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 Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]

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MessageSujet: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Dim 22 Fév - 6:19

-Allô?
-C'est Ahlip, Ahlip Luong, tu te souviens?
-...mouais.
-J'te dérange?
-...non.

Face au comptoir de sa cuisine, la main fourrée dans un sac de dattes, Guillaume mangeait pour ne pas avoir à le faire là où il prévoyait se retrouver d'ici l'heure à venir. En se levant ce matin, il avait pris une douche, avait enfilé un jean propre et un t-shirt tout aussi net, et avait même pris le temps de se peigner, un peu. Madame Mercure et sa bande s'étaient régalé d'un festin vivant sous les yeux de leur protecteur, émerveillé devant la belle cruauté de la nature, et maintenant ils vaquaient tous et chacun à leur monotones activités d'insectes choyés par une nature magnifiquement artificielle. Guillaume lui, se préparait à partir. Il avait empilé les journaux des derniers jours sur le bord de sa porte, sortit sa veste sur le divan, et maintenant, il faisait le plein.

-T'es entrain de manger?
-Ben ouais...
-Ouais...Bon... En fait je t'appelais pour savoir si t'avais envie qu'on se voit, ce soir? Ça fait longtemps mais... Je t'ai toujours pas oublié, Vollmer...
-Mmhmm... Quoi?
-Tu veux qu'on se voit?
-Ah euh...

Un coup d'oeil sur l'horloge au mur lui indiqua qu'il était temps, que selon l'horaire mental qu'il s'était infligé ce matin en soulevant ses paupières, il était à presque exactement trois minutes de son départ.

-Là je dois partir. On se rappelle, bye!

Et clac. Plus une seconde à perdre, le temps lui était compté. Sans prendre la peine de le refermer, ou au moins de le rouler sur lui-même, il fourra le sac de dattes ouvert dans l'armoire de sa cuisine, rappliqua à la salle de bain pour s'y brosser les dents, et ouais, quand même, c'était prévu à l'horaire, puis attrapa sa veste, ses journaux d'une main, la poignée de porte de l'autre, sortit, referma derrière, et dévala l'escalier jusqu'à son speeder, abandonnant en cours de route la pile de papiers dans une poubelle. Et vroum, la machine prenait le chemin des airs, direction l'aboutissement de son planning.
Une fois qu'il fut garé, de l'autre côté de la rue, devant l'immeuble, et que son speeder fut éteint, il attendit. C'est pas qu'il avait de l'avance, mais il avait disons, un genre de retard sur lui-même. Il avait rêvé ou Ahlip Luong l'avait appelé? ... Merde ça s'était passé pour vrai! C'était bien sa voix, dans le combiné, tout à l'heure! Mais pourquoi aujourd'hui, pourquoi maintenant? Il n'eut pas à chercher bien longtemps, sa simple présence dans cette rue lui imposa l'évidence, Ahlip, comme maints autres, était au fait des récents événements et sans doute l'intérêt renouvelé des médias pour le Second de la Brigade avait attiré son attention. C'est un fin sourire aux lèvres qu'il débarqua donc de l'engin pour traverser les quelques mètres qui le séparaient de l'immeuble où il était attendu, du moins espérons-le, avec sous le bras un petit paquet on ne peut difficilement plus mal emballé.
Toc toc et...

-C'est moi.

Comme dans « moi, Guillaume, ton superbe ami, ton sauveur, ton super-héros, t'sais, moi ». Il ferma derrière lui, puis s'aventura plus en profondeur dans le petit et sombre appartement, se dirigeant vers l'unique chambre des très modestes lieux. Doucement il poussa la porte, et y découvrit un corps inanimé sous une épaisse couverture.

-Gelli?

... Elle devait dormir, ou alors...! Il s'approcha à pas feutrés et tendit l'oreille près de son visage pour s'assurer qu'elle respirait bel et bien. Rassuré dans sa paranoïa, il posa son paquet sur la table de chevet, repartit en refermant la porte, prenant soin de ne pas faire de bruit, et s'en retourna au salon-salle-à-manger-cuisine pour s'y servir un verre d'eau, le boire à moitié, le laisser traîner sur le comptoir et s'en remettre aux trésors qu'abritait la cuisine. Il dégota de quoi préparer à Gelli un super snack, s'armant d'abord d'une pomme, qu'il coupa avec grande attention avant de déposer ce qui devait ressembler à des cubes sur une assiette, puis sur chacun des cubes, laissa tomber une goutte de miel, ou deux, ou alors peut-être bien trois. Mains sur les hanches, il réfléchit un moment avant de s'attaquer à sa deuxième oeuvre. Il réfléchit longtemps, car absolument dépourvu d'idées culinaires, mais en vint tout de même à rassembler les armes de son crime prochain, soit une orange, à laquelle il s'attaqua en en faisant de plus ou moins fines tranches rondes, qu'il déposa très artistiquement, et avec beaucoup d'application, autour de ses « cubes » de pomme. Reste que tout ça, ce n'était pas très nourrissant, alors pour compléter l'ensemble, il laissa tomber une poignée d'arachides (avec leur écaille) sur le tout. C'était moins joli, à présent, mais au moins, si elle mangeait tout, elle n'aurait pas faim pour au moins... une heure ou deux. Laissant derrière lui couteau, sac d'arachides et jus de fruits séché sur le comptoir, il retourna à la chambre, verre en main, assiette de l'autre, et renversa de l'eau sur son t-shirt en tentant de tenir le verre entre son bras et son ventre, alors que la main du même côté tenait l'assiette. C'est qu'il avait besoin d'une main, pour ouvrir la porte...

-Merde... Gelli?

Il vit d'abord le papier rouge qu'il avait utilisé pour emballer son cadeau, sur la table de chevet, et en déduit donc qu'elle s'était réveillé, ce qu'il put confirmer en ouvrant plus grand.

-Alors, qu'est-ce t'en dis? Je l'ai trouvé sur l'Avenue Principale, ça m'a fait penser à toi.

Tout en lui faisant l'historique du présent, Guillaume s'était approché et assis sur le bord du lit, un genou sur le matelas pour faire face à Gelli. Il déposa l'assiette sur la petite table tout en poursuivant son, à son avis, assez incroyable histoire.

-J'étais avec ma mère, elle avait besoin d'aller s'acheter des bas-culottes ou j'sais pas quoi et mon père il avait une partie de golf avec ses potes alors il pouvait pas l'amener et vu que ses bas machins trucs étaient tous troués, c'était urgent parce qu'elle voyait son amant le même soir, alors voilà comment on s'est retrouvé sur l'Avenue Principale. Et alors j'ai dit à ma mère, qui voulait savoir comment tu allais, que je viendrais te voir aujourd'hui, et elle m'a demandé qu'est-ce que j'allais t'amener, tu vois, pour te souhaiter un prompt rétablissement, et je lui ai répondu « rien », alors elle s'est fâchée et elle a déblatéré pendant j'sais plus combien de pénibles minutes, et c'est là que je l'ai vu, enfin... pendant son interminable monologue sur les bonnes manières, et dès le premier regard, j'ai su que tu l'aimerais. C'est une couleur qui te va bien, non? Le... violet, genre... Et puis même si tu l'aimes pas, tu pourras toujours le porter comme pyjama... Il ne restait que des grandes tailles, alors... En plus c'était le dernier avec Bertha la petite cochonne, celle qui est toujours grognonne, dans l'émission, tu sais...

Il soupira, content, quittant enfin des yeux le t-shirt, pour plutôt en revenir à Gelli, préférant également passer outre le fait qu'il préférait de loin la voir porter pour dormir un t-shirt qu'il lui avait offert plutôt qu'une chemise trop grande ayant appartenue à un quelconque capitaine d'un quelconque navire dont il se fichait royalement.
Avant de la regarder elle, dans ses yeux, Guillaume ne se gêna pas pour passer à une sévère et pourtant silencieuse inquisition, question de voir ce qu'il en était de la machine gellienne, de ce rétablissement qu'officiellement, par ce très charmant présent, il lui souhaitait, plus ou moins directement, prompt. Il hésita d'ailleurs légèrement à carrément soulever la couverture et déshabiller de force Gelli avec sauvagerie, mais son examen primaire le contenta, pour l'instant, et il opta plutôt pour la conversation.

-Tu reviens bientôt? Rambo il raconte des blagues encore plus pourries que les tiennes et Aschton... J'te dis pas... Je n'ai jamais connu un type qui pouvait être aussi insignifiant. Ah peut-être bien un, à vrai dire, mais qu'importe... T'as faim?
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mar 24 Fév - 13:25

Par la déesse, mais qu’est ce que c’était que ça ? Gaëlle mit quelques secondes à comprendre ce qu’était cette chose bizarre qu’elle avait devant le nez en ouvrant les yeux. Tout d’abord, elle eut l’idée stupide qu’il s’agissait d’un œuf d’alien, puis elle capta le papier cadeau. Un cadeau ? Wahou ! Mais de qui ? Là encore elle eut besoin d’un peu de temps pour avoir une idée crédible. Sa mère ? Non, sa mère savait empaqueter à la perfection. Alors il n’y avait que Guillaume. Son Guillaume ! Ca y est, ça lui revenait. Il devait passer la voir dans l’après midi. Donc il l’avait trouvée endormie et avait posé le cadeau à coté, voilà. Gaëlle soupira de soulagement et sourit au plafond. Elle n’aimait pas ne pas comprendre les choses.

Il y avait du bruit dans la cuisine, sûrement le second qui s’amusait à faire quelque chose. Plus de deux semaines qu’elle se trouvait dans cet état, et lui était venu de temps en tant pour lui tenir compagnie. Les week end, sa mère et sa tante lui avaient consacré leur temps libre, mais en règle générale elle s’était sentie très seule. Elle ne le dirait jamais assez, le fait d’être bloquée à l’horizontale l’horripilait, alors aussi longtemps ! En plus elle devait subir l’agitation des autres. Sa mère qui bossait en tant que vendeuse dans une boutique de vêtements tendances – son meilleur travail depuis des années – sa tante qui s’était improvisée traiteur à domicile, et puis Guillaume l’insatiable sentinelle qui continuait d’écumer le ciel avec son super chasseur pétant à la poursuite des horribles pirates méchants. Comme elle aurait aimé être avec lui, la Gelli. D’ailleurs elle avait insisté pour monter avec lui la semaine d’avant. Mais voyons Guillaume, tout ce que j’ai à faire c’est rester assise, regarder le ciel, t’avertir des dangers, corriger tes déplacement et t’insulter de temps en temps, je suis tout à fait capable de faire ça dans mon état ! Non non Gelli, tu restes là, t’es infirme, t’es handicapée, je te prends pas avec moi tu vas me ralentir. Bon. Ce n’était pas exactement ce qu’il avait dit, mais c’est du moins ce qu’elle en avait retenu. Elle était devenue un boulet. Arrrh. En plus il faisait comment, lui, maintenant, sans copilote de choc ? Peut être qu’il s’en était trouvé une autre, de copilote. Peut être la jeune brune au tout petit nez qui venait tout juste d’obtenir son grade. Ouais, sûrement. Gaëlle n’avait loupé aucun des regards énamourés qu’elle avait lancé au second, la salope.

Ca y était, merde. Elle avait dans la tête l’image de la brune à SA place dans le chasseur de Guillaume, avec SON casque sur les oreilles. Putaaaaain. Ca n’allait pas se passer comme ça. Quitte à installer un siège éjectable commandable à distance. … Allez, qu’est ce qu’il y a là dedans ? Gaëlle tendit son bras dans un étirement félin et chopa la chose par un bout. Le temps qu’elle l’attire vers elle, il était déjà déchiré de partout, et donc ouvert. Oh, surprise. Du tissu. Guillaume lui avait acheté des fringues ? *hmmm…* Quand elle vit le dessin du cochon, elle bloqua. La porte s’ouvrit à ce moment là, et l’autre la surprit à observer le tshirt d’un air pensif. Pourquoi un cochon ?


- Pourquoi un cochon ?

Ou « salut, contente de te voir ». Elle leva les yeux vers lui, mi amusée mi vexée.

- CA t’a fait penser à moi ? Comme si j’avais quoi que ce soit en commun avec ce cochon. Je ne suis même pas dodue.

Il s’expliqua. Entre temps les yeux de l’affamée se braquèrent sur l’assiette qu’il avait apportée. Alors ça c’était vraiment trop mignon… Pendant qu’il parlait et qu’elle l’écoutait attentivement, elle lui subtilisa l’assiette et la posa sur ses genoux avec gourmandise.

- Donc tu regardes la ferme en folie… Intéressant. ... Quand est-ce que je pourrais revenir ? Tu me pose la question !

Elle prit l’air courroucé. Le doc avait dit « un mois et demi, deux mois » mais Guillaume ne devait absolument pas le savoir. Elle ne pouvait pas se déplacer sans béquilles, et encore ça lui faisait un mal de chien à cause de ses côtes. Quand au problème au poumon, beh… Elle le sentait toujours, et ne pouvait toujours pas inspirer profondément sans provoquer de douleur intense. Il y avait son dos aussi, qu’elle sentait brûler même deux semaines après l’explosion.

- Tout de suite ! Je veux revenir tout de suite. Faut bien relever le niveau, ça doit puer sans moi.

L’air innocent, elle releva les yeux vers lui et lui sourit
.

- Oui j’ai faim. Ca me fait plaisir de te voir. Je commençais à me demander si j’allais mourir seule dans ce foutu lit. Clin d’œil, déplacement discret de l’assiette vers la table de nuit. Maintenant je sais qu’on sera deux.

Puis, chose incroyable dans son état, elle se jeta sur lui. Non, en fait elle enlaça le cou de son bleu avec une force étonnante et l’attira vers elle. Rapidement, elle usa de ses jambes engourdies pour se placer au dessus de lui et lui saisit les poignets avec fermeté. C’était son sport de la journée, et elle avait bien l’intention d’en profiter. Le but du jeu était simple, il devait lutter pour se relever, et elle s’acharnait à l’en empêcher. Guillaume avait du mal à comprendre certaines choses, mais ce genre de trucs au moins il captait. Gaëlle en avait assez de ne rien faire, de se traîner lamentablement d’un bout à l’autre de son appartement.

La bagarre fut assez bien gérée. La jeune femme sentait bien que son ami simulait une faiblesse improbable pour lui donner l’illusion de dominer la situation. Si il y été allé comme d’habitude – bien que ces joutes soient assez rares finalement – il l’aurait fait hurler de douleur. Elle, elle le maintenait plaqué au matelas avec le peu de force qu’elle avait, dans l’était des choses, et elle finit fatalement par attraper un fou rire. Aaaah ça faisait si longtemps ! Quel ennui.

Epuisée, elle retomba doucement sur lui et se laissa retourner comme une crêpe, toujours morte de rire.


- C’est bon t’as gagné ! Hi hi, ho ho ! Arrête je vais me pisser dessus…

Survoltée qu’elle était. C’était comme ça quand on enfermait un lion en cage, il aurait dû se méfier.

Soudain, elle se rendit compte que son tshirt pyjama – pas le cadeau cochon, celui qu’elle portait – s’était relevé sur ses hanches pendant la bataille. Il laissait voir la brûlure du bas de son dos… C’était horrible. Normalement elle se bandait le ventre avec des pommades sous les bandages, mais elle dormait très mal avec et n’avait donc pas pris la peine de se les appliquer avant de s’endormir. Rageuse, elle remit cette saloperie de tshirt à sa place, et détourna les yeux pour ne pas croiser ceux de Guillaume. Ne pas y penser, ne pas y penser, il lui restait encore plein de bonne humeur en stock elle pouvait pas gâcher ça.


- Super bon. Merci.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mar 3 Mar - 3:52

Elle lui ressemblait sans doute plus qu'elle ne le croyait. La cochonne grognonne et Gelli avaient ce côté bagarreur en commun, par exemple, et c'est sans chercher à lutter contre la cochonne en son handicapée préférée que Guillaume Le Grand se laissa fondre vers cet épisode de combat 101 pour débutants. Entre nous, il l'avait quand même un peu vu venir. Il avait beau être M. Patate numéro 1, les gestes, les détails, ça, il remarquait, mais il choisit malgré tout de jouer le type surpris par cette attaque de la planète Peinamps, pris d'un genre de... bonté temporaire envers la Gellienne, vu que, quand même, elle faisait pitié à voir.
Derrière son sourire de pauvre homme faible, Guillaume était en vérité déçu, un peu. Parce que Gelli, elle n'avait pas aussi bonne mine qu'il l'avait espéré, et la manière dont elle le retenait, la force qu'elle y mettait, donnait raison à sa déception, qu'il s'efforçait quand même de masquer, enfin, du mieux qu'il le pouvait. Cependant son rire accompagna le sien, bien qu'il n'eut pas le même fou, la même impulsion venue naturellement.

-Pas mal, pour une estropiée... fit-il en reprenant le dessus.

