillaume ignorait encore ce qu'il entendait, mais s'efforça de faire montre de détermination. N'est-ce pas qu'il savait ce qu'il faisait, mais bien évidemment...Tss...
Partirait-elle, le laisserait-elle dans sa pseudo-paix d'esprit? Allons...
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Jeu 2 Oct - 23:39

Avait-elle dit quelque chose de mal ? Aucune réaction, un simple départ. Elle se serait plutôt attendue à un silence... immobile. Geetali eut du mal à réprimer l'anxiété qui cherchait à remonter à son visage. C'était comme si... elle venait de perdre une longueur d'avance qu'elle avait cru avoir jusqu'à maintenant. Alors, son attention abandonna instantanément le filtre orangé dans lequel somnolait paisiblement l'univers précieux de Guillaume. Ses lèvres se pincèrent sensiblement, et l'idée d'être définitivement de trop au sein de cet appartement l'envahit. Etrange. Elle s'était sentie tout à fait encline à partir, mais sans se considérer comme un poids, quelque chose qui ne devrait pas être là à cet instant. Eh bien non, puisque "ça", c'était Gelli. Les rôles s'inversaient ? Si vite ? La porte venait de claquer. De simples amis. Nulle paranoïa là encore, car l'engloutissait la possibilité d'être évincée, à défaut de l'être déjà. Elle désirait savoir ce qui se passait, pour une fois. Et elle ne baissa pas les yeux quand Gaëlle s'imposa de nouveau dans le salon, qu'elle l'ignorât ne l'empêcha pas de la suivre jusqu'au bout, semblant chercher une information. De simples amis. Guillaume ! M'enfin !! Ne m'ignore pas, toi aussi !!

Il n'en fallut pas davantage pour que l'appréhension investît les lieux. Geetali tout entière, en fait. Ils avaient eu l'air d'enfants qui se couraient après... ou alors tout sauf... de simples amis. Même elle le voyait, même elle qui n'y connaissait rien en matière de... de quoi ? Foutaises. Elle voulait savoir ce qui se passait, mais elle savait d'ores et déjà que, ce qui se passait, c'était nul. Pourtant, elle faillit réviser son jugement quand elle aperçut Guillaume du coin de l'oeil, qu'elle se leva pour lui faire face, et qu'elle comprit plus ou moins. En réalité, qu'elle comprit complètement à ses paroles, qui avaient été les siennes, il n'y a pas si longtemps que ça. Alors qu'elle le considérait, interdite, sa cervelle bouillonnait, fonctionnait à n'en plus pouvoir afin d'analyser au mieux la situation. Qu'il baissât les yeux ne l'aida aucunement. S'il doutait, alors elle possédait toutes les raisons de douter quant à ce qu'elle allait faire très bientôt. Mais elle tint bon. C'était une occasion, elle y avait toujours songé, qu'elle ne pourrait rien décider d'elle-même. Plus que d'abstraites limites, il lui fallait une autorité, telle que... la fonction de Sentinelle, précisément. La jeune femme inspira profondément, eut un saut dans la manoeuvre, comme si un mal être s'était subitement manifesté, et ferma un instant les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, elle hocha affirmativement la tête, en forçant un sourire. C'était fini. Le jeu. Déjà ? Quel charmant imprévu. Et son sac qui gisait non loin de là.

"Je peux me passer de toi mais..." Etait-ce un mirage que cet air contrit ? "Compte tenu de ce que tu viens de me dire... Pas seulement maintenant."

Elle n'aimait pas les cercles vicieux. Guillaume était une Sentinelle, et elle l'empêchait de l'être. Il venait de se réveiller, peut-être provisoirement, peut-être définitivement, mais l'inconstance n'était pas à prévoir, n'est-ce pas ? Alors elle se passerait de lui, mais pas juste maintenant. Geetali, à cette réflexion, eut une peine folle à admettre qu'elle engendrait son propre mal, si douloureux, pour son bien à lui. Le scénario se répétait. Une limite imposée par sa propre inquiétude, mais elle avait réellement l'impression de bien agir, ce qui n'avait pas été le cas cinq ans plus tôt.

"Je suis contente que tu me l'aies dit, parce que tu le sais, je n'aurais rien décidé de moi-même." Tout son corps hurlait qu'elle n'avait pas besoin de se montrer raisonnable et qu'il fallait à tout prix le garder, mais Geetali était sourde, s'efforçait de l'être. "Je ne sais pas qui elle est, et au fond, ça m'est bien égal. Elle t'a au moins permis d'ouvrir les yeux."

C'était mieux que de les garder indéfiniment fermés. Comme il était mieux de s'en rendre compte maintenant et pas plus tard.
Machinalement, elle réajusta ses lunettes et tourna les talons, sa main allant prestement cueillir la lanière de son sac. Elle se tourna à demi afin d'apercevoir le Second, et encore une fois, lui sourit.

"Bon courage. Et fais très attention à toi."

Y croyait-elle ? Sans n'en rien savoir, la jeune femme se dirigea vers la porte, qu'elle ouvrit et qu'elle referma doucement derrière elle, sans se retourner. Elle descendit les marches, ne se souciant pas des flaques d'eau envahissantes, comme l'avait été Gelli. Mais arrivée en bas, sur le péron, elle fut surprise. Elle écarquilla les yeux, tandis qu'une douleur atroce lui étreignait le coeur. Ca faisait un mal de chien, c'était présent et absent, insupportable, à tel point qu'elle se précipita aussitôt vers les rues encore animées. Elle disparut au détour de l'une d'elles.

[Topic clos pour moi. Bonne continuation, les enfants. I love you]
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Ven 3 Oct - 12:52

[Mais… C’est moi qui devais partir. Elle me plagie en plus ! Fight, fight !]

Brrr… Lorsqu’ils étaient encore sur elle, ses vêtements avaient au moins le mérite d’être relativement supportables grâce à sa chaleur corporelle. Là, c’était différent. Pourtant Gaëlle restait imperturbable lorsque ces glaçons de tissu vinrent se coller à son corps comme une seconde peau. Une seconde peau insupportable, mais dont elle se fichait bien ! Le tout était de l’enfiler le plus vite possible afin de foutre le camp. Oui, c’était tout ce qui importait. Ne plus être là. Ne plus la voir, ne plus le voir. Il avait refermé la porte de la salle de bain, dans un geste qu’elle n’avait pas pris la peine d’analyser. Putains d’analyses. Ras le bol d’analyser, ce qu’elle découvrait était trop dégueulasse. Elle ne voulait surtout pas comprendre autre chose, du genre « j’ai honte de toi ». C’était lui qui devait avoir honte ! Gaëlle jeta un coup d’œil à son reflet dans la glace tandis que ses doigts transis s’affairaient inefficacement sur les boutons de sa chemise. Elle eu la surprise de découvrir quelque chose d’excessivement rare sur sa joue. Quelque chose qui ressemblait à… Merde, une larme. C’était donc ça, cette sensation d’étouffement qui lui faisait mal à la gorge depuis un moment, un étau implacable dont elle ne parvenait pas à se défaire. Qu’importe, elle y réfléchirait après, le plus urgent était d’enfiler cette saloperie de jean.

Ca causait dehors. Malgré elle, Gaëlle entendit ce qui se disait. Non, elle ne sourit pas. Guillaume ne faisait qu’exprimer ce qui lui était désormais évidence. Et qu’il foute l’autre dehors ne lui laissait aucun goût dans la bouche. Ce n’était qu’une parmi tant d’autres. Après elle viendrait une rousse, peut être. Et puis une blonde, ouais, diplomate ou serveuse, du moment que sa peau était assez douce et sa poitrine assez généreuse. Pendant ce temps, la Gelli copine qui monte derrière dans le speeder, celle qui trouve les méchants, celle qui refait la teinture turquoise, celle qui injure et distrait, celle qui fait chier ou fait rire, ben elle se ferait tirer dessus. Faut bien les occuper les pirates pendant qu’on fait la causette à quelque jolie minette. Que se serait-il passé si la balle avait atteint son but ? Si on avait enterré Gaëlle à coté de sa grand-mère au cimetière de Tinkreet ? Guillaume aurait-il annulé un rendez-vous pour se rendre aux obsèques ? Aussi dégueulasse que cela puisse paraître, Gaëlle doutait. Elle pensait le connaître, après toutes ces années à travailler ensemble. Visiblement ça ne comptait pas. Peut être qu’elle avait quelque chose en moins que les autres, quelque chose qui faisait qu’elle lui apparaissait d’un intérêt inférieur. Et puis qu’est ce qu’elle en avait à foutre ? Hein, et Guillaume, il avait quoi en plus qui faisait qu’il lui apparaissait d’un intérêt supérieur ? Elle avait toujours méprisé les gens, pourquoi cet espèce d’emmerdeur avait-il pris cette place dans sa vie ?

Elle tira rageusement sur la ceinture du jean, qui finit par glisser tant bien que mal sur ses hanches. Elle se sentait comme saucissonnée, bien sa veine, elle qui ne supportait que les pantalons larges. Bast. On s’en va. Ah, merde, les chaussures… Des baquets d’eau à vrai dire. Toujours aussi distinctement, la conversation lui arrivait, et elle ne pouvait qu’écouter. Geetatruc parlait. Ca ressemblait à des adieux, mais Gelli n’en avait cure. Enfin, si, un peu. Rien de jouissif, simplement une constatation. Il allait se retrouver seul, pour une fois. Gaëlle aussi serait seule, dans quelques minutes. Dans son appart, à tousser sans doute. C’était à ce prix, elle ne pouvait plus supporter ces pièces propres à Guillaume, tous ces objets qui lui appartenaient, tous les souvenirs qui allaient avec. Les souvenirs des moments qu’elle avait passé ici, bons ou mauvais. Il y en avait tout de même pas mal… Et puis c’était n’importe quoi cette histoire ! Ce soir elle irait sonner chez son voisin du dessus, un jeune type un peu louche qui se débrouillait pas mal en bricolage, et savait qu’elle n’aurait pas à beaucoup insister pour qu’il lui fasse l’amour. Ca lui ferait oublier ces trucs merdiques qui commençaient réellement à la déprimer.

Elle en était là dans ses élucubrations lorsque la porte d’entrée fit du bruit. Un bruit de fermeture, même pas claquée. Comme… Un départ en douceur ? Qu’importe. Sauf que ce fut une autre porte qui s’ouvrit. Celle de la salle de bain, sur Guillaume. En le regardant, Gaëlle eut la terrible sensation d’être une gamine capricieuse complètement stupide. Sauf que la cicatrice sur son épaule excluait toute optique de jeu d’enfants… Sans perdre le fil de sa fureur – car le perdre signifiait ne plus rien contrôler, et cela était impensable – Gaëlle prit soin d’effacer discrètement la trace salée qui souillait sa joue avant de lui faire face, dans le plus humide des appareils
.

- Jte laisse, faut que j’aille me faire trouer le bide. Je crois qu’il m’a raté la dernière fois.

