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 Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]

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MessageSujet: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Lun 3 Aoû - 16:16

Ozanne ouvrit un œil, puis l'autre. Par sa petite fenêtre, elle pouvait distinguer l'astre solaire qui débutait tout juste sa montée dans le ciel. Ce serait sans doute une belle journée puisque dans ce petit bout de ciel, aucun nuage n'apparaissait. Une pression se fit sentir sur ses jambes. Sans même avoir à regarder, la jeune prêtresse savait qu'il s'agissait de Kalas. Le gros chat crème à la patte avant droite noire s'étira. Calmement, il se leva et piétina Ozanne jusqu'à se rendre à la hauteur de son visage. Avant que la jeune fille ne puisse se lever, le chat se coucha dans son cou, la clouant au matelas. Il fallait croire que le félin réclamait encore un peu de sommeil. Toutefois, l'aspirale ne pouvait lui accorder ce plaisir puisque sa tâche du matin était d'arroser les fleurs. En fait, ses journées étaient toutes les mêmes. Elle se levait, arrosait les plantes du jardin, puis allait enseigner dans les rues de la ville. En soirée, elle revenait au temple et retranscrivait de vieux manuscrits abimés à la lueur des bougies. Parfois, Ozanne allait également à l'hôpital et aidait à la guérison de blessures mineures, enlevant un peu de travail aux médecins. Entre tout ça, la jeune femme trouvait le temps pour manger. En bref, de longues journées.

De ses petits bras pas très forts, Ozanne réussi tout de même à faire bouger le chat et à se lever. Le félin alla se coucher au pied du lit et s'assit, la fixant de ses grands yeux jaunes avec un air de reproche. La jeune fille déposa un baiser sur le museau de l'animal et le gratta quelques instants derrière les oreilles. Kalas se mit alors à ronronner et ferma les yeux. Lorsque la prêtresse cessa de le gratter pour aller enfiler ses vêtements de la journée, un miaulement se fit entendre. Heureusement qu'Ozanne ne lui accordait pas toujours ce qu'il demandait parce qu'elle ne trouverait jamais le temps de faire ses devoirs de prêtresse.

En deux temps trois mouvements, l'aspirale avait sortit ses vêtements de sa petite commode et se changeait. Prenant bien soin de remettre son collier à sa place, la jeune femme passa un coup de brosse dans ses cheveux et elle était prête. Forçant Kalas à bouger, elle replaça ses couvertures. Un coup de balai rapide dans la chambre et elle pourrait aller déjeuner. De son pas rapide tout en demeurant gracieux, Ozanne atteignit la cuisine du temple, le chat à ses trousses. Rapidement, elle mangea un œuf et but un verre de jus d'orange. Ensuite, comme à son habitude, elle donna à manger à Kalas, ce chat apprécié de la plupart des prêtresses. Son rôle premier avait surtout été de chasser les souris. Maintenant par contre, il était plus devenu la mascotte du temple, apprécié par bien des enfants puisqu'il demeurait calme et aimait les câlins.

Le tout terminé, elle se dirigea vers une petite remise dans les abords du jardin. Elle y prit le gros arrosoir et retourna dans la cuisine. Ozanne put y prendre de l'eau autant qu'elle en avait besoin. En fait, il lui faudrait revenir deux autres fois puisque le jardin comportait plusieurs plantes et autres, mais bon. La jeune femme en avait tellement l'habitude maintenant que ça ne la dérangeait guère. L'aspirale pouvaient maintenant débuter sa tâche du matin. Arrosant les légumes du potager d'abord puisqu'il s'agissait bien évidemment du plus important. Les fleurs ne viendraient qu'ensuite. La chat, comme à l'habitude, s'assit plus loin à l'ombre et attendit en la fixant. Tant qu'elle était au temple dans la matinée, Kalas ne pouvait pas être ailleurs que sur ses talons. Lorsqu'elle le quittait en début d'après-midi pour aller enseigner, elle ne le revoyait pas avant le soir. Alors qu'elle archivait de vieux manuscrits, une boule de poil ronronnant lui passait entre les pattes, signifiant que le félin l'avait retrouvé. Et il se couchait à ses pieds, attendant qu'elle ait fini.

Chantonnant d'une voix douce, c'était ce qu'elle faisait toujours d'ailleurs. Une petite chanson mélodieuse qui passait le temps et qui la mettait de bonne humeur. C'était la même qu'elle chantait si elle devait endormir des enfants ou simplement les réconforter. C'était sa petite chanson passe-partout qu'elle n'oublierait sans doute jamais. Après un moment, Ozanne cru percevoir un mouvement et releva la tête. Elle aperçu de longs et raides cheveux noirs. Fouillant quelques instants dans ses souvenirs, l'aspirale se souvint rapidement de qui il s'agissait. Nazrÿne, une suivante. Elle effrayait bien des jeunes prêtresses avec sa froideur. Ozanne baissa la tête en guise de salut. Il fallait toujours être poli avec ses aînées du temple, toujours.


- Bonjour, madame Nazrÿne. Vous avez décidé de venir faire un tour aux jardins en cette belle journée ensoleillée?

Sans doute, bien d'autres prêtresses n'auraient que dit bonjour avant de s'empresser de finir leurs tâches, la tête basse, espérant que la suivante s'en aille. Quelque chose se dégageait de cette femme et tenait les gens à l'écart. Bien sur, Ozanne non plu n'aimait pas vraiment être en sa compagnie. L'ambiance devenait étrange et tout le monde en devenait mal à l'aise. Toutefois, prenant son rôle de prêtresse au sérieux, l'aspirale s'était enfoncée dans la tête que chaque individu a une part de gentillesse. Parfois caché très loin, mais tout de même. Il fallait simplement prendre le temps de chercher et ne pas fuir les autres à cause de simples préjugés ou d'idées préconçues. Après tout, cette femme était quand même une prêtresse non ?
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Nazrÿne Helh
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MessageSujet: Re: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Mar 4 Aoû - 15:10

(C'est un peu long et il y a pas mal de blabla, désolée. x3)

