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 Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]

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MessageSujet: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Sam 27 Fév - 0:59

Les quartiers malfamés d’Anthélima étaient remarquables. On y retrouvait des riches, à la recherche de quelques tueurs à gages ou pour le plaisir, des citoyens banals, des pirates et des criminels de la pire espèce. De plus, le froid et l’humidité s’y faisait le plus ressentir, sans doute à cause du délabrement des bâtiments, qui enfermaient la vapeur d’eau de l’air dans leurs murs. Soit, malgré l’état des lieux, les gens ne s’en plaignaient pas, ils s’y étaient habitués. Les plus pauvres avaient même acquis une résistance plutôt remarquable au froid du quartier. Ils continuaient quand même à faire des feus de camps avec les déchets non mangeable qu’ils trouvaient dans les poubelles. L’autre point positif de ce lieu était sans nul doute les divers pubs qu’on y trouvait. La plupart des pirates et criminels s’y rendaient pour mener à bien leurs affaires. Après tout, ils aimaient bien ce lieu et souvent, ça leur permettait aussi d’intimider leur invité, enfin tout ça dépend de qui est l’invité en question… Pour terminer le tour des lieux, il faut absolument passer par la maison close. Non moins la plus célèbre pour ses prix et ses jolies filles (et beaux garçons), nous en avons pour tous les goûts, elfes, hybrides, sang-mêlé, humains, élus des dieux, tout vous dis-je ! De plus la clientèle en fait de même, passant des gens de la haute, des pirates, des citoyens honorables, des bourgeois, on peut dire que tout le monde y a pour son compte. La place d’Ysir, elle, est le lieu le plus banal des quartiers malfamés et en même temps le plus important. Lieu de recrutement des pirates, elle n’est jamais vide et il y a même quelques pubs qui y sont installés.

La plupart des gens qui visitaient les quartiers malfamés portaient de longues capes allant du noir au gris en passant par le brun. Souvent accompagné d’un couvre chef ou d’un grand capuchon, on ne voyait que rarement le visage des personnes en dessous. Leila, elle aussi, avait une cape et un capuchon sur sa tête. Sauf que comme à son habitude, elle se démarquait des autres. Ses longs cheveux blonds apparaissant à l’extrémité de la capuche, glissant en cascade sur le tissu rouge-rose dont était composé son vêtement. De toute façon, personne n’avait vu Leila habillé autrement qu’avec du rose. Parfois, il arrivait qu’elle les agrémente de couleurs dans les tons verts, assortie à ses yeux de la couleur des prairies de Suria, mais jamais elle n’avait manqué de porter quelque chose de rose sur elle. Comme cette fois, on ne voyait pas ses vêtements sous sa cape, elle avait tout simplement choisie celle-ci rose-rouge. D’ailleurs, la plupart des gens qui la voyaient se retournaient sur son passage pour être sûr que ce n’était pas une hallucination. L’autre détail qui démarquait Leila des autres passants étaient sans doute sa taille qui n’aurait su trompé son âge. Que faisait donc une gamine de treize ans dans un lieu pareil ? Ahah que de curieux, beaucoup se sont posés la question en la voyant passée. En réalité, elle avait un rendez-vous et elle avait aussi envie de sortir.

Quand, je dis que beaucoup ce sont posés la question j’avais raison, seulement, aucun n’ont osé relever la question. Jusqu’à ce qu’elle passe devant un groupe de jeune qui comprenait un mec un peu trop prétentieux qui se croyait hors d’atteinte. Heureusement qu’il ne savait pas qui elle était… Il se serait sûrement déjà… Enfin soit. Il prit la peine de l’aborder.

« Et bien ma petite mignonne, qu’est-ce que tu fais toute seule ici ? »

Leila n’avait pas de temps à perdre elle. Sans relever la tête ou montrer le moindre signe qu’il existait, elle avait continué sa route. Évidemment, pour quelqu’un d’aussi orgueilleux que lui, c’était inadmissible. Il la rattrapa et lui prit le poignet pour ne pas qu’elle continue sa route. Notre jeune pirate s’arrêta.

« Hé ho, tu m’écoutes sale gamine ? »

Non. En réalité elle était en train de réfléchir à comment elle allait le tuer sans que ses copains ne le remarquent. La main déjà posée sur son poignard imbibé d’un poison foudroyant, son esprit turbinait. Soit elle essayait de le tuer discrètement, soit elle les tuait tous. Elle jeta un coup d’œil discret aux personnes autour d’elle, à part les 5 membres de la bande, du type qui la tenait et d’un passant qui venait de tourner au coin de la rue, il n’y avait personne. Elle ne pouvait pas se permettre de rater son rendez-vous.