Une façon comme une autre de faire comprendre qu’elle prenait la suite de Gee… De Gee.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Ven 3 Oct - 17:02

Il ne sera jamais question de paix de quoi que ce soit. De toute façon, ce serait ennuyant. Tout de même, debout face à la porte close de nouveau, Guillaume se demanda vraiment ce qu'il voulait, au fond, mais finit par se dire que c'était une question stupide, comme lui, qui s'était lâchement laissé aller dans cette aventure comme on se laisse tomber dans un océan de facilité. Oui ça avait été facile, à bien y songer, parce qu'il n'avait qu'obéit à ce fichu désir, à cet... instinct d'homme, d'humain abaissé à ses fonctions motrices, tient. Il fallait tourner la page plus vite que ça. Geetali avait été à la hauteur de ses espérances, elle avait tourné le dos, il ne lui restait plus qu'à en faire de même, malgré le pinçement dans la poitrine et l'envie de cogner contre cette grosse porte qui ne sait que se refermer sur les gens. Lui qui savait si bien ordonner sa mémoire, il saurait oublier.
Tournant les talons, Guillaume retourna à la chambre de bain, s'efforçant de retrouver une stabilité, s'évertuant à se concentrer sur le moment présent et à laisser le passé, aussi près fut-il, derrière lui, loin. Il ouvrit la porte, d'abord vaguement penaud, encore un peu confus, mais au ton qui lui fut adressé, Guillaume réagit systématiquement en se montrant tout aussi dur dans l'irritation qui le prit à l'écoute de Gelli. Ce qu'il ressentit à voir et entendre sa collègue s'apparente à ce qu'un gamin laissé de côté peut éprouver, alors que ce gamin, c'est à la présence des autres quand lui le veut et où il le veut qu'il est habitué. Geetali était partie, c'était pour que Gelli reste, alors elle n'allait pas le lâcher comme ça, c'était hors de question, il se ferait pas jeté comme un minable. Il était Guillaume, ils faisaient équipe, tous les deux, alors elle n'allait pas paritr, impossible. Il ne la laisserait pas, de toute façon, et il avait de meilleures raisons qu'elle. Et puis qu'est-ce qu'il ferait si elle partait? Qu'est-ce qu'il lui resterait? Kris? Ses imbéciles de parents? Madame Mercure? Pas question. Elle n'allait pas lui faire ça.

-Non! Tu m'écoutes d'abord!

C'était impératif, il n'en serait pas autrement tant qu'il serait là. Et il avait le droit d'être fâché, lui aussi, même si elle ne comprenait pas et ne pourrait peut-être bien pas comprendre. Planté dans le cadre de porte, une main sur la poignée et l'autre sur le cadre même, il imposait sa chance, au moins celle d'être écouté.

-La dernière fois, tu le sais, y'a eu coupure, je vous ai perdus, Parkins et toi, alors j'ai décidé de revenir au point de départ pour essayer de vous joindre avec la radio du chasseur, ou encore de vous retrouver par les airs si ça fonctionnait pas. Seulement en cours de route on m'a interpellé, une affaire de vol, deux jeunes, enfin... Un gamin et... et elle.

Difficile à avouer, mais c'était comme ça qu'ils s'étaient rencontrés. Guillaume n'aimait pas, mais alors pas du tout revenir sur ce qui s'était passé comme il était entrain de le faire, parce que c'était revenir sur Geetali. Mais il n'avait pas le choix, il ne se le donnait pas.

-Y'avait personne dans le coin alors je m'en suis mêlé.

Et à y repenser aujourd'hui, il se demandait s'il avait bien fait. Faut dire que le vol et les pirates allaient de pair, alors... Qu'importe, il l'avait fait.

-Le gamin m'a échappé, je l'ai un peu laissé filer faut dire, parce que son nom ne me disait rien, pas de lien avec les pirates, rien. Seulement elle, Geetali, et ben, elle a aussi tentée de s'échapper, je l'ai rattrapée... Mais faut dire que, le point tournant, c'est quand j'ai su son nom. Anavi.

Gelli saurait sûrement. Anavi, c'était un nom de pirate, c'était connu, on connaissait le père de Geetali à la Tour, même si on ne lui cherchait plus vraiment d'ennuis. Mais plutôt que de lui laisser le temps de l'interrompre et de s'emballer sur ce fait, Guillaume poursuivit prestement.

-Je l'ai amenée à la Tour Mirage, je l'ai interrogée, ça n'a rien donné... Et puis son père n'était plus dans le coup, elle ne l'était pas non plus, visiblement, alors elle est repartie, je l'ai laissée. S'aurait finit là, normalement, mais on s'est revus, par hasard, à l'hôpital. J'avais reçu des balles aux jambes en mission tu te souviens? Et finalement, ça s'est pas arrangé, alors j'ai dut y aller. Elle y était aussi, dans la même chambre que moi. C'était bizarre, j'te jure, vraiment bizarre... Mais j'étais plus le Sous-chef et elle plus la fille d'Anavi, le contexte était totalement différent... On a parlé, et je me rends compte aujourd'hui que je n'aurais pas dut, parce qu'il y a eu une suite. Jusqu'à maintenant, parce c'est terminé. J'ai oublié qui j'étais vraiment et ce pourquoi je faisais ce que je fais. Je voulais que tu saches parce que... Parce que toi, j'ai pas l'intention que tu te passes de moi. Cela dit...

Lui qui en racontant son histoire s'était légèrement calmé retrouva cependant vite fait son aplomb, toujours sur la défensive. Et après les aveux qui lui avaient fait détourner le regard, il retrouva les yeux de Gelli et les fixa avec obstination.

-Il est pas question que tu partes comme ça! On va faire sécher ton linge, tu vas enfiler ça... Il s'agit en fait du t-shirt qu'il se dépêcha de retirer avant de le lui lancer dessus tout en précisant... « l'est plus propre » Avant de poursuivre dans son élan dictatorial. On va manger, on va attendre et après, tu pourras partir. Claro? C'est moi qui décide on est chez moi. Lâcha-t-il d'un trait.

Et il referma la porte, pas trop fort mais tout de même avec autorité, avant de se planter devant, bras croisés. S'il agissait comme il faisait par simple caractère d'enfant gâté ou parce que tout ce cirque cachait un véritablement attachement, il l'ignorait et ne se creusait pas les méninges à le savoir. Le fait est que rien de tout cela n'était réfléchi. En plus, il avait faim. En plus! se laisser aller à sa folie était on ne peut plus efficace pour temporairement oublier...
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Lun 6 Oct - 22:30

Il voulait qu’elle l’écoute ? Mais elle n’avait rien envie de savoir, elle voulait juste déguerpir au plus vite pour ne plus avoir affaire à lui, au moins ce soir. Il ne lui laissait pas le choix, planté dans l’encadrure de la porte, les deux bras croisés sur la poitrine, un air de dogue. Impossible de passer, elle le savait, avec ses deux choses en métal il était inbousculable. Elle aussi croisa les bras sur la poitrine, geste qui fit dégouliner sur le carrelage quelque chose qui ressembla un torrent tumultueux. Bon, d’accord, quelques gouttes… Elle aurait volontiers posé ses deux paumes sur ses oreilles pour les boucher, pour ne pas entendre, pour ne pas lui céder, mais finalement il *fallait* qu’elle sache et curieusement ses mains ne lui obéirent pas. Elle resta donc plantée là, à le considérer d’un regard courroucé. Il lui expliqua, bien sûr, ce qui s’était passé ce jour là, et sa version des faits concordait avec les évènements qui avaient été rapportés à Gaëlle sur son lit d’hôpital. Un interrogatoire, lui avait-on dit, mais rien de plus. Elle n’avait pas creusé, cherchant à enterrer l’incident au plus profond de sa mémoire tant il lui était désagréable. Une tâche dans ses convictions, dans le tableau de ses pensées, quelque chose qui ne concordait pas. Ca n’aurait jamais dû arriver.

Le nom de la gamine lui fit écarquiller les yeux de surprise. Anavi. Pirates. Sa première réaction fut de penser, pour lui, juste avant de lui dire avec des mots audibles « Quoi ? Et tu ne l’as pas arrêtée ? » sauf qu’heureusement, elle n’était pas encore assez idiote pour proférer pareilles paroles en cette situation. Bien sûr qu’il l’avait arrêté. D’où son absence. D’où la balle dans l’épaule. Gaëlle se renfrogna, si il était possible de le faire encore plus. Elle était partagée entre cet égoïsme outré et son professionnalisme, qui avait pourtant la réputation d’être à toute épreuve. Son boulot, c’était de protéger la population de la ville contre les pirates, donc de traquer ceux-ci pour les coffrer proprement, et donc accessoirement de se faire tirer dessus. Oui, parce que cela faisait partie des risques du métier. On l’avait prévenue, et sur le coup elle avait rigolé. Désormais elle ne riait plus… C’était réel, et ça faisait mal.

Elle se rendait compte aussi qu’elle était devenue comme… dépendante de Guillaume. Merde, les deux seules choses auxquelles elle assumait d’être dépendante étaient ses deux « ines » - caféine, nicotine. Mais Guillaume… Ca ne rimait même pas, et de fait c’était ridicule. Il se serait appelé Kevin, encore… Idioties. Gaëlle était une grande fille, elle devait savoir se débrouiller seule sans l’appui pourtant bien agréable du second derrière. Elle était vraiment trop conne, et elle ne se reconnaissait pas. Pourquoi une telle réaction ? Elle s’était ridiculisée comme la pire des capricieuses, et s’en rendre compte la faisait fulminer. C’était trop d’un coup, à vrai dire, et elle était bien tentée de craquer une bonne fois pour toute, pour se débarrasser de toute cette tension qui s’était accumulée depuis qu’elle était entrée ici. Pourtant elle ne le fit pas, pas devant lui.

Il avait fini de parler. Elle l’avait écouté, jusqu’au bout, ses grands yeux clignant à intervalles réguliers comme pour illustrer le double emploi du cerveau – le remplissage d’oreille et la bataille intérieure. Puis il lui balança son t-shirt, un truc sec et encore chaud, qu’elle attrapa au vol dans un réflexe endormi. Alors que la porte se fermait, Gaëlle se posait encore des tas de questions. Tout d’abord sur cette suite. Est-ce que les demoiselles pirates lui plaisaient ? Se souvenant qu’elle-même avait eu une relation avec l’un de ces malfrats, elle décida de ne pas l’attaquer sur ce front. Pourtant c’était différent dans son cas ! Il savait l’identité de sa maîtresse, il n’aurait pas dû la mettre dans son lit. Alors, comme elle ne comprenait pas, elle analysa. Et puis pour occuper son corps alors que l’esprit bouillonnait, elle se changea une nouvelle fois, du mouillé vers le sec. Elle n’avait plus envie de partir, elle voulait… S’excuser, lui mettre des baffes, lui poser des questions, l’étouffer avec un oreiller, tout ça. Si elle partait, elle s’en voudrait trop. Et en plus elle serait malade…

La porte s’ouvrit finalement sur une Gelli plus ou moins sèche, plus ou moins réchauffée, plus ou moins contente. Elle en avait marre de réfléchir, raison pour laquelle elle se laissa aller à prendre le vigile torse nu qui l’attendait devant sa cabine dans ses bras, une étreinte relativement courte mais réconfortante. Une certaine façon de présenter ses excuses sans avoir à les présenter oralement et explicitement. Elle le lâcha avant qu’il n’ait eu le temps de protester, et sans quitter sa mine renfrognée se dirigea vers la cuisine – il avait bien parlé de manger, tout à l’heure ?