C’était un beau jeudi d’été, la nature se réveillait avec le sourire et le soleil était au rendez-vous, comme les jours précédents, baignant ainsi le temple d’Anthélima d’une ravissante lumière claire et épurée qui dessinait mille et un reflets sur les eaux cristallines de la petite fontaine des jardins. C’était le genre de matin que Nazrÿne affectionnait tout particulièrement, d’autant plus que les jeudis était généralement des jours « creux » – ou du moins, des jours beaucoup moins chargés que le reste de la semaine ! – dans la vie active que menaient les prêtresses. Bizarre, certes, mais allez savoir pourquoi, le travail s’allégeait toujours chaque jeudi, laissant ainsi de longs moments libres sur lesquels les très respectées prêtresses ne crachaient évidemment pas. Ce matin-là, comme à son habitude, Nazrÿne s’était éveillée tôt, sautant le petit-déjeuner pour aller s’aérer dans les jardins du temple. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas faim ou que le temps pressait ; au contraire, elle avait absolument tout son temps : rares étaient les prêtresses de son rang qui se trouvaient hors du lit avant les neuf heures ! En effet, seules les Aspirales étaient obligées de se lever tôt chaque matin, étant chargées de toutes les tâches plus « ingrates » du temple, telles que l’entretien des lieux, par exemple... Déjà debout et habillées vers sept heures du matin (ce qui était juste impensable pour une Suivante !), les novices s’activaient dès le réveil, frottant les sols de bois, balayant les allées, la cour et les tatamis, astiquant les carreaux, préparant le petit-déjeuner pour tout le monde ou entretenant les jardins et le potager. En outre, c’était également à elles que revenait la tâche de dégager la neige en hiver, de ramasser les feuilles en automne, ainsi que de couper et cueillir les légumes et les fruits en temps voulu. À vrai dire, toutes ces tâches mises les unes derrière les autres représentaient un boulot assez considérable, mais c’était ainsi depuis les premiers temples ; elle-même était passée par là, quand elle n’était encore qu’une jeune Aspirale. Et puis bon, ce n’était pas comme si elles étaient seules ! Le travail était morcelé et organisé ; chacune savait ce qu’elle avait à faire. Personne ne se plaignait, d’autant plus qu’une fois promues au rang de Suivante, les anciennes Aspirales jouiraient à leur tour d’une vie débarrassée de corvées, se concentrant uniquement sur leurs tâches archivistes, religieuses et sociales, tout en terminant leur formation. En fin compte, ce système, c’était de bonne guerre !

Oui, la vie quotidienne d’une Aspirale n’était pas toujours facile, mais Nazrÿne s’en souvenait comme une des périodes les plus heureuses de son existence ; y repenser lui arrachait d’ailleurs toujours un sourire, aussi léger soit-il. Après tout, c’était en tant qu’Aspirale qu’on apprenait le plus ! Tant de nouveautés, tant de choses à découvrir et à apprendre ! De son point de vue, c’était une forme d’aventure, c’était excitant... en quelque sorte ! Surtout les cours d’histoire et l’enseignement de la fameuse technique du « Kekkaï », d’ailleurs ! Pour peu, elle aurait presque désiré être dégradée ! Enfin, « presque », hein, parce que pour certaines choses sa vie de Suivante lui convenait parfaitement. Les corvées quotidiennes (et en particulier, le maniement du balais pendant des heures pour nettoyer la cour intérieure du temple : sa tâche principale quand elle était encore Aspirale) ne lui manquaient absolument pas ! Mais bon, comme dans tout, il y avait des avantages et des inconvénients, c’était inéluctable. La seule chose intelligente à faire, c’était d’aller de l’avant, toujours, et de s’adapter aux variations de la vie, voilà tout...

Tout en méditant distraitement sur son passé au temple ainsi que la condition de prêtresse, Nazrÿne s’était inconsciemment dirigée vers le cœur des jardins qui était la partie la plus paisible et fleurie de ceux-ci. Comme à son habitude, elle marchait à petit pas mesurés, flânant plus qu’elle ne se promenait, respirant de grandes bouffées d’air frais et posant un regard doux sur la végétation luxuriante qui faisait la beauté du lieu. Il faisait plutôt froid ce matin, une brise légère venant taquiner sa chevelure sombre, et Nazrÿne se félicita mentalement d’avoir emporté son châle, châle qu’elle remonta d’ailleurs sur ses épaules tout en frissonnant légèrement. Ah... Il n’y avait pas à dire, peu importe ce que les gens pouvaient bien penser de ses petits rituels matinaux, c’était toujours aussi agréable. Tout était tellement calme, tellement paisible le matin... Rien à voir avec l’agitation fébrile qui ébranlait tout le temple une fois les dix heures sonnées ! Sur le chemin des jardins, Nazrÿne n’avait croisé que quelques Aspirales occupées à leurs tâches, très peu de monde en somme, comme chaque matin. La plupart l’avaient saluée d’un simple mais respectueux mouvement de tête, s’inclinant devant elle ; les autres, plus courageuses, avaient murmuré un petit « Bonjour ! » empli de timidité : un véritable exploit quand on savait la peur et le malaise que la jeune Suivante suscitait souvent chez certaines de ses cadettes ! C’était triste, quelque part, mais avec le temps, Nazrÿne s’y était habituée. Et puis, comme elle ne faisait jamais beaucoup d’efforts pour se montrer plus « engageante », elle considérait que la façon dont les autres la traitait parfois était méritée ; au moins un peu...

Bonjour, madame Nazrÿne. Vous avez décidé de venir faire un tour aux jardins en cette belle journée ensoleillée ?

Quand la voix claire s’éleva dans le silence des jardins, Nazrÿne se stoppa, légèrement surprise : elle était tellement absorbée par ses pensées qu’elle n’avait même pas remarquer la présence de l’Aspirale occupée à arroser le potager ! Ah lalala, ce qu’elle pouvait être distraire parfois, ce n’était pas croyable ! Souriant très légèrement, la jeune femme entreprît donc de se rapprocher de la petite clôture qui délimitait le potager, histoire de voir qui osait composer une si longue phrase en sa présence. C’était une Aspirale, évidemment, avec une visage rond et souriant, une coupe courte de cheveux bruns qui lui donnait des airs de petite fille et... des yeux vairons. Nazrÿne avait toujours possédé une excellente mémoire et elle se rappelait sans mal des gens qu’elle côtoyait, mais avec des yeux pareils le doute n’était de toute façon plus permis : c’était Ozanne Tyha, une novice assez prometteuse d’après ce qu’elle avait entendu, étant donné que la jeune femme était née sous le signe de la Lumière et semblait posséder des prédispositions à la voyance. La gamine était également connue dans le temple comme étant la « grande amie » de Kalas, ce vieux matou rabougri bien vite devenu leur mascotte officielle. En effet, dès son arrivée au temple, l’animal s’était pris d’affection pour la jeune fille et depuis lors, il ne la quittait plus ou presque, négligeant même ses devoirs de félins envers le temple pour l’accompagner un peu partout. Personne ne savait exactement pourquoi un tel « coup de foudre » s’était produit, mais comme ils étaient mignons une fois ensemble, personne ne disait rien et peu à peu, Kalas était pratiquement devenu l’animal de compagnie personnel d’Ozanne.