« Qui… »

Sans qu’elle ait eut le temps de terminer sa phrase, quelqu’un pris le poignet de l’insolent et délivra Leila de son emprise. La personne était de dos et portait elle aussi une cape, qui ne permettait pas à Leila de savoir qui était sous, cependant, son nez sentait la présence du sang un peu partout sur ses vêtements.

*Je ne sais pas qui c’est, mais sait-il au moins qui je suis ? Comme si j’avais besoin d’aide…*

« C’est très dangereux ici jeunes gens, vous feriez mieux de déguerpir. »

Leila vit quelque chose bouger sous la cape de l’inconnu(e?) et vit le regard de tout le monde s’écarquiller à la vue de ce qu’il présentait. Une minute plus tard, ils étaient partis.

« Non mais vous êtes qui hein ? »
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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Sam 6 Mar - 17:21

Un courant d’air s’engouffra dans l’étroite ruelle. Eliote frissonna, sentant ses poils se hérisser sur ses jambes nues. Il tremblait. Il tremblait d’excitation. Enfin, il y était : Anthélima et ses bas-quartiers. A peine installé en ville, il s’était débarrassé de ses fringues de riches pour en enfiler des beaucoup plus modestes : il allait partir en exploration. Enfilant un corsaire en jean un peu rapiécé, un pull kangourou gris et ses chaussures en cuir marron [façon Doc Martens 8 trous], il était fin près pour l’aventure. Il avait rabattu sa capuche, noué son écharpe blanche de façon à ce qu’elle lui recouvre le bas du visage et s’était engagé dans le quartier malfamé de la ville. Bien sûr, il avait ses armes sur lui ainsi que ses AT’s dans une sacoche qu’il portait d’une épaule. Ainsi équipé, il pouvait découvrir sans trop de risques la vie du peuple. Il était là en touriste.

Et par Eros ! Il y avait tellement de chose à voir : des plus banales aux plus incongrues. A chaque tournant, il s’attendait à croiser un assassin en fuite, un pirate ayant abusé du rhume, des enfants jouant avec des armes à feu comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, des racoleurs promettant mille et un plaisir, un cadavre en décomposition sur le bas côté, deux chats se disputant les restes d’une sardine, des marchants vendant à la criée des esclaves [si vous achetez le fils, la mère vous est offerte ! Et pour 1000 myrs de plus, vous avez la sœur !]…Il trépignait d’excitation.

Il sursautait pour un rien, entendait le sang battre ses tempes : son cœur battait tellement vite qu’il le sentait cogner contre sa poitrine. Il ne savait pas où aller, alors il se guidait à l’instinct, s’enfonçant encore plus au cœur du ghetto. Il avait croisé de nombreux recruteurs, avait écouté d’une oreille leurs propositions alléchantes avant de se faire violence pour reprendre la route. Sur celle-ci, les mendiants ne manquaient pas. Bon nombre d’entre eux s’étaient jetés à ses pieds, agrippés à ses jambes, avaient tirés sur son pull hurlant leur désespoir, clamant leur impuissance, demandant la charité des Déesses. Ces spectacles affreux de la misère humaine le déstabilisaient quelque peu : lui qui n’avait jamais connu la faim ni le besoin. Mais il ne pouvait rien pour eux, leur déchéance était trop grande et lui, ses épaules trop frêles. Et il lui fallait continuer. L’adrénaline lui donnait presque des convulsions, il était sur les nerfs, un rien lui faisait mettre la main sur son revolver, facilement accessible, accroché à sa ceinture.
Il tourne à gauche, continue tout droit, arrive à un croisement en L. Une main froide et osseuse lui agrippe fermement la cheville, le faisant trébucher. Deux secondes plus tard, le propriétaire de cette dite main avait un canon pointé entre ses deux yeux aveugles, la couleur trop pâle de leur pupilles en attestant : un vieillard assis par terre, ses yeux fixant le vide droit devant lui, une barbe mal entretenu, un corps bien trop maigre, des vêtements bien trop sals, une main qui tremble.