Et plutôt que d'avoir à utiliser sa force physique, mais surtout de devoir constater à quel point il devait réduire ses efforts, il la chatouilla brièvement, sur la taille, mais s'interrompit plus brusquement qu'attendu, son regard ayant attrapé au passage une infime portion de la brûlure de Gelli. Il n'en fallait par contre pas beaucoup pour voir que la plaie n'était toujours pas cicatrisée, toujours saillante, comme un ignoble tatouage prenant racines dans le muscle même.
Redressé, mais toujours sur Gelli, en oubliant d'ailleurs la douteuse position dans laquelle il se trouvait, il avait sans le vouloir, loin de là d'ailleurs, adopté un air sérieux, voire préoccupé, et fixait avec insistance, bien que très courtement, la fraction du dos qu'il put voir. Totalement sourd à la tentative de Gelli pour ramener le sujet vers la légèreté, son regard vint la trouver, d'abord sévère, froissé de s'être vu interrompu dans son observation, mais se fit bien vite indulgent, car Guillaume se douta bien qu'il n'arriverait pas à ses fins s'il la brusquait.

-Laisse-moi voir, Gelli.

C'est avec la même douce autorité qu'il avait mariée à sa voix qu'il porta ses mains vers le t-shirt violet, mais avant de le relever, tel qu'il entendait le faire à l'instant, il la regarda plutôt de nouveau, bien fixement dans les yeux, et se força à esquisser un sourire un peu moqueur.

-Sinon... Il réfléchit une seconde, puis se fit sérieux, se donnant même un ton vaguement menaçant. Je te jure que tu reviens pas à la tour avant des mois.

Voilà qui la porterait à réfléchir, avant de s'engager dans un deuxième combat, qu'elle perdrait assurément. User de son autorité était tellement facile, il aurait aussi bien put faire usage de son charme, et plutôt que de soulever ce t-shirt, glisser ses mains dessous, puis venir trouver en de longues caresses les deux collines sur ce paysage gellien, les faire siennes, les envelopper, et malgré les tissus qui séparaient leur chair, déconcerter la réalité en unissant leurs corps dans un berçement lubrique de son bassin sur ses hanches, avant de venir poser ses lèvres au creux de son cou, et un peu plus haut, toujours un peu plus haut...
Mais il n'en fit rien, et le simple fait d'y penser était déjà trop difficile à supporter. Chaste Guillaume, ses voeux de saints le perdraient. « Super bon. Merci. » Comment ça sonnerait, s'il mettait en oeuvre le licencieux plan B que sa vile inconscience avait élaboré? Kris Rheo, sort de ce corps! ... Ça ne fonctionne jamais, ce truc.
Ne nous inquiétons cependant pas trop, car Guillaume déjà relevait avec une très contrôlée réserve le rebord du t-shirt, l'écartait doucement sur la taille de Gelli et éloignait simultanément le drap, autrement dit, il la délestait de son déjà léger habillement, ou encore plus simplement, il la déshabillait. Il put d'ailleurs se soulager de ses possibles inquiétudes sur les spasmes virils qui hantaient le bas de son ventre, parce que pour mieux voir le peu de dos qu'il avait dénudé, il s'était reculé sur les cuisses de Gelli. Puis d'un coup, il se retrouva les deux pieds parterre et, dès qu'ils furent rapidement repérés sur une commode, il se dirigea vers les bandages, pommades et autres, en sélectionna quelques-uns rapidement et revint au lit.

-Assied-toi.

Il avait du mal, vraiment beaucoup, à se contenir, et évitait de la regarder dans les yeux pour ne pas se laisser aller, c'était à s'en serrer la mâchoire, mais ce qu'il ressentait, il ne savait pas exactement contre qui le diriger. Raison de plus pour garder tout ça pour lui. Alors dès qu'elle fut assise, il posa son attirail sur la table de chevet et tendit à Gelli l'assiette qu'il lui avait préparée. Ensuite, il passa une jambe derrière elle et vint poser ses fesses à la tête du lit, se retrouvant ainsi assis tout juste dans son dos, une jambe chaque côté d'elle.

-Je sais que t'es vraiment nulle en bandages mais, c'est pas pour rien qu'on t'a demandé d'en porter. C'est une sale brûlure que t'as là, et si tu laisses toutes les merdes microscopiques que t'as dans ton lit et qu'il y a dans l'air la pénétrer, alors tu cicatriseras jamais.

Tout en débitant son petit discours, il avait relevé le t-shirt, complètement, enfin presque, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la tête à en sortir, et le laissa pendre vers l'avant. Sa première arme fut la pommade, dans un tube dont il dévissa le bouchon pour en appliquer d'abord une grande quantité sur ses doigts, puis sur le dos de Gelli. Malgré l'emportement qu'il sentait bouillir dans ses tripes, ses mains avaient des gestes délicats, car bien que Guillaume n'était pas fier de sa Gelli, il voulait tout sauf lui faire du mal, et plus que tout encore, qu'elle retrouve son coin, dans son chasseur à lui.
Et puis à quoi bon être fâché? En vint-il à se dire. Il était là, après tout, et il se rendait utile, voire indispensable. N'avait-il pas précisément craint le contraire? C'est que Gelli avait ses deux mamans, ben sa mère et l'autre, sa tante, pour s'occuper d'elle. Et jusque là, Guillaume, il s'était un peu senti comme le gentil collègue qui venait dire bonjour, sans plus, un visiteur parmi... tant d'autres? Qui sait si son imbécile de capitaine n'était pas venu la voir... Le con.

-T'avais pas rencontré la nouvelle, non? Brynn? Figure-toi que c'est elle qui te remplace, comme copilote. Elle sort tout juste de l'Académie mais elle est douée, j'te jure... Pas autant que toi mais, elle fera, ben elle fait, une bonne sentinelle, y'a pas de doute. Mais si t'avais vu la tête d'Aschton, quand elle a débarqué dans le hangar en disant qu'elle montait avec moi! C'est qu'il a le béguin pour elle, j'crois... Et pas qu'un peu. Mais elle... Franchement j'sais pas... Reste que, le côté positif c'est que, depuis qu'elle fait partie de l'équipe, Aschton performe comme jamais! Et pas une fois je l'ai entendu raconté une de ses blagues ratées.

La pommade rangée, Guillaume attaquait désormais l'ultime étape, celle du bandage, passant ses bras tantôt devant Gelli, tantôt derrière, il ne le serra pas trop, juste assez pour qu'il tienne bien, et en vint à le fixer avec une épingle.

-Tu t'entendrais bien, avec Brynn. Elle est pas le genre à se laisser impressionner, elle dit ce qu'elle pense...

Et qu'est-ce qu'elle pensait de Gelli? Ça, Guillaume, il était peut-être mieux de l'ignorer...
Le bandage terminé, il demeura assis, d'abord pour constater son oeuvre, qu'il jugea très correcte, puis pour il ne savait exactement quelle raison. Il l'aida à remettre son t-shirt puis, soupirant, il posa son front sur l'épaule de Gelli, près de son cou, et ferma les yeux en l'entourant de ses bras, faisant gaffe à ne pas trop serrer son étreinte.

-Gelli... se plaignit-il comme un gamin. Je veux que tu reviennes tout de suite.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mar 3 Mar - 10:59

- Je ne suis PAS une estropiée.

Le regard qu’elle lui lança en se remettant toute droite en disait long sur sa farouche envie de lui en mettre une. D’ailleurs elle lui balança une insulte mentale des plus crues lorsqu’elle remarqua son coup d’œil vers sa hanche momentanément dénudée.

- Laisse-moi voir, Gelli.
- Non. Lâche-moi.

Elle se cramponnait furieusement à son pyjama dans l’espoir que ce geste désespéré le découragerait d’aller plus avant dans cette aventureuse entreprise, mais il n’en fut rien.

-Sinon... Je te jure que tu reviens pas à la tour avant des mois.

Le salaud. Ca c’était dégueulasse. Gaëlle rendit les armes sans rien dire, et en évitant surtout de le regarder. Elle lâcha l’objet du litige et consentit à s’asseoir en maugréant. La suite la troublait un peu. La chose n’était pas nouvelle mais Guillaume avait bel et bien sur elle un l’effet quelque peu spécial que peut avoir un fantasme sur sa victime, bien qu’elle essaye de l’ignorer par tous les moyens. L’avoir assis juste là, et le sentir tirer avec impatience sur son habit faisait naître dans son esprit des images assez réjouissantes. Mais elle n’avait pas le droit de penser à ça. N’empêche que… Il était en train de la déshabiller là ! Gaëlle trouva soudainement au plafond quelque chose d’irrésistiblement intéressant. Quelle belle petite crevasse, là. Et puis, oh, quelle étrange tâche, sur la gauche…

Guillaume n’était plus là. Respirant enfin, son… ex-coéquipière se redressa sur un coude pour voir où il était encore passé.


- Non… J’en ai assez de ces trucs…

Mais elle s’assit quand même lorsqu’il le lui demanda. Ou lui ordonna. Il avait une voix bizarre. Il posa l’assiette sur ses genoux mais elle n’avait pas le cœur à manger alors elle la redéposa plus loin sur le lit. Et puis il recommença à soulever son tshirt… Mais cette fois il n’y avait plus rien d’excitant, c’était devenu beaucoup plus… médical. Gaëlle aurait voulu qu’il la laisse tranquille, qu’il ne regarde pas, qu’il ne s’occupe pas de ça, mais il le faisait quand même. Un frisson la parcouru lorsque son dos fut complètement dénudé. Elle se sentait tellement horrible… Aurait-il envie d’elle après avoir vu cette atrocité ? C’était stupide de se poser cette question, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Avant cela son dos était doux, légèrement bronzé, agréable à caresser. Dorénavant une grande cicatrice de brûlure l’ornerait, du bas des hanche jusqu’aux épaules. Inéluctable, avait dit le médecin. Les risques du métier, avait dit le président de la tour Mirage. Un grand honneur, mademoiselle, de vous remettre cette prime honorifique. Connard. Elle mit une main devant ses yeux pour s’empêcher de pleurer. Le bleu lui passait de la pommade, derrière, il ne remarquerait rien. D’ailleurs elle ne voyait pas son visage à lui non plus. Que faisait-il ? S’empêchait-il d’éclater de rire, ou bien faisait-il une moue dégoûtée ? Elle ne voulait pas savoir. Ca la déprimait. Elle n’était qu’une plaie vivante. Il n’y avait plus rien de séduisant chez elle. Ces semaines passées au lit l’avaient rendue plus maigre encore, et elle savait que sa peau n’était plus qu’un voile blanc qui dissimulait à peine la couleur bleutée de ses veines. En se regardant dans un miroir quelques jours auparavant, elle y avait découvert une sorte de fantôme cadavérique aux yeux cernés à l’extrême, au regard éteint et aux lèvres pâles. Depuis, elle n’avait pas retenté l’expérience, sachant qu’elle ne tiendrait pas devant une nouvelle vision de sa personne…

C’était pour ça qu’elle n’y pensait pas ! C’était pour ne pas tomber en dépression comme elle était en train de le faire ! Toute cette comédie de gamine. Tous ces efforts de diversion, tout ça pour rien. Ca venait.


- Saloperie, putain de saloperie de merde.

Sa voix tremblait un peu. Guillaume avait commencé à faire son bandage, tout en la sermonnant sur l’utilité de l’hygiène. Est-ce qu’il se moquait d’elle ? Quelle était sa vision de la jeune femme maintenant qu’il l’avait vue dans cet état ? Avant ça, Gaëlle avait toujours eu plus ou moins l’espoir qu’il la trouvait jolie. Mais maintenant c’était fichu. Complètement fichu. Et plus jamais elle n’aurait un joli dos qu’il aurait envie et plaisir de caresser. Il n’y avait plus aucun espoir que ça arrive un jour. ET CETTE CONNERIE DE CHAMBRE MERDIQUE ! Marre ! Le ciel, elle voulait revoir le ciel, et les rues crades de son quartier, les gamins galopant à coté d’elle, les chasseurs, le ciel encore, les nuages. Ici il n’y avait que ce plafond, fissuré et tâché. Même pas blanc.

Peut être que si elle écoutait un peu ce que lui disait Guillaume, ça lui changerait les idées ?


-T'avais pas rencontré la nouvelle, non? Brynn? Figure-toi que c'est elle qui te remplace, comme copilote. Elle est douée, j'te jure... Elle fait une bonne sentinelle, y'a pas de doute. Elle montait avec moi! Elle est pas le genre à se laisser impressionner, elle dit ce qu'elle pense...

C’était en quelque sorte le coup de grâce. Gaëlle ne réagit pas tout de suite, elle resta prostrée dans sa ridicule position et se laissa rhabiller avec l’indifférence d’un droïde. Elle tentait de digérer ce qu’elle venait d’entendre. C’était hallucinant comme ça lui faisait mal. D’ordinaire elle supportait assez bien les salopes de Guillaume, mais celle-là était en train de lui piquer sa place. Elle avait l’impression que Guillaume en parlait comme de la Gelli. Elle te remplace. En plus Brynn ça sonnait bien, c’était moins long à dire que Gelli. Ge-lli. Brynn. Plus performante, plus sexy, plus attirante, moins chiante, plus obéissante, plus douée. Gelli poubelle.

Elle le sentit vaguement s’appuyer contre elle dans un câlin, en disant quelque chose du genre « je veux que tu reviennes » mais c’était déjà trop tard. Le cerveau de Gaëlle était saturé d’informations négatives, il n’était plus en mesure de traiter quoi que ce soit d’autre.


- Lâche-moi. Va-t-en !

Elle se dégagea de l’étreinte et se tortilla sur les fesses pour atteindre le bout du lit. Avec efforts, mais tout de même assez rapidement, elle se hissa sur son unique jambe valide, choppa ses béquilles appuyées contre l’armoire et les enfila sous les bras avec des gestes rageurs. Sans un regard pour Guillaume, elle se mit à clopiner vers la sortie de la chambre en baissant la tête. Le clip-clop de son équipement d’infirme dura le temps de traverser le salon à grande vitesse, jusqu’à la salle de bain, dans laquelle Gaëlle s’enferma en oubliant même de claquer la porte. Là, elle s’autorisa un long gémissement de souffrance. Elle n’aurait pas dû faire ça, maintenant elle était bonne pour une douleur lancinante et continue pendant une demi heure au moins. Mais elle ne pouvait plus rester là bas. Sans réfléchir, elle leva les yeux vers le miroir et revit le même fantôme que la dernière fois, en pire si c’était possible. Il avait un air si triste, ce fantôme ! D’ailleurs il pleurait, elle voyait deux petits sillons mouillés sur ses joues. Cela la laissa indifférente jusqu’à ce qu’elle se rende compte que c’était elle qui pleurait. Non, non, non… Pourtant les sanglots étaient là. Elle s’assit sur le rebord de la baignoire et cacha sa tête dans ses mains. Elle avait bien fait de venir ici, parce qu’elle pleurait décidément trop souvent en présence de Guillaume ces derniers temps. Avec un peu de chances il serait parti. Stupide petite gamine informe et pleurnicharde, le voyait-elle penser. Rien à faire avec elle, allons retrouver Brynn pour d’époustouflantes aventures.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mar 3 Mar - 22:55

« JE TE HAIS! »Comme cette mère qu'il avait viré de sa chambre à coups de poings et de pieds, sur laquelle il avait vomit la totalité de son répertoire d'insultes, elle qu'il avait prétendu désirer voir rien de moins que morte, parce qu'elle n'avait pas été celle qu'il voulait qu'elle soit, elle avait été dure, froide, comme une étrangère, elle n'avait pas consolé son coeur d'adolescent aux prises avec un incurable infantilisme, elle l'avait rejeté, puis sermonné, elle l'avait repoussé vers lui-même, en lui-même, obligé à se confronter et à vivre ce qu'il cherchait à fuir dans les bras d'autrui, une douleur sans nom, de larmes et de désarroi. Il avait tout cassé en extériorisant l'indiscible, en l'incarnant, il avait frappé, cogné, défoncé, il avait déchiré et mis en lambeaux, ce qu'il ne resta d'ailleurs que de lui, lorsqu'il en eut enfin terminé. Des morceaux de Guillaume éparpillés dans une pièce, lancés par la fenêtre, des morceaux qu'il aurait du mal à retrouver, d'autres qu'il ne retrouverait tout simplement pas, mais malgré tout, persistait dans ses oreilles l'infatiguable battement, celui d'un coeur qui, bien que malmené par le monstre qu'il avait pour hôte, persistait à entretenir l'espoir d'un meilleur lendemain.
Sans doute ce coeur se réjouit-il lorsque, des années plus tard, en sentant le monstre s'éveiller une fois encore, le silence total succéda au carnage.