[color:ce79="SeaGreen"]- Tsais, au départ, je voulais seulement me sécher…

Le voyage vers la cuisine était une excuse pour ne pas avoir à le regarder en face. Machine Gaëlle en reboot. Elle ne savait pas si elle avait honte de sa conduite, ou si au contraire elle en était fière. Elle ne savait pas si il fallait rire ou pleurer, désormais. Une chaise accueillit ses fesses, la table ses coudes, et ses paumes son front. Cela fit trois petit bruits : pouf, tonk, bump. Et puis, pffff. Une longue expiration. Analyser, laisser couler ? La brave sentinelle finit par relever douloureusement les yeux, pour le regarder.

[color:ce79="SeaGreen"]- Allez, balance-moi un truc méchant, que j’aie un prétexte pour te casser la gueule. Je mérite. Et toi aussi.


Dernière édition par Gaëlle Peinamps le Jeu 9 Oct - 14:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Jeu 9 Oct - 4:16

Il n'avait absolument pas l'intention de réfléchir, c'était établi en fermant la porte. Il n'était pas comme elle, il observait les choses, les mémorisait, faisait des liens lorsque nécessaire mais n'analysait pas tout systématiquement, il en était peu capable, c'était trop compliqué. Pas toujours quand même, mais bon.
Alors le plan, simple, c'est qu'il allait rester planté là comme un piquet en pensant à rien et en attendant qu'elle sorte, convaincue par les sages paroles de son supérieur. Parce que c'est ce qu'il était, ici ou ailleurs, il demeurait son supérieur. Bon, franchement, il se fichait bien d'être le sous-chef de la Brigade ou encore qui que ce soit si ce n'est lui-même, en ce moment d'attente supposée se dérouler dans la totale absence de pensée, mais reste qu'il fallait se convaincre, pour rester planté comme ce fameux piquet auquel il aspirait ressembler et, à force de se dire qu'il était vraiment indévissable du sol, il en vint à se relâcher quelque peu, pendant que Gelli s'habillait de l'autre côté de la porte. Alors ses bras retombèrent le long de son corps au bout des premières secondes, puis il se gratta le derrière de la tête en jetant un coup d'oeil sur le salon, sur le canapé, sur l'ombre de Geetali. Elle était bel et bien partie. Bizarre. Elle était où, maintenant? Impossible de le savoir. Non en fait, il pourrait le savoir, si vraiment il voulait...

Gelli. Gelli contente? Guillaume pas savoir. Pris de court par cette démonstration affective et totalement inattendue, il figea, les bras légèrement écartés, elle, contre... lui. Il ouvrit la bouche, pour dire quelque chose, n'importe quoi un truc comme « Mais t'es en manque ou quoi » ou quoique ce soit d'insignifiant, mais il gela là aussi, alors ne dit rien, ne se dégagea pas, et alors qu'il allait tenter, enfin peut-être, de poser sa main quelque part, sur son dos, elle le lâcha et s'éloigna. Il releva rapidement cette main qui avait faillit effleurer son propre t-shirt et se la passa dans les cheveux, comme si de rien...
Un soupir, et tout revenait normal, normal comme sans gêne, et Guillaume rejoignait Gelli à la cuisine après avoir agrippé un t-shirt sur le coin de la porte de sa chambre, un truc taché ici et là. Un lavage ne serait pas de trop. Ça irait à demain, ou après-demain, songea Guillaume en chassant aussi vite de sa tête ses tâches ménagères. Il avait beau détester faire le ménage de sa chambre, il n'arrivait pas à conçevoir que quelqu'un d'autre le fasse pour lui, alors du coup, fallait vivre avec.
Une fois à la cuisine, il ne perdit pas de temps à exécuter ses dires et se mit à fouiller dans les armoires, à la recherche de quelque chose autre que du chocolat. Tout de même, il coinça une épaisse barre de chocolat sous son bras, puis empoigna un sac de dattes, un boîte de biscuits, des chips et, les bras pleins, il passa devant un bol contenant quelques fruits dont certains à l'allure suspecte, et mordit une grosse pomme rouge. Le tout fut déversé devant Gelli, sur la table, la pomme cependant passa de la bouche à la main et atterrit tout en douceur et dégoût devant Gelli. Guillaume grimaca. Le goût acide, dans sa bouche...

-Beurk.

Il s'empara du sac de dattes et en avala une vite fait en réfléchissant.

-Te balancer un truc méchant...hmm...

La vérité, c'est qu'il savait exactement ce qu'il allait faire, malgré sa tête baissée vers le sac de dattes et son apparente réflexion. Parce que oui il réfléchissait, pas à ce qu'il ferait, mais à laquelle il choisirait, de toutes, laquelle serait assez grosse.
Et puis, penser à lui balancer un truc méchant, c'était bien, en fait. C'était eux, aussi immatures qu'ils savaient l'être.

-C'est que, comme t'as dit, en te balançant un truc méchant, je m'assure une conséquence... Alors j'hésite, vois-tu... Peut-être que... Et cette fois, Guillaume ne put retenir un sourire espiègle en pensant à ce qu'il s'apprêtait à dire. Ben, peut-être que je devrais, moi aussi, te prendre dans mes bras, te faire un gentil câlin, plutôt....

Moqueur? Rien qu'un peu... Il ne perdit cependant pas de temps et lança une grosse datte à Gelli, sur le front. Et toc! Avant d'éclater de rire en lui en lançant une autre, sur le nez. Trop drôle, mais oui, évidemment, et Guillaume ne se gêna pas pour exprimer son amusement, dans une hilarité pathétique. Réveille, Gelli! Tu dors!
Il n'avait pas envie de s'expliquer, de parler de ce qu'il venait de dire, de Geetali, de la mission, de rien. Alors, armé de ses dattes, c'est de tout ça qu'il se protégeait, conscient des risques qu'il prenait en provoquant ainsi Gelli. Elle savait sortir les griffes, quand il fallait, alors qu'elle les sorte. Quant à lui, il lançait des dattes, en mangeait aussi, tout en reculant vers le salon.

-Tient, pour avoir gâcher mes fantasmes au chocolat fondu, et pour avoir traité les futurs noms de mes papillons de putains de noms, et pour... avoir dit que je pensais qu'à mes couilles. ... Je pense aussi au chocolat.

Des dattes, des dattes et encore des dattes. Une pour lui, une pour Gelli.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Dim 12 Oct - 22:48

Il y avait un truc trop cool avec la cuisine de Guillaume, c’était qu’elle était toujours remplie de trucs trop cool – et trop dégueulasses aussi. On n’avait qu’à ouvrir les placard, et zaaaam une avalanche de produits même pas bios s’écroulait sur nous, pauvres explorateurs innocents. Elle avait tenté la chose, une fois. Pas deux… Guillaume, il avait des goûts de merde, tant pour les filles que pour sa consommation alimentaire vraisemblablement. Des… Argh, des chips. Au vinaigre, en plus ! Et puis des trucs de clodos genre sardines en boite. Des paquets de gâteaux au chocolat tout collants, du chocolat en poudre à mélanger avec du lait, des petits bonbons au chocolat, et des tablettes. Un placard de tablettes, dont la plupart étaient déjà entamées. Berk berk berk.

Donc, tout s’effondrait sur les gourmands en manque, sauf quand il s’agissait du maître des lieux. Là, magie, ces salauds de paquets de chips restaient bien à leur place, attendant sagement que le bleu daigne s’emparer de leur carcasse plastifiée pour les ajouter à son butin. Mais quoi, bordel, il les dressait ses paquets de chips ? La moue boudeuse que fit Gaëlle en le voyant vomir devant elle le contenu de son pillage d’affamé ne parvint cependant pas à le faire descendre de son petit nuage. Il faisait comme si rien ne s’était passé et ça la faisait chier. Elle était grognon la Gaëlle.


- J’aime pas, j’aime pas, j’aime pas, j’aime pas…


Les produits passaient un à un de gauche à droite, menés dans ce mouvement par les longs doigts tremblants de Râleuse. En plus c’était vrai, elle n’aimait pas. Il aurait pourtant dû le savoir… Gaëlle ne mangeait pas de saloperies, elle faisait vachement gaffe. Et puis Guillaume c’était vraiment un gros… Héééé ça c’était pas mal ! Une pomme. Croquée, mais aucune importance. Enfin quelque chose de mangeable dans ce fatras immonde.

- Hmm hmm…


Des goûts de merde, c’était bien ça. Il ne savait pas ce qu’il ratait, l’autre nul, elle était géniale cette pomme. Allez, balance le ton truc méchant… En le regardant, elle avait vraiment très envie de lui taper dessus. D’un autre coté, il y avait le câlin de tout à l’heure, qui lui laissait un certain goût dans la bouche, comme un frein. D’un autre coté, il y avait la pétasse pirate, et ça valait bien une droite. D’un autre coté, il y avait la conscience Gellienne. Et c’était quelque chose cette conscience. Une super conscience. Non, d’accord monsieur criquet, elle ne lui ferait rien, à son supérieur. Non, elle ne lui mettrait pas de droite, elle ne l’étranglerait pas… Non, elle allait plutôt lui croquer l’oreille, boulotter le bout de son nez, faire fondre ses lèvres entre les siennes. Ca c’était cool.

Putain de conscience ! Qui avait parlé de super conscience ? Gaëlle se fila une baffe mentale. Ouch, espèce de salope.
Tu l’as cherché. Et la prochaine fois que tu déconnes c’est plus fort.

Une autre croquée de pomme détendit quelque peu ses traits. Grosse nulle de Gelli. Une demi minute auparavant, elle l’insultait et voulait *vraiment* s’en aller. Avait-elle un jour quitté l’appart de Guillaume de bon cœur ? Ce jour avait failli être la première. Il parla, alors elle releva innocemment la tête vers lui pour écouter ses saintes paroles. Erreur. Le premier jet la laissa sans voix, le second fit grogner le gros chat. Gamin Vorace, Guillaume Vollmer.


- Guillaume, ar…

Sur la lèvre ! L’enfoiré. Le gros chat se transforma en lion et rugit. Ca n’allait pas se passer comme ça, ça non. Bien sûr qu’il savait qu’elle pouvait se défendre, peut être qu’il testait juste ses compétences en vue de leur prochaine mission. C’était ça, un entraînement ! Fallait qu’elle sache éviter les dattes pour pouvoir éviter les balles. Ca coulait de source. Ramassant le petit cafard sans pattes sucré qui l’avait atteint au nez, Gaëlle le jeta avec habileté vers son agresseur mais le loupa de peu parce qu’il était déjà sorti de la cuisine. Hargneuse, elle s’empara de l’ensemble des saloperies qui traînaient sur la table pour se lancer à sa poursuite.

Aie, ouille ouille. Ce salopard était doué, il lui en arrivait une toute les deux secondes.


- Mais arrête ! Ar…


Encore une sur la joue. Nom de ! Il l’aurait, sa main dans la figure puisqu’il insistait. Mais, pour tout de suite, ça allait plutôt être du jet… Elle balança le paquet de gâteaux sur la table basse, des munitions pour plus tard.


- Argumente !


Point de non-retour.


- Aromatise, Guillaume, arnaque !


Elle se jeta sur lui, dans un bond étonnamment léger, et ils basculèrent en arrière. Fini sale crevard, fini les dattes. Heureusement que le canapé se trouvait justement à l’endroit de leur point de chute, sinon Gaëlle ne donnait pas cher du dos de son bleu. Enfin, du bleu. Rapide comme l’éclair, elle lui immobilisa les mains – une sous chaque genou – et lui offrit son regard le plus terrifiant.