« Ne vas pas par là mon petit, ils vont sans doute se battre. Je les entends, j’entends leur sang jeune et fougueux battre leurs tempes, il va bientôt couler. Elle est là. Je l’aurais reconnu entre mille : son pas léger, son parfum juvénile et plein d’ardeur. Oui, le sang va couler. Encore, encore, encore, encore… »

Eliote reprit son souffle, rangea son arme et s’accroupit au niveau de l’homme qui continuait à psalmodier sa litanie, les paupières closes, les jambes repliées contre lui, les bras croisés devant son torse, s’agrippant les épaules comme dans une étreinte protectrice. Il pose une main sur son épaule sans obtenir aucune réaction.

« Qui ça ? Monsieur, qui ça « Elle » ? »

Le vieillard ouvre les yeux soudainement et ancre ses pupilles mortes dans les siennes.

« Leila Isydhor, l’une des Sept »

Il n’en fallut pas plus à Eliote pour bondir sur ses jambes. Il s’avance comme au ralentit vers le bout de la rue. Il a le souffle court, les joues rouges, les genoux qui tremblent, la chair de poule. Il finit par atteindre le carrefour et observe la scène discrètement, camouflé par le mur.

« Hé ho, tu m’écoutes sale gamine ? »

Abasourdi, Eliote n’osait plus respiré. Cet homme était-il fou ou complètement inconscient pour s’adresser à l’une des pirates les plus fortes de la Confrérie de cette façon ? Le vieux avait raison, le sang allait couler…Il vit alors un silhouette approcher, sortant d’une ruelle perpendiculaire à la sienne. Sa longue cape et l’absence de bruits de pas rendaient sa démarche majestueuse, Eliote crut un instant qu’elle flottait. Elle atteignit le petit groupe, saisit le poignet du fou et annonça d’une voix froide et rauque, celle de ceux qui ont trop fumée durant leur vie, une banalité qui sonnait pourtant comme un glas. De son point de vue, Eliote vit le canon d’une arme à feu sortir de la cape. Considérant l’arme quelques secondes, le groupe de jeune fit volte face, se dirigeant vers sa rue. Arrivée devant lui, celui qui devait être l’idiot du village ou l’homme le plus téméraire qui est jamais existé le toisa d’un regard noir, le regard du fier blessé dans son orgueil.

« Qu’est-ce que t’as minus ? Tu vois pas que tu gênes ? »

Eliote considéra l’homme quelques secondes. Avec les gens comme lui, il fallait être diplomate.

« Et ta grand-mère, c’est une minus, bouffon ? Ca s’enfuit la queue entre les jambes et ça veut faire le fier. Rentre donc pleurer chez ta mère et lâche moi la grappe. »

Pour la diplomatie, on repassera…Les sourcils de l’homme se froncèrent, un rictus sardonique naquit sur ses lèvres, ses fossettes apparurent, ses poings se serrèrent. Il fit un signe de tête à ce qui semblait être ses chiens de garde : trois gars plutôt bien bâtis et qui avait bien besoin de taper sur quelqu’un pour récupérer de leur violente humiliation. A un contre quatre, la bataille s’avérait ardue. Bien sur, il avait son flingue : ils avaient fuit une fois, pourquoi pas deux ? Mais il n’avait jamais tiré sur un homme, et ses parties de chasse lui avaient appris qu’un coup partait toujours très facilement avec un doigt sur une gâchette. Il y avait une autre solution. Rapidement, il récupéra un couteau dans la doublure de ses chaussures qu’il planta fermement dans la cuisse du boss en profitant pour se ruer vers la pirate et son acolyte. Il ne restait plus qu’à espérer que le dicton « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis » face loi même chez les pirates.
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Sam 6 Mar - 21:05

La rue dans laquelle se situait Leila s’assombrissait de plus en plus alors que les nuages avaient décidé de cracher toute leur eau. Le capuchon de Leila devenait lourd en absorbant une grosse partie des gouttes qui s’y déposaient, alors elle décida de l’enlever, après tout, dans ces quartiers, personnes n’osaient placarder les visages de quelconque pirate, étant plus d’un tiers des clients qu’ils recevaient…
Heureusement pour eux, les cinq jeunes qui avaient osé essayer de poser la main sur Leila. Plus l’étoile y réfléchissait, plus elle se disait que cet étrange individu avait voulu éviter une boucherie. Au moment où elle voulu lui poser la question, un jeune homme, qu’elle ne reconnaissait pas comme l’un des avortons rencontrés plutôt, courait vers elle. Quel idiot… Quelques millièmes de secondes plus tard, quatre types déboulèrent eux aussi dans la rue, courant après lui.