Elle avait été dure, froide, comme une étrangère. Gelli l'avait repoussé, comme s'il la répugnait, et elle était partie, elle l'avait planté là. C'était pire, parce qu'il n'avait même pas eut l'occasion de se fâcher, de la détester plus encore qu'elle ne saurait le détester lui, pour lui montrer qu'elle ne pouvait pas, qu'elle n'avait pas le droit d'être aussi vache envers lui. Et pourquoi donc? Parce qu'elle ignorait à quel point c'était insupportable. Elle n'avait pas idée comme c'était cruel. C'était elle, le vrai monstre, la sorcière, cette salope de première, cette conne sans coeur. Le pire dans tout ça, c'est qu'il s'en voudrait, et lui en voudrait à elle, pour lui avoir inspiré de telles ignominies à son propre égard. C'était vicieux, comme cercle, et si ça se terminait habituellement en carnage, c'était pour le caractère complètement incohérent que prenait la réflexion. L'absurdité devenait intolérable.

Alors il demeurait là, assis sur le lit défait, jambes écartées, dos raidi sous le coup de la fuite de l'appui qu'il avait trouvé en l'épaule de Gelli, les yeux rivés à la porte. Déjà il n'arrivait plus à être en colère. Il s'était vu se levé en trombe, envoyer son pied de métal contre la commode, son poing contre le mur, sa voix contre l'appartement, l'entièreté de sa rage contre tous sauf lui. Mais la scène était restée de l'ordre du rêve éveillé, parce que dans les faits, la rage avait glissé sur lui comme la pluie sur un imperméable, et s'était retrouvée au pied du lit, inoffensive. Maintenant, que faire du vide dont il disposait? Guillaume se retrouvait sans armes, dépourvu de moyens devant la crise, il n'avait que lui, et cela lui paraissait fort peu, voire totalement insuffisant. Le silence qui régnait fut tel qu'il lui assena un coup à la tête. Se prenant le front d'une main, il se serra les tempes en courbant l'échine, peut-être un peu dans l'espoir de s'échouer au plancher à son tour, et de n'être rien, l'espace d'un instant, mais il ne put visiblement pas échapper à lui-même, et s'en remit à la réalité, même si elle lui semblait à présent on ne peut plus impénétrable.

Il se leva, mouvant avec abattement la machine infernale qu'il lui semblait avoir pour corps, et se traîna jusqu'au salon. Il avait amené avec lui l'assiette qu'il avait préparée pour Gelli. Il remit les arachides intactes dans le sac qu'il avait laissé ouvert à la cuisine, jeta les pelures d'oranges à la poubelle et, dans un élan d'impulsivité qu'il jugerait plus tard des plus stupides, il empoigna les restes de la pomme et se les fourra dans la bouche. Débarrassé de l'assiette, il dut s'appuyer à deux mains sur le comptoir pour ne pas succomber à l'attaque d'acidité qui avait pris sa bouche. Malgré tout il avala, bizarrement déterminé à le faire, et termina de ranger le désordre qu'il avait laissé derrière lui tout à l'heure. Il revint même à la chambre pour jeter le défunt emballage de son cadeau. Après, Guillaume s'approcha de la porte close de la salle de bain.

-Gelli...? Je... Je voulais juste te dire que... Je m'en vais.

Il s'en alla ensuite vers l'entrée, posa la main sur la poignée, hésita un moment en regardant la porte de la salle de bain, songeant à la plainte qu'il était presque certain désormais avoir entendu poussée par Gelli, tout à l'heure. Guillaume se demandait toujours pourquoi elle avait réagit aussi fortement. Il savait que les filles étaient difficiles à suivre, mais à ce point... Qu'est-ce qu'il avait fait? Il l'avait enlacé, c'est tout... C'était mal? Peut-être... Peut-être que finalement, son capitaine, il était venu la voir, et qu'il avait mieux pris soin d'elle et que... Et que maintenant, ils étaient ensemble. Peut-être. Si loin de lui était l'idée que Gelli puisse souffrir plus psychologiquement que physiquement de ses blessures, et pourtant, il était bien placé pour en savoir quelque chose... Renonçant à se creuser les méninges davantage, il tourna la poignée, ouvrit, et referma, mais sans quitter l'appartement.

À pas feutrés, Guillaume revint à la porte de la salle de bain et se positionna de sorte qu'en ouvrant, Gelli ne le verrait pas aussitôt. Il attendit. Et dès que la porte s'entrouvrit, il glissa son pied dans le cadre, de sorte qu'il put aisément ouvrir plus grand par la suite. En vérité, il était assez fier de son coup. C'était fourbe, mais ô combien réussi. Cependant, il retint son sourire, ce qui ne fut par ailleurs absolument pas difficile vu la tête qu'avait Gelli. Il maintint la porte juste assez ouverte pour qu'il puisse s'y tenir, s'interposant littéralement entre le reste de l'appartement et sa locataire.

-T'en fais pas je vais partir, mais avant je veux que tu m'écoutes...

Il avait baissé les yeux et parlait avec malaise. Mais en poursuivant, il en vint à redresser la tête pour regarder Gelli, parce qu'il tenait vraiment à ce que les choses s'arrangent entre eux.

-C'est ma faute. Tout ça, je veux dire... J'ai été con. Plus que d'habitude... Je t'ai embrassé. Je m'étais promis de ne jamais en parler, mais voilà, je crois que c'est comme ça que ça a commencé... Je t'ai embrassé et t'as quand même voulu de moi après et, ça, j'avais du mal à le comprendre, alors j'ai été con. Après ça s'est arrangé, tu m'as fait oublié, seulement j'ai été con, encore, et j'ai voulu me mêler de ce qui me regardait pas, de ta vie... privée. Et puis encore une fois, tu m'as fait oublier, à l'hôpital... J'avais l'impression que je te retrouvais. Seulement là, tout à l'heure, je t'ai... Enfin tu sais. Et je te demande pardon, Gelli. J'ai pris du temps à comprendre mais je crois que ça y'est. Je vais garder mes distances. Je vais être ton ami et c'est tout, je vais arrêter d'être comme je suis et tu vas pouvoir vivre ta vie comme tu l'entends sans te soucier de mes conneries... Je pensais toujours qu'à moi et je me rendais pas compte que peut-être que t'étais pas comme moi, et que toi ce que tu voulais c'était être avec quelqu'un... Que tu voulais une relation sérieuse... Et moi je suis là à... je sais pas... à faire ce que je fais... C'est que, je t'ai toujours trouvée jolie. Mais pas seulement jolie... C'est que, ben t'es Gelli quoi... Seulement c'est justement ça le problème... Avec les autres, c'est facile, mais t'es pas les autres... Punaise je sais pas comment m'expliquer tu dois rien comprendre...

Il parut réellement découragé, se prit le front à une main un court instant puis reprit, ayant apparemment rassemblé quelques idées plus clairement.

-La vérité c'est que je sais absolument pas ce que je veux...en général. Et je me suis rendu compte que toi, tu savais peut-être bien plus que moi et qu'alors, je devais pas te gâcher la vie parce que moi je savais pas. Seulement je suis parfois envahissant, maintenant j'en prends conscience, mais je veux que tu saches que je suis prêt à être le Guillaume que tu veux. Je vais arrêter de me laisser guider aveuglément par... je sais pas quoi, et je vais prendre mon trou. ... Je dirai plus rien si je te vois avec une chemise ou n'importe quoi de ton capitaine, c'est promis. Je veux pas te perdre, ça je le sais, c'est vrai Gelli... Te voir me fuir m'a fait plus mal que perdre mes jambes...

Il avait terminé en baissant la voix, et en baissant les yeux.

-Je peux t'aider à retrouver ton lit...? Après je m'en irai, si c'est vraiment ce que tu veux.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mer 4 Mar - 13:31

Gaëlle aurait brisé le miroir avec ses minuscules poings si seulement elle en avait eu la force. Cette saloperie l’obligeait à se confronter à ce qu’elle était devenue, sa réalité en quelque sorte. C’était affligeant. Elle ne pleura pas longtemps, tout simplement parce qu’elle détestait ça. C’était bon quelques instants quand elle craquait, mais elle ne faisait jamais durer les choses. Lorsqu’elle ouvrit la porte, Guillaume était censé être parti depuis un moment. Elle avait pas mal cogité, et commençait à s’en vouloir. Elle était en colère après les pirates, après Brynn, après sa chambre, après le médecin qui la forçait à y rester, après des tas de choses en fait, mais surtout pas après Guillaume. Guillaume était venu la chercher au fond du ravin, Guillaume lui avait prodigué des soins, Guillaume était présent dès son réveil dans la chambre d’hopital, Guillaume était venu la voir souvent… Guillaume lui avait même offert un super tshirt avec un cochon dessus. Et puis Guillaume c’était Guillaume. D’accord, il venait de lui annoncer qu’il l’avait remplacée, mais Guillaume était un peu niais ce n’était pas comme si Gaëlle ne le savait pas. Et Guillaume ressemblait par certains cotés à son pote Kriss, que Gaëlle connaissait bien aussi. Si cette histoire de copilote de remplacement la mettait en rogne, c’était surtout après l’instigatrice de cette mascarade qu’elle en avait. Guillaume était juste Guillaume, et si elle voulait garder sa place auprès de lui, il faudrait qu’elle s’en occupe elle-même, et pas simplement attendre que lui le fasse. Parce qu’il était un peu niais et des femmes connaissait exclusivement les astuces réservées au domaine du sexe. Devant les états d’âmes et les stratégies purement féminines, il était comme un nouveau né balbutiant. Il avait toujours été comme ça, depuis qu’elle le connaissait. Et elle l’aimait, pas vrai ? Mieux, elle l’adorait. En fait, même si ça arrivait souvent qu’elle crise à cause de lui, qu’elle l’insulte, qu’elle se batte avec lui, Gaëlle ne pouvait pas concevoir sa vie sans lui. C’était très simple, dans toutes les visions d’avenir qu’elle pouvait avoir, il y avait Guillaume.

Il avait une voix triste quand il avait dit qu’il partait. C’était trop con. Gaëlle était trop conne. Pourquoi lui avait-elle demandé de la lâcher et de s’en aller ? Stupide réaction. Elle aurait dû analyser un peu mieux et comprendre tout de suite qu’il n’y était pour rien dans son mal être. Mais elle était fatiguée, c’était son excuse. Ne pas être sortie de cette boite de conserve depuis tant de temps la rendait nerveuse et à fleur de peau, elle réagissait beaucoup plus vite à n’importe quoi de désagréable… Et puis Guillaume était chiant aussi. Mais comme dit précédemment, c’était Guillaume.

Bref, il était vraiment chiant, parce qu’elle venait de voir son pied dans la porte. Ca, ça l’énervait vraiment. On se moquait pas de Gaëlle comme ça. Tout de suite elle se sentit redevenir l’agressive Gelli dont il semblait craindre la présence.


- Guillaume !


Sa voix avait un lourd ton de reproche. Vexée, elle recula en bataille pour s’asseoir sur le rebord de la baignoire et écouter ce qu’il avait à lui dire.



Ca c’était trop con. Cet imbécile comprenait tout de traviole ! Faudrait-elle qu’elle le secoue dans tous les sens en lui balançant la tête contre les murs pour qu’il imprime ENFIN qu’elle ne souhaitait qu’être le plus proche de lui possible ? Que toutes ces histoires de capitaines et d’amants passionnés, c’était juste pour combler le vide qu’IL créait ? Que ces crises de nerfs étaient en grande partie dues à sa possessivité ? Qu’une partie d’elle-même l’aimait profondément et que l’autre partie luttait à chaque instant pour baillonner la première ? Non, il était niais. C’était une évidence. Et c’était un niais adorable, disait la partie amoureuse. Ta gueule, il est juste con, disait la partie raisonnable. D’un coté ça la faisait rager de voir à quel point il était à coté de la plaque, et de l’autre cette façon qu’il avait de se soucier d’elle et de son bien-être la faisait fondre dangereusement. Si elle avait écouté la moitié d’elle-même, elle se serait levée tout de suite pour aller l’enlacer et l’embrasser avec toute la chaleur qui lui restait. Mais il fallait d’abord lui expliquer un peu, parce que sinon le pauvre bleu serait tout déboussolé, et faudrait qu’elle sorte la caisse à outil pour le réparer un peu.


- Ecoute-moi bien Guillaume.

Elle se leva en prenant appui sur ses béquilles et vint se poser juste face à lui, pour qu’il puisse la regarder bien droit dans les mirettes.


- Y’a deux choses qui composent ma vie : mon boulot, et toi. Y’a jamais rien d’autre. Parfois ma famille, mais elles bossent tellement que je ne peux presque jamais les voir. Comme tu le sais, ça fait plus de deux semaines qu’on m’a privé de la moitié, c'est-à-dire mon boulot. Il me reste plus que toi. Et là, tu viens me dire que tu comptes t’éloigner pour ne plus être Guillaume, mais juste « mon ami Guillaume ».
Elle le prit par une épaule pour donner plus de poids à ses paroles. Tu fais ça, et je te jure que je t’explose la tête à coup de blaster. Là, elle faisait vraiment peur. Je sais pas ce que je deviendrais si tu décidais de changer comme tu viens de me dire. J’ai pas de vie privée pour toi, ou presque pas. Tu sais tout ce qu’il y a à savoir. Je vois pas pourquoi t’es allé chercher tout ça…

Elle baissa enfin la tête, et réfléchis un peu. Non pas qu’elle ne réfléchissait pas avant, mais elle n’avait tout simplement pas eu le temps de se pencher sur CETTE question là. Un mot avait vaguement fait tilter, sur la fin. Quelque chose comme… chemise. La chemise ! Le capitaine. N’importe quoi. Elle venait de comprendre, enfin. Quelle conne, quel con
.

- Tu sais, la chemise, on s’en fout. C’est juste parce que j’avais pas d’autre pyjama propre quand je suis partie d’ici. Le connard à qui elle appartenait m’a largué y’a au moins trois mois. Je pense qu’il me trouvait trop maigre… Elle fit la moue. T’avais pas compris que je te charriait, à la mine ? Tu faisais chier, alors j’ai trouvé un moyen pour faire pareil, mais bon. J’ai vu personne d’autre que ma mère, ma tante, et toi. J’ai pas d’amant, personne, je suis toute seule.

Ces derniers mots, elle les avait dit plus pour elle-même que pour lui. On pouvait y lire un peu d’amertume… Non pas qu’elle voulait attirer l’attention sur le fait que son lit était vide depuis des lustres, mais plutôt qu’elle s’en rendait compte un peu en même temps qu’elle le disait.

Non. Elle rejeta ça. Très loin, derrière. Une déprime à la fois, sinon ça serait la catastrophe. Et puis Guillaume était là, il fallait en profiter. Elle fit un pas en avant et l’enlaça faiblement, comme pour dire « t’es un super Guillaume, change rien ».


- Je suis contente que tu sois pas parti, en fait. Excuse-moi, j’ai pété un câble. Elle se recula. Et je vais pas te dire pourquoi, parce qu’après tu vas y réfléchir, et quand tu réfléchis c’est vraiment la merde. Laisse-moi gérer, tout ce que t’as à faire c’est me supporter. Et rester toi-même, surtout.

En plus, fallait bien noter que ça lui faisait rudement plaisir le « je t’ai toujours trouvée jolie ». Ca la rassurait. Il ne le lui avait jamais dit.


- Je veux bien que tu m’aides, mais pas pour retourner dans ma putain de chambre, s’te plait. Dans le canapé, ce sera très bien.

Elle s’appuya sur son épaule et se laissa entraîner plus loin. Elle adorait s’appuyer sur Guillaume.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Jeu 19 Mar - 2:50

Et Guillaume ne se sentait jamais plus utile que lorsqu'il supportait le poids de Gelli en plus du sien. Il était Super Guillaume, Bionik Guillaume, qu'importe, un type fort qui avait l'épaule la plus solide au monde, une épaule expressément conçue pour Gaëlle Peinamps. Et peut-être aussi pour toute jolie demoiselle qui nécessiterait son soutien... Seulement en attendant, il n'y avait que Gelli, et bien que le bleu ait plus ou moins capté la totalité des mots qu'elle venait de débiter, il avait tout de même compris le sens général du discours. Même que, en entendant Gelli avouer qu'elle était toute seule, un discret sourire était venu étirer le coin de sa bouche, le genre de sourire qui feignait une sorte de compassion, ou de compréhension, alors qu'en vérité, il n'était que la manifestation retenue d'un sentiment de contentement. Que tous les capitaines de cette planète aillent péter dans les fleurs! La Gelli, elle était au Guillaume, alors pas touche. Haha, il était tellement puissant. D'ailleurs, se dit-il en guidant sa précieuse blessée vers le canapé, il ne se montrait pas tellement à la hauteur de sa puissance, il pouvait faire plus flamboyant que ça, allons! Ainsi le magnifique Vollmer se montra-t-il fidèle à lui-même sans plus se torturer le cerveau avec des raisonnements beaucoup trop complexes pour lui. Gelli avait dit de rester comme il était, alors pourquoi faire le contraire?