Ozanne... En réalité, Nazrÿne ne la connaissait pas bien. Comme pour beaucoup d’autres « nouvelles », elle ne lui avait pratiquement jamais parlée et la connaissait donc presque uniquement de vue et de nom, la jeune fille la saluant toujours très respectueusement à chacune de leurs rencontres. À vrai dire, n’étant pas assignée à la formation des Aspirales, Nazrÿne n’avait pas énormément de contacts avec ces dernières. Elle trouvait ça dommage, d’autant plus qu’elle aurait beaucoup aimé pouvoir enseigner aux novices, mais encore une fois son caractère trop sérieux avait joué en sa défaveur : la jugeant trop peu pédagogue, on ne lui avait jamais proposé d’enseigner. Enfin, peut-être cela viendrait-il un jour, quand elle serrait un peu plus expérimentée. Après tout, elle avait beau être devenue Suivante, l’étude continuait pour elle aussi et c’était tant mieux. Cependant, même en la connaissant très mal, Nazrÿne ne pouvait s’empêcher d’être impressionnée. Après tout, les Aspirales qui osaient lui faire la conversation étaient plutôt... rares, pour ne pas dire quasi inexistantes ! Sans compter que la façon dont la jeune fille s’était adressée à elle était totalement attendrissante. Généralement, les Aspirales ne l’appelaient pas, ou se contentaient d’un « Madame » aussi respectueux que les convenances le nécessitaient. Parfois, il arrivait que certaines d’entre elles, plus téméraires, l’appellent « senpaï », ce que Nazrÿne préférait nettement, car cela créait tout de suite une proximité beaucoup plus marquée.

Bonjour Ozanne. Oui, comme tu le vois, j’aime beaucoup prendre l’air dans les jardins, le matin. C’est toujours si calme... Je trouve cela agréable, pas toi ? demanda-t-elle avec un micro sourire, tentant vainement de paraître un peu plus chaleureuse et spontanée.
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MessageSujet: Re: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Mar 4 Aoû - 18:07

[Ne t'inquiète pas je ne suis pas mieux x) ]


Le soleil se levait lentement, dissipant peu à peu la fraicheur de la nuit. À n'en pas douter, d'ici une heure ou deux, la température aurait bien sûrement grimpée. Il lui faudrait donc aller dans les rues d'Anthélima sous la chaleur de l'astre solaire afin d'apprendre aux enfants à lire. Comme à l'habitude, Kalas ne la suivrait pas et resterais au temple. Avec un peu de chance, c'était le moment qu'il choisissait pour chasser les souris. Sinon peut-être le faisait-il la nuit? Quoi qu'il en soit, Ozanne ne pouvait qu'espérer qu'on ne lui reproche jamais la présence de son petit compagnon poilu à ses côtés. Ce chat lui était devenu si cher avec le temps. Étrange comme la vie passait non? Certaines choses auxquelles on ne s'attend pas, mais qui pourtant n'hésitent pas à nous sauter dessus. Telles étaient ses pensées alors qu'elle arrosait les carottes. Quelques secondes plus tard, elle leva la tête et ce fut à ce moment qu'elle remarqua les longs cheveux d'encre. Bien sur, une prêtresse dont Ozanne n'ignorait pas le nom. En fait, presque toutes les aspirales en avaient au moins entendu parler. La plupart ne cessaient de se rappeler les unes aux autres des rencontres avec la Suivante qui avait eu vite fait de les troubler.

La jeune aspirale tenant l'arrosoir, toutefois, n'avait que faire de ces histoires. Après tout, prêtresse ou pas, les gens ont toujours tendance à exagérer la vérité ou encore à la déformer. Parfois, ils ne vont simplement pas creuser assez loin. Comment peut-on affirmer ne pas aimer le chou de Bruxelles avant d'y avoir gouté? C'était exactement la même chose. Se forçant à partir du principe que tout le monde avait un bon fond, Ozanne se força à tenter un contact avec la prêtresse. Les choses nouvelles ne l'avaient jamais enchanté et elle avait assez peur que cela tourne mal, mais son ainée avait peut-être d'intéressantes choses à lui raconter, voir à lui apprendre. Si personne n'essayait jamais d'aller parler à la suivante, ce serait dommage pour cette dernière. Personne ne méritait la solitude. Après tout, même ceux qui prétendent la vouloir ne la veulent que rarement.

Lorsque l'aspirale parla, Nazrÿne sembla sursauter faiblement. Sans doute était-elle occupée à profiter de sa matinée. Un privilège donné aux Suivantes après qu’elles eurent travaillé longtemps en tant qu'aspirales. Ozanne attendait cet instant, mais ne l'attendait pas non plu. Bien sur, ça lui ferait des tâches en moins, mais ce serait surtout une nouvelle routine. Tout devoir changer et se réhabituer à autre chose. Un changement de mode de vie, voilà ce que c'était. Les plus jeunes devaient se lever de très bonne heure pour commencer les tâches alors que les Suivantes pouvaient dormir jusqu'à dix heures si elles le voulaient. Heureusement pour elle, Ozanne avait une forte affinité avec la déesse de la lumière, lui permettant de prodiguer des soins. Ça ne faisait peut-être pas de miracles, mais ce pouvait être bien utile. Grâce à cela, la jeune femme ne s'était pas vu attribuer une deuxième tâche comme les autres. Il lui fallait du temps libre pour aller aider les médecins de l'hôpital. Il s'agissait d'une tâche plus exigeante que d'arroser les fleurs puisqu'Ozanne avait souvent des maux de têtes et qu'elle devait souvent voir du sang. Toutefois, la prêtresse ne pouvait qu'endurer et faire son devoir, se réconfortant en se disant qu'elle aidait à sauver des vies.