* Gentille ? Pas gentille ? Gentille ? Pas gentille ?...*

Leila se demandait si elle devait venir en aide à ce jeune insolent. Car, c’est ce qu’il devait être pour avoir provoqué une bande de rustre qui venait de se faire humilier. Enfin, après tout, autant l’aider. Mais il verrait ce que ça fait de se servir d’un pirate.
L’étoile sortit son poignard et fonça sur l’homme qui menait la course. Sa vitesse foudroyante ne lui laissa pas le temps d’esquiver le poignard de Leila, qui vint se planter dans son cou. Un de moins. Les deux autres avaient stoppé leur course, hésitant à s’avancer. Le plus bête des deux, se disant qu’elle avait eut de la chance, fonça sur la pirate. Peuh, toujours évaluer la situation, certes il faisait deux fois sa taille et certainement trois fois son poids, mais Leila connaissait toutes les astuces pour renverser ce genre de situation. En s’abaissant légèrement, elle permit à son corps de supporter le poids du corps de l’imbécile qui l’avaient grandement aidé en lui fournissant l’élan et la vitesse nécessaire à l’exécution d’un culbute qui l’étala par terre sur le dos. Sans attendre une seconde, Leila enfonça sa lame dans le cœur de l’homme. Le troisième ayant déguerpi, elle se retourna, pour voir que l’inconnu avait disparu et l’autre insolent la regarder avec des grands yeux ronds.


« Nan mais tu t’attendais à quoi hein ? »

Elle le plaqua contre le mur de la ruelle, son poignard pointant le menton d’Eliote. L’observant de ses yeux verts perçant, Leila pu vite analyser quel genre d’homme il était. Roux aux yeux bleus, taille moyenne, aucun muscle, un bon maintient, un teint pâle. Sans aucun doute, elle savait maintenant de quel milieu venait ce jeune téméraire : la Haute. Certes, elle avait quelques contacts avec des partisans, mais des imbéciles comme lui, elle n’en avait jamais rencontré.


« Je vais t’expliquer quelque chose qui t’aidera grandement dans la vie : un pirate est un être qui ne pense qu’à lui. Si tu avais essayé la même chose avec quelqu’un d’autre, tu aurais sûrement finit éventrer, tes entrailles gisant dans un lieu où personne n’aurait jamais retrouvé ton corps. »

Leila baissa un peu son poignard et découpa avec, dans toute sa longueur, les vêtements qui couvraient le torse d’Eliote. Oui, comme elle l’avait finement observé, il ne possédait aucun muscle. Non pas qu’il était gros, comme certains riches, mais son ventre était plat et n’aurait sûrement pas offert de résistance s’il avait reçu un coup de poing dans l’estomac. Le pauvre, elle avait presque pitié de lui, enfin surtout, de le laisser ici.


« Tu vois ton ventre ?, elle enfonça son doigt dans celui-ci. Je te donne un bête coup, comme ceux que se donnent les hommes dans les bars quand ils sont trop bourrés et tu te retrouves à terre en train de cracher du sang. Tu pensais quoi en venant ici ? Te faire recruter ? Certes, j’ai remarqué que tu avais quelques couteaux sur toi, mais tu ferais bien de faire attention à ta jolie petite caboche… »

Ayant toujours le visage couvert par son capuchon, Leila recula et laissa enfin Eliote respirer. Elle commença à s’éloigner, pour ne pas être en retard à son rendez-vous, mais se retourna une dernière fois pour lui lancer au visage : « Et ne t’avise pas de parler de cette rencontre, je le saurais ! » .


[HJ: J'étais pas hyper inspirée Wink. Sinon, je la fais partir, mais c'est juste pour qu'il y ait plus d'interaction... J'espère que ça ira Surprised :p]
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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Dim 7 Mar - 21:06

