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 Comme un gosse... (Libre)

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Ash Ezo
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MessageSujet: Comme un gosse... (Libre)   Jeu 6 Nov - 22:15

Encore une fois, il avait parfaitement réussi son coup ! Décidément, plus le temps passait et plus il devenait puérile il devenait bon à ce petit jeu de cache-cache. Pour preuve : il avait disparu au nez et à la barbe - en imaginant qu'elle puisse réellement en posséder une, ce qui n'était malheureusement pas possible - de cette charogne de Nathalia, loupant ainsi de très peu une réunion ô combien longue et ennuyeuse à mourir qui devait traiter d'un sujet quelconque (pour preuve : il l'avait déjà oublié !) mais potentiellement inintéressant pour un être supérieur tel que lui. Bien sûr, cette légère entorse au règlement nathalien allait certainement mettre la blonde dans un état de fureur avancé - après tout, s'il y avait bien une chose que Nathalia détestait c'était de voir Ash dans son état semi-végétatif le plus pitoyable, la bouche en coeur, piquant un roupillon au lieu d'assumer ses responsabilités de grand patron - mais à vrai dire, en cet instant précis Ash n'y pensait plus (ou du moins, pas plus que ça), savourant juste cette nouvelle victoire face à la furie qui lui servait de nounou Second et cette douce liberté qui était selon lui bien méritée. Et puis de toute façon, Ash ne comprenait pas vraiment cet acharnement qu'avait la jolie blonde à vouloir absolument l'enchaîner (et ce, au sens propre comme figuré !) - l'obligeant ainsi à assister à toutes sortes de conseils et autres réunions chiantes - puisque de toute façon, il finissait toujours par s'endormir au bout de quelques minutes, n'écoutant quand même rien de tout ce qui se disait dans la pièce. Alors pourquoi, pourquoi tant d'acharnement et de cruauté envers sa pauvre personne ? Elle le savait pourtant : il ne pouvait pas résister ! C’était plus fort lui ! A peine ses stratèges et autres membres du clan avaient-ils ouverts la bouche que ses paupières devenaient lourdes et qu'il sentait le sommeil le gagner tout doucement. Etait-ce de sa faute si les réunions « de bataille » l'endormaient à ce point ? Etait-il responsable de cette facilité qu'il avait à piquer du nez, peu importe l'endroit et le moment de la journée ? La réponse était « non », bien entendu ce n'était pas faute. Alors pourquoi diable était-il obligé de se farcir ces réunions chiantes ?! C’est une petite voix vicieuse qui ressemblait d’ailleurs étrangement à celle de Nathalia qui lui répondit bien vite, comme si c’était là une des choses les plus évidentes en ce monde : parce que TU es le boss de ce clan et qu'en tant que tel TU te dois d'assumer tes responsabilités, TOUTES tes responsabilités. Oui, bien entendu, bien entendu, c'était logique et il savait parfaitement tout ça, mais il n'empêche que même après plusieurs années, la tâche s'avérait toujours aussi ardue pour le jeune boss.

- Enfin... N'y pensons plus pour le moment, ça ne sert à rien de culpabiliser maintenant. Et puis de toute façon, j'aurais bien assez de temps pour m'en repentir une fois que Nathalia m'aura coincé et que j'aurais à essuyer un méga-savon... marmonna-t-il en soupirant légèrement, démoralisé d'avance à cette idée.

Car même s'il récidivait dés qu'il le pouvait, Ash savait que c'était mal. Oui, il le savait même parfaitement : ce qu'il faisait n'était pas bien, pas bien du tout, c'était indigne d'un chef. Et pourtant, qu'est-ce que c'était bon ! Bravé l'interdit, faire mousser Nathalia au possible (Ben quoi ? C'est oeil pour oeil, dent pour dent chez les pirates !) et s'octroyer quelques heures de détente pure et de plaisir, c'était quelque chose d’absolument et délicieusement mal pour le petit chef qu'il était. Oh bien sûr, il lui arrivait (parfois) de regretter son manque de sérieux mais cela ne durait jamais bien longtemps car il savait que son comportement bien qu'agaçant pour certains, n'était absolument pas dangereux pour le clan, juste un peu pénible à supporter. Après tout, si la situation le nécessitait, Ash se comporterait comme le boss fort et digne qu'il était mais en attendant un peu de fantaisie n'avait jamais tué personne. C'est donc le coeur léger qu'Ash s'éclipsa agilement vers les falaises d'Eprona, ces sublimes blessures que la rivière avait creusée dans la roche au fil des ans et qui dominait la citée et sa vallée. Là-haut, camouflé entre les arbres, il y avait entre autre tout le bordel aérien que possédait le clan, la piste, les hangars... Mais ce n'était pas cette partie du plateau qui attirait tant le jeune boss. Nan, ce qu'il venait chercher là-haut c'était en fait le calme apaisant de la forêt et la hauteur enivrante des grands arbres qui s'élançaient vers le ciel. Oui car tout comme la plupart des pirates de l'air Ash était attiré par les endroits surélevés, la vitesse, la hauteur... Il n'était pas Anise pourtant, mais aussi loin que ses souvenirs le portaient Ash avait toujours aimé grimper aux arbres, finissant presque toujours par s'endormir sur une des plus hautes branches, les yeux clos et tournés vers le ciel. Et c'est ce qu'il fit, comme d'habitude. Il grimpa dans un grand hêtre, se faufilant jusqu'à la cime pour ensuite s'affaler confortablement sur une grosse branche. Le ciel était bleu, la brise d'été rafraîchissante et en moins de temps qu'il faut pour le dire, Ash s'était assoupi, rejoignant avec délices les bras de Morphée jusqu'à ce que le prochain idiot passant par là vienne l'y déloger.

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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Ven 28 Nov - 6:35

Ces réunions, il les adorait. Il faut dire que pour un stratège, les grands moments sont non pas composés de vols et d'assauts, mais bien de mots et de tactiques. De longues heures il passait à élaborer plans et cartes, à forcer à la plus pointue réflexion ses neurones surchauffés, à négliger son estomac et le sommeil, et tout ça, c'était pour ces réunions, qu'il le faisait. Bien entendu, les réunions n'étaient au fond que le tremplin des actions à venir, mais sans elles, aussi bien dire que la raison d'être du stratège, de celui qui à l'avance planifie, celui qui, pour tous, au nom de la cause que tant tiennent à coeur, se livre corps et âme à l'exercice ô combien complexe et épuisant de sa pensée. D'autant plus que malgré l'accord de tous, malgré la logique en apparence inébranlable, il devait porter le poids de lourds échecs, lorsqu'échecs il y avait... Oui vraiment, ces êtres que l'on dit favorisés par leur grande intelligence s'avèrent en vérité de torturés individus qui, tels les martyrs de leur temps, se battent pour les leurs, avec pour armes leur matière grise et leur honneur même.

Sagement assis sur sa chaise, il avait patiemment attendu son tour, et s'était même franchement intéressé à ce qui avait été dit par les autres membres du clan. On rapportait des événements, des bons et moins bons coups, on se mettait à jour, en d'autres termes, question de savoir où en était le clan Ezo dans ses activités dites-clandestines. La patience avait été son alliée car sa logique l'avait assuré que s'il n'y était pas maintenant, il y serait assurément lorsque son tour viendrait. Ash Ezo. En tant normal, enfin, si on se fit à l'implacable riasonnement de sieur Bell, il aurait été là, assis là, précisément, sur cette chaise vide, et il l'aurait entendu, non mieux, écouté. Il en fut cependant tout autrement, car la chaise demeura vide, même lorsque Lawrence se leva, défrippa le bas de son veston et contourna le siège de son voisin pour se rendre près du tableau qu'il avait préalablement disposé dans la pièce. En l'amenant la veille, il s'était même blessé, se heurtant le genou contre un des coins du cadre de bois. Ça avait fait mal, et aujourd'hui, c'était bleu.