Levant les yeux au plafond, exaspéré par leur lenteur, ignorant carrément la béquille restante sous le bras de miss Peinamps, il glissa son bras sur le dos de son estropiée, se pencha pour passer son autre bras sous ses genoux et la souleva sans effort. Inutile de préciser que son sourire avait rejoint ses oreilles alors qu'il complétait les trois pas qui les séparaient du canapé... Il y posa Gelli en s'agenouillant et demeura ainsi, s'accoudant sur le coussin et appuyant son menton dans sa main, le visage tourné vers elle. Elle qui était tellement plus intelligente que lui, et qu'il aimait pour ça, entre autre, parce que ouais, il avait beau avoir maintes et maintes fois vanté son intelligence, il avait toujours sut au fond que le cerveau, d'eux deux, c'était elle, qui l'avait vraiment.

Évidemment à cet instant il aurait put parler et dire n'importe quoi, ce n'était pas le choix qui manquait, dans sa tête. Sérieux, des commentaires, stupides ou juste irréfléchis, il en avait des tonnes. En fait, dans le crâne de Guillaume il y a des tiroirs pour les trucs importants, genre tout ce qui concerne les Sentinelles et ces pirates de merde, le seul bien rangé d'ailleurs, et il y a un tiroir de fantasmes, avec tout plein de belles images, aussi un de souvenirs quelconques, un autre pour la Ferme en Folie, un autre rempli de libellules, un aussi avec des poupées Gelli, puis un avec une étrange copie de lui-même avec inscrit sur le front « Alexandre », puis d'autres aussi, mais surtout, tout l'espace libre, il faut dire qu'il était comblé avec n'importe quoi, des milliers de mots collés à d'autres pour on ne sait quelle raison, et aussi de la teinture bleue. Et c'est toxique, ce truc. ... Cela dit, il aurait put parler, mais il ne le fit pas, pas tout de suite en tous cas, parce qu'il avait envie de sourire, et qu'il se permettait de le faire tout en regardant sa Gelli pas particulièrement jolie aujourd'hui mais que quelque chose en lui l'obligeait à la trouver jolie malgré tout.
Quand finalement...

-Gelli...?

Peut-être que c'était à cause de Brynn, ou plus précisément à cause d'hier quand, en revenant à la Tour, elle lui avait demandé, en le coinçant contre le chasseur, s'il l'a trouvait jolie. Bon c'est vrai que, il n'avait pas tout à fait rien ressentit, quand elle s'était approché à tel point que, leurs combinaisons, elles se touchaient, et que sa main s'était dangereusement aventuré au seuil de... l'indécence. Il s'en était fallut de peu, et ce n'est que lorsque l'appétissante bouche de Brynn s'était trouvée à quelques millimètres de la sienne qu'il s'était écarté en prétextant il ne savait absolument plus quoi, tout en s'empressant bien vite de quitter le hangar, puis la Tour. C'est vrai que, dans son lit, la nuit venue, il avait un peu regretté, mais pour mieux faire passer les regrets, il avait pensé à Gelli, en fouillant d'une main dans les tiroirs de ses souvenirs pour ressortir certaines images tout en fouillant, de l'autre main, l'antre des araignées qui décoraient son slip.

-Ben... Tu sais... Moi aussi, je suis plutôt seul...

Et maintenant, les images mal rangées prenaient le contrôle de sa petite tête qui, soit dit en passant, avait cessé de sourire depuis un moment déjà, car aux prises avec de très gros chats à fouetter.

-C'est vrai... Malgré les apparences... J'ai Kris, et puis toi c'est sûr mais... C'est tout, je dirais. Ma mère et mon père, c'est pas comme si j'avais vraiment envie de les voir... Et les filles... En fait...

Léger malaise? Ah que ouais. Du genre à baisser les yeux et à avoir soudainement chaud.

-Punaise ça fait longtemps.

Pourquoi il lui parlait de ça, déjà?

-Gelli il faut que je te dise quelque chose. Brynn m'a fait assez explicitement des avances et... Je me suis défilé. Je sais pas exactement pourquoi... Je sais même plus ce que je lui ai dit! Elle était là... J'étais là et... Elle... Elle s'approchait tu vois et elle... Enfin elle... Elle faisait ses avances et... J'ai figé et... finalement je l'ai plantée là. Je crois qu'elle sera pas contente. Mais c'est pas grave, elle en trouvera mille autres, des types pour la déshabiller et... l'embrasser et... et la toucher et... Léger dérapage. Et lui faire tout ce qu'elle a envie qu'on lui fasse.

Et pourquoi il lui parlait de ça?

-Gelli! J'ai un blocage mental!

Et voilà. À en voir sa tête, c'était sérieux, voire même effrayant, et en plus, c'était gênant d'en parler à Gelli mais, apparemment, maintenant que le pire était dit, les mots revenaient à Guillaume.

-Kris m'a déjà dit que ça lui était arrivé, une fois, quand il était plus jeune, il avait dix-huit ans. Il était amoureux de sa cousine et, par accident, ils s'étaient embrassé sur la bouche. C'est que, ils voulaient se faire la bise, parce que c'était l'anniversaire de sa cousine et qu'il lui avait offert un cadeau seulement ils s'y sont pris du même côté alors... Et il m'a dit que pendant deux mois entiers, il a pas embrassé ni couché avec une autre fille parce qu'il était convaincu qu'il aimait sa cousine et qu'elle uniquement. Et même s'il faisait des avances à d'autres filles, il sentait que c'était faux. Finalement, quand il a revu sa cousine, il l'a embrassé de nouveau, intentionnellement cette fois, et puis il m'a dit que c'est à ce moment qu'il s'est rendu compte que tout ça c'était absurde et qu'il avait toujours envie des autres filles, mais pas de sa cousine, parce que c'était sa cousine.

Il soupira, les yeux désormais rivés au visage de Gelli.

-Kris et moi...

Merde, Kris lui avait dit de mentionner lui (Guillaume) seulement parce que sinon la mention de son nom pourrait mettre tout le sérieux de l'affaire en jeu.

-Enfin, moi, je... Je crois que j'ai un problème semblable aujourd'hui. Je m'étais promis pour la deuxième fois tout à l'heure, quand tu me disais de rester moi-même et tout ça, que je n'en reparlerais jamais plus de ma vie, seulement je me rends compte que, c'est peut-être plus grave que je pensais. Quand je t'ai embrassé...

Le plus embêtant, dans tout ça, c'est de savoir qui parlait véritablement à travers le bleu. Était-ce A)Guillaume le pervers, celui qui avait en tête une Gelli toute mouillée, avec une chemise toute aussi mouillée et ce, sans soutien-gorge en dessous? Ou bien B)Guillaume le très fidèle ami, celui qui plus que tout tenait à la paix d'esprit dont était composée cette belle amitié avec la Gellienne? Ou finalement C)L'inconscient Guillaume, l'amalgame de sentiments manipulé par le sublime Kris Rheo?

-Je crois que j'ai envoyé un message à mon inconscient. Enfin, c'est ce que ça a peut-être fait... Et maintenant, je pense parfois à toi d'une manière que tu n'aimerais pas et c'est plus fort que moi. Alors, logiquement, je crois que la solution à mon problème serait qu'on s'embrasse encore une fois, une dernière fois c'est promis... Pour que... Pas pour que je couche avec Brynn... Je veux pas de toute façon mais... Pour que... Pour que j'arrête de penser à toi comme... ça. Je te le dis Gelli, tu voudrais pas être dans ma tête.

Qui voudrait ça, de toute façon...
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Jeu 19 Mar - 7:06

Wooow doucement ! Gaëlle se sentit chavirer et eut un haut-le-cœur. Un instant, elle crut qu’il l’avait lâchée et qu’elle tombait à la renverse. A vrai dire, elle ferma même les yeux, comme pour prévenir du choc qui ne tarderait pas à la faire hurler de douleur. Mais non ! Quand ses pieds quittèrent le sol grâce à une traction salvatrice au niveau de ses genoux, la jeune femme rouvrit les yeux et ne put s’empêcher d’éclater d’un rire soulagé en se retrouvant comme une princesse dans les bras de Guillaume. Personne l’avait jamais portée comme ça, enfin, pour rigoler quoi. C’était un peu bizarre… Surtout que dans son cas, elle avait vraiment l’impression de flotter. Pas difficile, pour quelqu’un pesant son poids se retrouvant dans des bras aussi forts que ceux du second… Mais quand même. Consciente que ça ne durerait pas longtemps, elle ne se tortilla pas – de toute façon elle aurait eu trop peur de se faire mal – et se laissa docilement porter vers le canapé, les bras fiévreusement enlacés autour du cou du chevalier séduisant de peur qu’elle soit soudainement trop lourde pour lui. Stupides appréhensions, pas vrai ?

Il était assez marrant ce canapé. Un petit air de famille avec celui que Guillaume avait dans son appart, mais en tant que grand-père alors, parce qu’il faisait vraiment très vieux. C’était un tas, en fait, dont l’assise avait tellement dégouliné vers l’extérieur qu’il en était devenu très large, et surtout super mou. Dessous, c’était des ressort, alors on pouvait sauter dessus comme des malades en écoutant la radio. Ils l’avaient fait une ou deux fois, y’a pas mal de temps. Surtout, le canapé sentait une odeur très forte, peut être un mélange de curry et de renfermé. Gaëlle avait renversé un pot d’épices dessus le premier jour où elle avait emménagé dans l’appartement. Du coup, ben elle avait jamais pu profiter d’un canapé inodore.

Il fit « pouf » pour accueillir Gaëlle. Elle dut d’ailleurs retenir une exclamation – quelque chose en rapport avec des côtes cassées – mais au lieu de ça sourit à son Guillaume.


- C’est vraiment cool que tu sois venu aujourd’hui. La prochaine fois, c’est moi qui viens te voir. Y’a des supers ascenseurs à la tour Mirage.

Et des supers salopes à mater aussi, mais ça c’était implicite. L’autre brunasse ne ferait pas le poids, c’était certain. Elle serait bien proprement boutée hors du territoire Gellien et serait bien sûr remplacée par un jeune stagiaire de sexe masculin – d’ailleurs pourquoi pas l’autre rouquin ? – parce que Gaëlle en avait décidé ainsi, et que c’était sûr qu’elle arriverait à faire que ça se passe comme ça. Personne n’oserait dire quoique ce soit, de toute façon, ils savaient qu’il n’y avait rien à faire. Mais bon. Ca n’avait pas l’air d’intéresser Guillaume. Il la regardait avec un air un peu étrange, comme si il réfléchissait à des trucs importants – rarissime ! Lorsqu’il lui avoua être un peu seul aussi, elle ne cilla pas. Si lui n’avait pas de grandes idées sur sa vie sociale à elle, elle au contraire se renseignait de manière très efficace sur la sienne. Du coup elle savait tout. Enfin, presque tout, rectifia-t-elle mentalement en repensant à la petite qu’elle avait surprise dans sa cage d’escalier, puis à Brynn. Surtout que depuis deux semaines elle ne savait plus rien du tout.

Puis il enchaîna, disant ensuite qu’il avait pas eu de nanas depuis longtemps. Ca c’était rassurant. Elle eut presque envie de le plaindre. C’est qu’elle l’aimait beaucoup son Guillaume, et si le manque de filles à satisfaire le rendait malheureux, ben c’était pas bon. Par contre ce qu’il lui sortit après fit subitement monter l’adrénaline de Gaëlle. Quoi ? Brynn ? Avances ? Il était urgent d’aller faire un tour au QG, c’était évident ! Alors que sa respiration s’accélérait pendant qu’elle tirait les conclusions d’une telle nouvelle, il continua. C’est qu’il avait des choses à dire, le bleu. Visiblement, il avait fuit la brune au petit nez. Bizarre. C’était vraiment pas son genre. Surtout si il se plaignait d’être seul. Gelli flaira la bombe, mais n’eut pas le temps d’y réfléchir vraiment, parce qu’il parlait encore
.

- Gelli ! J’ai un blocage mental !


Ah ça. Voyant son air paniqué, et paniquant elle aussi de fait, elle se tourna sur le coté et posa une main qui se voulait rassurante derrière sa nuque. Hors de question qu’il perde les pédales à cause de cette connasse.

- Ca va s’arranger.


On n’aurait pas pu faire plus dubitatif. Après, il fut question de Kris, et de sa cousine. Dès le début de l’histoire, Gaëlle avait saisit que c’était elle la cousine. Quel emmerdeur ce Kris. Criss de Kris. Guillaume avait déjà une tête trop bordelleuse pour qu’en plus un autre imbécile lui en rajoute dedans ! Alors comme ça, Guillaume comparait leur relation à un bête cousinage ? C’était un peu vexant. Un peu comme si il lui avouait qu’il ne la voyait pas comme une femme dans le sens du terme où on peut envisager des choses avec, mais plutôt comme un membre de sa famille. Exactement ce qu’elle aurait prétendu ressentir à son service, si elle en avait eu l’occasion. Un mensonge, quoi, parce que Gaëlle le voyait bel et bien comme un homme, et pas comme un cousin. Un homme dans le sens du terme où elle ne pouvait pas s’empêcher d’envisager des choses avec.

Donc, si elle avait bien compris l’histoire, Guillaume se trouvait à la place de Kris, et pensait être amoureux de sa meilleure amie, alors que c’était absurde. Ca devait être ça la bombe. Gaëlle la sentit exploser au creux de son ventre – c’était le cas de le dire – et en eut le souffle coupé, juste deux secondes, le temps d’assimiler. Alors, son bleu… fantasmait sur elle, tout comme Kris avait fantasmé sur sa pauvre cousine ? Il ne couchait plus avec des filles à cause de leur baiser dans sa salle de bain ? C’était pour ça qu’il avait refusé les avances de Brynn ? Gaëlle ne savait plus très bien si elle voulait rire ou pleurer. Optant pour un compromis, elle réfléchit. Heureusement que sa tête suivait. Dans la seconde, elle aurait pu lui dire que c’était pas du tout pareil. Que le baiser n’avait pas été un accident, comme dans l’histoire de son pote, parce que c’était lui qui l’avait embrassée et qu’elle avait bien senti que c’était tout à fait intentionnel. Qu’il n’avait plus 18 ans, et qu’il savait parfaitement à quoi il avait affaire. Qu’elle était pas sa cousine, mais son amie, et que c’était beaucoup plus ambigu. Que Kris était un con et qu’il ne fallait surtout pas prendre en considérations toutes les saloperies qui sortaient de sa bouche. Mais pas le temps.

Il dit que c’était grave, qu’il pensait à elle d’une manière qu’elle n’aimerait pas – qu’est ce qu’il en savait d’abord ? – et qu’il voulait l’embrasser encore. Pour conjurer le mauvais sort, en fait. C’était ridicule. Personne ne pensait à Gaëlle ? Qu’est-ce que ça lui ferait, à elle, si ils s’embrassaient encore ? Ca serait très dur. En tout cas, elle ne respirait déjà presque plus, et n’était même plus en mesure de réfléchir convenablement tant son cerveau toupillonait dans sa boite crânienne. Depuis qu’il avait dit tout ça, et attendait une quelconque réponse de sa Gelli dépassée, elle ne pouvait plus rien penser de cohérent. Elle essayait en fait de l’imaginer penser à elle d’une façon « qu’elle n’aimerait pas », mais c’était trop difficile. Alors, plus facile, elle se souvint de la salle de bain, du burrito et du baiser.

Il méritait bien qu’elle l’aide un peu, pas vrai ? Et puis il avait l’air tellement perdu, presque désespéré, juste là, qu’elle n’eu pas le cœur de le décevoir. Enfin, ça c’est la version officielle… Profitant du fait qu’elle avait déjà une main en position stratégique, elle tira sur sa nuque pour l’approcher un peu et l’embrassa. Doucement au début, mais tant qu’à y être… Surtout que si l’histoire de Kris se révélait être similaire à la leur, ça serait le dernier bisou. Alors Gaëlle fit durer, bien qu’elle ne comptât pas vraiment les secondes. Son super cerveau avait définitivement arrêté de fonctionner, en fait il y avait même une pancarte juste à l’entrée qui disait « Fermé pour cause de vacances ». Elle n’en avait plus besoin pour le moment, et laissa donc son corps décider, pour une fois. Son autre main, elle la posa sur la joue de Guillaume et l’attira encore plus près, puis la fit descendre le long de son épaule pour caresser doucement son bras et ses tatouages bizarres. Ca n’était pas assez. Elle fit glisser cette même main sur son torse jusqu’à ce que ce soit trop loin pour son petit bras, et agrippa le tshirt de façon tout à fait spontanée. C’était ce qui arrivait lorsqu’on banissait la raison d’une affaire aussi sérieuse. Tant pis si il n’avait demandé qu’un baiser, mais sa Gelli était désormais une petite boule de nerfs à la dérive carrément incontrôlable.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Ven 20 Mar - 4:45

L'effet serait instantané, comme dans un conte de fées. Il passerait du chaste crapaud au prince débridé en une fraction de seconde, et le soir même, il s'enverrait en l'air avec Ahlip Luong, Brynn, ou encore les deux. Après ce petit baiser, se disait Guillaume en fermant les yeux, il serait libre de se laisser aller aux pulsions de ses désirs. Il sentait d'ailleurs déjà que les barrières s'effondraient dans sa tête, pour libérer les minis Guillaume en rût qui l'habitaient. Le problème, c'est qu'ils ne savaient pas où aller, ils devaient être trop enthousiastes. Ou alors c'était cette main sur sa joue, qui les bernait, cette main qui glissait désormais sur son épaule, sur son bras... Et qui en agrippant le t-shirt, provoqua simultanément une extinction soudaine de la pensée de Guillaume qui, jusque là, s'était docilement laissé embrasser. À son tour, il embrassa mais ce, en oubliant totalement la raison pour laquelle il était censé le faire, il le fit par envie, et avec avidité, venant d'abord trouver d'une main un côté du visage de Gelli, près du cou. Elle n'eut pas à le tirer vers elle bien longtemps car il vint de plein gré, lançant bien vite sa main libre en éclaireuse sous le t-shirt à l'effigie de sa cochonne préférée. Cette main, après avoir frôlé le bandage qui couvrait le ventre de Gelli, s'affaira à sa tâche sans pudeur, au contraire, et fit ce qu'elle n'avait fait que dans les rêves de Guillaume, caressa cette poitrine qu'il s'était de nombreuses fois imaginée.