Nazrÿne s'approcha de la petite clôture blanche entourant le potager, s'approchant donc de la plus jeune. Ozanne baissa les yeux le temps de voir ce qu'elle faisait et passa aux choux, ayant terminé les carottes. Puis, elle releva ses yeux vairons vers la suivante. Cette dernière la détaillait, comme cherchant à se rappeler de qui il s'agissait. Au temple, tout le monde avait tendance à connaître presque tout le monde. Si on ne connaissait pas une personne, on demandait à une autre prêtresse qui elle, savait sans doute. Un temple, c'était comme une grande famille, très grande même dans le cas du temple d'Anthélima. Tout le monde avait déjà croisé tout le monde. Mais on n'avait pas fait connaissance avec des "cousines éloignées" dont les tâches différentes faisaient en sorte que les contacts étaient rares.

La suivante sembla continuer à réfléchir durant quelques instants, cherchant peut-être ce qu'elle répondrait. Ce fut là qu'Ozanne devint le plus nerveuse. Déranger une suivante n'était pas l'une des meilleures choses à faire pour être appréciée au temple. Il fallait toujours être polie et à son affaire. Plus qu'à espérée que la réaction de la prêtresse suivante ne serait pas trop mauvaise. La jeune femme commença à se dire qu'elle aurait simplement du faire un coup de tête comme les autres et continuer ses tâches. Mais ce n'aurait pas été juste non? Ne pas parler à Nazrÿne simplement parce quelques -pour ne pas dire presque toutes- jeunes prêtresses avaient peur de l'approcher. Finalement, la voix de la suivante la tira de ses pensées.


– Bonjour Ozanne. Oui, comme tu le vois, j’aime beaucoup prendre l’air dans les jardins, le matin. C’est toujours si calme... Je trouve cela agréable, pas toi ?

Ozanne en fut soulagée à vrai dire. Une réponse plutôt positive. De plus, un maigre sourire semblait se dessiner sur les lèvres de Nazrÿne. En fait, il semblait presque forcé, mais l'intention était quand même là. Les lèvres d'Ozanne s'étirèrent, formant un sourire doux et naturel. Baissant les yeux pour vérifier qu'elle n'avait pas noyé un chou, elle put ensuite relever brièvement la tête vers son interlocutrice.

- Moi aussi j'aime bien cela. Je me trouve d'ailleurs chanceuse chaque matin de n'aller archiver que dans la soirée et de pouvoir passer un moment au jardin à mon réveil.

Il y eu un nouveau court silence le temps qu'Ozanne passa des choux aux tomates. Bien sur, sa tâche était plus compliquée qu'à l'habitude, mais elle le faisait si souvent que le faire les yeux fermés ne lui aurait même pas dérangé. Curieuse de nature, l'aspiale décida de poser une question à la suivante. Après tout, si cette dernière voulait vraiment avoir la paix, elle n'aurait qu'à lui dire, Ozanne s'excuserait et tout reprendrait son court normal. Que pouvait-il bien y arriver de si mal à poser une question à une aînée? Une aînée n'ayant pas l'air très sociable, soit, mais une aînée quand même.

- Dites, Madame Nazrÿne. Qu'est ce que cela fait d'être une suivante? Vous préférez cela ou vous préfériez être une aspirale?

Le jour où Ozanne deviendrait suivante était certes encore très loin. Toutefois, la vie passe plus rapidement que l'on ne peut parfois le croire. Il valait donc mieux que la jeune aspirale se prépare la plus tôt possible. Jetant un coup d'œil vers les tomates une fois de plus, elle attendit une réponse de la part de son aînée.
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Nazrÿne Helh
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MessageSujet: Re: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Mar 4 Aoû - 21:55

(Effectivement. xD)

À vrai dire, Nazrÿne n’avait jamais été quelqu’un de très bavard. Oh, mais ne vous fourvoyez pas : elle ne détestait pas non plus tenir une conversation, simplement elle ne la recherchait pas. Déjà enfant, elle était comme ça. « Très sage » disait ses parents ; en réalité, ce n’était pas tant de la sagesse qu’exprimait ce caractère tellement austère pour une gamine d’à peine six ans, mais plutôt de la timidité. Après tout, à la maison, personne ne cherchait jamais à connaître son opinion ou à la faire parler. Mais bon, c’était logique : elle était une fille. Bien évidemment, ses trois frères aînés étaient beaucoup plus intéressants et beaucoup plus talentueux aux yeux des parents ! Tout comme Cyrinne, d’ailleurs, qui était l’incarnation même de l’expression « petite dernière pourrie gâtée ». Elle n’avait simplement pas eu de chance, en gros, d’être née dans un creux : elle ne faisait ni partie des aînés dont les parents étaient si fiers ni des plus jeunes qui attendrissaient par leurs petites bouilles toutes mignonnes et leurs manières enfantines. Alors bien entendu, dans un climat aussi désintéressé de sa personne, comment Nazrÿne aurait-elle pu s’épanouir et vaincre sa renferme maladive ? C’était impossible, bien entendu. Mais bon, là encore, elle avait été chanceuse dans son malheur. En effet, la jeune femme que le couple Helh avait engagée pour servir de gouvernante à leurs filles était adorable. « Une fleure s’épanouissant sur un tas de fumier », aurait dit Maël et il aurait eu parfaitement raison. Cette femme, c’était une crème, un cocon de douceur qui avait permis à Nazrÿne de grandir plus ou moins normalement, avec la dose minimum d’amour nécessaire à l’épanouissement chaque enfant. Elle s’appelait Claire – un prénom qui lui allait comme un gant ! – elle avait tout juste 20 ans, une peau mate, un sourire chaleureux et un joli accent du sud qui illuminait toute la pièce quand elle riait. Elle était gentille, prévenante et très douce, toujours là pour s’occuper de Nazrÿne, sa préférée. Claire, ça avait été sa mère, sa grande sœur, sa meilleure amie, sa tante, ... Ça avait tout. C’était également la seule personne qui lui manquait réellement depuis qu’elle avait quitté le « nid » familiale. Quoique. Sa mère lui manquait un peu aussi, parfois, après tout la jeune femme n’était pas méchante, juste un peu superficielle ; tout comme Maël et Mark, qui s’étaient toujours montrés gentils et prévenants avec elle. Enfin... Tout cela, c’était du passé maintenant, mais quelques fois, la jeune prêtresse ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine rancœur à l’encontre de sa famille : certes, elle avait toujours été de nature taciturne, mais si elle possédait ce caractère si froid qui lui causait tant de tords, c’était quand même un peu leur faute à tous...