« Il doit dormir. »

C'est comme ça qu'il avait commencé son exposé, et tous ils avaient rit. Enfin, presque tous, car Lawrence avait souvenir d'un certain air contrarié, qui avait dut entendre la frustrante vérité plutôt que la plaisanterie, mais bon, qu'importe, il s'était préparé, vraiment bien préparé, et boss ou pas, il devait, comme qui dirait, livrer la marchandise. Il le fit, ponctuant l'ensemble de quelques blagues, question d'éviter que qui que ce soit ne s'ennuie... Posé et ferme à la fois, il avait discouru sur la politique, sur l'importance de la manière dont était livré le message, sur l'effet de masse et les symboles, mais aussi sur les fameux chasseurs des Sentinelles, dont il avait même dessiné un détaillé schéma du squelette de l'engin, dans le but de mieux illustrer les possibilités d'atteintes ou de capture. En plus, il avait pris la peine d'utiliser des craies de couleurs différentes. À la fin, ils étaient repartis, retrouvant tous et chacun leurs occupations respectives, et Lawrence, après avoir poliment refusé l'aide qu'on lui avait offerte, avait posé l'efface sur le tableau, avait hésité, et s'était finalement contenté de pousser le tableau contre le mur, en se cognant le genou, encore une fois.

« Ça va, Law'? »

Il s'était retourné, bondissant sur un pied, sûr de tomber face à face avec lui, mais non.

« Ça va, merci.
-Je peux t'emprunter Antinoüs? »

À l'entente de son prénom, le petit rat dumbo avait sorti sa tête de la poche de la veste de Lawrence, ses oreilles légèrement surdimensionnées bien ouvertes, ses grands yeux noirs rivés au jeune pirate. C'est sans hésitation que la bestiole avait été confiée aux bons soins du collègue de son propriétaire.
De nouveau seul, bel et bien seul, Lawrence crut qu'il serait sage de sortir pour se changer les idées. Il avait aboutit aux falaises, plus ou moins volontairement, et se trouvait désormais debout sur une grosse pierre voisine d'un grand arbre derrière lequel il se cachait. Dans sa main, il tenait une poignée de petites roches qu'il avait amassées autour et, plus loin et plus haut devant lui se trouvait sa cible. Un spécimen de l'espèce du paresseux.
Toc. Sur l'épaule.
La première pierre lancée, il se cacha derrière l'arbre, jeta un discret coup d'oeil, et en lança une autre.
Toc. Sur la tête.
Difficile de ne pas rire.
Toc. Sur le bras.
C'était incroyablement immature, mais satisfaisant. Il en lança d'ailleurs une autre, manqua cependant sa cible et, se penchant pour mieux voir, glissa, chuta et atterrit sur le sol, après un bond sur les fesses, sur la roche.

« Aaaaaaaïïïïe.... »

La plainte fut partiellement étouffée vu la position à laquelle avait été forcé le pauvre Lawrence. Rien à voir avec le gracieux muguet qu'il était habituellement. Agenouillé, la joue gauche contre la terre, les bras repliées contre son ventre, le derrière en l'air. Dur, dur, d'être stratège.
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Ash Ezo
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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Sam 20 Déc - 0:04

(Vraiment désolé du retard. ><' J'ai même pas relu en plus. O__O En espérant être à la hauteur. XD *BAAAF*)

Il faisait un très beau rêve, vraiment. Rien à voir avec les affreux cauchemars qui le torturaient parfois, une fois la nuit tombée sur le silence de sa chambre. C’était un rêve doux, agréable, passionnant, le genre de rêves que tout le monde aime faire. C’était d’ailleurs plutôt suspect étant donné qu’Ash ne rêvait pas souvent - pour ne pas dire jamais ; au mieux, il cauchemardait. Quand il dormait, son sommeil qui semblait pourtant lourd et profond, n’était en réalité que léger, superficiel. Même endormi, Ash continuait d’être conscient de son environnement et la vision qu’il avait du sommeil se résumait en une grande étendue blanche, comme si un voile de lumière nacrée avait été posé devant ses yeux. D’une certaine manière, c’était agréable. D’ailleurs, autrefois, une certaine personne lui répétait très souvent que la nuit possédait des pouvoirs magiques, salvateurs et que, par conséquent, il devait obligatoirement se reposer pendant ce court laps de temps où le ciel se teintait de noir. « La nuit, c’est fait pour dormir ! », combien de fois avait-il déjà entendu cette phrase ? Selon elle, la nuit était un moment unique, un moment synonyme de détente et de plaisir. C’était ce qui permettait aux gens d’apaiser leurs esprits… Bof. Personnellement, la nuit ne l’avait jamais vraiment aidé à se détendre - ni quoique ce soit d’autres, d’ailleurs ! - c’était même plutôt le contraire ! Comment quelque chose d’aussi… sombre aurait-il pu l’aider, de toute façon ? Hein ?! Mais bon, après tout, peut-être n’était-ce là qu’une question de point de vue ? Qui sait… Enfin, bref, toujours est-il qu’hier comme aujourd’hui, le sommeil n’avait jamais été son fort. Il était insomniaque - parfois - et c’était d’ailleurs certainement à cause de ça qu’Ash avait pris de si mauvaises habitudes. En effet, même si la nuit ses yeux restaient obstinément ouverts, le petit brun était désormais capable de s’endormir absolument n’importe où, quelque soit le moment de la journée et le tout, en un temps record ! Bien entendu, Nathalia détestait ça mais bon, son petit manège avait fait son bonhomme de chemin et à présent, dans le milieu, il était entres autres connu comme étant le Boss le plus flemmard de toute la Confrérie. Pas très flatteur, il faut l’avouer, mais bon, Ash n’y accordait pas tellement d’importance.

Enfin, soit, revenons à notre sujet principal : Ash et surtout, son rêve. C’était donc un rêve particulièrement agréable : il se trouvait seul, perdu au beau milieu d’un ciel d’azur, confortablement installé sur un nuage de coton blanc et savourant avec délice cet instant de tranquillité bien mérité. C’était le pied, vraiment. Yep, tout était absolument parfait jusqu’à ce qu’un… un petit être à la tête remarquablement bien faite décida de pénétrer son « périmètre de sécurité ». Le bandit. Aussitôt, son joli rêve teinté de nuages cotonneux et de sieste à gogo se dissipa, éclatant comme une bulle de savon, laissant Ash dans la pièce immaculée qu’était son sommeil. Tche. C’était chiant… De plus, non content d’avoir complètement ruiné ses songes, l’intrus commença à le canarder, lui balançant de petits cailloux relativement légers mais douloureusement durs tout en riant sous cape. Oh, bien entendu, au début, Ash avait commencé par l’ignorer, se contentant de marmonner vaguement dans sa barde. Mais bon, une fois le troisième impacte passé, Ash se dit que la plaisanterie avait assez duré. Hey, faut pas croire, il n’avait jamais prétendu être Mr. Muscles et mine de rien, ces petits bouts de roches étaient plutôt douloureux !

- Aaaaaaaïïïïe.... »

Pas plus perturbé que ça par le bruit de chute et du cri de douleur qui s’en suivit, Ash ouvrit péniblement les yeux, bâilla un peu puis s’étira longuement, déliant ainsi ses muscles alourdis par sa sieste improvisée. Un petit sourire mutin étira la commissure de ses lèvres lorsque ses yeux d’encre se posèrent sur la silhouette étalée au sol ; décidément, pour un génie, Lawrence était vraiment quelqu’un de maladroit !

- Hum. Tu n’es pas obligé de te prosterner de la sorte devant moi, Lawrence, lança-t-il finalement au brun avec un petit sourire mi-moqueur, mi-ensommeillé au coin des lèvres.