- J’t’avais bien dit d’arracher.

Quand elle lui ouvrit le paquet de chips au dessus de la tête, elle su qu’elle avait été légèrement trop loin. Son cerveau se reconnecta prestement et constata les dégâts. Hm… C’était bien crade tout ça, mais rangeable. Il y avait pire. Guillaume –encore lui ! – juste là. Juste là du genre en dessous. En dessous du genre… juste là. Haaaa immobilisé en plus ! Ca plus qu’autre chose signifia à Gaëlle que le jeu était fini. Elle haleta quelques secondes au dessus de lui, fixant son visage recouvert de chips en miettes, avant de se pencher trèèès lentement vers lui. C’était trop génial comme mouvement, un brin excitant quand on y pensait – quand *elle* y pensait. Les deux visages se rapprochaient inexorablement. Tu ne peux plus fuir, disait toute la Gelli qu’elle était, je vais te manger maintenant que t’es assaisonné. La bouche était celle qui allait le plus vite. Rapidement, ses lèvres se retroussèrent dans une espèce de rictus malveillant, découvrant deux rangées de dents agressives, qui vinrent finalement se saisir de LA chip en équilibre au bout du nez de la victime. Une pauvre chip qui tournoyait depuis tout à l’heure, au sommet de ce mont nasal. Droite, gauche, devant, derrière ? L’alternative que lui offrit Gaëlle fut sa bouche. Cromp.

Gaëlle qui se redressa d’ailleurs très vite après ça. Du genre pressé. A califourchon sur les deux machines grinçantes qui servaient de jambes à l’autre, elle mâcha pensivement le fruit de sa chasse tout en considérant l’autre en question d’un regard un peu ennuyé.

- Faut vraiment que j’archive ça.

Comme prévu, la baffe fut plus forte que la précédente. La giflée soupira brusquement sous l’impact virtuel, et se frotta la joue.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Lun 13 Oct - 1:51

Vraiment têtu ou alors juste stupide. Qu'est-ce qu'il en avait à faire, de ce qu'elle avait à dire? Rien. Alors il laissait ses fichues dattes dans l'absence de réflexion la plus totale, ne songeant, en vérité, qu'à viser son visage, parce que c'était là le plus drôle. Oh il aurait pu tomber dans la vulgarité, fort aisément d'ailleurs, et lui en balancer quelques-unes ailleurs... Surtout que maintenant, il avait bel et bien vu que les « ailleurs » de Gelli existaient véritablement. Mais bon, avant que l'idée ne lui vienne, ou plutôt, lorsque l'idée lui vint, la contre-attaque était enclenchée. Pas de chance... S'aurait peut-être bien rebondit, en plus.

Elle lui faisait pas peur, même avec toutes ses cochonneries qu'elle avait ramassées, parce que ouais, s'en était des cochonneries et il assumait totalement être un vrai de vrai cochon, dans tous les sens du terme, tient. Il mangeait des trucs de porc et agissait en conséquence. Il fourrait son nez partout mais n'entrons pas dans les détails voulez-vous. Bref, il avait les dattes, elle avait le reste, il s'apprêtait à littéralement faire un coup bas, elle lui sautait dessus. Les dattes prirent le bord, le sac vomit tout ce qu'il restait à Guillaume de munitions sur le tapis où Kris et lui posaient leurs fesses pour regarder leur émission. Tragique, la scène, vraiment, je vous jure.

Plus tragique encore la manière dont Gelli prit possession des mains de Guillaume, cruellement enfoncées dans le canapé par ses genoux. Pas drôle. Il était tombé, paf comme ça, et elle lui avait grimpé dessus, méchante. Malgré sa désavantageuse position, Guillaume ne baissait pas les bras. Métaphoriquement, bien entendu, dans ces circonstances, car baissés ça, ils étaient bel et bien. Elle était vraiment fâchée? Bah non, avait toujours tendance à se dire Vollmer, c'était pour rire. Mais reste qu'avec miss Peinamps, il était toujours difficile de vraiment savoir, parce qu'elle jouait vraiment trop bien la harpie. Cela dit, il avait toujours envie de rire, en la regardant s'échauffer comme elle le faisait. Faut croire qu'il n'était pas aussi bon acteur qu'elle. Alors il riait, et il riait encore, laissant exploser chaque esclaffement dans une voix claire, ha-ha-ha. Souvent on l'avait hait pour sa tendance à rire très ouvertement de choses pas censées être drôles. Sa mère n'avait jamais comprit et avait très souvent été mal à aise à cause de lui, même qu'une fois, en public, alors qu'un chaton venait de se faire écraser, avec ses intestins étendus tout autour, sa langue crachée par sa gueule ouverte, ses yeux exorbités, carrément ouvert et explosé, le petit minou, et bien elle avait lâché la main de Guillaume, la maman, sans réfléchir, et avait poursuivi son chemin en le laissant devant la scène, plié en deux de rire. Traumatisée, la pauvre femme, raide comme une morte mais qui par chance marchait encore, était rentrée chez elle et avait dit à son mari d'aller chercher le petit, parce qu'elle avait peur.

Heureusement il n'était pas question de chaton pété en mille morceaux ce soir, mais bien de Gelli, furie en feu assise sur lui, sur toute sa virilité, malgré le fait qu'elle avait le dessus sur lui. Coup de théâtre! Le sac de chips, honnêtement, il ne l'avait pas venu venir. Il dut fermer les yeux pour ne pas qu'ils fondent au contact du vinaigre (...) et il ferma aussi la bouche, parce qu'il n'aimait pas les chips. La texture... Beurk. C'est Kris qui les avait achetés pour mettre en réserve quand il venait, et il venait souvent. Il se tuerait en voyant ce qu'il en restait : rien. Et une fois tué, il voudrait tuer Gelli. Cette pensée réconforta quelque peu Guillaume qui, enterré par les chips, avait retrouvé son sérieux. Il fronçait même les sourcils, parce que c'était vraiment terrible, de lui faire ça. Il avait des chips au vinaigre qui menaçaient de pénétrer dans ses narines, dans ses yeux, dans ses oreilles, dans sa bouche! Et il ne pouvait rien y faire. Parce qu'il essaya, en plus, de remédier à la situation, après ce moment de flottement, lorsqu'il avait ressentit, aveugle qu'il était devenu, Gelli se rapprocher de lui, se pencher sur lui. Son coeur s'était mis à vouloir défoncer sa cage thoracique, BAM BAM BAM sortez-moi d'ici j'ai peur! Pauvre chose. Mais il se calma, le petit coeur tout sec, lorsque deux trucs mous vinrent se presser contre presque-lui. Le voilà, l'instant de flottement, une halte au paradis avant de redescendre en enfer.

Comment ça, archiver!? Quelle honte de se retrouver ainsi prisonnier d'une fille. C'est là, maintenant, qu'il tenta de se sauver, secouant d'abord sa tête pour se débarrasser des chips qui lui bloquaient la vue. Ils glissèrent soit dans ses cheveux, soit parterre, soit dans les craques du canapé, comme d'autres ragoûtants trésors avant eux. Guillaume put dès lors ouvrir les yeux, voir son bourreau et la menacer à son tour de son sauvage regard. Seulement elle, elle avait l'air ennuyé. Gelli avait souvent cet air-là... Mais il ne s'en était jamais inquiété et n'avait jamais gâché son plaisir pour cet air. Fallait pas se fier aux apparences parce qu'au fond, elle était trop fière d'avoir accompli l'impossible : terrasser momentanément Guillaume Vollmer. Il se tortilla, tira sur ses mains, grimaça parce que ça faisait pas du bien, plia les genoux et put ainsi se redresser et, à force de contorsions un peu douteuses, se retrouver assis, les mains toujours prises sous les genoux de Gelli. Les abdos, c'est pratique. Par contre, il n'avait pas pris le temps ni la peine de calculer son coup avant de tenter quoi que ce soit et, c'est non pas sans un brin d'étonnement qu'il se retrouva nez à nez avec sa tortionnaire, proche, très proche, son dos à elle retenu par ses jambes pliées, coincée entre Guillaume et ses armes de métal, en fait. Coup de chaud. Pas cool. Aux grands maux les grands remèdes, il fallait se sortir de là avant de faire une crise cardiaque. Ah et puis, aussi bien pousser le malaise jusqu'à ce qu'il se fasse absurde...

Souple du dos, Guillaume se pencha sur Gelli et baissa ses jambes, pour qu'elle perde l'équilibre par derrière, tout simplement, et pour qu'elle tombe, et ben il dut s'appuyer sur elle, parce qu'elle lui avait volé ses mains. Il s'en fallut de peu, et il retrouvait ses précieuses mains, retirait ses jambes et hop, était le meilleur. Seulement tout ça, ça devenait vaguement louche. Gelli renversée, Guillaume reprenant le dessus... C'est nul de ne plus être un enfant. Alors bref, après un court moment d'hésitation, ses mains de chaque côté de sa Gelli terrassée, la surplombant de près, le bleu sourit, fier, et quitta l'arène vite fait.

-J'ai gagné. Je dirais même que j'ai trop gagné. J'ai... tellement gagné. Alors ouais, archive ça, Gelli Peinamps, parce que la prochaine fois, avant de tenter quoi que ce soit contre moi, tu y penseras.

Arrogant? Lui!? Toujours torse-nu, il fanfaronnait dans le salon, marchant sur les chips, posant de façon ridicule en imitant les monsieurs muscles à la télévision. Sa masse musculaire triplée, au moins, et c'était pa-reil.

-T'sais quoi, commença-t-il, soudainement sérieux, en se plantant devant Gelli, elle m'a dit de faire très attention à moi et t'sais quoi? J'en ai pas envie. J'ai envie de tirer des pirates, Gelli. Ou alors des chats. Je voudrais les tirer et les découper en morceaux. Mais j'sais pas pourquoi j'en ai envie comme ça, c'est dans mes tripes là maintenant. Il s'était approché de Gelli et ne la quittait plus des yeux. C'est comme une rage de chocolat.

Et ça ne passait pas comme il avait crut que ça passerait. Il n'était ni triste ni content, mais comme à vif. Ça brassait l'intérieur. Reprenant sur lui, il baissa la tête et la releva en grimaçant un sourire en coin de bouche.

-Excuse-moi. T'as faim, non?

Pas aussi sûr qu'il ne l'avait espéré, il avait manqué de conviction dans le ton.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Lun 20 Oct - 12:21

Hahaha… Mange ta baffe, vilain. Ca devait pas être très agréable d’être ainsi terrassé par une Gelli. Fallait qu’elle fasse gaffe d’ailleurs, à ce que son bleu ne fasse pas un complexe d’infériorité finalement, ce qui pourrait arriver à terme, si elle ne maîtrisait pas mieux sa force. Les hommes, c’est plus fragile que ça le laisse penser, ça elle le savait très bien. Alors, le laisser gagner de temps en temps ces joutes physiques… Mouais, elle y songerait, mais aujourd’hui elle savourait cet instant délicieux : victoire ! Quelle adorable figure lui sortit-il, en secouant son adorable tête dans tous les adorables sens. Il était… chou. Très chou, même si chou était un mot qui n’aurait jamais sa place entre les lèvres de Gaëlle. Pourtant c’est le seul qui lui vint à l’esprit lorsqu’elle fut confrontée à cette bouille furieuse et vexée. Ooooh allez approche que je t’enlève les miettes de vinaigre qui salissent le coin de tes lèvres, Guillaume ! Il fallait qu’elle fasse quelque chose, c’était trop tentant.