Enfin, si Nazrÿne n’était pas une grande bavarde, c’était au contraire quelqu’un de très observateur. Après tout, quand le cerveau n’est pas occupé à jacasser, il peut se concentrer sur autre chose et c’est ce qui faisait la force de Nazrÿne : son attention. Elle était attentive aux gens et très observatrice, ce qui lui était souvent d’un grand secours. Elle apprenait vite, comprenait vite, réagissait vite... Elle paraissait froide et indifférente, mais était en réalité bien plus sensible aux gens et à son entourage que le commun des mortels. En outre, à force de prendre son temps, elle avait également pris l’habitude d’observer le comportement des gens, leurs petites manies, leur façon de parler, de rire, de bouger, de sourire... Tout ça quoi, mais toujours en restant très discrète, histoire de ne pas paraître impolie. Du coup, bien évidemment, Ozanne n’échappa pas la règle, d’autant plus que le comportement de la jeune Aspirale avait largement de quoi intriguée la jeune femme. En effet, si ses souvenirs étaient bons, Ozanne était également connue pour... son peu de courage, bizarrement. Ou plus précisément, son caractère peureux. Vite effrayée, la jeune semblait se complaire dans la routine, chose qui était radicalement opposé à son intervention verbale quelques minutes plus tôt. Après tout, quoi de plus effrayant que de devoir engager la conversation avec la poupée froide du temple... ? Personnellement, Nazrÿne trouvait ça complètement stupide, mais malheureusement pour elle, tout le monde en pensait pas de la même manière. En effet, nombreuses étaient celles qui s’arrêtaient aux apparences, trop timides ou intimidées pour faire le premier pas ; et comme Nazrÿne ne le faisait pas non plus, la situation restait toujours au point mort. Elle n’était pourtant pas si méchante en réalité, juste un peu coincée... Et puis, elle n’avait pas vraiment de tact, ça, à la limite, elle voulait bien le reconnaître, parce qu’elle se savait souvent gauche... trop gauche avec les gens. Mais bon, même si elle pouvait parfois (souvent en fait) paraître un peu sévère, il n’y avait de même pas de quoi s’affoler, si... ? Ce n’était pas comme si elle était particulièrement sadique ou qu’elle agressait directement les gens ! Mais voilà, le malaise était là et il persistait, les gens n’osant pas chercher plus loin...

Moi aussi j'aime bien cela. Je me trouve d'ailleurs chanceuse chaque matin de n'aller archiver que dans la soirée et de pouvoir passer un moment au jardin à mon réveil, répondit finalement l’Aspirale de sa jolie voix claire.

À ces mots, Nazrÿne sourit un peu plus franchement ; elle comprenait parfaitement ce que ressentait Ozanne. Sans compter que sa façon de s’exprimer sonnait incroyablement mignonne et emplie d’innocence aux oreilles de la Suivante. Elle était amusante, cette petite. Elle semblait respirer la simplicité et son sourire était chaleureux, un peu comme ceux de Claire, mais dans une version beaucoup plus jeune. C’était reposant. Et puis, sans vouloir se moquer, loin de là, sa façon d’arroser les légumes d’un air inconsciemment concentré était tout à fait adorable. Elle semblait tellement appliquée, tellement pleine de bonne volonté quand on la voyait comme ça, penchée sur le sol en train d’arroser consciencieusement les légumes, vérifiant minutieusement qu’elle ne distribuait pas trop d’eau ou qu’elle n’oubliait aucun végétaux. Une telle motivation faisait plaisir à voir ! Surtout après les mines renfrognées qu’elle avait croisées dans les couloirs du temple ! En même temps, Nazrÿne pouvait aisément les comprendre : nettoyer à l’eau les lattes de bois du sol n’avait rien de très amusant... D’ailleurs, la Suivante se souvenait parfaitement de son soulagement, quand on l’avait assignée au balayage de la cour intérieure : au moins, en été, elle était à l’extérieur et à l’air libre ! Cependant, il est vrai que la tâche en question se montrait beaucoup intéressante une fois l’automne arrivé... Mais bon !

Dites, Madame Nazrÿne. Qu'est ce que cela fait d'être une Suivante ? Vous préférez cela ou vous préfériez être une Aspirale ?

À nouveau, Nazrÿne fut très étonnée par la prise de parole inattendue de la jeune Aspirale : c’était complètement inespéré. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait plus eu une conversation avec une novice ; depuis la petite Anya, en fait, la gamine si naïve qui avait finalement été transférée dans le temple de Kelatolie, sur demande express de ses parents. Sans rien exagéré, la question en réalité toute simple d’Ozanne mit un peu de baume au cœur de Nazrÿne : après tout, si elle aimait apprendre, elle aimait également partager ce qu’elle avait appris et quoi de mieux que de jouer les « grandes sœurs » bienveillantes pour cela ? Enfin, « grande sœur », elle était encore loin d’être au point, mais bon, jouer son d’aînée bienveillante lui allait aussi. Au moins pour essayer ; ce qu’elle n’avait pas encore réellement eu l’occasion de tester, depuis son passage au rang de Suivante.

Hum... Et bien, c’est quand même un grand changement, je dois bien l’avouer... Hum... Déjà, comme tu le sais certainement, tu seras débarrassée des corvées et tes horaires changeront. La convention, c’est neuf heures, neuf heures et demi hors du lit et dix pour le petit-déjeuner dans la grande salle. Après, tu dois juste te consacrer à tes tâches.

Étrangement, la jeune femme se sentait bien, détendue. Il faut dire qu’Ozanne était loin d’être intimidante, mais il est vrai que Nazrÿne était tout de même étonnée de voir que les mots sortaient si facilement de sa bouche. Après tout, à force de ne causer à personne ou presque, elle se sentait un peu rouillée. Enfin, bien entendu, ce n’était pas encore impeccable, hein, loin de là ! En effet, l’expression de Nazrÿne quand elle s’exprimait était toujours aussi... figée, pour ne pas dire carrément indifférente et sa voix restait plutôt froide, distante... Mais bon, elle parlait, c’était déjà ça, il y avait du progrès !