Nouveau bâillement. Aaaah, sa sieste était définitivement compromise, pour ne pas dire fichue, alors autant descendre d’un étage ; après tout, peut-être était-ce sa punition pour lui avoir fait faux bond, alors que le stratège travaillait toujours consciencieusement et impeccablement pour lui ? Sûrement. Á vrai dire, parmi ses trois stratèges, Lawrence devait certainement être celui qui l’endormait le moins. Parce que tout son être respirait l’intelligence et la motivation, parce que ce qu’il avait à dire était toujours intéressant. Lawrence était un véritable génie et, généralement, il faisait un effort et assistait aux réunions. Sincèrement, il essayait d’écouter de ce qu’il s’y disait jusqu’au bout - il essayait vraiment ! - mais bon, on ne se refait pas et les plans de batailles compliqués, ça n’avait jamais été son truc. Et puis bon, à quoi ça servait d’écouter puisque de toute façon, les stratèges finissaient toujours pas concrétiser sans son aide ? Il n’était pas un génie, lui. Et puis, il lui faisait confiance, c’était amplement suffisant. Non ?

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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Sam 20 Déc - 3:27

Ah ça pour être suffisant, ça l'était. Même que, si on se pencherait moindrement plus sur la situation, l'on pourrait déduire que c'était peut-être même trop. Et par trop, entendons : tout. Tout ça, cette situation absurde, cette réunion, cette roche trop dure, ce genou trop bleu, son rat trop ennuyé par son ennuyante personne et son rat, encore lui, apparemment plus intéressant que son maître. Tout ça, c'était bien assez, non? Évidemment. C'était tellement suffisant que Lawrence ne trouva pas aussitôt la force de se redresser pour retrouver son habituellement si respectable stature. Cependant, en de telles circonstances, il faut avouer que fort souvent, l'exagération trouve sa place et, bien que Lawrence Bell le stratège était reconnu pour son incroyable capacité de fine et juste analyse, quiconque le connaissait un tantinet plus intimement le savait sujet à de parfois envahissants excès émotifs.

En ce moment de grand embarras, Lawrence eut aimé avoir la verve plus vive, plus alerte, plus efficace, comme elle savait l'être lorsque en plein contrôle de soi son utilisateur se trouvait. Il n'en fut hélas rien, car il eut beau tourner et retourner ses mots dans sa tête, rien n'y fit, car le blocage, tout de consonnes et de voyelles, n'était *akenvieyghlowpuwnisl* que charabia. Le trafic en cette tête que l'on devinait en temps normal composée de vastes étendues de savoirs divers fut à un certain point tel que les joues tantôt pâles prirent une teinte rosée. Il fallait à tout prix reprendre le contrôle de la situation, malgré la pittoresque position, malgré le feu qui avait pris le visage, et malgré cette réplique, que Bell aurait bien mieux aimée sortie de sa bouche plutôt que de celle de celui qui, paresseux ou pas, demeurait le Boss.

Changeant d'angle, Lawrence s'offrit une seconde de répit pour mieux reprendre le fil de sa pensée et, par le fait même, de ses gestes. Il tourna la tête pour regarder à l'opposé de celui qui, la minute d'avant, avait été la cible de son immaturité, inspira profondément en fermant les yeux puis, expirant, déplia ses bras, se dressa sur ses genoux, bleu ou pas, et finalement se leva, d'une étonnament élégante manière, tout en répétant ce geste qui tout à l'heure visait davantage la forme que l'utilité, il défroissa son veston, et le haut de son pantalon, débarrassant en même temps le tissu de la terre qui y avait adhéré. Ainsi Lawrence, en ces épisodes de lutte contre lui-même et son incapacité, possédait-il ce réflexe héréditaire, c'est-à-dire qu'il adoptait une attitude, malgré lui, dégagée et harmonieuse. Mais avant ça, tous ces détails enchaînés les uns après les autres, ne s'avérèrent dans les faits que de menues fractions de secondes qui, ensemble, devinrent qu'un instant, un peu flottant peut-être, mais pas moins bref. Aussi bien dire, en résumé, qu'après avoir goûté à une brûlante gêne, le stratège retrouvait, bien qu'encore un peu coincée, la distinction qui façonnait son être.

« Boss... »

D'abord la salutation, simple, suffisante. Prononcée sur un ton enrobé de courtoisie, on y dénotait cependant avec aisance la pointe naissante de la malice.

« Vous m'envoyez fort surpris de vous trouver ici... Voyez-vous, il y a à peine un instant, je vous prenais pour une de ces bestioles... Faisant mine de fouiller dans les tréfonds de sa mémoire pourtant tout à fait renseignée sur le sujet, il poursuivit. Elles ont de drôles de têtes... Toujours accrochées dans un arbre à... dormir. Ah! Ça y'est, ça me revient... Le paresseux. »

La lancée était bonne, et le sentiment qu'il en tenait d'autant plus satisfaisant et donc, pourquoi s'arrêter maintenant?

« La méprise est amusante, non? Ne le prenez pas mal, surtout... C'est là le genre de chose qui arrive à tout le monde, s'endormir dans un arbre... Et puis, on ne peut pas vraiment vous en vouloir, vous n'avez manqué qu'une réunion, après tout. »

La mâchoire, après avoir prononcé ces deux derniers mots, s'était quelque peu crispée, échappant à l'emprise de la quasi-impeccable civilité, malgré les propos qui puaient le sarcasme à milles lieues... Ce n'était pas toujours facile, de retenir le paysan qui sommeillait en lui, car oui, il y en avait un, comme il y en probablement un en tous et chacun. Lawrence avait le sien, emprisonné quelque part bien loin au fond de son coeur, mais qui, lui aussi, comme les commerçants qui beuglaient dans les marchés, ou les vieux pirates qui crachaient entre chaque obscénité expulsée de leur bouche gâtée, connaissait de bien vilains mots. Mais pour que le stratège daigne faire usage de ces mots, il lui en faudrait bien plus, et son visage passerait par toute les couleurs avant d'en arriver à l'ultime étape. Mieux vaudrait donc s'en tenir à cette crispation de mâchoire, qui fut suivie d'un râclement de gorge accompagné d'un regard momentanément fuyant. Ravaler sa colère, ça n'a pas toujours bon goût.
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Ash Ezo
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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Sam 20 Déc - 20:00

- Boss...

Wo. Ca risquait sérieusement de chauffer pour son matricule, là, non ?
En effet, rien qu’avec ce tout petit mot, cette appellation de rien du tout, Ash comprenait à quel point Lawrence n’avait pas apprécié sa petite « désertion » improvisée, son absence injustifiée et surtout intolérable à la réunion d’aujourd’hui. Le jeune homme aux yeux vairons cachait pourtant bien sa frustration - après tout, Lawrence avait toujours été doué pour « paraître » - mais bon, même avec ses manières dignes et toujours impeccables, le stratège sentait la colère à plusieurs mètres à la ronde. Et puis bon, avec le temps, Ash avait peu à peu appris à connaître les gens qui l’entouraient et cela faisait déjà quelques temps qu’il avait découvert que, sous ses airs sérieux et déterminés, Lawrence était un garçon plutôt sensible. Hum. Purée… Il se sentait vachement moins fier et insouciant tout à coup. C’est vrai quoi ! S’il avait été à sa place, il se serait certainement senti outré par son propre comportement… C’était… un peu irrespectueux.
C’est donc avec un air légèrement penaud qu’Ash releva la tête vers le stratège, tombant ainsi nez à nez avec un petit air courtois qui semblait pourtant chargé de menaces…

- Vous m'envoyez fort surpris de vous trouver ici... Voyez-vous, il y a à peine un instant, je vous prenais pour une de ces bestioles... Elles ont de drôles de têtes... Toujours accrochées dans un arbre à... dormir. Ah! Ça y'est, ça me revient... Le paresseux. »

Ok, celle-là, il l’avait bien méritée. Il encaissa donc la comparaison plutôt… vexante (quoique réaliste) sans chercher à envenimer la situation, se contentant de prendre un petit air gêné et surtout, navré. Car même s’il regrettait son geste irresponsable, Ash savait parfaitement que l’appel de la sieste serait toujours plus grand et que, malgré ses centaines de bonnes résolutions, il réitérerait encore et encore l’infidélité. Ainsi, n’obtenant aucune réaction satisfaisante de la part de son Boss, Lawrence continua donc sur sa lancée, parlant jusqu’à mettre le doigt sur le nœud du problème : son absence à la réunion de ce matin, sans doute perçue comme une sorte de « trahison » à petite échelle. Lorsqu’il se tut, Ash l’observa un instant, détaillant son visage à la mâchoire crispée d’un air contrit. Zut, il n’avait vraiment pas assuré sur ce coup-là…

- Hum. Pour aujourd’hui… Je… Inspire, expire. Allez Ash, tu peux le faire ! Je suis… désolé.