Gelli avait provoqué en son bleu une bourrasque qu'il avait retenue trop longtemps, et c'est en premier lieu sans vraiment songer à ce qu'il faisait, et surtout avec qui il le faisait, qu'il se laissa porter par ce tourbillon. Sans détacher plus d'une seconde ses lèvres de celles de Gelli, Guillaume se retrouva à son tour sur le pauvre canapé qui, le laissaient sous-entendre les faibles plaintes de ses ressorts, se faisait vieux pour se genre de galipettes. Ainsi positionné, un genou de chaque côté d'elle, ses deux mains se retrouvèrent finalement sous le t-shirt violet à tripoter sans gêne les petites collines gelliennes, attisant ainsi la flamme de l'aspirant conquérant. Cependant, un effleurement de plus, de trop peut-être, sur les bandages freina l'élan de Guillaume qui, le visage désormais enfoui à la base du cou de Gelli, la bouche tantôt derrière l'oreille, tantôt près de la nuque, interrompit ses baisers par des mots qu'il laissa s'échapper malgré lui, du moins une partie de lui, sans doute celle qui guidait ses mains. Ces dernières s'en prenaient désormais au t-shirt de la Ferme en folie, entreprenant de le retirer complètement.

-Gelli... Un baiser dans le cou. Ça fonctionne pas... Un autre un peu plus bas. J'ai... Et plus bas. Toujours... Encore une peu plus bas. Envie... Au seuil du bandage à l'extrémité inférieure. De toi.

Le t-shirt avait été retiré et mis KO suite à une brusque envolée qui s'était terminée en un fatal plaquage au sol. Le corps l'emportait largement sur la raison pour cette manche. Guillaume ressortait vainqueur et profitait sans retenue de la récompense, soit une Gelli comme on les aime dans le tiroir à fantasmes, un Gelli mise à nue, du moins en grande partie. Pour ce qui était de l'autre partie et bien, elle ne tarderait sans doute pas à subir la lumière du jour à son tour. Une main se rapprochait d'ailleurs dangereusement du dernier oppposant, soit la vaillante petite culotte, se laissant aller à de longues caresses sur la cuisse, et enfin à de plus en plus insistantes dont la trajectoire déviait vers l'intérieur, vers l'ultime cible de toute cette machination. Et lorsque ses mains la trouvèrent, et que sa bouche s'en rapprocha encore et encore, Guillaume eut à nouveau comme un éclair de conscience, ou à peu près... Levant la tête vers Gelli, il lui offrit la vue de son visage animé par un large sourire.

-Tu veux que je te donne un coup de main?

Quel fin observateur il faisait, car oui, Guillaume avait remarqué que quelque chose clochait. Gelli était presque nue, et lui, il avait encore jusqu'à ses souliers dans les pieds. L'observation l'amusait, sans l'ombre d'un doute, raison pour laquelle il bondit sur ses deux pieds pour se retrouver à côté du canapé. Son t-shirt rejoignit vite fait celui de Gelli, ses chaussures se retrouvèrent quelque part dans l'appartement et son pantalon...

-Gelli!

Mains sur sa fermeture éclair, il avait ouvert de grands yeux scandalisés.

-Tu te rends compte!? On s'apprête à faire ce que je fais avec toutes les autres...

Coup dur pour l'impulsion du moment... Guillaume avait la désagréable impression d'avoir reçu un truc énorme sur la tête, un truc communément appelé « prise de conscience », mais quand on est pas habitué, ça fait plus mal.

-Ben... Se reprit-il en levant les yeux vers le plafond. Pas toutes les autres mais... Enfin tu vois...

On pourrait se demander si c'était nécessaire de préciser, mais si « on » avait vu ce que Guillaume avait vu, c'est-à-dire la quantité effrayante de visages que pouvait englober « toutes les autres », alors « on » aurait peut-être crut sage de faire la précision également. Parce que franchement, il n'y a rien de rassurant à imaginer sa grand-mère en petite tenue, ou encore sa mère, ou bien l'énergumène qu'il a pour voisine...
Tout de même, il ne s'éternisa pas sur la chose et se montra on ne peut plus sérieux par la suite, et vraiment, par sérieux, entendons : sourcils froncés, jambes légèrement écartées, dos droit et un air vraiment très concerné par la gravité des mots que la bouche s'apprêtait à laisser s'échapper.

-Mais Gelli, je tiens à ce que tu saches qu'à mes yeux, tu seras toujours Gelli, ma Gelli.

Et maintenant, striptease. Il aurait pu langoureusement se défaire de son pantalon avant de le faire tourner au-dessus de sa tête en se la jouant cowboy mais, Guillaume n'a pas autant de style quand il s'agit de ça. Non lui, il est plutôt du genre : « à poil, pis vite! ». Aussi est-ce ce qu'il fit, se débarrassant sans gêne du pantalon et des bas tout à la fois avant de prestement revenir à sa chair et tendre qu'il avait littéralement l'intention de dévorer. Et hop! Il retrouva sa place au-dessus de la dame, les libellules rouges sur son superbe sous-vêtement parées à l'attaque, tout comme sa bouche, qui s'empressa de retrouver l'autre pour s'y unir dans un ardent baiser.

-Hey Gelli...

Son visage était près du sien, ses bleus de cheveux lui frôlaient même le front et les joues. Il était proche, certes, mais ne s'appuyait quand même pas sur elle, pour la simple et bonne raison qu'il désirait si possible éviter qu'elle ne se brise sous lui, comme le canapé menaçait parfois de le faire. Aussi, peut-être bien qu'une partie de Guillaume prévenait-elle inconsciemment Gelli de la froideur du métal.

-Faut que je t'avoue que... Le plan de Kris... Enfin le mien... Je crois que... Ça va pas fonctionner. MAIS! Je comprendrais si toi t'as plus jamais envie de ta vie. Je continuerais à faire ce que je faisais... fit-il avec un sourire espiègle au coin des lèvres.

Tout en parlant, il avait, d'une main, entamé une nouvelle descente vers la petite culotte de Gelli, et cette fois, il parvint même à dépassé l'ultime frontière de l'élastique.

-M'imaginer toutes sortes de trucs cochons sur toi.

Ah le vicieux... Il avait osé s'en emparer! Oui, de ça, ça! Et dire qu'il n'y a pas si longtemps, ça riait encore rien qu'à entendre le mot « fesses ». ... hihihi.
Non mais, la vérité, c'est qu'il voulait la voir se languir, ici, maintenant. Demain est un autre jour, mais aujourd'hui, là et pas ailleurs, il voulait Gelli, et le reste... Honnêtement le reste, malgré tout ce que sa bête de tête pouvait lui faire en dire, il n'existait que par le vent de ses mots.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Jeu 26 Mar - 1:30

Si il y avait bien un truc qui n’arrivait jamais à Gaëlle, c’était bien de perdre le contrôle et d’enfermer à double tour la raison dans un placard poussiéreux. Bon, alors pourquoi se trouvait-elle la clef à la main, la poignée du fameux placard poussiéreux dans l’autre ? Cela n’avait aucun sens. Et Mme Raison pensait la même chose, elle se tuait à le hurler de derrière la porte, mais celle-ci était définitivement close désormais. Du moins, pour le temps que durerait la perdition… Ensuite elle serait sans doute défoncée par la raison outragée, et elle inviterait pour la peine ses deux copines pipelettes que Gaëlle détestait et évitait tant que possible : Mme Gêne et Mme Remords. C’était gros comme une maison que ça allait se passer ainsi, mais la jeune femme n’était plus en état de s’en apercevoir. Elle en avait envie, depuis des lustres, et de se rendre compte que lui en avait aussi envie, juste maintenant, ça la tuait. Rien n’aurait pu la guider vers une telle conclusion. Elle était trop pessimiste pour ça.

Le seul problème dans cette délicieuse affaire était que… Bon, elle était pas trop en forme. En fait, faire l’amour dans son état – surtout en étant excitée comme une puce et avec un partenaire qui ne valait pas mieux – serait une sorte d’expérience masochiste. Doesn’t matter. Se voyait-elle dire maintenant « non, désolé Guillaume, mais j’ai un peu mal aux côtes là… dans un mois peut être ! » ? Jamais de la vie. C’est donc en se déchirant un peu plus la poitrine à chaque inspiration qu’elle accueillit la première main de Guillaume sur son sein. Ce n’était pas un très gros sein, finalement… Il était même plutôt très petit, du genre timide, mais cela ne la complexait pas outre mesure. Avoir une grosse poitrine dans son cas aurait été tout simplement très moche, du fait de sa frêle silhouette. Et puis ça ne changeait rien aux sensations, pas vrai ? Elle arqua le dos à ses caresses et passa les bras autour de ses épaules lorsqu’il vint se placer au dessus d’elle. Au diable Kris et ses conneries…


Il se mit à retirer Peggy la Cochonne. Gaëlle poussa un gémissement appuyé qui devait contenir à la fois son excitation démesurée et les élancements de douleur qu’elle ressentait à chaque fois qu’il bougeait un peu contre elle. Elle se retrouva topless. Heureusement que les bandages couvraient le pire : son ventre creux. Il y avait juste ses deux petits seins, trop heureux de voir enfin le jour sous les yeux d’un potentiel donneur de plaisir. Cela faisait si longtemps… En plus ce n’était pas n’importe quel donneur de plaisir. C’était Le Fantasme. Elle soupira encore en sentant son souffle dans son cou, juste sous l’oreille. Fou comme ce genre de choses pouvaient lui faire perdre la tête… Elle avait envie de lui, en elle, tout de suite.


- Je t’ai dit des millions de fois… Kris ne dit vraiment que de la merde…

Elle avait suivit le lent trajet de la tête de Guillaume le long de son corps en posant ses deux mains sur son crâne, les doigts enfouis dans ses cheveux turquoises. Bon sang, qu’attendait-il ? Elle se mourrait d’impatience. En fait, comme il le fit remarquer, il y avait un problème d’ordre textile. Soit. Il se leva et enleva à son tour le tshirt qu’il couvrait honteusement l’une des plus belles choses de la vie de Gaëlle. Celle-ci voulu se lever pour le rejoindre, et l’entraîner n’importe où… Cuisine, salle de bain, chambre… Qu’importe, du moment qu’ils soient ensemble et surtout collés l’un à l’autre dans cette fameuse danse lubrique qui lui manquait tant. Cependant, elle fut juste stoppée à la phase « je me redresse » car elle fut tout simplement incapable de se soulever du confortable coussin d’assise. Cette frustrante impuissance l’énerva tellement qu’elle réessaya, et cette fois la réponse fut sans appel : tu peux pas. Donc elle se contenterait du spectacle, de loin… Mais juste quand elle relevait de nouveau la tête, Guillaume s’était arrêté, main sur la braguette, l’air scandalisé. Il dit quelque chose de censé, pour une fois, et Mme Raison en profita pour revenir tambouriner à la porte en criant « il a raison, il a raison, c’est pas bien ! » Mais Gaëlle n’avait pas envie de l’écouter. Elle avait soudain très peur que son bleu fasse marche arrière et la laisse dans cet état. Elle ne pourrait sans doute pas le supporter si ça devait arriver…

Mais heureusement, Guillaume était bien plus gamin qu’elle, et sa Mme raison à lui avait une voix bien plus discrète que celle de Gaëlle. Elle faillit éclater de rire à sa mine sérieuse, un genre de rire nerveux qui menait très vite aux larmes, mais fut stoppée net à ses paroles. Bien sûr. C’était tellement évident, mais tellement angoissant aussi. Elle avait eu ce genre de pensées après le baiser dans la salle de bain. Bon sang… Allez, on arrête tout ! Sinon le placard se rouvrira et on pourra faire une croix sur toutes ces bonnes choses qui nous semblent promises !

- Tais toi, je sais.

Elle ajouta un geste de la main, qui voulait dire « revient ». Ce qu’il fit, bien sûr, après s’être délesté de ses dernières entraves. Gaëlle ne sursauta même pas à la vue du métal. Cela faisait partie de l’homme qu’elle aimait, et elle l’avait intégré à son fantasme depuis des lustres. En plus ce n’était pas important, non, son attention avait tout de suite été attirée par quelque chose d’extrêmement excitant, juste un peu plus haut.

Provoquer ce genre de choses chez Guillaume, ce n’était pas bien difficile en fait, mais… Wahou, il avait vraiment envie d’elle ? Pour de vrai ? L’avait-il bien regardé avant ? Peut être qu’il pensait qu’elle était une autre, du genre son mannequin là…

Vite, sa bouche, sa chaleur, son odeur, enfin. Elle avait craint, un instant, de perdre pied, désorientée par ce qu’elle avait vu, et qu’elle sentait désormais. Rassurée par le petit sourire sur le visage de son… ami, elle laissa descendre sa main le long de son dos. Il y avait pas mal de petites choses perverses et baladeuses ce soir là… Celle-ci se glissa sous les libellules malmenées pour un petit voyage sur le magnifique fessier de Guillaume – fessier dont la jeune femme n’avait raté aucune apparition lorsque celui-ci osait se trimballer dans une certaine tour, moulé dans une certaine combinaison – mais elle n’eut pas le temps de s’y attarder. En effet, quelque chose venait d’entrer en contact avec la partie la plus sensible de son corps à cet instant. Ce dernier réagit aussitôt en envoyant à Gaëlle un signal de détresse alanguie. Qui pourrait résister à quelque chose comme ça ? La respiration de la suppliciée se bloqua quelques secondes, pour maintenir au fond de sa gorge l’expression de son plaisir, pudiquement. Et puis aussi pour ne pas lui donner satisfaction trop vite. Par contre elle le serra très fort, du moins le plus fort possible. Il continua… Sans doute parce qu’il savait qu’elle effet cela avait sur son amie. Cette fois-ci elle ne put réprimer le gémissement étouffé, arraché du plus profond de son ventre. Elle aurait aimé lui donner le même genre de plaisir, mais ses mains tremblaient trop, elle avait trop peur de lui faire mal.


- Guillaume…

Un mot qui serait sans doute répété souvent ce soir là, peu importe la façon.

- Guillaume…

Cela venait trop vite ! Non non, hors de question de gâcher ce moment avec ce genre de précocités. Elle partit à la recherche du poignet de son bleu, le trouva, et l’éloigna à contre-cœur.

- Pas maintenant.

Très vite, elle s’affaira à faire disparaître le caleçon. Il dû faire de même avec sa culotte à elle, puisque celle-ci prit la poudre d’escampette quasiment aussi vite. Elle devait serrer les dents à chaque mouvement, mais le reste estompait tout ça. Il y avait vraiment trop à vivre dans cette étreinte. Elle se préparait déjà à contenir les cris de souffrances qui arriveraient sans doute très vite… Gelli était une allumette fêlée. Toute proche du flambage, d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Sam 28 Mar - 1:20

Plus rien à dire, plus rien à penser, se contenter d'être le véhicule d'un désir qui dépasse la raison, devant lequel il n'existe plus de limites. Guillaume donnait et redonnait, se perdant dans ses baisers et ses caresses jusqu'à risquer de s'y oublier. Mais par son oreille la voix de Gelli vint le chercher jusqu'au plus profond de l'abîme que creusait le plaisir qui semblait parcourir chaque parcelle de sa peau. Hissé partiellement hors de l'aveuglant enivrement, il leva la tête vers elle et, sentant glisser son sous-vêtement, se débarrassa de la dernière barrière à franchir avant que leur deux corps ne se retrouvent enfin l'un contre l'autre avec rien pour les séparer. La petite culotte de Gelli prit le chemin des airs elle aussi et alors, avant d'en venir à l'étreinte définitive, Guillaume se redressa tout en demeurant au-dessus d'elle, prenant appui sur ses mains, hanches contre les siennes, ses jambes bioniques de chaque côté de celles de Gelli. Un instant, juste quelques secondes pour prendre le temps de la regarder. Qu'est-ce qu'il lui faisait, à sa Gelli... Toute cassée, brûlée, elle souffrait et jouissait à la fois... Toute perdue, égarée, lui semblait-il, dans un méandre d'émotions à laquelle il l'avait contrainte. Même quand elle était souffrante, elle avait l'habitude de demeurer la tranchante, la confiante Gelli, celle qui s'appropriait le dernier mot. Mais là, étendue sur ce canapé, à fleur de peau, fragile comme jamais, la Gelli dévoilait un nouveau visage aux yeux d'un Guillaume charmé qui n'arrivait pas à se garder de la contemplation. Et pourquoi fallait-il qu'au contraire, et pour la première fois, lui ait la capacité de garder ses esprits aussi éveillés? Peut-être pour que ce moment partagé soit à la hauteur. De quoi? Il l'ignorait, ou ne savait simplement pas mettre les mots sur ce que c'était, tout ça.