Ses doigts volaient déjà vers le nez du soumis, pour le tordre bien sûr – du genre « fais pas la gueule, la prochaine fois je joue de la main gauche ! » - lorsqu’il la prit au dépourvu. Saloperie de dépourvu. Elle aurait dû se douter que le grrrand Guillaume Vollmer ne se laisserait pas dominer très longtemps de cette façon, mais allez savoir pourquoi elle avait omis d’y penser, sans doute obnubilée par cette chaleur si obsédante… La fin était inéluctable, pourtant elle lutta jusqu’au bout. Quand il commença à se redresser, elle fit pilier de ses deux bras sur sa poitrine pour le clouer au matelas plein de chips, mais il trichait. Muscles, testostérone et mécanismes huilés VS tas d’os, tremblitude et manque de concentration. Ca ne fit pas long feu. Il était sur elle avant qu’elle n’ait pu analyser la question « comment ? ». Shit, elle s’était faite avoir. Ses délires de « femme forte » et de « complexe d’infériorité » s’envolèrent bien vite sur le coup.

Bien entendu, la situation avait un aspect très drôle, mais d’un autre coté, cela faisait enrager Gaëlle. Elle en riait tout à l’heure, terrasser la bête etc, mais là c’était elle qui était terrassée. Gaëlle détestait poser le doigt sur ses limites. Elle n’aimait pas savoir qu’on pouvait aussi facilement la mettre hors d’état de nuire, mais se voyait bien forcée de l’admettre. Il faut que je me mette sérieusement à la musculation, pensa-t-elle. Ainsi, elle posa ses deux mains sur le torse de Vollmer, encore, mais cette fois-ci pour le bousculer sur le coté, d’un geste assez hargneux. Sauf qu’elle ne le fit pas. Il y avait quelque chose qu’elle n’avait pas encore capté, trop occupée à victimiser sa personne et se morfondre sur son manque de force physique. Cette chose c’était Guillaume, encore lui, encore encore et encore ! Qu’est-ce qu’il avait en ce moment, à toujours se retrouver à des endroits incongrus ? Incongrus, pas vraiment en fait. C’était très étrange d’avoir pour vision sa tête souriante – on en bafferait des moins insolentes, d’ailleurs ! – encadrée de ses épaules nues et tatouées avec le plafond pour background. Trop étrange si on ajoutait à cela la présence thermique, présence qui s’imposait à tous les endroits du corps de Femme Forte en contact avec celui de Homme Faible.

Hey, mais… Hey, toi, la chaleur ! Reste là où tu es ! T’as pas le droit d’aller par là ! Ni par ici d’ailleurs. Ooohohoh, petite vicieuse, dégage de là. Ce fut Guillaume qui gicla, laissant tout de même derrière lui cette petite flamme qu’il avait allumée. S’en était-il rendu compte ? Pas certain, il était en train de faire semblant d’être fort, au milieu du salon. Gaëlle lui jeta un œil encore tourmenté.

- T’as pas gagné, t’as triché.

Elle ne s’expliqua pas plus sur cette réplique énigmatique, qui avait pourtant tout son sens au creux de ses petits neurones excités, et se redressa en tentant de remettre un peu d’ordre dans sa crinière. Les chips craquèrent sous ses fesses, comme des hurlements désespérés, petites choses broyées par ces masses immenses et monstrueusement fermes. Miam. Loin de se laisser attendrir par les pauvres patates croustillantes, elle prêta une oreille à son supérieur – hiérarchique, s’entend. Qu’est-ce qu’il avait encore à parler de pirates ? Il était en manque encore ? Et les chats. Mais qu’est-ce qu’ils venaient foutre là les chats ? Il était effrayant l’autre bleu, avec ses grands yeux carnassiers. Heureusement que sa Gelli le connaissait, un peu, sinon elle l’aurait mal pris. Quoique… Quelque chose n’allait pas, et il ne fallu que quelques secondes à SuperWoman pour mettre ce trouble sur le dos de la gamine de tout à l’heure. Bien sûr que tout était de sa faute, à elle. Trop cool d’avoir un prétexte de mauvaise pensée à son égard ! Bon, lui ne semblait pas se rendre compte de la valeur négligeable de cette pouilleuse, mais c’était ainsi. Elles étaient toutes fades, mentalement plates. Physiquement… Bon, ta gueule. Nous dirons généreuses, ce que PlusTropSuperWoman n’était pas.

Plus[…]Woman soupira, d’ailleurs. Elle fit la moue. Une super moue, bien sûr. Elle décida de rester sur les chats. C’était cool, les chats, au moins ça n’allait pas se fourrer sous les draps de Guillaume.

- C’est dans ces moments là que je suis heureuse de ne pas porter de moustaches, Guillaume.

Illustratrice momentanée, elle mima la terreur terrorisée, puis reprit comme si de rien n’était une expression neutre. Un vrai clown, malgré elle, sûr.

- Quoique, si tu veux me découper en morceaux, je dois te prévenir…

Elle déploya ses ailes sans prévenir et fila en papillonnant vers la cuisine. Bien sûr qu’elle avait faim, les crocs même. Il l’avait coupée en plein repas tout à l’heure, et la gentille pomme entamée avait attendu le retour de sa croqueuse, posée sur la table au même endroit, avec une patience empreinte d’une sagesse millénaire. La sagesse des pommes. Papillon-à-crocs ouvrit un tiroir en usant de sa force surpapillonnesque et en sortit un couteau. Un con de couteau à bout rond et petites dents. Une assiette fut elle aussi dégotée dans un placard, et le tout fut balancé avec délicatesse à coté du fruit patient. Fruit qui ne tarda pas à goûter de nouveau aux dents de l’affamée, qui s’en prenait un bout pour patienter pendant le découpage.

Guillaume l’avait rejointe entre temps, et elle se vit contrainte de terminer sa phrase. Je dois te prévenir…


- … que ch’e ne compte pas me laich’er fh’aire.

Cela dit en agitant furieusement l’arme menaçante que constituait le couteau. Maintenant elle affichait un air concentré très significatif : fous-moi la paix le temps que je finisse ça. On déconnait pas avec la bouffe. La pomme fut découpée, tailladée, torturée, de façon très propre et soignée, pour donner finalement un petit tas de cubes tous semblables, ou presque. Elle était comme ça, Gaëlle… Ceci fait, elle se leva une nouvelle fois pour aller fureter de son petit museau impatient dans un placard, encore. Rien n’était rangé ici, c’était chiant, mais elle finit par trouver ce qu’elle cherchait. Un pot de miel. Pot qu’elle ouvrit avec précautions, parce qu’il lui était arrivé de tomber nez à nez avec des cafards, ce faisant. Aujourd’hui heureusement pour ces sales bestioles il était vide. Enfin, vide de cafards, parce que du miel, il en restait. Soyons clairs… Toujours aussi concentrée, la gourmande élitiste revint vers son assiette en se léchant les babines, bouillonnant d’avance quant à l’explosion gustative qui allait suivre.

Ou comment s’occuper l’esprit en faisant naître une chaleur qui chasse la précédente. Les cubes se mirent au garde-à-vous, s’alignèrent dans un quadrillage parfait, et reçurent en signe de gratitude par rapport à tous ces efforts une petite goutte de miel chacun. Hmmm petite goutte qui dégouline tendrement sur la surface humide et sucrée de son receveur… Un vrai fantasme. Gaëlle n’en perdait pas une miette, et n’oublia aucun soldat. Braves soldats. Si ils savaient ce qui les attendait. Le Général de l’Assiette releva les yeux vers son général à lui, c’est-à-dire Guillaume, avec un sourire aux lèvres. Un vrai sourire tout ravi. Il en fallait peu pour lui faire oublier ses mauvaises pensées, à Gelli. Un peu de sucre, à vrai dire.

- N’espère même pas en goûter un seul
.

Très égoïstement, elle fit planer une main protectrice au dessus de l’assiette et montra ses canines à Guillaume, laissant grogner son ventre de façon sauvage. Ca rigolait plus. A l’étroit dans la cuisine, et considérant aussi que ce lieu si banal était indigne d’une telle dégustation, elle décolla de nouveau pour retourner dans le salon, entre ses serres son précieux butin.

… Désolation. Des chips, des dattes, des gâteaux par terre. Une chaise renversée – la faute à qui, en fait ? – un canapé tout dérangé et plein de miettes…


- Franchement, il est dégueulasse ton appart… Maintenant tu sais que les garces qui te suivent ici pour que tu leur fasses tes trucs ne sont pas intéressées par la beauté du cadre.

Son postérieur, elle le posa avec détermination sur un coin de la table basse qui était relativement propre. L’un des derniers, à vrai dire. Farouche, elle dardait sur Guillaume un regard qui assumait tout à fait la grossièreté de ses propos. Extase. Le premier cube venait de disparaître dans le gosier avide de Gelli avant d’avoir eu le temps de dire adieu à ses confrères, et son goût était à la hauteur des espérances de sa créatrice.

-Je me demande bien ce qui les attire, du coup… Tu leur donnes des sous ?

Il faut préciser que Gaëlle lâcha à ce moment son assiette sur ses genoux pour croiser les mains au dessus de la tête, genre défensif. Elle était chiante et langue de pute – puisqu’on en parlait… - mais elle assumait parfaitement. Quoiqu’elle tenait à son visage…

[Ma Gelli, c’est un tout un zoo à elle toute seule. *très fière* Clin d’œil à tes souvenirs, mon cafard.]
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mer 22 Oct - 20:42

Oh là, quand même, il faut donner un peu de mérite au beau, grand et fort Guillaume Vollmer! Il n'était pas SI facile de terrasser la grosse Peinamps, quand même. Mais bon, la guerre avait tirée à sa fin, pour l'instant, c'était le temps de la trève, on y reviendrait plus tard, toujours, parce que oui, on y revenait toujours. Guillaume cesserait de s'en prendre à Gelli le jour où il n'en serait plus capable, le jour de sa mort. Elle était condamnée. Il était le boulet à sa cheville, le côté obscur de son être, son ombre, le diable sur son épaule, son âme soeur! Il était et serait toujours là, pour le meilleur et pour le pire, amen. Guillaume Vollmer veille sur vous, belle enfant, les yeux injectés de sang, griffes et crocs acérés, prêt à vous déshabiller, et ensuite à vous lacérer, peut-être, ça dépend...

Bénit soit-elle. Il ne le songea point, mais le sut inconsciemment, car inconsciemment toujours, il fut en partie sorti de son malaise momentané, comme si on avait tiré sur ses cheveux en lui sortant la tête de l'eau. Clair, non? Qu'elle poigne elle avait, la Femme Forte! Et derrière lui, ses tripes serrées entre les petits poings de Geetali Anavi. Vivement les distractions et les découvertes : Gelli a un beau...cul. Difficile à manquer, faut dire. Quand des restes de chips en tombent, bien sur... Il ne l'écoutait pas, trop occupé à regarder le tapis et à relever les yeux dès que l'autre nouille regardait ailleurs. Il y metterait bien la main, se dit-il, une bonne grosse claque, juste pour voir si c'était aussi dur que ça en avait l'air. Il se prendrait un élan, elle se pencherait pour bien mettre les cibles en évidence, et CLAC! Ah ouais, trop drôle. La guerre reprendrait, pour sûr. Tant pis, il gagnait toujours, de toute façon.