Pour tout te dire, mes journées se composent essentiellement de la même façon chaque jour. En matinée, c’est l’accueil des enfants avec les autres, on ne fait pratiquement que cela. L’après-midi, généralement, on archive jusqu’à deux heures. C’est ce que je trouve le plus difficile à réaliser, personnellement. Les Prêtresses Supérieures nous distribuent nos « sujets » et sur base de cela, nous devons relater les faits en expliquant... Par ailleurs, il faut trouver les mots justes, être claire et précis, veiller à ne pas porter de jugement... C’est assez fastidieux. Mais je ne me plains pas : c'est important de garder une trace de notre histoire, c'est un honneur d'en être l'auteur, en quelque sorte... Mais... Il est vrai que même si je n’aimais pas particulièrement recopier les textes anciens quand j’étais Aspirale, c’était quand même moins difficile que ce que je fais maintenant... Puis ensuite, hum... Oh, à partir de trois heures, tu as à peu près trois à quatre heures de cours. C’est moins que quand tu es une Aspirale, mais tu apprends encore énormément de choses, je t'assure. ... Après, le soir, c’est généralement très calme. Chacune fait un peu ce qu’elle veut, même s’il est vrai que certaines d'entre nous ont des tâches en plus à accomplir... Généralement, on se retrouve dans un des grands salons et on perfectionne nos arts... énonça-t-elle minutieusement, tout en omettant volontairement de préciser qu’elle-même ne quittait que très rarement sa chambre, une fois le repas du soir terminé.

À nouveau, elle laissa naître un petit sourire au coin de ses lèvres. Il fallait croire que son humeur était très haute aujourd’hui ! Et qu’est-ce qu’elle avait parlé ! Du jamais vu, ou plutôt du rarement vu ; pas au cours des dernières semaines en tout cas ! Enfin, elle n’avait pas encore répondu à la deuxième question d’Ozanne. Nazrÿne reprit donc la parole d’une voix légèrement plus douce qu’à l’accoutumée, tout en se disant que puisque l’Aspirale avait fait l’effort d’engager la conversation, elle devait également y mettre un peu du sien, ne serait-ce que par politesse ou pour la remercier...

Moi, personnellement, je n’ai pas vraiment de préférence... Il y du bon et du mauvais dans chaque fonction. Mais... Enfin, si, peut-être que préférait légèrement l’époque où j’étais Aspirale, finalement... Parce que j’aime apprendre et que c’est en tant que novice qu’on apprend le plus. Mais il faut l'accepter, parce qu'on ne peut pas rester Aspirale toute sa vie, ça serait triste. Cela voudrait dire qu'on n’évolue pas...

Elle marqua une légère pause, restant songeuse un moment, avant de revenir à la réalité et de poursuivre d’une voix totalement neutre, ses yeux verts exprimant néanmoins un réel intérêt pour la conversation qu’elle entretenait maintenant depuis plus de cinq minutes.

Mais pourquoi cette question ? Le passage au rang de Suivante t’inquièterait-il... ?

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MessageSujet: Re: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Ven 7 Aoû - 5:12

Ozanne cessa d'arroser les légumes durant un moment et releva la tête. La suivante semblait se préparer à répondre. En fait, la question semblait l'avoir surprise. L'aspirale ne put s'empêcher d'avoir un léger sourire. La simple réaction de Nazrÿne montrait que cette dernière n'avait pas l'habitude qu'on lui pause ce genre de questions. Au fond, elle n'était peut-être pas aussi méchante que ce que l'on disait d'elle. Peut-être simplement si timide qu'elle n'osait pas aller vers les gens et ne voulait pas que cela soit visible. Ainsi, la prêtresse faisait comme si elle ne se souciait de personne et on finissait tout naturellement par l'éviter. Ozanne se mordit la lèvre inférieure l'espace d'un instant. Qui était-elle pour se formuler des théories et ainsi juger les gens? Il était simplement stupide de tenter d'analyser une personne lors de deux premières minutes d'une conversation avec elle. Après tout, il faut toute sorte de gens pour faire un monde, même des anti-sociables au cœur de glace. En bref, la seule chose qui pourrait lui permettre d'être fixée, ce serait la réponse de la suivante.

Au départ, Nazrÿne sembla hésiter, comme incertaine. Puis, peu à peu, les mots commencèrent à sortir. À la voir, on savait tout de suite qu'elle ne parlait pas souvent. Son expression était quasi inchangée, c'est-à-dire figée. Toutefois, la prêtresse lui parlait, ce qui était déjà quelque chose. Une autre aspirale aurait sans doute frôlé la crise cardiaque d'entendre Nazrÿne prononcer autant de phrases. Ozanne se rappela à l'ordre, pourquoi pauser une question si on n'écoute pas la réponse? Ainsi donc, ses horaires changeraient. Lorsqu'elle apprit l'heure du levé, elle ne put s'empêcher d'avoir hâte. Tant de temps à pouvoir flâner dans le jardin et sentir les fleurs dans la brise du matin. Ce serait Kalas qui serait content. Ce n'était pas comme si ledit changement arriverait dans la semaine suivante, bien sur, mais un jour cela se présenterait inéluctablement.

Nazrÿne continua, comme si les mots lui venaient tous seuls. Les yeux vairons d'Ozanne s'agrandirent durant une seconde, puis son sourire réapparu. Peut-être sa première idée n'était pas totalement fausse. À cause du manque de charisme de la prêtresse, ou plutôt une certaine timidité, un mur avait fini par se former entre elle et les autres. Ce serait vraiment dommage que personne n'en trouve jamais la porte puisque la suivante lui semblait être une bonne personne. Maintenant, plus de doutes, ce que les autres prêtresses racontaient était vraiment exagéré.