Cela dit, Guillaume en vint à rapprocher son visage de celui de Gelli, au point où il ne resta plus que d'insignifiants millimètres de vide entre ses lèvres et les siennes. Il suffirait d'y penser pour qu'ils ne s'embrassent, et c'est ce qu'il fit, pressant avec douceur ses lèvres sur les siennes, une main venue rejoindre le côté droit du visage de Gelli, l'autre le gauche. Il l'embrassa comme il n'avait l'habitude de le faire à personne, il l'embrassa comme on le fait dans les contes de fées, comme on embrasse la première fois. Et pendant qu'il l'embrassait, un mouvement de bassin vint ponctuer avec force le moment, mais bien qu'il fut en elle, à son tour fébrile sous l'emprise du plaisir, il ne quitta pas de suite ses lèvres, entreprenant tout de même un mouvement de va-et-vient à l'impulsion d'abord mesurée, mais de plus en plus ardente. À un certain point, il cessa de l'embrasser, et s'en remit presque entièrement aux allées et venues en elle se redressant d'abord légèrement, avant de finalement se laisser aller à enfouir son visage contre celui de Gelli, près de son épaule, son corps tout contre le sien, de plus en plus près du comble du plaisir... Et lorsqu'il y fut enfin, lorsque une longue et profonde expiration plus proche du gémissement que du soupir s'échappa de lui après les derniers élans incontrôlés de son bas-ventre, Guillaume se sentit envahir par une agréable torpeur. Ses paupières demeurèrent soudées l'une à l'autre alors qu'il se laissa enfin glisser sur le côté de Gelli contre ce qui restait de dossier au canapé. Couché sur le ventre, une main sur la taille de sa cochonne préférée et l'autre au-dessus de sa tête, il flottait entre le sommeil et l'éveil.

Comme un spectateur, il se vit marmonner d'incompréhensibles mots à Gelli, ou alors des mots que sa conscience lui interdit de comprendre, avant d'être soudainement aspiré en lui-même et brusquement assommé par le sommeil et englouti par le rêve.

Toc, Toc. Il était dans son appartement, on était demain, ou alors hier... Et sa grosse porte venait d'être frappée. Une visite surprise. On ouvrit avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir, lui qui juste avant... N'existait pas. Il découvrit du coup devant lui une version presque identique de lui-même, un Guillaume souriant aux cheveux d'argent et aux yeux clairs. « Je sais que tu ne nous attendais pas si tôt seulement, ma réunion s'est terminée plus tôt que prévue. Aschton s'est pas pointé, figure-toi... Je vais sérieusement devoir lui parler, à celui-là. » Nous? La main de son clône venait en effet trouver appui sur la taille de quelqu'un, et ce quelqu'un, c'était Gelli. « Ça va, petit frère? On te réveille, peut-être? Ou alors t'étais avec quelqu'un... » Merde c'était Alexandre. « Non, je suis seul... » Ah ouais? « Je crois... » Rires. « J'vais pisser. » Ça, c'était Gelli. Enfin un truc normal. La porte de la salle de bain fermée, Alexandre se laissa tomber dans un fauteuil. Guillaume se décida au bout d'un instant d'hésitation à le rejoindre et à prendre place dans le canapé, les yeux rivés à... son jumeau. « J'te jure Guillaume, Gaëlle, c'est la femme de ma vie... » C'était donc ça, la main. « La première et la dernière. » Alexandre sembla plongé dans ses souvenirs un moment, puis revint à son frère, sourire au coin des lèvres. « Déjà à l'Académie j'étais certain d'avoir trouvé la bonne... T'en fais pas, ça t'arrivera, à toi aussi, un de ces jours. Faut que t'y crois, voilà tout. Pas besoin d'être Sous-chef de la Brigade anti-piraterie pour vivre le grand amour. -T'es Second!? -Très drôle... Et toi alors, t'es mécano? » Mécaquoi? « Tu sais Guillaume, j'ai toujours crut que tu aurais fait une excellente Sentinelle si t'avais mis un peu plus de coeur à l'ouvrage... Toi qui aimes tant le ciel... Tu sais, il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Tu pourrais suivre un cours de pilotage, et piloter des aéronefs marchands. » Sauvé par la chasse d'eau. Gelli ressortait de la salle de bain et se dirigeait désormais vers la cuisine. Elle se servit un verre d'eau, se dirigea vers la chambre de Guillaume et ferma la porte derrière elle une fois à l'intérieur. On aurait dit qu'elle était chez elle. C'est à peine si elle lui portait attention. « Et puis Guillaume, ça serait bien si tu élargissais un peu ton cercle d'amis, tu penses pas? Kris Rheo, il a beau être une rockstar, il reste qu'il n'est pas très... enfin tu vois ce que je veux dire... Je te le répète, si t'as envie de venir, quand je sors avec mes potes, t'es le bienvenu. Ils t'apprécieraient, c'est certain. » Non mais qu'est-ce qu'il pouvait répondre à ça... Ta gueule connard tu m'as piqué ma vie? Gelli choisit encore le bon moment pour réapparaître et cette fois, ce fut vêtue d'une chemise blanche trop grande pour elle. Elle les rejoignit au salon et vint embrasser Alexandre au coin des lèvres. « Bonne nuit! » Pas un regard pour lui, rien. Elle claqua derrière elle. « C'est quoi son problème, à elle!? -Lui en veut pas, Guillaume. La journée a été longue et, je crois qu'elle commence à en avoir marre que tu vives avec nous... -Quoi!? -Oh d'ailleurs à ce sujet, y'a un type à la tour qui m'a dit qu'il y avait des logements pas trop chers à louer par chez lui. Rambo, tu le connais? Chic type. Bref, paraît que le proprio est correct... » Il n'écoutait plus.

En ouvrant les yeux, il ne vit d'abord pas grand chose. La pénombre s'était installée dans l'appartement, mais de la lumière provenait de la chambre de Gelli, et des voix. Alors ça avait cogner pour vrai? Peut-être, il n'en savait fichtrement rien.

-Complètement fou, ce rêve...

Il se retourna paresseusement sur le dos sous... la couverture, et posa ses mains derrière sa tête. Il souleva la mystérieusement-apparue-là couverture et put donc confirmer avec certitude que ce qu'il soupçonnait être arrivé avant son délire était bel et bien arrivé. Il était nu comme un bienheureux vers.

-Wow...

Ouais. Genre que, il avait couché avec Gelli. Et maintenant elle était où, sa sirène estropiée, qu'il envoit claquer sa main sur ses grosses fesses? Enfin, façon de parler...
Il s'assit, faisant gémir le canapé qui venait de se prendre un autre coup de vieux, avant de poser ses pieds parterre, sans que ses fesses ne quittent tout de suite le moelleux siège, tout en gardant autour de ses hanches la couverture.

-heeeyy...

Sa voix rauque, son ton las, s'élevèrent en cette molle contestation contre la lumière qui venait d'être allumée. Ô yeux, ô douleur, ô brutal éveil, qui donc osait ainsi s'en prendre au prince?

-Hey...

Cette fois, cela exprimait l'étonnement (aussi étonnant que le ton le laissait pourtant si mal sous-entendre), car bien que ses yeux étaient temporairement réduits à l'état de minces fentes dans sa tête pour cause d'aveuglement, Guillaume voyait bien que la silhouette plantée devant lui n'était pas celle de Gelli.

-'z'êtes pas Gelli...
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Ven 3 Avr - 1:07

Peut-être que ce n’était plus Guillaume. Ca devait être ça, c’était pas lui ! Même en n’ayant jamais couché avec lui, Gaëlle savait très bien comment il se comportait avec les demoiselles qui occupaient ponctuellement son lit, et elle aurait pensé qu’il serait à peu près comme ça avec elle. Mais… Cette attente, cette lenteur, ces caresses, et puis ce regard. Elle en était toute déboussolée. Ce n’était pas que ça la dérangeait, mais elle ne se l’était jamais imaginé comme ça. Il fallait savoir que Gaëlle s’imaginait toujours les choses avant qu’elles n’arrivent, histoire de ne pas être prise de court, même les choses les plus improbables qui soient, comme par exemple faire l’amour avec Guillaume. Elle avait tracé et retracé le scénario dans sa tête des milliers de fois, à tel point qu’elle ne parvenait plus à déterminer quel cheminement semblait le plus plausible. Jamais elle n’aurait pensé qu’il serait aussi… tendre. C’était hors de ses élucubrations.

Mais tout ça n’avait que peu d’importance finalement, parce que Guillaume venait de poser ses lèvres sur les siennes dans un baiser à la fois ardent et délicat. Elle aurait voulu le manger tout de suite tellement ça lui plaisait. Lorsqu’il scella enfin leurs corps, cela paru tellement naturel qu’elle ne le réalisa pas tout de suite. C’était dans l’ordre des choses en fait, Guillaume dans Gelli, Gelli dans Guillaume, elle ne savait plus. C’était juste du Gelliaume. Ou du Guilli, mais ça non plus elle ne savait plus. Elle n’avait plus envie de savoir les choses et de les analyser comme elle faisait d’habitude. Ca ne lui semblait même pas stupide, parce que tout simplement il n’y avait plus dans sa tête qu’une grosse touffe de cheveux bleus, munis d’une paire d’yeux au regard profond, comme surpris de leur propre profondeur. Et puis tout ce qui allait avec. Le torse dénudé, tout d’abord, ces courbes si fermes qui avaient rendues ardentes la plupart des nuits qu’elle passait seule dans son lit, et… Non, il venait de s’allonger complètement sur elle. Surprise par une vague de chaleur montant de son ventre, Gaëlle ferma les yeux et expira brusquement. Les mouvements se firent plus appuyés, et le canapé grinça. Elle gémit de nouveau, mais de douleur cette fois-ci, en sentant son dos brûlant frotter contre le tissu. Guillaume était déjà trop loin pour s’en rendre compte, et de toute façon elle n’aurait voulu qu’il s’arrête pour rien au monde. Le cocktail était épicé, le plaisir était de fait doublement apprécié. Le dos arqué pour participer du mieux possible à l’étreinte, la jeune femme entrouvrit les lèvres pour attraper entre ses dents un bout de cette oreille qui se mouvait décidément trop près de sa bouche, et le mordit doucement avant de souffler à l’intérieur quelques mots précipités.

- Guillaume, c’est bon…

Comme pour se prouver à elle-même qui s’agissait bien de Guillaume et pas d’un quelconque amant. Combien de fois avait-elle mit son visage à la place d’un autre, pendant ces moments ? Mais ce soir c’était lui. Dire qu’elle n’avait pas encore réalisé ça. Elle répéta son nom à nouveau. Oui… C’était lui, c’était vraiment lui. Il l’avait bel et bien regardée comme il l’avait fait tout à l’heure, et puis embrassée pareil. Ce n’était pas un autre. Elle sembla se réveiller un peu plus, et prononça encore le nom de l’aimé. C’était tellement bon… Elle le cria enfin, emportée par la tumultueuse danse dont chaque pas engendrait à la fois douleur et plaisir. Ses poumons fatigués n’arrivaient plus vraiment à tenir le rythme, alors elle ne respirait quasiment plus. C’était comme si on la noyait, mais qu’elle adorait ça. Lorsqu’il jouit, gémissant longuement à son oreille, elle atteint elle aussi le sommet des émotions. C’était rare que cela se passe ainsi, mais dans ce cas là… Il n’y avait qu’à se souvenir de ce qui était arrivé aux mines. Gaëlle était liée à son bleu par une certaine empathie… Le voir souffrir lui avait arraché des larmes de douleur, et de même le sentir avoir autant de plaisir au point de l’exprimer ainsi provoqua en elle le même déferlement de bonheur. Incontrôlable, elle planta ses ongles dans les dos de son partenaire et laissa échapper de son ventre une longue plainte qui se répercuta sur les murs de son salon.
Ensuite il fut temps de reprendre son souffle, et elle crut qu’elle allait mourir de douleur en sentant des milliers de piques traverser sa poitrine. Elle cria de nouveau, mais personne ne dût faire la différence. Quelque chose d’humide coulait sur ses joues, mais elle n’était pas en état d’y réfléchir.

Instinctivement, elle s’accrocha à Guillaume qu’il s’éloignait déjà et se mit à trembler contre lui. Le froid avait commencé à envahir l’air ambiant lorsqu’elle réussit enfin à retrouver une respiration normale. Maintenant que plus aucun plaisir ne remontait de son bas-ventre, la douleur était omniprésente. Les dents serrées, elle agrippa plus fort son Guillaume. C’était comme si il n’y avait plus qu’eux, et le canapé, qu’elle sentait tanguer.

Il ferma les yeux. Remuée par ce qui venait de se passer, Gaëlle se tourna sur le coté pour que leurs ventres soient de nouveau en contact et attrapa sa lèvre supérieur entre les siennes afin de l’embrasser doucement. D’aucun aurait pensé que coucher avec son meilleur ami l’aurait rendue furieuse contre elle-même, mais Mme Raison avait définitivement pris un coup sur la tête : la jeune femme avait rarement été aussi heureuse. Elle lui sourit, mais il dormait déjà profondément. Qu’importe. Elle l’embrassa de nouveau, caressa son nez avec le sien, prit son oreille en coupe pour lui dire qu’elle l’aimait, passa lentement une main dans ses cheveux et retraça du bout des doigts les excitantes petites collines de son abdomen. Autant de fantasmes qu’elle réalisait enfin. Soucieuse, elle remarqua que ses ongles avaient laissé de sérieuses griffures dans son dos, et y déposa une multitude de petits baisers comme pour se faire pardonner. Elle se découvrait très niaise, et elle n’était pas tout à fait sûre d’aimer ça.

- Mon Guillaume…

On frappa, assez rudement. Fin brutale de la doucereuse torpeur. Le monde sembla retrouver tout son sens autour du couple enlacé, les meubles cessèrent de ne plus être et reprirent leur place habituelle dans la petite pièce, la lumière aussi revint de nulle part pour éclairer impoliment ces morceaux de chairs dénudés. Comme par automatisme, les yeux de Gaëlle furent attirés par la grosse horloge : presque 7h. De l’autre coté de la porte d’entrée, une voix nasillarde entonna un air en vogue.

- Helloooooo honey… Ton amour vient te chercheeeeer…

Grognement.

- Putain de merde.

Que venait faire Kris Rheo chez elle ? Une demi seconde fut nécessaire pour trouver une explication plausible – Guillaume – et une autre demi seconde pour qu’elle se retrouve debout. Nue, mais debout. Par réflexe, sa main alla trouver la vieille couverture qui traînait sur le coffre, et l’étendit sur l’homme dénudé qui dormait dans son canapé. De l’autre main, elle enfilait déjà le tshirt, qui avait eu le bonheur de retomber assez près de là.

- Dépêche-toi de le saisiiiiir…

Mais où étaient ses putains de béquilles ? Sautillant sur un pied, elle avait rassemblé les vêtements épars qui gisaient au sol, et les avait envoyé valdinguer dans la salle de bain avant d’en fermer brusquement la porte.

- Dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi !

Toujours sautillant, Gaëlle se dirigea vers la porte en serrant les dents à s’en briser la mâchoire. Elle était tellement bien avant ça ! Il allait le lui payer cher, et s’en rendrait compte bien assez vite.

- Heyyy ! Salut Gaëlle ! La pêche ?
- Qu’est-ce que tu fous là ?
- Wow, t’as pas perdu ton sens de l’accueil petite cochonne.

L’enfoiré était en forme, en plus. Il la contourna, alors qu’elle bloquait l’accès pourtant assez clairement, et lui envoya une petite claque sur les fesses en passant.

- Continue comme ça.

Il mit quelques secondes à réaliser la chose, mais lorsqu’il se retourna, son visage exprimait un mélange d’indignation forcée et d’incrédulité.