Il put à sa guise reluquer le fessier de sa très chère amie lorsqu'elle repartit vers la cuisine, chose qu'il fit évidemment sans aucun scrupule, jusqu'à ce que l'objet de son étude ne disparaisse de son champ de vision. Conclusion : ça rebondissait pas trop, juste assez, comme de la gelée réussie, juste assez ferme, pas trop en jus. Elle ne le porte pas bien, son surnom, hein! Hein! Et comment, qu'elle le porte bien!

Poussant un soupir, retrouvant l'homme en manque de viande féline qu'il était toujours, Guillaume se traîna les pieds jusqu'à la cuisine, faisant par exprès pour vraiment bien jouer le pauvre petit garçon qui fait pitié mais qui est correct, qui dit « non non, ca va, j'te jure » avec une petite voix. S'adossant contre un comptoir, bras croisés, il marmonna.

-M'en fiche que tu te laisses pas faire, moi non plus, j'me laisse pas faire...

Elle et sa petite pomme découpée en petits morceaux insignifiants, avec ses petites gouttes insignifiantes de miel insignifiant sur ces petits morceaux insignifiants... N'importe quoi, s'en était outrant, mais il ne cilla pas, ne céda même pas à la barre de chocolat se prélassant sur la table, à demi-nue, lascive et toute en... droites. Il boudait, un peu, parce que c'était venu tout seul et qu'il n'avait pas envie d'être de bonne humeur. Il grimaça même à ce beau sourire Gellien. Font chier, les sourires. Tout fait chier. J'ai faim. Je veux pas manger. Je veux. Je veux. Je veux. Mais je sais pas quoi. Argh. Grogne grogne. Grogne grogne grogne.

-J'en veux pas, de toute façon. Ça goûte... Les cafards, ton truc. Et je sais de quoi je parle. Pas toi.

Impératif. C'est comme ça, et pas comme ça, et toi tu sais rien. Traduction, Guillaume était de mauvaise humeur, mais ça, on le savait déjà. D'abord ça avait commencé avec l'évocation de Geetali, et puis ça s'était poursuivi et noyé dans les propos de Gelli. Elle se fichait de ses petits malheurs, c'était clair, et lui qui, petit prince de chocolate-world, s'attendait à tout l'amour du monde pour tout l'amour qu'il n'avait pas, s'était vu refusé l'attention qu'il méritait pourtant tellement. Il méritait qu'on lui dise que de toute façon, il pourrait en avoir dix dans son lit le lendemain, parce qu'il était le Second de la Brigade anti-piraterie le plus cool jamais connu, et qu'il était le meilleur pilote au monde, et que ses cheveux étaient vraiment extraordinairement épatants, comme lui, d'ailleurs, et qu'on ne pouvait s'empêcher de l'admirer tant il était compétent et habile dans tout, et qu'en plus il avait des jambes bioniques et c'était vraiment dans le vent, et beaucoup d'autres choses.

Malgré tout, lorsque Gelli passa devant lui en retournant vers le salon, il la suivit comme un chien, les yeux rivés à son postérieur, mais l'air renfrogné quand même. Dans sa tête, il lui tapait les fesses plus fort que jamais. Le pire c'est que, elle lui aurait dit toutes ces choses dont il rêvait, là tout de suite, qu'il n'en aurait pas voulu. Trop tard, maintenant, son moral était complètement fichu, il dormirait malheureux, ce soir, à moins que la belle blonde dont il avait oublié le nom ne l'appelle, et tout ça à cause de la négligence de Gelli. C'est parce qu'elle avait le coeur dans l'estomac.

Lui, c'est sur le canapé qu'il trouva siège à son arrière-train, où il vint s'écraser dans une explosion de chips et de craquements. La tête penchée vers l'arrière car appuyée sur le trop bas dossier, il laissa pendre ses bras entre ses jambes lâchement écartées. Larve il se sentait, larve il était. Larve de cafard, en plus. À l'image de son appartement, très amicalement mais justement qualifié de « dégueulasse » par la croqueuse de pomme, Guillaume était, lui aussi, parsemé de miettes de chips au vinaigre, défait, particulièrement au niveau des cheveux, et abandonné à la lâcheté. Il s'agissait, dans les deux cas, de la sienne. Il se fichait de l'allure de son appartement, faut dire, voyait à peine les dégâts et n'aurait qu'à patienter jusqu'à la prochaine visite improvisée de sa mère pour que le ménage ne soit fait. Elle connaissait quand même un peu son fils, elle le savait lamentable à ses heures, car après tout, c'est elle qui l'avait un peu pourri... Cela dit, aux commentaires de Gelli sur le cadre de sa personne, il ne fit que soupirer, ne trouvant pas l'intérêt de répondre. Elle l'avait un peu tué, avec sa négligence. C'était une vilaine fille, elle méritait la fessée. La pensée le fit sourire paresseusement.

Son regard glissa vers la bouche où avait été livré à son triste destin un carré de pomme. Même sa façon de manger, était cruelle, c'est à peine si la pauvre chose n'avait pas hurlé à la mort avec d'être déchiqueter en millions de morceaux. Ce qui sortit de cette même bouche par la suite, par contre, ralluma le peu de vie en la loque de sentinelle que devenait Guillaume.
Et elles osaient les traiter de garces!? Il avait le choix : pleurer comme un bébé ou reprendre la guerre. Il se leva, raide comme une barre, et n'eut qu'à faire deux pas pour rejoindre Gelli. Il lui prit son assiette, empoigna la totalité des insignifiants petits carrés bien alignés et gluants, et les fourra dans sa bouche d'une bouchée. Ça, c'était dégueulasse. Il se pencha et mâcha bien fort dans la face de Gelli, la bouche ouverte. Il détesta le goût, la texture, tout, mais persista à tout mâcher puis, relevant l'assiette, il recracha les petits carrés réduits à l'état de purée baveuse. Il posa l'assiette sur les genoux de Gelli, tira la langue et recula de deux pas, pour mieux voir sa tête. C'était méchant et cruellement bon.

-Je parie mes cheveux que t'oseras pas.

Les cafards, c'est dans sa tête, qu'ils sont passés.
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Lun 27 Oct - 22:31

Gaëlle ne mangeait pas beaucoup, non, mais quand elle mangeait, c’était avec délectation. Il suffisait de la voir préparer sa pitance avec cette concentration si particulière, ses yeux qui devenaient presque fous, l’hystérie qui transparaissait dans chacun de ses gestes maniaques… Ouais, elle faisait même carrément peur quand on la regardait trop longtemps à ces moments là. Tout était pensé, réfléchi, pour un goût parfait. Ce soir là, en l’occurrence, de la pomme au miel… Ce n’était pas grand-chose au final, rien qui remplisse l’estomac de manière très satisfaisante. Pourtant c’était ainsi que Gaëlle préférait se nourrir. C’était comme les pistaches – elle aimait bien les pistaches aussi –, la dégustation venait après le rituel préparatoire, qui consistait alors à démunir la chose de sa carapace croquante. Pour la jeune femme, la nourriture était une sorte de récompense, un cadeau que l’on pouvait se faire après avoir trimé dur pour se préparer quelque chose de bon. Vous avez dit psycho ? Mais non… Juste un peu alors, par certains aspects. Du coup, la vorace occasionnelle ne grignotait pas. Elle ne connaissait même pas le sens du verbe « grignoter ».

Le rendu était plutôt maigrichon. Mais c’était un rendu maigrichon teigneux. Qui savait se défendre, Guillaume ne le savait-il pas ? A force de ne pas assez manger, les dents ne s’usent pas, elles s’allongent, ahah, elle deviennent pointues, coupantes… Gnarp. Les dents de Gaëlle étaient celles d’un carnivore. Un carnivore qui prépare bien sa viande avant de se l’enventrer… Terrifiant. La langue aussi ! Gelli langue de pute. Elle faisait très mal, cette chose molle et baveuse, parfois. Là, Guillaume était vexé, c’était hilarant. Elle contemplait sa tête frustrée de petit garçon peiné, et elle souriait de toutes ses dents-rasoir avec une cruauté non dissimulée. Allez brûler en enfer, amantes de Guillaume ! Vous valez rien, vous êtes moches, vous êtes connes, vous êtes juste bonnes à baiser une nuit ou deux mais il vous oubliera ! Oui, il ne se souviendra plus de vous. Son dragon d’amie y veillait, elle y veillait au grain, à la croquette, à la chips ou à toute autre chose consommable, mais elle y veillait bien. Et puis il les oubliait très bien tout seul, aussi. Une chose était certaine, et réconfortante, c’était que Guillaume l’aimait elle. Il l’adorait. Il ne pouvait pas se passer d’elle. C’était certain. Sinon pourquoi aurait-il remis à plus tard ses plans cul afin de ne pas la laisser filer en colère, hein ? Pour sûr, elle comptait bien plus à ses yeux que cette ribambelle de trous à gambettes, et ça la rendait heureuse finalement. C’était SON Guillaume, il n’avait pas d’autre amie qu’elle, amie du sexe féminin s’entend. Beaucoup la jalousaient pour cela, elle le savait, ça jasait sec sur compte, même mégasec, mais ranafoutre. Elle leur pissait dessus, à ces grognasses, pas vrai ? Elle était Gaëlle Peinamps, bouseuse, grossière, maigrichonne. Et amie de Vollmer Guillaume, la plus cool des Sentinelles, et la plus convoitée aussi. Ouais, elle était très fière d’être… ça. Bien qu’une balle ou deux en moins, ça ne serait pas du luxe.

Lâche ça, salaud ! C’est MON assiet… Omg. Mais qu’est-ce qu’il fait ?


- Non, ne … !


Trop tard. Gaëlle était salement abasourdie. Sa bouche s’ouvrait pitoyablement alors qu’elle contemplait le désastre, désastre qui faisait « haut, bas, haut, bas… ». La mâchoire de Guillaume, qui actionnait ses dents, qui mâchaient ses pommes, qui hurlaient « au secours Puissante Maîtresse, au secouuurs ça pue c’est moche ça fait mal ! Sortez-nous de là, mangez-nous, par pitié ! » Et pour le coup, elle fut bien tentée d’aller les chercher, la Gelli. Mais non. Elle était off-mode, là. Il avait été trop rapide pour elle. Et ce qu’il faisait c’était… C’était dégueulasse ! Le pire fut sans doute le moment où il recracha tout dans l’assiette. Sa copine eut envie de gerber. Elle en aurait eu les larmes aux yeux. Tout ça, toute cette concentration, toute cette préparation, tout ce soin apporté à la taille des cubes, tout ça… Pour rien ! Pour rien pour rien pour rien !

La colère fit bouillonner ses tripes alors qu’elle se trouvait au dessus de l’assiette, les paupières luttant bravement pour ne pas laisser déborder la moindre larmichette. Non, tout mais pas ça… Vous serez vengés, compagnons, parole ! Votre tortionnaire souffrira mille tourments, et vous pourrez vous repaître de ses cris de douleur. Elle releva les yeux vers le tortionnaire en question, tortionnaire qui allait bientôt devenir tortionné, si vous suivez bien. Gaëlle était sûrement un meilleur bourreau que lui.


- Tu peux déjà te raser la tête, espèce d’enfoiré.