Humpf. Décidément, il n’avait jamais aimé s’excuser. Il avait parlé d’une voix hésitante et avec une légère grimace, un peu comme si ces trois petits mots lui écorchaient la bouche chaque fois qu’ils s’y trouvaient. D’ailleurs, c’était plutôt rare d’entendre Ash les prononcé. Généralement, c’était quelque chose qu’il réservait aux cas de force majeure. Et puis bon… Il était le Boss, non ? Et bien à la base, un Boss, ça ne s’excuse pas ! Point.

- Dis Lawrence, t’es pas fâché, hein ?

Il aimait bien jouer les gamins. Généralement, ça aidait à faire passer les choses plus facilement et ça adoucissait la colère ou la peur des gens. C’était pratique…


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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Sam 3 Jan - 19:40

Quel délice. Il s'excusait. Le Boss, LE petit boss aussi paresseux soit-il, s'excusait à son endroit, pour la bestiole qu'il incarnait si bien, et là bêtise qui en était né. Lorsque d'aussi imposants personnages s'inclinent devant le pardon, un sentiment sublime en émerge et vient envelopper d'une confortable superbe quiconque tient le rôle de celui qui se mérite les excuses. Lawrence baignait dans une malsaine réjouissance à saveur de vengeance et d'aigreur. Il faudrait être prudent s'il ne voulait pas sombrer dans une folie dite-justicière. Heureusement, intelligence et prudence vont bien souvent de paire, et c'est la raison pour laquelle le stratège s'en tint au silence en baissant momentanément les yeux sous les mots de Ash Ezo. Peut-être bien qu'au fond, Lawrence aussi était un peu... désolé. Il l'avait bien attaqué en le bombardant de roches, comme un pauvre gamin en manque d'attention. C'était pathétique, comme épisode, il faut l'avouer, et donc que Ash s'excuse, alors que lui non plus, n'avait pas été parfaitement correct, ça lui faisait un peu bizarre. Où était donc passée cette mauvaise réjouissance!? Elle n'avait pas fait long feu, et pour cause, à défaut de posséder le coeur de pierre dont il rêvait souvent, Lawrence était de ces sensibles individus qui, que trop aisément, sont portés d'un côté puis de l'autre par les vagues de leurs émotions. Il s'excusait. ...

Il avait relevé les yeux quand le pirate s'était remis à parler, lui posant directement une question, et quelle question... Qu'est-ce qu'on est censé répondre à ce genre de truc? Coinçé, embarrassé, il hésita en se grattant d'une main le derrière de sa tête.

« Eeuuuh... »

La verve! La verve! Elle pourrissait, elle s'effaçait, elle perdait sa consistance, sa logique, sa vélocité! Et pourtant, cette question, si on l'analyse mot à mot, elle était simple, super simple, même, mais elle impliquait un certain engagement qui dépassait la parole, elle appelait au réconfort, à la gentillesse, au sourire... Lawrence était doué, pour tout ça, mais il n'était pas stupide, il savait bien que certaines personnes de son entourage abusaient sans hésiter de sa trop évidente gentillesse... Et le Boss? ... Allons, biensur que non! Ash Ezo jamais, au grand jamais ne tenterait quelque manipulation qui soit envers son fidèle stratège!
Rassuré, Lawrence sourit, véritablement content d'en être être arrivé, selon lui, à une conclusion cohérente avec la réalité. Le Boss était vraiment désolé et se sentait vraiment mal. Il aurait voulu assister à cette réunion, mais il devait être trop fatigué, le pauvre.

« Mais non! Mais non! N'allez pas vous polluer les esprits avec de telles idées, Boss! C'est moi qui devrait être désolé, je me suis comporté en véritable gamin... Vous travaillez si fort, après tout, on ne peut pas vous en vouloir pour quelques siestes! Ce serait... stupide! fit-il en riant, un peu gêné. Cela dit, il n'est jamais trop tard pour parler stratégies et... Bien... Ce dont je parlais, entre autres, à la réunion d'aujourd'hui, c'est du fait que les chasseurs des Sentinelles sont un des freins majeurs à nos interventions. Ils ont accès à des matériaux de fabrication qu'il nous est difficile d'obtenir par des moyens autres que les pillages et, la sécurité est souvent telle, pour protéger ces marchandises précieuses, que tant nous perdons de véhicules et d'hommes, les opérations ne sont absolument pas rentables. J'ai fait quelques calculs pour l'illustrer... »

À ces mots, Lawrence sortit d'une poche à l'intérieur de son veston une feuille soigeusement pliée, qu'il déplia avec application avant de la tendre à Ash. Elle était chargée de longues colonnes de calculs complexes aux chiffres habilement tracés par la délicate main d'écriture du stratège. Il poursuivit.

« Ce dont nous avons besoin, c'est d'informations sûres afin de pouvoir planifier des pillages efficaces. Nous devons nous imposer de force là où ils ne s'attendent pas à nous trouver et le faire avec une puissance qu'ils ne nous soupçonnent pas. Pour se faire, je propose une infiltration à la Tour Mirage. Je dois dire que ça, je ne l'ai pas mentionné à la réunion... Je préférais vous en parler seul à seul parce que... Parce que je me propose, moi, pour cette infiltration. »

Craignant que Ash ne s'y oppose, Lawrence reprit aussitôt avec vigueur.

« J'ai participé à très peu de pillages alors on ne me connait pas comme pirate et... il y a deux ans, je travaillais à la Tour... Je n'en suis pas fier aujourd'hui, mais je pourrais aisément y retourner et obtenir des informations utiles, très utiles... Et je pourrais toujours remplir mes fonctions de stratèges, rien ne m'y empêcherait, je ne serais à la Tour que le jour... »

Il souffla. C'était dit. Il venait de proposer de s'engager dans une affaire dont il savait bien l'ampleur des risques, mais il était de toute évidence près à s'y lancer malgré tout, au nom de cette révolution qu'il avait tant à coeur.
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Ash Ezo
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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Dim 21 Juin - 16:09

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Purée, que c’était chiant ! Humpf. C’était vraiment le genre de situations qu’Ash détestait le plus. Peu importe les variantes et les gens qui l’accompagnaient, ça ne ratait jamais : c’était toujours dans ces moments-là qu’il agissait de façon franchement pas classe, voire même plutôt fourbe, juste pour se sortir d’affaire. D’ailleurs, là, il avait clairement l’impression d’être la méchante sorcière des contes pour enfants et franchement, ça n’était pas une sensation très agréable... Il se faisait l’effet d’une crapule, un peu comme la vilaine reine qui tentait vainement de liquider l’innocente princesse à coup de pommes empoisonnées. C’était d’autant plus embarrassant qu’en face de lui, Lawrence le fixait avec sa petite moue concentrée, celle qu’il affichait toujours quand il se mettait à réfléchir un peu trop intensément, semblant plus naïf et plus crédule que jamais. Tche. Quelle galère, franchement... Parce que bon, Lawrence, il avait beau être supra intelligent, quelque part, c’était quand même un cas ! Sa petite tête était remarquablement bien faite et il pouvait vous effectuer des calculs à vous faire suicider un professeur de maths’, mais à côté de ça, il pouvait également se montrer incroyablement naïf. Naïf et trop gentil, ce qui dans son cas, devait parfois jouer à sa défaveur... De même, il avait la sale manie de lui porter plus d’estime qu’il ne le méritait, ce qui n’était pas vraiment pour plaire à Ash : ça le foutait mal à l’aise, parce qu’il ne pouvait plus mentir ni manipuler son monde sans se mettre à culpabiliser, ce qui avait l’art d’être très, très agaçant ! Voilà pourquoi n’aimait pas trop côtoyer les « cœurs purs » ou du moins, ce qui s’en rapprochait : avec eux, il ne savait jamais sur quel pied danser !