Ainsi donc, les journées de Nazrÿne semblaient nettement plus agréables, du moins du point de vue de l'aspirale. Passer du temps avec les enfants était ce qu'elle préférait personnellement parmi toutes ses tâches, bien que l'entretient du jardin n'était pas loin derrière. Lorsqu'elle racontait une histoire aux gamins, leur apprenait quelque chose ou les aidait à s'endormir, Ozanne se sentait si bien. Durant ces moments là, c'était comme si ils n'auraient pas pu se passer d'elle. Sa peur s'envolait et c'était elle qui devenait forte pour les protéger et les rassurer. Les jeunes ayant divers problèmes aimaient donc venir la voir car sa gentillesse leur permettait de penser à autre chose et de se sentir mieux. L'aspirale affectionnait donc tout particulièrement cette tâche, étant le seul moment où elle avait un semblant de confiance en elle-même. Ensuite, leur deuxième tâche de la journée, archiver. C'était également ce qu'Ozanne détestait le plus. Rester enfermée à l'intérieur à écrire jusqu'à ce que son poignet demande grâce. Trouver les bons mots n'avait jamais pausé de réel problème à Ozanne. Sa calligraphie en pattes de mouches, ça c'était une autre histoire. Du point de vue de son aînée par contre, la tâche semblait plus agréable puisqu'elle était d'autant plus importante. Heureusement pour la jeune prêtresse, Kalas venait souvent se coucher à ses pieds tout en ronronnant. Sans ce chat, les séances d'archivage l'auraient sans doute déjà rendu folle.

Vint ensuite le sujet des cours. La période attribuée à cela était légèrement plus courte que celle des aspirales, quelque chose qui lui manquerait sans doute. C'était le seul moment où elle pouvait espérer souffler un peu après avoir été à l'hôpital pour aider à guérir certaines blessures. Lors d'une chirurgie par exemple, Ozanne pouvait ensuite aider la plaie à se refermer plus rapidement. Le patient était donc plus vite sur pied et avait moins de chances d'infections. Le seul soucis était qu'Ozanne attrapait souvent des maux de têtes, la période de cours lui étant donc indispensable pour ensuite retrouver assez de force pour aller archiver plus tard encore dans la journée. Pour ce qui était du soir, c'était sans contredit quelque chose qui lui plairait beaucoup. Les arts l'avaient toujours fasciné, sans qu’elle n’ait jamais le temps de les pratiquer. Jouer du shamisen était d'ailleurs quelque chose qu'elle aurait voulu apprendre depuis très longtemps.

Ne désirant pas non plu que l'on pense que son travail ne lui tenait pas à cœur, Ozanne arrosait les prochaines tomates distraitement en attendant que Nazrÿne se remette à parler. Lorsque la voix de cette dernière se fit entendre, l'aspirale releva la tête et cessa d'arroser, écoutant attentivement les mots de son aînée. Gardant ses yeux vairons sur la prêtresse, elle ne les baissa qu'un instant pour avancer sans marcher sur les tomates. Les derniers mots de Nazrÿne étaient sages. Il y a du bon et du mauvais dans tout et il faut accepter d'avancer un jour. Ozanne devrait un jour surmonter ses peurs et accepter le changement, sinon elle n'irait pas bien loin. Mais c'était tellement plus facile à dire qu'à faire. Arrosant distraitement de nouvelles tomates, elle songeait aux paroles de la prêtresse. Toutefois, quelque chose la tira rapidement de ses rêveries.


– Mais pourquoi cette question ? Le passage au rang de Suivante t’inquièterait-il... ?

L'arrosoir lui glissa des mains, déversant une bonne partie de son contenu par terre. Les joues d'Ozanne s'empourprèrent et elle tenta nerveusement de relever l'arrosoir pour y contenir le plus d'eau possible. Ses yeux vairons devinrent plus grand alors qu'elle échappa maladroitement l'arrosoir qu'elle avait presque réussi à relever. Prenant une inspiration, elle se calma et réussi à relever l'arrosoir une fois pour toutes. Ozanne mit une main sur son front et soupira, ce qu'elle pouvait être maladroite et nerveuse parfois. Puis, la présence de la suivante revint à son esprit et l'aspirale sursauta de plus belle, faisant dangereusement vaciller l'arrosoir en se relevant rapidement pour faire face à Nazrÿne. Ses joues toujours empourprées, elle tenta de s'expliquer de la meilleure façon possible.

- Mais non voyons!

Voyant que son ton de voix s'était fait trop élevé et trop chevrotant, la jeune fille du prendre une nouvelle inspiration pour se calmer. D'accord, sa réputation de peureuse n'était plus à faire, mais si au moins elle pouvait limiter les dégâts. Se voulant plus naturelle, Ozanne eut un sourire et laissa son regard se perdre dans les quelques nuages du ciel matinal. Se calmant, ses joues reprenaient leur couleur habituelle alors que sa voix s'élevait.

- Ça ne m'inquiète pas vraiment. J'étais simplement curieuse. Et de toute façon, ça n'arrivera pas avant un bon moment, je n'ai donc pas à m'inquiéter.

Sur ce, son regard se reposa sur Nazrÿne et ses lèvres s'étirèrent en l'espoir de former un sourire serein et léger. Plus qu'à prier que la suivante ne soit pas à l'image de tous ces racontars des autres aspirales. Pourvu que la suivante ne pense pas que c'était elle qui la rendait nerveuse ainsi. Il ne lui restait plus qu'à croiser les doigts.
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Nazrÿne Helh
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MessageSujet: Re: Balade avec les fleurs [PV Nazrÿne]   Mer 12 Aoû - 19:34

(Désolée, j’ai été un peu longue à poster, mais en ce moment le boulot me vide de toute énergie ! XD).