Les événements qui suivirent, Eliote les vécut au ralentit. Il avait l’étrange impression de n’être qu’un spectateur : il admirait les gestes fluides de l’adolescente, la puissance qu’on ne devinait pas dans ce corps frêle, les attaques précises et impitoyables qui mirent ses assaillants à terre en quelques coups. Il était comme subjugué. Son dos rencontrant violemment le mur lui fit reprendre conscience de la réalité. Devant lui, plus proche qu’il ne l’aurait jamais rêvé, se trouvait le visage d’une de ses idoles. Son cœur battait à cent à l’heure, le sang lui montait aux joues, ses jambes tremblaient. Leur différence de taille obligeait la pirate à relever la tête, dévoilant, malgré son capuchon, son visage. Et quel visage ! Des yeux verts printemps où brillaient un éclat de colère, un nez droit, une peau blanche, des lèvres qui devaient surement être capable du plus beau des sourires mais qui étaient présentement déformées par l’irritation, un visage encore un peu enfantin. Tellement mignonne ! Son écharpe qui lui couvrait le bas du visage cachait heureusement ses rougeurs et ses tâches de rousseur qui avaient dû ressortir avec l’afflue sanguin. Oh par Eros ! Qu’est-ce qu’il avait envie de lui pincer la joue, de frotter son nez contre le sien comme pour les bisous esquimaux, de la serrer dans ses bras…Eliote commençait vraiment à avoir peur : il ressemblait à sa mère ! Non, il ne devait pas se laisser aller ! Il fallait qu’il se retienne ! Ce n’était pas le moment, ni le lieu, ni la bonne personne. Leila était une pirate que diable ! Et les pirates n’étaient pas connus pour leur côté bisounours. Mais elle était tellement mignonne avec sa jolie cape rose [bien qu’il abhorrait cette couleur : ça jurait avec ses cheveux], ses doux cheveux blonds, son cache-œil avec son petit cœur…Ah ! Il ne tiendrait jamais !
Trop pris dans ça réflexion, il n’écouta que d’une oreille le discours de Leila. Le froid soudain qu’il ressentit finit de le ramener sur terre. Il semblait que Leila ait quelques tendances dominatrices : depuis quand déshabillait-on les jeunes gens de cette manière ? Si elle avait voulu voir son torse, elle n’avait qu’à demander : pour son idole, il aurait enlevé son pull de bonne grâce, même sous cette pluie battante qui lui glaçait les os et faisait friser ses cheveux.

« Tu vois ton ventre ?, elle enfonça son doigt dans celui-ci. Je te donne un bête coup, comme ceux que se donnent les hommes dans les bars quand ils sont trop bourrés et tu te retrouves à terre en train de cracher du sang. Tu pensais quoi en venant ici ? Te faire recruter ? Certes, j’ai remarqué que tu avais quelques couteaux sur toi, mais tu ferais bien de faire attention à ta jolie petite caboche… »

« A sa jolie petite caboche », elle le trouvait joli ! Bon, elle avait aussi dit que sa tête était petite mais l’adjectif « petit » était souvent employé pour montrer son affection. Son idole le trouvait joli et avait de l’affection pour lui ! En plus, elle lui donnait des conseils de survie ! Eliote était aux anges. Il la vit s’éloigner et dans un réflexe psychomoteur, se mit à la suivre. Maintenant trempé jusqu’aux os, il aurait dû trembler comme son oncle Jean atteint du Parkinson mais la joie semblait lui faire oublier le froid. Il sautilla plus qu’il ne marcha jusqu’à rattraper la jeune fille.

« Je vous remercie de m’avoir sauvé Leila-sama. C’était vraiment magnifique comme combat : la rapidité de vos mouvements, l’efficacité de vos attaques…Waouh ! Je vous admire beaucoup vous savez, j’ai lu plein de choses sur vous et sur les Sept. Vous êtes encore plus mignonne que ce que je croyais. Oh par Eros, il faut que je me retienne ! J’ai tellement envie…mais ça serait inconvenant…et puis vous… »

Il baragouina la suite dans sa barbe, semblant se parler à lui-même, entrant dans une intense réflexion. Céder à ses bas-instincts ou subir le martyr pour garder un semblant de dignité ?

« Et puis zut ! »

Et Eliote trouva bon de fondre comme une masse sur la pirate, lui faisant expérimenter sa prise du koala, la serrant contre son torse dans une étreinte puissante tout en enfouissant son nez dans ses longs cheveux blonds, la soulevant quelque peu du sol. Il poussa un profond soupir de bien être. Et tant pis s’il devait cracher du sang ! Le vieux avait raison, Leila avait vraiment un parfum juvénile.
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Dim 11 Avr - 17:23

[HJ : C'est pas du grand art, pas très long mais tant pis =D]

    * Reste calme Leila. Ce n’est qu’un enfant mal élevé, ne le tue pas tout de suite, ça t’ennuierait d’avoir un cadavre sur les bras *