Enfin, de toute façon, son plan « jouons-les-chérubins-pour-se-faire-pardonner » était déjà bien lancé et Lawrence marchait à fond – Ash ne savait d’ailleurs pas s’il devait en être soulagé ou au contraire atterré. Le pauvre stratège semblait tout à coup beaucoup moins virulent : clairement gêné et décontenancé par la tournure inattendue que la situation avait prise, il enchaînait les phrases, s’excusant à moitié alors qu’Ash était en réalité le seul coupable (quoique, le petit brun devait tout de même reconnaître que le comportement de Lawrence avait des allures d’enfant gâté assez... surprenantes quand on connaissait un peu le personnage). Ah... Lui et ses siestes, lui et sa satanée désinvolture... Il leur causait bien du souci ! Mais bon... Il était comme ça. Égoïste et capricieux, nonchalant et têtu. Et malheureusement pour ses subordonnés, ça n’était pas demain la veille qu’il changerait, même pour leurs beaux yeux ! À ce stade, tout ce qu’il pouvait faire, c’était culpabiliser et s’excuser le plus sincèrement possible... mentalement, du moins !

... J'ai fait quelques calculs pour l'illustrer...

Après avoir orienté son discours sur ce qu’Ash aurait normalement dû entendre à la réunion manquée, Lawrence lui tendit une feuille de papier noyée de chiffres. Ces derniers étaient établis en colonnes de calculs compliqués et toujours très symétriques. Du travail précis et soigné, comme toujours, néanmoins l’enchaînement de chiffres (parfois accompagnés de virgules !) eut tôt fait de lui arracher une grimace de dégoût : il n’avait jamais été à l’école et les mathématiques ne semblaient pas décidés à l’aimer ; ce qu’il leur rendait bien, soi-disant passant. À vrai dire, lui monter des colonnes de chiffres ou des calculs complexes ne servait strictement à rien (sauf peut-être à le mettre de mauvaise humeur), pour la simple et bonne raison qu’il n’y comprenait de toute façon rien. Tout ce qu’il savait faire en maths’, c’était compter, soustraire, additionner, multiplier et diviser ; du moment que les nombres concernés n’étaient pas trop élevés ni trop compliqués, bien entendu. Ouais... C’était ça et uniquement ça, il avait le niveau d’un élève de primaire moyen, somme toute. Néanmoins, pour ne pas refroidir l’enthousiasme débordant de son stratège, Ash ne fit aucun commentaire et se contenta d’acquiescer docilement, écoutant le reste de son discours en silence.

... Et je pourrais toujours remplir mes fonctions de stratèges, rien ne m'y empêcherait, je ne serais à la Tour que le jour...

Ce que Lawrence disait était sensé, sensé et très bien pensé. En effet, la puissance et la sophistication de plus en plus étonnante des chasseurs suriens étaient un vrai problème pour le business, d’autant plus que les matériaux étaient nettement plus difficiles – ou du moins, beaucoup plus cher ! – à obtenir pour les pirates que pour les Sentinelles. Les abordages étaient de plus en plus risqués et incertains pour les pirates, les échecs de plus en plus fréquents et douloureux pour les clans. Tout cela était vrai et Ash en était parfaitement conscient. Cela le préoccupait même de plus en plus : quand il voyait sa famille s’opposer aux toutous du gouvernement armés jusqu’aux dents, il ne pouvait s’empêcher de frémir. Les pertes étaient fréquentes et c’était toujours un drame pour le clan comme pour lui, mais Ash savait que si jamais quelque chose devait arriver aux membres qui lui étaient le plus proches, le bain de sang qui résulterait de sa colère resterait à tout jamais classé dans les records de Suria. Il ferait un carnage, c’était certain. De même, bien que le plan que Lawrence lui proposait soit logique et clairement réfléchi, Ash ne pouvait s’empêcher de grogner intérieurement : le petit homme qui se tenait devant lui savait se défendre, certes, mais ce n’était pas un combattant. Ce qu’il projetait de faire était dangereux, risqué ; et s’il était découvert, son visage encore inconnu des autorités à l’heure actuelle serait ajouté au Bingo Book, sa tête serait mise à prix... Pire encore : il pourrait se faire arrêter, battu dans le but d’obtenir des réponses, des informations croustillantes. Il serait jugé, peut-être même exécuté... C’était dangereux, peu importe comment on le voyait et combien Lawrence pouvait être intelligent.

C’est dangereux.

Seulement deux mots sortirent de ses lèvres légèrement pincées par la réflexion. Ce n’était pas vraiment une acceptation, mais pas vraiment un refus non plus. Ni oui ni non. Une simple constatation, lancée d’une voix posée mais ferme et accompagnée d’un visage volontairement inexpressif. Quoique. N’était-ce pas de la réticence, peut-être même de l’inquiétude, qui ridait le coin de ses lèvres... ? Mystère...

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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Ven 4 Sep - 22:26

À chaque fois que Lawrence élabore une nouvelle stratégie d'attaque pour le clan, il considère les risques d'échec et de réussite de manière égale. Toutes les possibilités sont envisagées. Et s'il arrive cela, et cela, et si jamais un tel n'arrive pas à accomplir ce qu'il doit faire, et si à cette étape, tout ne se déroule pas comme prévu, etc. Lawrence dresse la liste d'absolument toutes les conséquences de toutes les actions. La totalité des erreurs, ou presque, est étudiée. Ainsi parvient-il à dresser des plans efficaces et complets. Mais habituellement, les stratégies qu'il élabore mettent en jeu beaucoup d'autres pirates, raison pour laquelle il se donne tant de mal à essayer coûte que coûte de tout prévoir, pour éviter les accidents. Le clan est précieux, le clan est une famille, il ne compte pas des effectifs, mais bien des individus. Donc se mettre lui seul en scène était différent. Les risques n'étaient pas évalués de la même manière, en tous cas avec moins de précision. Il n'acceptait pas de les considérer tels quels, de peur de voir ses calculs le freiner, ou pire, l'obliger à renonçer.

-C'est dangereux.

Lawrence baissa la tête, fuyant le regard du Boss. Ces mots résumaient tous les risques qu'il prenait, sans calculs et sans stratégie poussée. Tout était dans la voix et l'intonation de celui qui les avait prononcés, et dans l'expression sur son visage. Il se mordit la lèvre inférieure en fronçant les sourcils. Tout le sérieux de l'opération lui tombait dessus tout d'un coup. La réalité menaçait de lui faire baisser les bras, mais Lawrence tint bon, résistant au poids du danger et de la peur.