- T’es vraiment à poil en dessous ?

Ne trouvant rien à répondre pour démentir cette pourtant évidente information, la jeune femme lui lança un regard noir en claquant la porte.

- Tu veux venir vérifier ?

En fait le tshirt de Peggy la Cochonne était assez grand, et il lui tombait juste au ras des fesses. Ca irait, tant qu’elle ne se baissait pas…
En tout cas, Kris eut l’intelligence d’ignorer la question.

- Je viens chercher Guillaumette. On a des poulettes à faire griller ce soir, y’a une soirée spéciale au Huge. Il fit un clin d’œil appuyé. Tu veux venir ?

Très drôle. Elle se contenta de le foudroyer encore du regard.

- Bref, puisque tu me demandes COMMENT je sais qu’il est là, je vais te répondre. En fait, c’est le mythique sixième sens de Kris Rheo qui…

Elle ne l’écoutait déjà plus, se dirigeant à petits sauts vers sa chambre.

- Ta gueule, il dort.
- Ooooh, mais alors c’est pour ça que t’as un tshirt avec une cochonne dessus et que t’es à poil en fait !

Comme elle l’avait espéré, il la suivit dans sa chambre et passa à coté du canapé sans voir Guillaume.

- Vous étiez en train de faire… Des cochonner…
- Mais ta gueule je te dis !

Il arriva dans la chambre et ne vit personne. Gaëlle s’allongea sur son lit et tira la couette sur ses jambes. Il lui était impossible de tenir debout plus longtemps…

- Il est où ?

Lasse, Gelli se résigna à exécuter son plan B, tout simplement parce qu’elle n’avait pas eu le temps d’élaborer un plan A.

- Il est arrivé tout à l’heure, complètement trempé. J’ai fait séché ses affaires, et du coup en attendant il s’est endormi sur le canapé. Et si je suis à poil c’est juste que je me changeais, putain !

Elle avait dû crier la dernière phrase parce qu’il était déjà sorti, allumant la lumière dans le salon afin de vérifier si oui ou non son pote était vraiment dans le canapé.
Gaëlle se laissa tomber sur son coussin, et regretta aussitôt son geste en sentant ses côtes crier que ça faisait mal. Bon sang… Le réveil était vraiment difficile. Elle avait du mal à croire que ce qui était arrivé était vraiment arrivé. Kris cassait tout, avec sa voix tonitruante et sa curiosité mal placée. Elle aurait voulu passer la nuit à se serrer contre Guillaume, à caresser sa joue avec la sienne et à l’observer en silence, mais visiblement ce ne serait pas possible. Elle avait peur de le laisser partir comme ça, mais ne pouvait rien faire. Si il sortait, il y avait de grandes chances pour que tout soit effacé. Tout était trop blanc, trop gris, trop noir ! Elle ne savait pas. Et c’était terrifiant de ne pas savoir.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Mer 8 Avr - 22:50

-Non, parce que moi je ne couche avec mon meilleur pote, contrairement à d'autres...

Cette voix exagérément virile, ce ton arrogant, cette silhouette qui ne cessait de gagner en clarté, dont les traits se dévoilaient à travers le voile flou qui lui couvrait les yeux...

-Pourquoi t'es là...?

Sans reproches, juste étonné, bêtement étonné, naïvement étonné.

-Je suis toujours là pour toi, mec. Ouais, alors je suis venu te chercher, pour ton bien, mais on dirait bien que... Tu t'es fait du bien tout seul... J'veux dire, sans moi...

Sacré lui, sacré connard, sacré langue pendue qui lui traînait entre les deux jambes. Guillaume, toujours légèrement confus, se grattait la tête distraitement en fixant le vide sans vraiment le voir, considérant qu'on puisse voir le vide.

-Alexandre?

Levant les yeux et les bras au plafond, carrément exaspéré, Kris grogna avant de tendre ses mains ouvertes vers son ami en le rejoignant. Il lui empoigna la tête pour le forcer à le regarder.

-GUILLAUME!

Passant subitement de la colère à un sentiment de désespoir totalement démesuré, il feint les pleurs et s'agenouilla devant Guillaume, lâchant sa tête pour s'en prendre à son corps tout entier, le pressant contre lui avec émotion. Et l'autre, la victime, il demeurait mou et apparemment indifférent aux démonstrations affectives de la rockstar, ailleurs.

-Ooooh Guillaume mon amour j'ai eu tellement PEEUR pour toooi!
Il s'interrompit, leva vers le visage de son bleu de Vollmer des yeux ronds de scandale.

-T'es tout nu.

Il lui avait effleuré le postérieur, dans son élan de tendresse, et la vérité s'imposait. Il en avait rit, mais voilà qu'elle s'avérait vraie, une vraie vérité, c'était terrible. C'est surtout qu'au même moment où sa main avait erré trop loin, il avait vu, sur le sol, entre la patte d'une chaise et la patte de la table, les libellules de Guillaume. Depuis quand on fait sécher un slip en le jetant parterre?

-Depuis quand on fait sécher un slip en le jetant parterre?

Il s'était levé, avait marché, s'était accroupit et avait attrapé du bout de son index et de son pouce le vêtement, l'élevant bien haut. De son autre main, il le pointait, et de toute sa belle face, il fixait Guillaume.

-Tu l'as vraiment fait avec elle!?!

Faut dire que Kris, il était un témoin significatif de toute leur histoire, de ses débuts à aujourd'hui, et jamais l'idée que ces deux potes en viennent à coucher ensemble ne lui avait effleuré l'esprit, pour lui c'était comparable à s'imaginer que lui et Guillaume coucheraient ensemble. Un peu.
Presque complètement sorti des dernières vapeurs du sommeil, Guillaume regardait désormais Kris avec un sérieux ennuyé.

-Ouais et alors? T'es con Kris.
-QUOI!?!

Quelle diva... Il avait prit ce ton outré, serrant désormais avec force le sous-vêtement dans son poing.

-T'es con! Pourquoi tu dis ça : « Tu l'as vraiment fait avec elle »? C'est con! Parce que toi t'es con! Mêle-toi de ce qui te regarde! Je couche avec qui je veux! Et arrête de me suivre!
-QUOI!?!?!?!

Il ne comprenait rien. C'est ce que se disait Kris en entendant son Guillaume se vider le coeur. Il ne comprenait vraiment rien à rien, il interprétait tout mal. Il n'en avait pas contre Gelli, au contraire, même s'il l'agaçait souvent, il la respectait, en tant que grande amie de son grand ami. Guillaume ne l'avait jamais traitée comme les autres alors, s'il voulait rester ami avec lui... Bref, sa logique avait du sens, mais l'autre là, ce con de Second prenait tout de travers et lui, il n'était pas fichu de s'expliquer. Le rouge lui avait monté au visage et tout ce qu'il trouvait à dire c'était :

-QUOOOOI!!???!

Ou encore :

-J'te suis pas! C'est TOI qui me suis!

La dernière fois que Kris et Guillaume s'étaient disputé, c'était devant la télévision en visionnant un épisode de la Ferme en folie. C'était à propos de la cochonne au caractère de cochon. Guillaume soutenait qu'elle finirait avec le cochon auquel il lui manquait une patte parce que le fermier et sa famille l'avait bouffée pour Pâques, alors que Kris lui disait plutôt qu'elle finirait avec le gros porc dont on ne voyait plus les yeux tellement il avait de gras sur la tête. Kris avait quitté l'appartement de Guillaume en coup de vent, et avait rappelé vingt-six minutes plus tard en proposant qu'ils s'excusent en même temps de leur comportement. C'est ce qu'ils avaient fait, et finalement Kris était revenu, et ils avaient joué à la guerre en foutant le bordel dans l'appartement.

-Tu sais même pas quoi dire, Kris.
-C'est toi qui sait pas quoi dire, c'est toi qui me cherche!
-Au contraire Kris, ce que je veux c'est que tu me fiches la paix, pour une fois!
-QUOI!????
-FICHE-MOI LA PAAIIIIX!!!

Et vlanpantanlan! Il claquait la porte derrière lui et se plantait en descendant les marches. Un peu plus et il braillait à chaudes larmes en se jetant tête première dans son speeder de luxe. En fait, il pleurait sans doute à chaudes larmes lorsque son chauffeur ferma la porte, roulant des yeux en constatant la rockstar échouée comme une grosse baleine sur la banquette arrière, visage enfoui dans ses bras. Il marmonnait des trucs genre « il est vraiment pas gentil » ou « je l'aime plus » ou pire « c'est plus mon ami ».
Pendant ce temps, plus haut, dans l'appartement de cette pauvre Gelli, Guillaume se levait en s'entourant de sa couverture et rejoignait la chambre de sa petite cochonne. Il avait l'air grognon, buté même, plus affecté par cette stupide chicane qu'il ne croyait l'être. Il s'assit lourdement au pied du lit et s'adressa à elle sans la regarder, le regard fixé au mur devant lui.

-Je le hais c'est vraiment un con je veux plus jamais le revoir c'est plus mon ami.

Il baissa les yeux, les traits durcis de son visage se relâchèrent quelque peu, ainsi que ses épaules, en un soupir. Et puis, Guillaume tourna la tête vers Gelli, piteux.

-J'ai fais un rêve. J'ai rêvé que tu sortais avec mon frère jumeau Alexandre et qu'il était un con. J'étais pas Sentinelle, je vivais pas chez moi, j'étais mécano... J'étais pas moi. Un autre moi. Le moi de s'il était pas mort.

À ces mots il se laissa doucement tomber sur le côté, sur le lit auprès de Gelli. D'ailleurs qu'adviendrait-il d'eux? À cette question il aurait haussé les épaules. Comment savoir... Et voulait-il seulement savoir? Pas vraiment. Là, avec Gelli, il était bien, alors inutile de se casser la tête parce que forcément, ce serait sans issue valable s'il se mettait à réfléchir. Autant s'en tenir aux choses simples.

-Il est parti avec mon slip.

Mentalement il s'était dit qu'il s'en tiendrait à ça, mais la barrière mentale ne fut que d'une très temporaire efficacité, une question de fraction de seconde.

-Mon deuxième préféré, en plus.

Il était sérieux, attention.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Ven 17 Avr - 2:46

[Merde c’est chiant, je met des q à la place de a sur un clavier azerty maintenant T.T]

- Il est pas perdu…

Parlait-elle du caleçon ou de Kris ? Gaëlle venait de se retourner douloureusement vers Guillaume, après avoir passé quelques minutes allongée sur le coté à regarder fixement sa petite armoire poussiéreuse. Les disputes entre le bleu et son grand copain la star n’étant pas à proprement parler rares, ce n’était pas comme si c’était sa première fois. Elle s’en lavait les mains. Kris pouvait penser ce qu’il voulait de sa relation avec Guillaume, elle n’avait pas besoin de son approbation. Mais ça c’état une chose qu’il ne comprendrait sans doute pas avant un moment… Et puis Guillaume était son ami ! Elle, elle était juste l’amie de l’ami. Donc, qu’ils lavent leur linge sale entre copains. De toute façon, elle se sentait trop mal pour bouger, et commençait a comprendre pourquoi le médecin avait lourdement insisté sur le « pas d’efforrrrt physsique, mademoisselle, surrrrtout pas d’efforrrrt physsique ». C’était comme si un troupeau d’éléphants avait joyeusement dansé la gigue sur son corps. D’ailleurs, le mouvement qu’elle fit pour se retrouver face à son Guillaume lui arracha une grimace à peine dissimulée.

- Alexandre…

Elle avait prononcé ce mot comme pour s’aider à réfléchir. Ca lui disait vaguement quelque chose… Quelque chose que Guillaume lui avait dit juste après l’accident, dans le chasseur. Ca lui était un peu sorti de la tête en fait, mais maintenant qu’il en reparlait, elle se maudissait d’avoir oublié un truc aussi énorme.

- Ton jumeau !

Léger sursaut. Ouch…

- Non, sérieux, t’as vraiment un jumeau. Tu as dit quelque chose comme… Merde, il est mort ?

En fait, elle ne se rendit compte qu’après que ce qu’elle venait de dire etait un peu rude, mais décida que ce n’était pas grave. Ce n’était son genre de prendre des pincettes de toute façon.

- Oh… Bizarre ton rêve.

Elle tendit une main vers sa joue pour l’attirer vers son visage a elle, afin qu’il soit assez proche pour qu’elle puisse l’embrasser sans avoir à se soulever du matelas. Ce faisant, elle sentit le bandage de sa poitrine glisser sur ses hanches. Pourquoi déjà ? Ah oui, ça avait pas mal remué tout à l’heure. Elle avait le cerveau lent, comme anesthésié. La douleur aidait, aussi.

- Merde, ça s’enlève encore ! Tu comprends maintenant pourquoi je le met pas pour dormir !

Une moue vindicative sur le visage, elle leva obligeamment les bras. Cela signifiait clairement « Enlève-moi encore ce putain de tshirt ». L’opération fut assez ardue du fait qu’elle poussait un grognement menaçant a chaque fois qu’il lui faisait un peu mal. En fait, Gelli se comportait tout à fait normalement. Elle n’avait pas encore bien réalisé ce qui s’était passé dans le salon, mais c’était certain que ca viendrait très vite. Disons dans les 24h. Elle s’accordait une sorte de délai.

Une fois dénudée, elle tira sur les bandages défaits et les lui tendit sans dire un mot. Il comprendrait. C’était étrange, elle avait l’impression d’avoir fait comme un pas en avant. Elle le connaissait mieux, presque. Maintenant elle savait comme il faisait l’amour, et loin de la décevoir ou quoique que ce soit d’autre, cela la stimulait davantage. Elle voulait savoir encore. Et aussi savoir la façon dont il aimait. C’était un fantasme, un rêve. Un truc qu’elle voulait faire, tout en sachant qu’il y avait une chance sur beaucoup pour que ça arrive un jour. Quoique… Maintenant qu’elle l’avait là, à poil sous une couverture, aux petits soins a rebander son dos, elle se surprit a espérer que la probabilité s’inverse. Mais c’était illusoire. Elle l’avait toujours vu se comporter avec les femmes comme un gosse avec des jouets. Il se passionnait pour une rencontre, et la jetait quelques jours plus tard, désintéressé. Peut être que ça ferait pareil avec elle… Mais non, impossible. Déjà parce qu’il bossaient ensemble, et que Gaëlle n’était pas une de ces gourdes décolorées. Jamais elle ne se laisserait traiter de la sorte, et l’autre bleu devait bien savoir ce qui lui coûterait d’agir de la même façon. Peut être que ça lui ferait assez peur pour le faire hésiter…

- Attrape-moi les pilules bleues sur l’étagère s’il te plait.

Des anti-douleur, en fait. En souriant, Gaëlle pensa qu’il avait dû lui fêler une ou deux côtes de plus à la serrer comme il l’avait fait.

- Je veux que tu restes cette nuit.

Elle avala fièrement les médicaments et lui attrapa le bras d’un geste possessif.

- Et t’as intérêt à être là demain matin à mon réveil.

Elle tira sur la couverture dont il se servait pour dissimuler l’incroyable, et fronça les sourcils.

- Viens par là.

L’antre de la cochonne s’ouvrit assez pour le laisser s’introduire au chaud. Hors de question de le laisser s’échapper ce soir, qui sait ce qui pourrait lui passer par la tête ? Il pourrait décider que rien ne s’était passé avec Gaëlle, et tirer un trait dessus. Au moins, si il la tenait dans ses bras aux moment de la réflexion, elle faisait en sorte qu’il raye cette option de la liste.

- Et puis… Comment tu vas faire demain, sans caleçon ? Tu peux quand même pas te balader avec juste un pantalon et rien dessous.

Elle lui colla un bisou dans le cou, avant de se positionner sur le dos. Ca faisait moins mal ainsi. Et puis elle était tellement bien, comme ça. Si elle penchait un peu la tête sur le coté, les cheveux de Guillaume lui caressait la joue. Elle pouvait sentir sa respiration régulière glisser sur sa peau. Ca aurait été très excitant si elle n’avait pas été si fatiguée et si… repue.

- C’est pas digne d’une sentinelle…

Peut être était-ce son corps qui avait plus que jamais besoin de repos, ou bien tout simplement sa conscience qui avait décidé de mettre fin à ce babillage inutile, en tout cas Gaëlle s’endormit à cet instant.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Sam 25 Avr - 1:20

-Mm...

Pas digne d'une sentinelle, qu'elle avait dit. Une sentinelle... Et bien oui, une sentinelle, c'est que tu es, vaillant Guillaume. Une libellule qui explose la tête des mouches, rien de moins. Tu es... bleu. Comme le ciel. La Terre ne t'a rien donnée, de toute façon, alors tu as choisi le ciel, tu te souviens? Et à la grosse verte, tu lui as montré ton majeur bien fièrement la première fois que tu as pu t'en libérer tout seul. Voilà pour toi sale tas de poussière! Voler... Quelle bonne idée. Quelle idée de génie, même. Demain, il volerait. Déjà il s'imaginait aux commandes de son chasseur à exécuter des figures toutes plus périlleuses les unes que les autres. Ne jamais perdre le contrôle. C'est sa soi-disant théorie, mais en pratique, le brillant Vollmer n'est qu'un pilote aveuglé par la confiance et enivré par une insatiable soif de vitesse et d'adrénaline. Mais bien entendu, de cet esprit insensé ne transparait qu'une expression faciale sérieuse, l'homme apparemment concentré, alors qu'au fond, dans sa tête et dans son coeur, c'est la folie à l'état pur.