A pleine main, elle saisit la bouillie pleine de bave qui avait été recrachée par la bête, et la lui écrasa dans le cou. Paf, comme ça. Hey oui mon chéri, faut pas me chercher, surtout pas sur la bouffe. Et ça me fait pas rire. Elle profita de sa stupéfaction pour étaler quelque peu la chose, vicieusement. Et quand elle vit qu’il allait réagir, elle fonça vers la cuisine, encore. Décidément… Il fallait lui rendre la monnaie de sa pièce, le surplus de son paiement, le reste de la somme versée, le truc quoi. Sa victime était toute désignée : la barre de chocolat, au milieu de la table, fondante, déjà. Gaëlle s’en empara, avec l’énergie du désespoir. Alors qu’elle était rattrapée par l’autre, elle brandit son arme improvisée vers lui et se fit plus menaçante que jamais
.

- Arrière, arrière, ordure ! Arrière ou j’en fais du paté !


Ses gestes étaient désordonnés, mais ils étaient très effrayants quand même. C’était comme un flambeau qu’elle agitait devant lui pour le tenir à distance. De cette façon, elle se faufila entre son merveilleux corps plein de chips en miette et de pomme mâchée, et le cadre de la porte de la cuisine. Le salon, une nouvelle fois, mais ce n’était pas sa destination. Sa destination, c’était le balcon, qu’elle atteint en deux enjambées hargneuse. Tu vas payer, misérable gâcheur ! Elle le regarda et recula tout contre la rambarde. Son bras s’était tendu au dessus du vide, un bras très déterminé, qui tenait fermement son otage de barre au chocolat. Gaëlle fixait Guillaume comme si elle avait envie de le tuer dans la seconde, ce qui n’était pas loin de ses véritables sentiments. Non, elle voulait juste qu’il souffre… Elle allait agiter sa précieuse chose marron au dessus du néant quelques instants, puis elle la balancerait loin, très loin.

Sauf que cela ne se passa pas tout à fait ainsi. Détachant ses yeux de ceux ô combien *_* de son bleu, elle avait commis l’erreur d’en jeter un coup à sa prisonnière. Et là, horreur. CETTE IMMONDE CHOSE VENAIT DE LUI DEGOULINER SUR L’INDEX ! Pour vrai ! Elle était en train de fondre, nom d’une déesse ! Et ça coulait ! C’était horrible ! Nooon, insupportable ! Comme si elle venait de s’apercevoir qu’elle tenait quelque chose de véritablement dégueulasse, l’hystérique lâcha avec un profond dégoût précipité la chose, qui s’étala sur le bitume dans un bruit mouillé. Mais ce n’était pas l’important, pas ça, ce qui était vraiment important, c’était ses mains. Deux mains. Deux mains très, très sales. L’une pleine de compote à la bave Guillaumesque, et l’autre pleine de… aaah pleine de chocolat fondu ! Achevez-moi tout de suite. Il y avait pire. La respiration de Gaëlle s’accélérait exponentiellement. Elle regarda les miettes dans les cheveux de Guillaume, la compote dans son cou, puis le canapé dans le fond, tout crade lui aussi, et le salon en général, sale, sale, sale ! Sale ! Très sale ! Trop sale !

Pause. Il faut préciser un truc, sinon ça devient complètement incohérent et les gens se prennent des mots de tête en lisant mes maux. Certain l’auront deviné, mais pour les autres imbéciles, Gaëlle est maniaque. Mais du genre très maniaque, genre qui a des tocs, des tics, des tacs, des manies. Souvenez-vous du rite nourritural. Pensez à son appart, rangé comme si chaque millimètre carré était une case. Prenez en compte sa minutie au travail, son ardeur à l’enquête farpaitement menée… Et la propreté. C’est dans l’ordre des choses, n’est-ce pas ? Oh oui, Gaëlle aime l’ordre. Elle aime quand ça brille. Elle aime quand c’est aligné, elle aime quand c’est à sa place. Elle aime quand ça ne sent rien, elle aime quand on ne devine rien. Elle a le tictactoc de la surpropreté, ou plutôt la phobie de la saleté. Cradophobe, ouais ! Heureusement pour elle – parce qu’on a vu que ça lui pète souvent de camper chez Guillaume – cette phobie ne se manifeste qu’à partir d’un certain seuil.

De toute évidence, le seuil venait d’être atteint. Planquez les meubles, vous autres ! Ses bras fourmillaient d’un dégoût palpable, sa bouche se tordait lentement en une grimace très moche. Elle ne pouvait plus regarder nulle part, ça faisait trop mal. Elle s’adressa à Guillaume, complètement psy, avec cependant une voix qui se forçait à rester calme. Brr, digne d’un film d’horreur interdit aux mineurs tout ça.


- Faut que je prenne une douche, Guillaume, tout de suite. C’est trop sale, c’est trop sale sale sale sale !

Nom de ! Son bras venait d’être pris d’une convulsion, c’était marrant quand même. Elle se sentait envahie d’une sorte d’excitation malsaine, quelque chose qui ressemblait à ce que l’on ressent lorsque quelqu’un vous chatouille les aisselles… Quelque chose de très désagréable dont on a envie de se défaire le plus vite possible. Vite vite vite, ça colle à la peau, c’est tout contre moi ! Je n’en veux plus, je veux que tu m’enlèves ça tout de suite ! Son regard appelait lançait des SOS à tire-larigot, comme une désespérée. Allez, aide-moi, gros dégueulasse, j’en peux plus. Tu finiras par pleurer sur mon cadavre si tu me laisses dans cet état !
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mar 4 Nov - 1:29

-NON! T'AS PAS LE DROIT C'EST À MOI!

Jamais il n'aurait cru angoisser pour une barre de chocolat aujourd'hui. Au contraire, il avait cru qu'il en jouirait d'une manière des plus cochonnes qui soit. Quelle erreur de parcours impardonnable que d'avoir préféré à ses fantasmes culino-sexuels la trop dure compagnie de Gelli. Il le savait, maintenant, mais il était trop tard. Déjà il était trop tard quand la guerre avait repris, par sa faute, et qu'il avait admiré avec un très vilain plaisir son amie souffrir de tout son être en le regardant réduire en purée son armée. Leurs goûts gastronomiques ne trouvaient que difficilement et occasionnellement un terrain d'entente mais, ils aimaient tous les deux, quoique différemment, certains éléments comestibles de manière stupidement exagérée. En résultaient des explosions de chips, des missiles-dattes, des tortures de carrées de pomme et des prises en otages de barres de chocolats.

Et maintenant, il avait dans le cou et sur le torse sa propre bave mélangée à sa propre pomme, préalalement prêtée à Gelli, et souffrait à son tour de voir sa tendre et douce chocolatée prise entre les pattes du monstre de gelée. Il ne pouvait rien faire, et ne put que chialer, sans bouger.

-NON! T'AS PAS LE DROIT C'EST À MOI!

Qu'est-ce qu'elle en avait à foutre, de ses prétendus droits... Certains principes, en temps de crise, s'imposaient dans la logique de Guillaume tout à fait naturellement, immatures, absurdes, ou tout simplement stupides, comme celui qu'il devenait par la même occasion. Impuissant face à la vengeance de Peinamps, il la suivit, l'air renfrogné, la lèvre du bas qui cherchait à retrousser, en souvenir du bon vieux temps. Il y avait longtemps qu'elle avait connu son heure de gloire, elle sentait que le moment était venu, ou revenu, enfin. Il attaquerait, quand son tour viendrait, et mijotait déjà de potentiels assauts, tout en suivant Gelli dans son délire meurtrier.
Trop absorbé par la vision du chocolat au dessus du vide, cette pauvre barre qui se tortillait entre les doigts de son martyriseur en hurlant à l'aide, découvrant ici et là son affriolante chair dans sa détresse, Guillaume ne porta nulle attention à la voisine, sortie sur le sien de balcon pour arroser ses plantes. D'un drôle d'oeil, elle les regardait en s'efforçant de faire montre de discrétion. Pas qu'elle n'était pas habituée aux hétéroclites activités de son voisin, mais c'était jamais pareil, et toujours curieux. Et habituellement avec les filles, c'était moins... Moins comme avec l'autre imbécile qui traînait toujours dans le coin, celui qu'elle avait d'abord cru « retardé ».

De la scène tout en suspense et menaces l'on glissa vers le drame.Guillaume ne le vit venir, même si déjà auparavant il avait été témoin de ce type de réaction de la part de Gelli. La vérité, toujours la vérité, c'est qu'il avait été bien trop préoccupé par sa barre de chocolat à mourir pour songer à cumuler les facteurs « phobie » de la malade ici présente. Malade, mais pas moins Gaëlle Peinamps, et pour cette unique et précise raison pourtant lourde de conséquences, il ferma les yeux. Quand le sacrifice eut lieu, il ne put regarder. Rien que le son du chocolat chaud écrabouillé contre le sol lui serra le coeur. Mais il y avait pire, alors il les rouvrit, ses lâches paupières, et vit sombrer Gelli dans son obsession. Avec le temps, il avait finit par comprendre que c'était vraiment sérieux et incontrôlable, que c'était plus fort qu'elle et, la voir ainsi soumise à quelque chose d'aussi insignifiant pour lui l'avait d'abord chambardé. Aujourd'hui ce n'est plus pareil. Quand ça arrivait, il se voyait devenir un peu comme un protecteur. Sa mission? Sauver Gelli des méchantes bactéries.

Oubliant le chocolat, il s'approcha d'elle, jeta un coup d'oeil à ses mains pour s'assurer qu'elles n'étaient pas trop sales et choisit la plus propre pour en envelopper le poignet de Gelli, qu'il tint fermement tout en retournant à l'intérieur. Surprise par l'incompréhensible revirement de situation, la voisine fit déborder d'eau un de ses nombreux pots.
C'est dans la salle de bain qu'il emmena sa figée protégée, endroit stratégique où les saletés étaient moindres et où Gelli pourrait être débarrassée des siennes. Il prenait sa mission très au sérieux, voire un peu trop. D'un coup de pied, il referma la porte derrière eux. Halte là, bactéries! Toujours sans libérer le fin poignet qu'il tenait, il ouvrit de son autre main le robinet du bain, eau chaude, eau froide, vérifia la température, et se retourna face à sa mission plus ou moins ambulante. Pas indépendamment, du moins. Lâchant le poignet, il agrippa de ses deux mains le bas de son t-shirt, celui qu'il lui avait prêté, et le leva, jusqu'en haut, jusqu'à le lui enlever carrément, et n'eut pas à trop se forcer pour éviter de baisser les yeux. La mission avant tout! Ce qu'il pouvait être sérieux, quand il s'y mettait! Un vrai pro. La petite culotte cependant, il n'y toucha pas, déjà occupé, de toute façon, à lever Gelli pour la mettre dans le bain, juste sous le jet de la douche, qu'il actionna la seconde d'après. Quant à lui, ne cédant à son instinct qui commençait à lui chuchoter de bien vilaines choses, il se fit face dans la glace pour entreprendre de se débarrasser des morceaux de chips qu'il lui restait dans les cheveux, mais ce ne fut pas long, pas suffisamment pour se retrouver à avoir autre chose à faire que de regarder Gelli sous l'eau. Gelli mouillée et presque nue. Aussi bien dire nue. Gelli tellement fragile, dépourvue de sa carapace, un peu comme l'autre jour, quand elle avait dansé, mais sans le sourire.
Encore une fois, il se fit face et, s'emparant d'une petite serviette, il essuya la bave dans son cou. Il détestait quand ça devenait comme ça, quand il sentait ce type de pression lui enserrer la gorge, comme une main invisible qui le menaçait, sa propre main. Pour Gelli, c'était la première fois. Jamais avant il n'avait eut cet envahissante conscience. Jamais il n'avait tant été lui-même en songeant ces choses. C'était vraiment trop.