« Je sais. »

Il avait usé à peu près du même ton qu'Ash. S'aurait été tellement facile de céder, de s'avouer vaincu d'avance, s'aurait été quasiment naturel, plus cohérent venant de sa part. N'était-il pas le stratège? Qu'un cerveau bien protégé au sommet de la pyramide, enfermé entre quatre murs qui le gardaient du danger, quatre murs pour protéger ses idées. Lawrence était doué pour penser, moins pour agir. Du coup, n'était-ce pas incroyablement stupide que de se lancer dans la gueule du loup comme il entendait le faire? Il devrait faire usage de son esprit, à coup sûr, mais devait également devenir quelqu'un d'autre, ou plutôt redevenir celui qu'il avait été jadis, et surtout éviter de se laisser manipuler par quiconque, il devrait être vigilant et totalement maître de lui-même. Sa sensibilité n'aurait pas sa place dans cette mission. Il devrait être fort et sûr de lui, ne jamais douter.

« Mais je peux le faire. »

Soudainement résolu, il avait redressé la tête pour river ses yeux dépareillés au regard de Ash. Serrant les poings le long de son corps frêle, Lawrence avait fait taire ses inquiétudes pour laisser toute la place à son implacable soif de justice. Pour tous ce dont en quoi il croyait, il le ferait. Pour le clan Ezo, pour les pirates et le peuple.

« Ce sera difficile, mais pas impossible. Les informations que je trouverai à la Tour Mirage seront vraiment utiles, nous en avons besoin. Il faut aller de l'avant, les surprendre, les déstabiliser afin d'arriver à mieux se faire entendre sans devoir se soumettre à leurs lois absurdes. »

Lorsque Lawrence discourait de la sorte, il ne pouvait que se laisser envahir par la passion qui l'animait, cette même passion qui l'avait fait sortir de son plein gré du monde de la Haute société. Certes le mensonge qui avait bercé son enfance n'y était pas pour rien, mais il avait toujours senti en lui quelque chose qu'il savait différent du reste de sa famille, qu'il savait unique en ce milieu de faux-semblants.

« Parallèlement, je propose que nous entamions une nouvelle phase d'actions visant à secouer le peuple, à nous en rapprocher. Le peuple pourrait devenir un allié décisif pour nous comme pour les Sentinelles, mieux vaut leur prouver la valeur de nos intentions avant que le gouvernement les berne avec leurs mensonges. »

Lancés dans ses grandes idées, Lawrence avait du mal à s'arrêter. C'est qu'il porte peut-être bien en lui la marque de l'idéaliste. Lawrence voit grand, excessivement grand par moments, et éprouve des envies de chambouler ce monde qu'il trouve ô combien mal géré, injustement divisé, déchiré de l'intérieur par ceux qui le peuplent. D'où il venait, ce genre d'idées étaient à bannir, mais même ici, au sein des pirates, les aspirations de son coeur ne faisaient pas l'unanimité. Lawrence avait tendance à oublier qu'on qualifiait les pirates de malfrats, que certains tuaient et pillaient sans raison, que les sentiments qui guidaient leurs actions perturbatrices n'étaient pas toujours aussi nobles que les siens.
Desserrant les poings, il en revint à sa principale requête, sans lâcher du regard le petit Boss, toujours aussi déterminé.

« Il faut me faire confiance. Je serai vigilant et... Je ne m'emporterai pas comme je viens de le faire. Fit-il en esquissant un sourire en coin, mais il retrouva rapidement son sérieux. Je suis le mieux placé pour le faire. »

C'était une façon de voir les choses, et Lawrence ne les verrait pas autrement.
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Ash Ezo
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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Dim 20 Sep - 19:26

Lawrence n’était pas un combattant. C’était un penseur, un rêveur, un idéaliste... Il servait le clan à sa manière, en utilisant sa tête plutôt que ses mains, en réfléchissant, calculant, interprétant pour le bien de tous. Lawrence était un génie. Un génie indispensable au clan. Voilà pourquoi sa proposition, aussi intéressante soit-elle, ne plaisait pas tout à Ash. C’était trop de risques, trop de zones d’ombres et surtout, trop à perdre si jamais tout cela se soldait par un échec. Voilà pourquoi Ash n’était pas certain de vouloir prendre cette décision, donner cette permission. C’était un pari dangereux, dont l’issue – malgré toutes les colonnes de chiffres et les estimations positives que le petit stratège pourrait bien lui montrer – restait incertaine, trouble. D’ailleurs, parlons-en de ces estimations ! Quand cela concernait le clan, la vie de ses hommes ou même la sienne, Ash n’avait absolument pas peur de laisser à Lawrence le soin de tout organiser. Il lui faisait entièrement confiance, les compétences extraordinaires du jeune homme ne cessant de briller à ces yeux, peu importe les plans que ce dernier élaborait. Depuis le temps, Ash connaissait bien son stratège : il le savait consciencieux et perfectionniste. Lawrence calculait jusqu’au plus infime détail, recommençant encore et encore son travail jusqu’à ce que le rendu final lui semble le plus sûr et avantageux possible, parfaitement conscient qu’au-delà des calculs et des chiffres, c’était la vie de personnes bien réelles qu’il planifiait. Ash lui faisait confiance, comme le reste du clan. Après tout, c’était bien connu : Lawrence ne se trompait pratiquement jamais ! Sa rigueur était une valeur sûre qui rassurait les hommes, lorsqu’un abordage se faisait périlleux. C’était d’ailleurs pour cela que paradoxalement, Ash craignait le jugement du stratège, sur cette mission. En effet, Lawrence avait toujours travaillé pour les autres, pour garder sa famille en vie, sauve... Qu’y arriverait-il s’il travaillait pour lui... ? Ash savait Lawrence courageux, mais ce n’était pas un combattant. Il aurait peur, inévitablement. Cette peur était dangereuse, car elle le pousserait à commettre des erreurs ou à alléger ses prévisions, comme pour tenter de se rassurer : si on ne connaît pas les risques, il y a moins de chances qu’on se dégonfle, une fois le moment venu ! Moins de chances qu’on y survive, également. Voilà pourquoi Ash doutait du jugement d’ordinaire si précis de son stratège, pour la première fois. D’autant plus qu’il ne pourrait même pas vérifier le travail de ce dernier : il ne comprenait rien aux calculs abracadabrants ni aux méthodes complexes de probabilités et d’estimations de ce dernier !

Je sais.

Sa réponse précédente avait été courte et expressive, la sienne était tout autant. Ash doutait de plus en plus, d’autant plus que la détermination qui brillait dans les yeux vairons de Lawrence semblait teinté d’une once de peur... La peur était un poison mortel comme un remarquable stimulant. Elle maintenait l’homme en vie, l’aidait à repousser ses limites et lui permettait d’accomplir de grandes choses. Néanmoins, paradoxalement, elle faussait également les jugements, troublait, perdait, aveuglait les hommes... Il fallait apprendre à la maîtriser pour pouvoir s’en servir le moment venu, pour pouvoir en user comme d’un bouclier. Il fallait apprendre à s’en faire une bonne amie... Ash savait faire ça. La vie dans la rue apprenait aux enfants abandonnés à avoir peur, d’une peur glacée mais saine. Il avait depuis longtemps appris à la maîtriser, à la dresser comme une bête. Pas Lawrence...

Mais je peux le faire.