Il n'avait pas dormi, ou peu, enfin... Première constatation, ou du moins impression, en rouvrant les yeux. Il était étendu sur le côté, près de Gelli, un bras sur son ventre, le visage proche de son cou, juste bien penché pour que son regard ne s'enligne parfaitement avec la poitrine que laissait deviner le t-shirt mauve. Il soupira et, le bras sur le ventre s'éleva sous la couverture afin de venir placer la main juste au-dessus d'un des seins. Poup. Du bout de l'index, il appuya doucement sur la cîme du petit mont avant de diriger vers le visage endormi de Gelli sa sienne de face de gamin qui fait des expériences. Douteuses. Elle n'avait pas réagit. Bon, d'accord, et ensuite? Bah rien, ensuite. Guillaume se retourna sur le dos, mains sur son sien de ventre, et regarda le plafond. Il ferma les yeux, les rouvrit, les referma. Blanc, noir, blanc, noir, blanc... Il tourna la tête.

-Gelli...

Elle dormait pour vrai, décidément. Et lui, il n'avait absolument pas sommeil, ou plutôt plus sommeil. Faisant gaffe à ne pas trop bousculer sa voisine, il se redressa dans le lit, s'asseyant sur le bord avant de se lever, se défaisant de l'étreinte des couvertures qui glissèrent paresseusement sur lui pour finalement l'abandonner à sa nudité. Il entreprit dès lors de fouiller les tiroirs de la chambre jusqu'à qu'il trouve de quoi lui garder les fesses au chaud. Il se contenta d'un short, ou bas de pyjama, un truc qui avait un certain potentiel de confort, malgré sa couleur, rose. Avant de quitter la pièce, il se retourna une dernière fois, mais poursuivit sans plus s'attarder; elle dormait.
Finalement, c'était le matin. Petit, mais matin quand même, parce que sur la minuscule, que dis-je, microscopique, télévision de Gelli, il y avait les dessins animés, les tous premiers, sur le canal Bouh!, qui auparavant s'appelait autrement mais qui assez récemment avait changé de nom. Cela dit, Guillaume s'adonna à son traditionnel rituel, s'installant devant la ridicule machine, sur le sofa, étendu sur le ventre, le visage appuyé dans ses mains. Une vingtaine d'années plus tôt, la situation était à quelques détails près identique, avec un Guillaume rapetissé devant un téléviseur au moins dix fois plus grand. Il était toujours le même, au fond, seulement s'était ajoutée à son coffre à jouets une collection de poupées. Des brunes, des blondes, des rousses, des noires... Toutes belles et déshabillables à souhait.

-Punaise... Je l'ai déjà vu au moins cinq fois...

Toujours agréable, de se parler. Les nouveaux épisodes étaient rares, à la Ferme en Folie, et encore une fois ce matin, on présentait celui où les cochons principaux avaient un flash back sur leur enfance, quand un loup avait faillit les manger et n'était finalement reparti qu'avec une jambe de petit cochon parce que le gros porc de la ferme était arrivé à temps et, vu qu'il se prenait pour un chien, il avait fait peur à l'autre.
« toc, toc »
Kris? Déjà!? Un sourire amusé au coin des lèvres, c'est fort content que Guillaume s'empressa de se lever pour aller ouvrir à qui cognait. Haha! Ce Kris... Il ne pouvait vraiment pas se passer de lui, c'était clair. Il disait toujours avoir des millions d'amis mais, c'était n'importe quoi, évidemment, et il ne supporte pas la solitude alors du coup, le voilà qui revenait en courant vers sa sentinelle préférée. Ce qui était bien, se disait Guillaume en approchant de la porte, c'est qu'il n'aurait pas à s'excuser.
Il ouvrit.
Des cheveux longs, épais, foncés, cadraient sur un visage ovale, fin, beau, sur lequel s'étirait un sourire espiègle. À sa grande surprise, Guillaume dut baisser les yeux pour rencontre le regard rivé sur lui, et par « lui », entendons « tout entier », des pieds à la tête.

-Mignon le... caleçon..!?

Si seulement ça avait été Kris. Se grattant le derrière de la tête distraitement, Guillaume grimaça un sourire gêné. En fait ce qui le dérangeait, ce n'était pas tant de porter, et porter uniquement, un short rose trop petit pour lui, c'était qu'elle soit là, ici, devant lui, maintenant.

-Qu'est-ce que tu fais ici?

Part! Part!

-Un type à la Tour m'a donné l'adresse parce qu'on n'arrivait pas à te rejoindre chez toi.
-Qui?
Qu'il lui fasse regretter...
-Un petit rouquin. Stagiaire je crois.

AH! LUI! Petit morveux il payerait... Et puis comment ça se faisait qu'il connaissait l'adresse de Gelli? Il alla pour demander mais, elle le devança.

-On a une mission. Un marchand décolle dans une heure, son aérostat est chargé et il doit se rendre au Sud du continent.
-Ah...

C'était pour ça l'uniforme... Bah, n'empêche que, la connaissant, elle ne devait pas détester l'idée de porter un truc moulant. Regardant par-dessus son épaule, vers l'appartement, Guillaume réfléchit, franchement ennuyé par la tournure qu'avait pris sa séance de Ferme en Folie, avant d'en revenir à Brynn.

-Attend-moi une minute.

Il ferma la porte, ignorant le sourcil qu'avait haussé la demoiselle et retourna vers la chambre de Gelli. S'asseyant sur le lit, il se pencha sur elle, rapprocha son visage du sien.

-Gelli... Gelli réveille-toi... Gelli, faut que je parte bientôt.

Il attendit qu'elle ouvre les yeux pour de bon avant de s'expliquer.

-Figure-toi que je dois escorter un aérostat marchand qui décolle dans une heure... Il souleva la couverture, question de jeter un coup d'oeil sur le bandage qu'il avait refait. Ça devrait aller pour la journée mais... si tu veux... C'était un peu gênant quand même parce que... Je repasse plus tard, après la mission..? « Repasser », depuis la veille, prenait un sens un peu différent. D'abord est-ce qu'il était censé repasser, vu que... Ben... T'sais? Bon, j'vais m'habiller. Il se releva, prit la direction de la salle de bain, là où avaient précédemment échoué ses vêtements, mais juste avant... Hum... J't'emprunte ton short, ok?

C'est en mettant la main sur la poignée de la porte de la salle de de bain qu'il vit Brynn, dans l'appartement, sagement assise sur le canapé, ses longs cheveux bruns nouvellement attachés, son impeccable sourire à ses appétissantes lèvres. Il ne l'avait même pas entendue entrer. Et dans ses mains, elle tenait un vêtement plié, une combinaison.

-Je ne crois pas qu'on ait le temps de passer par chez toi alors, je t'ai apporté ça, de la Tour. Bleu, ça te va?
-Ouais.

Il s'empara du vêtement avant de fuir vers la chambre de Gelli à nouveau, refermant derrière lui avant de lourdement s'adosser contre la porte. Il entreprit d'enfiler la combinaison tout en s'adressant à Gelli.

-Brynn est ici... C'est le rouquin qui lui a donné ton adresse. Elle est venue me chercher.

Il n'enfila que le bas et ressortit rapidement, laissant la porte ouverte et marmonnant un truc qui se termina par « salle de bain », dans laquelle il s'enferma, d'ailleurs, dans un « punaise » bien senti bien que murmuré. Et Brynn, pendant ce temps, assise sur le canapé, jambes croisées, mains sagement jointes sur sa cuisse, se délectait d'une agréable attente, dans l'espoir, évidemment, d'avoir l'occasion de rencontrer la fameuse, la grande, l'incroyable Gelli, celle qui, disait-on, avait surcévu au Second ou, autrement dit, était la seule fille de son entourage à ne pas avoir sombrée dans l'oubli, le sien plus précisément. Sans doute le genre d'amie pratique à avoir, bien que pas nécessairement facile à gagner, la miss en était consciente.
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MessageSujet: Re: Pourri de chez populaire : La Gastronomie [Gellibean]   Dim 3 Mai - 14:51

Brrrmbl… Pas possible que ce soit déjà le matin. De toute façon, en vacances forcées, Gaëlle n’avait plus à se lever tôt depuis un petit moment. La grosse tête de Guillaume se trouvait juste devant la sienne, à déblatérer des choses. Quoi, au juste ? Ne pouvait-il pas dormir, comme tout le monde à cette heure-ci ? Curieusement, la première chose censée qui arriva à l’esprit de Gelli fut l’idée de lui enfoncer proprement la tête dans un oreiller. Plus de bavardage.

Pas impressionné le moins du monde par les pensées meurtrières de sa coéquipière, l’autre continua d’agiter les lèvres et de faire du bruit avec. Elle capta juste à partir de « Je repasse plus tard, après la mission ? », ce à quoi elle ne put répondre que par un silence un peu idiot, illustré par une bouche à moitié ouverte.


- Quoi ? Tu t’en vas ?

Trop tard, il repartait déjà vers d’autres cieux. Gaëlle se donna de l’élan avec les mains, et se leva.


- Ouuuuh…

Titubant laborieusement vers la porte, elle attrapa au passage un de ses béquilles, enfila une culotte sous son tshirt violet et suivit le bleu. Avec qui parlait-il ? Au moment où elle allait franchir la porte, il entra de nouveau, une combinaison à la main.

- Hé, où t’as eu ça ?


Les conclusions arrivaient bien trop lentement… Normalement ça allait plus vite.

- Brynn est ici... C'est le rouquin qui lui a donné ton adresse. Elle est venue me chercher.
- … Hein ?

Qui êtes-vous, qu’avez-vous fait de Gaëlle ? Elle se secoua les neurones assez violemment.

* Brynn *

Ah, voilà. Reconnexion effectuée. C’était pas comme si un rictus malveillant s’était étalé sur ses lèvres soudainement, mais c’était tout comme. Guillaume lui lança un regard genre désespéré avant de filer dans la salle de bain tel le vent. Il avait toujours eu du mal avec les joutes féminines.

Gaëlle sortit de la chambre à son tour avec un remarquable talent à dissimuler son état – pitoyable. Son rictus disparut, remplacé par quelque chose de beaucoup plus inquiétant : de l’apparente tranquillité. Au détour du couloir, elle s’appuya sur le mur se rendit coupable d’un des sursauts les plus habilement imités de l’histoire de l’imitation de sursauts en voyant Brynn assise dans le canapé.


- Guillaume ! Y’a une pute en cuir dans mon salon ! C’est toi qui l’as faite entrer ?

Une seconde, juste le temps de se délecter de l’expression horrifiée qui venait d’apparaître sur le visage de l’importune.


- Oh, non pardon, c’est juste Brynn !


La guerre était déclarée, pas vrai ? La brune venait de capter la chose, parce que maintenant ses deux sourcils étaient légèrement froncés. Rambo aurait trop rigolé.


- Stupide méprise, hm ?

- Plutôt…

Gaëlle se décolla du mur et s’empara du paquet de cigarette posé sur la petite télévision. D’ailleurs cette dernière était allumée, un épisode de la ferme en folie sur le point de se terminer. Les cochons dansaient en ronde autour du gros porc victorieux qui soulevait au dessus sa tête un petit cochonnet euphorique auquel il manquait désormais une patte. De l’autre main, Gaëlle éteignit le poste. Il était déprimant cet épisode.

Dégotant un briquet de derrière la télé, elle alluma sa cigarette et regarda l’autre brune de toute sa hauteur. C’était l’une des raisons pour lesquelles elle ne s’était pas assise. Brynn finit par briser le silence qui était devenu pesant.


- Alors… Comme ça, tu es en arrêt maladie ?

Bien joué Watson… Gaëlle l’aurait étranglée. Le coup du coussin c’était trop tendre
.

- J’avais besoin de vacances.
- J’ai lu les journaux.
- Cool…

Elle soupira et jeta un coup d’œil à la salle de bain, l’air ennuyé.

- Il y a quand même quelque chose que je n’ai pas compris…

- Hm ?
- Comment une bombe a pu se retrouver dans ton chasseur.
- Les pirates. C’était marqué dans les journaux.
- Oui, mais pourquoi ?
- Ils devaient pas aimer ma tête…

Agacée, Brynn se leva et vint se poser face à Gaëlle. Elle était légèrement plus grande, ce qui ne fit que renforcer la haine que Gaëlle ressentait déjà à son sujet.

- Pourquoi le chasseur est-il resté tout seul dans ce champ toute la nuit ?

Hum… Merde. Gaëlle tira sur sa cigarette pour se donner le temps de réfléchir. Un éclair de génie sembla illuminer son regard, regard qui défiait celui de l’autre brune. Autre brune qui attendait impatiemment une réponse, que Gaëlle finit par donner dans une longue expiration de fumée.

- Concours de circonstances.

- Bon sang Gaëlle !

Brynn avait presque crié. C’est qu’elle savait qu’il y avait à cet endroit un os à déterrer.

- Un chasseur ça coûte cher à l’Organisation des Sentinelles ! Il y a des règles élémentaires à suivre, et ne pas abandonner son engin en plein milieu de nulle part pendant plus de 24 heures en est une des plus évidentes ! D’autant plus au niveau de la sécurité, ce qui s’est passé était prévisible, c’était stupide de ne pas avoir fait plus attention.

Il y eu un silence, pendant lequel les deux sentinelles se défièrent du regard. Gelli expira une nouvelle fois et répondit finalement, toujours goguenarde.


- Je n’ai pas à me justifier devant une novice.

Brynn s’empourpra.

- Je suis sentinelle, au même niveau que toi !

- Erreur !

La voix de grave de Gaëlle avait tonné dans l’appartement. C’était la première fois depuis le début de la conversation qu’elle adoptait un ton menaçant. L’autre sursauta légèrement. Gaëlle se pencha en avant et parla très vite, assez doucement pour ne pas que Guillaume entende de derrière sa porte.


- Officiellement on est au même niveau hiérarchique, et nos salaires sont identiques, mais je suis sentinelle depuis assez longtemps pour avoir eu le temps de tisser ma toile à la tour Mirage. J’ai mené à terme plus de missions que tu ne pourrais en compter avec tes petits doigts manucurés, et la prime de risque que j’ai reçu pour celle là est loin d’être la première. Si en plus tu prends en compte la relation que j’entretiens avec Guillaume Vollmer, second de l’ensemble des patrouilles, j’ai officieusement bien plus de pouvoir que toi.

Elle se rapprocha encore, soutenant le regard tout flamme que lui adressait Brynn.


- Tu apprendras aussi que je suis une putain de teigne. Si tu t’approches encore de Guillaume avec le même genre d’idée que l’autre fois, je le saurai, et tu peux être sûre que ce sera ton dernier jour en tant que sentinelle.

Brynn eut un demi sourire.

- Ca ne m’impressi…

Guillaume choisit ce moment pour s’extraire de la salle de bain et surprit les deux femmes dans leurs face à face explosif. Aucune d’entre-elles ne bougea, trop occupées toutes les deux à détailler avidement le spectacle que leur offrait le second dans sa sublime combinaison moulante. Après un certain nombre de secondes, Gaëlle se rendit compte que Brynn faisait exactement la même chose qu’elle et jura. Laissant tomber sa béquille au sol, elle lança un bras vers SON bleu et s’arrima à son épaule.

- Dans la chambre, s’il te plait.

Dans son dos, elle entendit Brynn lui balancer une dernière saloperie.

- L’Administration ne manquera pas d’enquêter sur le déroulement de l’accident !

Gaëlle tourna à peine la tête.

- Ils l’ont déjà fait. Mais si ils veulent y revenir, je les attends !

Elle prit soin de claquer la porte une fois qu’ils furent tous les deux dans la chambre. Après avoir écrasé sa cigarette sur un magazine oublié là depuis des lustres, elle enlaça Guillaume. Pour ne pas tomber, aurait-elle prétexté.

- Je t’attendrai à la Tour ce soir. Ca me fera du bien de sortir de ce trou de merde.


Elle l’embrassa brièvement au coin des lèvres. La présence de Brynn derrière la porte la rendait plutôt mal à l’aise.


- Allez, dépêche-toi de faire sortir cette salope de mon appart.


A regrets, elle se détacha de l’appétissant bout de Guillaume qu’elle tenait entre ses bras et se laissa tomber sur le lit. Du coin de l’œil, elle le vit sortir et emboîter le pas à une Brynn à la mine victorieuse. Profite, espèce de connasse, ça durera pas longtemps.
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