Écoeuré de son reflet, il se pencha, ramassa sous l'évier une grande serviette et arrêta la douche. Agir vite pour vite venir à bout de cette mission, c'était son intention. Les bras ouverts, avec un coin de la serviette dans chaque main, Guillaume s'approcha tant qu'il le put du rebord du bain et enveloppa sa Gelli comme un burrito. Son plan initial était de faire en sorte qu'elle sèche, qu'elle soit rhabillée vite fait et que sa mère arrive à l'improviste pour faire le ménage mais, il bloqua avant la première étape, parce qu'il ne le la lâcha pas, paralysé là, tenant fermement la serviette autour d'elle.

-T'es prise.

Il l'avait à lui, pour de bon, sa Gelli, c'est lui qui la tenait, personne d'autre, et il pouvait en faire ce qu'il voulait. Il l'avait dit davantage pour lui que pour elle, pour en prendre conscience. Cela fait, il ne sut pas plus quoi en faire, de sa Gelli, et y penser ne l'aidait en aucun cas. Gelli, Gelli, Gelli, qu'est-ce que je vais faire de toi, de moi? À peine y songeait-il qu'il l'embrassait. Sur la bouche, ce baiser, sur les lèvres encore humides de sa protégée, ce baiser. Senti et incontrôlable, ce maudit baiser.

Mais qu'est-ce qu'il lui faisait! Abruptement il s'arrêta et évita à tout prix de regarder Gelli en face, lâchant la serviette en ramenant les extrémités devant, pour qu'elle puisse elle-même les tenir. Il sortit de la salle de bain en coup de vent, étourdi, et fièvreusement il entreprit de nettoyer le salon, ramassant les dattes, les chips, tout, en se maudissant de la bêtise qu'il venait de faire. C'était à cause de Geetali, à cause de la situation qui s'y prêtait stupidement trop, à cause de la fatigue, mais pas à cause de lui, il n'y était pour rien. C'était pas sa faute.
Et quand il entendit la porte se rouvrir, les mains pleines, il déguerpit à la cuisine, y abandonna, dans la poubelle, ce qu'il avait ramassé au salon et courut presque jusqu'à sa chambre. Fuir! Il trouva refuge sous son lit, poings serrés, les yeux rivés au bas du cadre de la porte, avec l'ultime peur d'y voir apparaître des pieds. Pourvu qu'elle croit qu'il avait mystérieusement disparu. Enlevé par des aliens, peut-être? Ou non mieux, une ingénieuse et que trop efficace embuscade des pirates. Guillaume Vollmer avait disparu!
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MessageSujet: Re: Chocolat "chaud"   Mar 18 Nov - 9:01

Elle en pleurait tellement cela lui était insupportable. Et puis, ce qu’il y avait de pire, c’était de se savoir incontrôlable. Gaëlle n’était plus maîtresse de ses mouvements, de ses réactions, et elle paniquait. Heureusement qu’il y avait Guillaume. Elle sentit le contact chaud sur son poignet, et se laissa guider, n’importe où pourvu qu’elle y trouve de quoi se débarrasser de cet état si contraignant. Sa conscience n’était plus en contact avec quoique ce soit, sinon de la saleté qui recouvrait son corps, et de la main de Guillaume. Son équilibre vacillait. Elle se sentit heurter quelques murs au passage, mais qu’importe… Les frissons parcouraient son échine comme des ondes sismiques, prévenant le grand séisme qui ne tarderait pas à venir si rien n’était fait pour le contrer. Presque nue, elle le fut bientôt, mais encore une fois elle ne s’en rendit pas compte. La Gelli était dans un état second, sans doute devait-elle avoir l’air profondément débile de l’extérieur. Quoiqu’il en soit, elle l’était à l’intérieur… Ses mâchoires serrées à l’extrême lui faisaient mal, et pour faire passer la douleur, cet imbécile de corps les serrait machinalement plus. De la salle de bain, Gaëlle n’avait qu’une vision floue et lumineuse, elle la voyait sans la voir. Et il y avait cette chose bleue, toute proche, qui s’affairait à un truc, truc qu’elle savait salvateur. Parce que la chose bleue c’était Guillaume, et que Guillaume ne la laisserait pas tomber. Ce n’était pas la première fois, mais quand même… A chaque fois que ça arrivait, il était là, ça devait lui être routine maintenant. On ouvre le robinet, on déshabille la bête, on la fiche sous l’eau, et hop, le tour était joué.

Gaëlle accueillit le jet d’eau comme on accueille la délivrance ultime, les bras virtuellement tendus de part et d’autre d’un corps frêle et frissonnant de dégoût. Physiquement, elle s’était recroquevillée au contact de l’eau, mais ça n’allait pas durer. Cette douche, c’était son Niagara, son nirvana, son paradis qui s’ouvrait juste au dessus de sa tête. Elle sentit le soulagement heurter sa peau sous forme de gouttes, et y glisser au ralenti. Tout partait avec, le chocolat, la pomme mâchée, les morceaux de chips… Mais aussi la sueur, la sueur de s’amuser ainsi avec Guillaume et d’entretenir une proximité qui ne faisait, au final, que la torturer davantage. Mais elle n’y pensait plus à cet instant, elle ne ressentait que la crasse qui se barre, qui se casse, qui met les voiles et qui disparaît, enfin, dans le petit trou noir au fond du bain. Slurp. Elle leva la tête vers le plafond et reçu de fait toute la puissance du jet dans le visage. Elle voulait se réveiller, sortir de cette torpeur agaçante qui faisait tanguer les murs de la salle de bain. Cela ne suffit pas, il faudrait sans doute un peu de temps, et un café. Mais elle allait mieux, c’était indubitable. Elle tendit les mains pour fermer l’eau, avec des gestes maladroits et encore fébriles. Guillaume l’accueillit avec une serviette immense, dans laquelle il l’enroula habilement. Qu’est-ce qu’elle ferait sans lui ?

L’ordre normal des choses aurait été qu’il la lâche, et qu’elle se retrouve libre de ses mouvements pour se sécher et s’habiller, sauf que ça ne venait pas. Il y avait quelque chose de pas trop normal, justement, dans ce temps démesuré. Elle leva les yeux vers lui, se résignant à ne plus dissimuler le fait qu’elle était encore stupide et chamboulée par ce qui venait d’arriver. Il la considérait d’un drôle d’air, alors elle fit pareil. Ce fut lui qui s’avança le premier, mais à vrai dire ç’aurait été elle si il avait fallu attendre une demi seconde de plus. C’était de la folie, mais n’était-elle pas folle depuis quelques minutes ? Même lui, il était fou. Elle le lui disait souvent.

Le baiser ne dura pas un éternel instant, comme on le fait souvent croire dans les films. Au contraire, il fut bref. Juste le temps pour Guillaume de se rendre compte de ce qu’il était en train de faire. Gaëlle ? Gaëlle se laissait faire sans rouspéter. Même si elle avait été en état, elle n’aurait rien fait de toute façon. Elle en rêvait toutes les nuits de ce contact, de ces lèvres, de cette bouche. C’était comme un pétard que l’on allume à l’instant où on ne s’y attend que trop peu. Tellement brève, la détonation, qu’elle n’eu même pas le temps d’en savourer le goût. A vrai dire, c’est à peine si elle réalisa un instant avant Guillaume. Il s’éloigna brusquement, rompant toute étreinte. Les murs tanguaient toujours, alors Gaëlle ne le suivit pas lorsqu’il tornada vers l’extérieur. Ce n’était pas comme si elle ne le comprenait pas.

Chaque seconde qui passait lui rendait un peu de lucidité, et donc chaque seconde venait gonfler la grosse bulle de culpabilité qui s’était épanouie sous son nombril. C’était de sa faute à elle. Fallait pas jouer avec lui comme ça, c’était un mec. Les mecs savent pas se contrôler, les femmes sont sensées savoir le faire. C’était pas elle qui disait à peine deux jours auparavant qu’elle ne voulait pas que sa relation avec son bleu change d’une quelconque façon ? Elle était vraiment trop conne. D’un autre coté, c’était son baiser à lui. C’était lui qui l’avait voulu, avant elle. Cette constatation faussait un peu toutes les données qui s’embrouillaient alors dans le malheureux cerveau de Gaëlle. Elle décida de l’ignorer. D’ailleurs, ses vêtements étaient secs, et bien secs. Elle les enfila, l’esprit ailleurs.

Lorsqu’elle sortit à son tour du nirvana, il était dans la cuisine.


- Guillaume ?

Pas de réponse. Il avait giclé dans sa chambre, plus rapide qu’un lézard coursé par un chat de gouttière. Gaëlle resta conne. Voilà, il me fuit maintenant. Il ne veut plus me voir. Cela lui donna envie de pleurer, mais elle avait décidé qu’elle avait assez versé de larmes aujourd’hui. C’était décidément une journée trop humide. Les dents serrées, elle se tourna vers le salon dévasté. Non, elle ne le poursuivrait pas. Le forcer à quoi que ce soit n’avait jamais été dans ses habitudes, et ce n’était pas aujourd’hui que ça allait changer. Rien n’avait changé aujourd’hui, pas vrai ? C’était comme toujours. Et comme toujours, elle allait ranger le bordel qu’ils avaient foutu tous les deux alors que lui en foutait ailleurs.

En cinq minutes, c’était expédié. Tout étincelait de partout, Gaëlle était satisfaite. Voilà au moins de quoi occuper son esprit ! Le sol avait été balayé de façon impeccable, le tapis avait été recadré, le canapé avait retrouvé sa place et sa propreté d’origine, tout ce qui traînait avait été rangé en piles propres sur la table basse. Alignés au millimètre, bien entendu… De même, la cuisine avait subi les assauts féroces de la sentinelle impitoyable. La saleté nuisait à sa tranquillité ? Bien, la saleté trépasserait. Et elle trépassa, partout où l’éponge de Gaëlle imposa sa marque humide. Ce fut vite fait, très vite fait, trop vite fait.

Il fallait partir maintenant. Il était tard, Guillaume ne se décidait pas à revenir, et Gaëlle n’avait finalement aucune raison de rester. Elle se souvint du petit mot qu’il lui avait laissé l’autre soir, quand elle dormait, et sourit. Il fallait lui faire comprendre que c’était comme d’habitude, ce soir, qu’il ne fallait surtout rien changer.


Tu verras que moi aussi j’ai fait le ménage avant de partir. Merci pour tout à l’heure

Le petit pense-bête fut abandonné sur le t-shirt que l’autre lui avait prêté, plié au carré et posé sur la table basse avec le reste. Un dernier coup d’œil à la porte de la chambre, et la Gelli dévalait les escaliers de l’immeuble vers la sortie. La nuit tombait, et il ne pleuvait plus.

Si Guillaume était observateur, il remarquerait l’absence de point final à la dernière phrase de son mot. Et ça, ça traduisait bien plus qu’une petite confusion dans la tête de sa copine la folle.


[Je crois que c’est fini là aussi affraid Qu’est ce que je vais faire sans toi, moi ?]
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