Ash lui lança un regard inexpressif, agacé d’avance par le dilemme que son petit stratège lui imposait. C’était dans ces moments-là qu’il regrettait vraiment d’être au-dessus. Quand on était au sommet, on était coincé, en quelque sorte... Les hommes qu’il dirigeait comme le regard déterminé et plein d’espoir naïf de Lawrence lui bloquait la sortie : les responsabilités étaient comme un mur immense qui l’empêchait de redescendre. De même, s’élever vers le haut n’était pas aisé. Il fallait pouvoir se tenir en équilibre, pour ne pas faire tout crouler... S’il avait été seul, qu’importe de crouler ? Pourquoi aurait-il eu peur de tomber : il n’avait rien à perdre ! Mais il n’était pas seul, justement, alors il ne pouvait pas s’élever inconsidérément pour échapper à ses responsabilités. Il était coincé... et il détestait ça. Ash n’aimait pas réfléchir. Il n’aimait pas se prendre la tête et parloter. Il aimait les trucs simples qui restaient à sa portée. Le clan avait été simple, au début. Plus maintenant. Ash avait toujours aimé être au-dessus des autres pour n’avoir personne au-dessus de lui. Parce qu’il aimait la liberté. Quelques années auparavant, cette liberté avait pris le visage du Clan Ezo, un petit clan qui avait grandi, forci avec le temps. Peu à peu, sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, Ash était entré dans une espèce de cage : la cage du chef. Parce qu’il avait fait ce qu’il ne fallait pas faire en s’attachant et qu’il ne pouvait dés à présent plus reculer. Le pouvait-il... ? C’était trop tard. Même s’il se voilait la face parce que cela l’effrayait, Ash savait que tout le clan avait besoin de lui. Il était le pilier central qui les maintenait unis, il était le dernier recourt qu’on respectait et qu’on admirait, parce que tout le monde savait qu’il était le Boss et qu’il les protégerait. Il ne pouvait plus se préoccuper uniquement de lui, c’était impossible, parce que si les autres avaient besoin de lui, il avait désormais besoin des autres... au moins un peu. Alors il était resté. Il en avait pris conscience trop tard, certes, mais il était resté quand même. Tant pis s’il n’était plus tout à fait libre, tant pis s’il devrait assumer, tant pis s’il lui faudrait faire des choses qu’il ne désirait pas... Il était le Boss, il devait assumer. Et pourtant, ce n’était pas l’envie de fuir qu’il lui manquait : plus le clan devenait fort et plus les responsabilités grossissaient ! Son entrée à la Confrérie d’Arhen en tant qu’Étoile en était une preuve irréfutable. Encore des responsabilités, toujours des responsabilités... et voilà que maintenant, un simple mot de sa part, trois lettres, pourrait bien sceller à jamais le destin de cet imbécile heureux qu’était Lawrence.

Ash soupira. Pendant qu’il s’étalait dans des réflexions intérieures, Lawrence avait relevé la tête comme pour l’affronter, rivant son regard brûlant de détermination dans l’onyx de ses yeux. Il l’accablait de sa logique, argumentait, semblait le défier comme un fils défie son père pour obtenir ce qu’il veut, reconnaissance et acceptation. Ash n’avait jamais vu Lawrence si résolu et dans un bref instant de rage, il eut soudain envie de le cogner. Le cogner fort pour le faire taire, et pour régler le problème. Le cogner parce que cette demande l’agaçait, parce qu’il n’avait pas envie de répondre, mais qu’il n’avait pas le choix, il le savait. Le cogner parce que s’il disait « oui », il s’inquièterait à coup sûr, et que l’inquiétude le rendait toujours nauséeux : il avait l’impression d’être faible, lui qui avait toujours affirmer se foutre royalement des gens.

Parallèlement, je propose que nous entamions une nouvelle phase d'actions visant à secouer le peuple, à nous en rapprocher. Le peuple pourrait devenir un allié décisif pour nous comme pour les Sentinelles, mieux vaut leur prouver la valeur de nos intentions avant que le gouvernement les berne avec leurs mensonges.

Ash esquissa un vague sourire, ni vraiment moqueur ni vraiment joyeux : Lawrence lui semblait si fragile, si... naïf. Lawrence était un idéaliste. C’était au nom de cet idéal, de cette passion vive qu’il avait rejoint les pirates, et non pour la soif de liberté, de pouvoir ou bien d’argent. Il répugnait certainement à tuer et méprisait sûrement les bandes et clans pirates qui pillaient avec cruauté riches comme pauvres, tuant pour le plaisir comme pour asseoir leur pseudo « autorité » sur le petit peuple terrorisé. Bien entendu, Ash condamnait également ce genre de pratique barbare, même s’il se savait tout aussi coupable qu’eux : adolescent, il avait assassiné des gamins pour moins que ça... Même pas pour de l’argent ou du pouvoir, juste pour le plaisir, parce qu’il aimait voir la peur dans les yeux des autres plutôt que dans les siens. Bien entendu, il avait changé ; bien entendu, la politique de son clan restait correcte (tout comme le reste de la Confrérie d’Arhen, d’ailleurs, qui condamnait les pillages sanglants et la barbarie). Il ne tuait que si c’était absolument nécessaire, en cas de légitime défense ou pour punir une faute trop grave, et les abordages de son clan ne faisaient pratiquement jamais de morts parmi les civils. Bien entendu. Mais voilà, malgré tout cela, Ash n’était pas aussi pur que Lawrence. Tout d’abord, il n’était pas aussi blanc que lui. Il avait du sang sur les mains depuis si longtemps... Personne ne le savait au sein du clan, bien entendu, mais Ash se savait capable du meilleur comme du pire. Il ne s’était d’ailleurs jamais considéré comme quelqu’un de gentil et il se savait dangereusement instable, au fond... Quelque part, il était même pratiquement certain d’être un peu « névrosé » (il ne savait pas exactement ce que ça voulait dire, mais pensait que le mot désignait quelque chose « comme lui », pas très sain psychologiquement parlant). Mais ce qui l’éloignait le plus de Lawrence en cet instant, c’était cette flamme qui brûlait si fort chez le jeune homme, mais était complètement éteinte chez lui. Le Clan Ezo, c’était sa liberté. Uniquement. Il n’était pas assez gentil pour commencer à se battre pour le peuple, au nom d’un idéal. Il ne prétendait pas installer un gouvernement plus juste, plus équitable, juste vivre comme bon lui semblait, au-dessous des lois et de l’autorité. Il n’était pas aussi noble que Lawrence, lui...

Lawrence.

Dans ce « Lawrence » un peu plus sévère que d’habitude, Ash voulait faire passer divers messages. « Lawrence, je suis désolé. ». Parce que si le jeune homme attendait de l’héroïsme et tout un tas de bons sentiments de sa part, il allait être déçu. « Lawrence, ça suffit. ». Parce qu’il ne fallait pas qu’il aille trop loin et s’égare... Ses idées politiques, Ash ne voulait pas les voir interférer dans son travail : le clan passait avant tout. Le bien-être du peuple était certes un noble cause, mais ce n’était pas la sienne, et donc pas celle du clan. « Lawrence, je suis navré. ». Parce que quelque part, Ash craignait un peu que le jeune stratège ne soit finalement très déçu, en voyant quel genre d’homme il était réellement.

Il faut me faire confiance. Je serai vigilant et... Je ne m'emporterai pas comme je viens de le faire. Je suis le mieux placé pour le faire.

Faire confiance... Facile à dire, oui. Il avait confiance... mais pas sur ce coup-là. Un mauvais pressentiment, peut-être ? Toujours était-il qu’Ash ne pouvait s’empêcher de penser que Lawrence finirait pas faire une bourde et que cela lui retomberait dessus. Bien entendu, c’était terriblement égoïste comme façon de penser, mais Ash était égoïste, et si jamais Lawrence y restait, il se sentirait plus coupable que jamais, il en était certain. Pourrait-il lui accorder cela... ? Rien n’était moins sûr... Il y avait tant de facteurs à prendre en compte, tant de choses qui pouvait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre de l’acceptation. C’était si compliqué... « Je suis le mieux placé pour le faire. » ... Ash se le demandait sérieusement. D’un côté, il était vrai que le stratège avait un esprit logique très avantageux pour ce genre de missions, un passé qui le mettait dans une position confortable et un bon caractère : il n’était généralement pas de nature à s’emporter, prenant le temps de réfléchir longtemps avant de bouger, restant consciencieux et prudent en toutes situations... Oui, certes, certes. Mais d’un autre coté, il était également inexpérimenté, susceptible de commettre des erreurs pour diverses raisons, un peu trop naïf et idéaliste pour son propre bien et clairement désavantagé par les besoins de cette mission : il serait seul, avec des appuis extérieurs quasi inexistants...