Tout à son discours explicatif sur son train-train quotidien de prêtresse, Nazrÿne ne prit pas tellement le temps d’observer les réactions et autres expressions faciales de son interlocutrice, comme elle avait pourtant l’habitude de faire. En réalité, elle restait plutôt concentrée sur ses dires, sur les informations qui défilaient dans sa tête comme sur l’écran d’un ordinateur. Pour une fois, elle préférait se focaliser sur la conversation et sur tout ces mots qu’elle ne se pensait pas capable de sortir ; ou du moins, pas tous en même temps ! Néanmoins, malgré sa bonne volonté – bien cachée, certes, mais pourtant présente ! – la jeune femme ne put s’empêcher de remarquer que le passage de sa journée qui concernait les enfants avait un effet très positif sur l’humeur de l’Aspirale. En quelques deuxièmes de seconde, le visage pourtant déjà très souriant de la jeune fille s’éclaira littéralement et son sourire s’agrandit de quelques bons millimètres : surprenant ! Apparemment, Ozanne appréciait grandement les enfants et ses tâches auprès d’eux ne semblaient pas être un poids pour elle, contrairement à certaines petites nouvelles qui ne supportaient pas d’être « obligées » de perdre leur temps dans les rues à baby-sitter une bande de gamins braillards et mal élevés. Nazrÿne, bien que très peu étonnée par cette constatation (cela allait tellement bien à Ozanne de jouer les grandes sœurs câlines !), en fut très heureuse et ne put s’empêcher de sourire très légèrement, car elle-même appréciait grandement ces petits moments passé en compagnie de la jeunesse surienne : c’était tellement passionnant ! Aussi loin que ses souvenirs la portaient, Nazrÿne avait toujours adoré lire, écrire, apprendre... Elle trouvait donc cela parfaitement injuste et cruel que la majorité des enfants de son pays ne puissent connaître ce bonheur et bénéficier de cette chance. La jeune femme se faisait donc toujours un plaisir de partager sa culture, que cela soit au niveau de la littérature, des mathématiques, des sciences ou même de l’histoire. Après tout, à cet âge-là, les enfants étaient naturellement curieux, il était donc plutôt aisé de les contenter. De plus, ils n’étaient pas du tout « mal élevés », c’était même tout le contraire : à l’écoute, intéressées, sympathiques et tellement charmants ! C’était mignon. En outre, même chez le petit peuple, le temple et les prêtresses qui y vivaient étaient hautement estimés, ce qui conféraient une certaine autorité aux Suivantes et aux Aspirales qui accueillait la jeunesse. Ce n’était pas indispensable, mais cela leur permettait de garder le contrôle des plus turbulents et d’influencer positivement leur façon de penser et d’agir, du coup, personne ne crachait dessus. L’accueil des enfants c’était... un vrai plaisir, certes, mais également un système très efficace et très sain, qui contribuait à l’amélioration de la société surienne ; Nazrÿne en était persuadée. Toutefois, ce n’était ni son désire de partager son apprentissage ni son bon cœur qui faisait que la jeune Suivante appréciait tant les enfants. En réalité, Nazrÿne avait toujours été naturellement douée avec eux, le contact passait vite et bien. C’était bien simple : les gosses ne se prenaient pas la tête avec « des choses de grandes personnes » comme leurs parents. Ils ne réfléchissaient pas trop et préféraient agir, allant vers les gens sans trop de réserve. De même, étant plus innocents et plus purs, ils avaient tendance à ne pas juger ce qui les entourait, découvrant directement la vraie nature des gens, qui ils étaient vraiment... Après tout, n’existait-il pas un dicton qui affirmait que « la vérité sort de la bouche des enfants » ? Personnellement, Nazrÿne y croyait dur comme fer : les bambins étaient bien les seuls à ne pas la trouver « troooop effrayaaaante ! » et à la fuir en masse ! À vrai dire, c’était même tout le contraire ! Paradoxalement, son attitude austère et renfermée attirait les gosses au lieu de les faire fuir : ils étaient fascinés par cette « grande dame » aussi jolie et figée qu’une poupée de cire. Cela les impressionnait et du coup, quand ils remarquaient que la poupée en question était toute disposée à s’occuper d’eux, ils sautaient sur l’occasion et ne la lâchaient plus d’une semelle. Ah lalala... Oui, décidément, les enfants étaient vraiment des créatures adorables !

Après sa longue explication, Nazrÿne avait à son tour tenté d’entretenir leur petit conversation matinale, posant par-là une question qui lui semblait plutôt anodine à l’Aspirale. Malheureusement, cette question devait au contraire manquer cruellement de tact, car à la place d’obtenir la réponse simple et légère à laquelle la jeune femme s’attendait, Nazrÿne écopa d’une réaction disproportionnée qui la laissa totalement interdite. Dans un premier temps, le seul fait d’attendre sa question fit lâcher son arrosoir à Ozanne, chose qui eut pour l’effet d’affoler un peu plus la jeune fille, consciente d’avoir fait une gaffe devant la Suivante. Elle passa ensuite les trois minutes suivantes à se battre avec son arrosoir, à s’agiter nerveusement et à rougir ; pour ensuite finir par sursauter brusquement en croisant son regard légèrement... déconcerté. Qu’avait-elle donc dit de si déplacer pour en arriver à perturber ainsi l’Aspirale ? C’était incompréhensible !

Mais non voyons !

La réponse un peu trop précipitée de l'Aspirale fit lever un sourcil dubitatif à Nazrÿne : soit elle était complètement à côté de la plaque (ce qui était somme toute, tout à fait possible !), soit elle avait raison et Ozanne angoissait réellement à l’idée de devenir un jour une Suivante... Mais bon, quand même... c’était bizarre comme réaction, non ? Avait-elle été un peu trop indiscrète... ? Il ne lui semblait pourtant pas que la question soit si personnelle que ça... Si ? Mais alors, si ce n'était pas cela, pourquoi diable Ozanne réagissait-elle d’une manière aussi... exagérée ? ... Oh. Elle savait. Ou du moins, elle pensait savoir. Après tout, peut-être... peut-être que c’était parce que c’était elle, au final. Peut-être que l’Aspirale n’était finalement pas si à l’aise et détendue que ça en sa présence. Après tout, n’était-elle pas « Nazrÿne, la poupée glaciale », une vraie célébrité au sein du temple d'Anthélima ! C’était logique qu’une simple novice se sente intimidée en sa présence ; même si elle n’avait jamais réellement agressé quelqu’un ni même mordu les nouvelles, soi-disant passant.

Oh... Et bien... Tant mieux, alors, marmonna finalement Nazrÿne, étrangement mal à l’aise et – il faut bien l’avouer – un peu paumée. Et euh... Ton entraînement au Kekkaï se passe-t-il sans encombre ?

C’était con, inintéressant et franchement maladroit de sa part (elle avait un peu plus de classe généralement, quand on s'adressait à elle et qu'elle s'adressait aux autres !), mais c’était la seule chose un tant soit peu claire et construite qui lui était passé par la tête à ce moment-là, alors elle l’avait dite, tout simplement...

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