Je me le demande... C’est dangereux ce que tu me proposes-là et le fait que tu n’ais aucune expérience sur le terrain ne m’incite clairement pas à accepter ce genre de plans... Je n’aime pas non plus le fait que tu sois tout seul... Qu’est-ce qui arrivera si ça foire et que tu te fais choper ? lança-t-il, les sourcils froncés.

Il resta silencieux un instant, lança un regard mi-sévère, mi-inquisiteur à son stratège avant de reprendre d’un ton légèrement agacé.

Tu as prévu ce qu’il fallait faire en cas d’échec... ? J’aimerais beaucoup attendre ce que tu préconises, si tu le permets...

C'était fou ce qu'Ash pouvait devenir éloquent, une fois que la situation le nécessitait vraiment !

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MessageSujet: Re: Comme un gosse... (Libre)   Mer 7 Oct - 20:41

Parce que tout le reste lui avait échappé, parce que sous ses pieds, les illusions sur lesquelles il avait grandit s'étaient écroulées, et parce que celles qu'il avait trouvées à leur tour s'effritaient, Lawrence levait désormais les yeux vers le ciel, dans l'espoir qu'on lui tende un peu de vérité à laquelle s'accrocher. Lui qui ne s'était jamais montré très proche d'une quelconque déesse s'en remettait quelque peu, au fond de lui, à elles. Son emprise sur la réalité telle qu'il l'avait toujours conçue était instable. Lui glissaient entre les doigts des illusions qu'il avait cru certitudes. Mais malgré tout il tint bon, un temps, en se rappelant les raisons pour lesquelles il était ici, mais plus il marchait tête baissée dans son idéalisme, plus il avait le sentiment de sombrer dans une aliéante absurdité. Désagréable impression de déjà-vu... Comme un trop plein de conscience qui ne sait plus où s'appuyer pour ne pas être réduit à une auto-dérision qui apparaissait de plus en plus inévitable.

Bêtement, lui sembla-t-il, son père lui manqua, alors qu'il subissait les mots de celui à qui il avait prêté serment. Il les subissait parce qu'ils lui tombaint dessus comme des briques, qu'il s'efforçait d'éviter mais sans pour autant éviter de s'essouffler. Le silence de son père lui manquait, son silence plein de compréhension et d'excuses... Il lui en avait souvent voulut, mais aujourd'hui, il oubliait tout ce qu'il lui avait reproché, en oubliant jusqu'à l'existence de son imposteur de mère. Mais cette intrusion du passé en lui causerait peut-être sa perte, y contribuerait, en tous cas, assurément.

Les traits de son visage durcis par ce qu'il lui restait de volonté, il avait détourné les yeux et gardait le silence, lui aussi. Et bien qu'il ne vit pas l'expression d'Ash, il la devina aisément, dans la lourdeur de cette interruption; ses mots résonnaient encore dans sa tête, il avait du mal à les chasser.

La brique qui suivit le prit par surprise, alors qu'il se risquait à regarder le boss à nouveau. Il se la prit en pleine figure, et elle frappa fort son orgueil. Cette dernière phrase avait quelque chose de foncièrement désagréable aux oreilles de Lawrence. Ce « si tu le permets » le fit grimacer d'agacement, comme une fausse note au milieu d'un morceau jusque là fluide. Ash ne se moquait sûrement pas de lui, il voulait son bien, après tout, celui du clan, et il faisait partie du clan, il en était stratège, tout de même... Mais... Et la confiance? Il lui faisait confiance, habituellement, non? C'était pareil, un plan comme un autre, pourquoi s'en inquiéter autant, pourquoi s'en méfier? Lawrence savait toujours ce qu'il faisait et prenait toujours tous les facteurs en considération. Il était conscient de tout, en contrôle, sérieux et professionnel. Il ne risquait jamais inutilement. C'était une insulte à son titre, à tout ce qu'il avait fait pour le clan jusqu'à présent, que de le remettre en question.
Dans un excès de zèle, sous le coup de cette brique, l'orgueil de Lawrence se gonfla démesurément, lui enflant la tête à un point où s'en fut douloureux. Et puis tout d'un coup, cet orgueil dénaturé qui appartenait à l'être exécrable en lui éclata.

D'abord il y eut la chute de la tension, qui déboula et tomba dans le calme. La flamme s'adoucissa, les épaules de Lawrence s'affaissaient, ses poings se décrispaient, il expirait le stress. Mais la sérénité qui aurait dut résulter de cette accalmie avant d'introduire à un discours lucide et réfléchi disparut sous un voile de désappointement pesant d'affliction. Lawrence rendait les armes et avec, un peu de lui-même tombait aussi à ses pieds. Il soupira, regarda Ash, baissa les yeux.

« Non »

Las, désintéressé, veule... D'une honnêteté désolante.
De ses mains amorphes il cueillit un piètre sourire qu'il appliqua sur ses lèvres, avant de redresser la tête, et de l'offrir à Ash.

« Tu as raison Ash, je n'ai aucune expérience. Je ne suis pas prêt. J'ai négligé mon plan. C'était stupide. Vraiment stupide. Et je t'ai fait perdre ton temps avec des idées saugrenues. »

Sa négligence le déçevait. Il ne l'avait pas vue, mais maintenant qu'elle lui était apparue, flagrante, il doutait de lui, et s'en voulait de douter qu'à ce moment, trop tard. Il n'était pas à la hauteur de ses aspirations, il n'était rien, pour le peuple, moins qu'un inconnu. Il s'était laissé prendre à son propre jeu, se prenant pour un justicier, n'importe quoi, vraiment... À défaut de savoir se battre comme un vrai pirate, à défaut de savoir frapper avec ses poings, il s'était imaginé qu'il pourrait devenir un genre d'espion. C'était naïf. Il était bon à faire des graphiques, des dessins, des calculs, à élaborer des plans, à diviser, à organiser... Ses armes étaient un crayon et une gomme à effacer. Son bouclier, une feuille de papier. Il avait bien son pendule, mais à côté des épées, des poignards et autres machins pointus, il faisait un peu insignifiant... D'un autre côté, c'est qu'il le voulait bien, se doutant qu'il aurait du mal à enfoncer une lame dans le corps d'un être humain. Et puis, il n'avait jamais conduit un dragonfly, ni un quelconque autre moyen de transport motorisé, bien qu'il savait très bien comment fonctionnaient ces appareils, mieux que leurs conducteurs, bien souvent. Et enfin, il avait pour ami un rat. Son titre lui collait parfaitement à la peau; Lawrence était un intellectuel.
Il haussa une épaule et rangea ses mains dans les poches de son pantalon en s'efforçant d'accrocher encore un peu son pénible sourire à ses lèvres, espérant convaincre le boss qu'il avait compris, simplement, et qu'il n'était pas aussi décontenancé qu'il l'était véritablement.

« J'aurais dût t'écouter dès le début. Tu es quelqu'un de bien et tu sais ce que tu fais. »

Ne s'étant même pas rendu compte qu'il s'était mis à tutoyer le boss, Lawrence laissait par la même occasion tomber un mur, mais ne s'en inquiétait pas, car peu conscient de ce qu'il faisait, outre entretenir ce sourire évanescent. Il fit un pas vers l'arrière, désireux de se sortir de cette situation dans laquelle il risquait de se perdre et se trahir.

« J'ai des schémas de chasseurs à terminer et... Antinoüs il... »

La honte, se soucier de son rat.

« Qu'importe... Salut. »

Et il tourna les talons.
Le boss lui pardonnerait, non? Il était quelqu'un de bien, il l'avait dit lui-même, et le pensait vraiment. Et puis, Lawrence avait peut-être bien plus besoin du clan que le clan avait besoin de lui... C'est ce qu'il se dit.
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