    Oh oui, Eliote n’était qu’un enfant pour Leila. Tout le monde savait que son âge et son comportement enfantin, capricieux, etc… n’était qu’une façade qu’elle préservait. Pourquoi ? Sans doute parce que son cerveau lui criait à l’intérieur d’elle qu’il fallait qu’elle profite de sa jeunesse et qui avaient vu trop d'horreur. Elle connaissait trop d’adulte au regard terne et sans vie qui n’avait pas vécu leur enfance. Certes, la jeune pirate dirigeait un clan à elle seule, elle pouvait tuer un homme en une minute (ou moins en fonction de la force de combat de celui-ci), oui elle avait déjà vu une montagne de cadavre devant elle, mais sa force de caractère et sa volonté étaient au-dessus de tout cela et il y a quelques années elle avait décidé de vivre pleinement.
    Bien sûr, comme tout chef de clan qui se respecte, il arrivait un moment où elle devait utiliser son intelligence, son sang-froid et son expérience (car malgré son âge elle possédait une grande expérience des combat), au profit de ses hommes. Mettant ainsi son enfance, ou actuellement son adolescence, de côté. Pour cela, Leila était remarquable.

    Cependant, au fond d’elle, une seconde raison avait poussé Leila a gardé son calme et a ne pas tuer ou même battre Eliote : la mort. La pirate avait sans doute déjà tué plus d’une centaine d’hommes, malgré ça, lorsque cette horrible sanction n’était pas nécessaire elle l’évitait. La mort n’était jamais une solution. Le destin de chacun est sublime. En tuant un être, on en rend un autre malheureux. Peut-être qu’en tuant Eliote elle aurait empêché un enfant de naître dans les années futures. Elle ne voulait pas être responsable de tels cas de conscience. Soit, en attendant, Eliote était collé à elle. Elle devait se faire respecter et l’empêcher d’avoir des attitudes aussi téméraires. Un coup de coude dans les côtés de celui-ci lui fit lâcher prise.

    « Reste sage aussi non tu risques de subir mes foudres »

    À l’horizon, on pouvait observer le soleil se coucher petit à petit, diffusant une lumière orangée dans le ciel qui, une heure plutôt, était bleu. Les évènements avaient atteint des proportions que Leila ne s’était pas imaginée devoir supporter en quittant sa cité plus tôt dans la journée. Le jeune adulte, lui, avait toujours ses mains collées à ses côtés. Il semblerait que le coup de la pirate faisait toujours son effet. Pendant ce temps, elle décida d’observer un peu plus attentivement le garçon. Son pull kangourou était sans nul doute de la qualité vue la matière qu’elle avait sentie lorsqu’il l’avait serré dans ses bras. Le vêtement cachait habilement les cheveux d’Eliote malgré l'entaille qu'elle lui avait fait subir un peu plus tôt, mais Leila voyait bien le visage de celui-ci. Dans ses yeux brillaient un éclat qu’elle connaissait bien. Dans la tête de la jeune boss tout était clair a présent.

    « Dis-moi clairement quels sont tes objectifs qu’on en finisse »
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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Lun 12 Avr - 22:16

Et cracher du sang, il n’était pas passé loin. Eliote était à genoux au sol, plié en deux sous la puissance du coup. Il cherchait vainement à reprendre sa respiration, une douleur lancinante irradiait de ses côtes. Il y avait de la force dans ces petits bras maigrichons, assez pour briser un os d’un seul coup de coude. Il avait eu de la chance, il aurait suffi qu’elle frappe un peu plus fort et…Il respirait bruyamment, comme un bœuf après son dur labeur. Il jeta un coup d’œil à son torse à travers les lambeaux de son pull, un hématome commençait déjà à se former d’une couleur jaunâtre.

Il finit par redresser la tête vers Leila qui le surplombait de toute sa hauteur, la force qu’elle dégageait compensant habillement la précocité de ses traits qui étaient, pour l’heure, figés dans une colère froide. A bien y regarder, Leila n’avait pas vraiment le visage d’une enfant : elle avait les sourcils trop froncés, les lèvres trop pincées. Ses joues n’étaient pas assez rouges et dans ses yeux on ne décelait plus qu’une détermination sans faille ; pas une seule trace de candeur. Et devant le triste spectacle d’une femme dans le corps d’une enfant, Eliote était pris de compassion. La Leila qu’il voyait sur les papiers glacés était toujours souriante et pleine d’entrain, elle détonait parmi les Sept : on avait bien du mal à la voir à bord d’un Dragonfly, sabre à la main, combattant les plus prestigieuses Sentinelles. Les idées reçues couraient sur son compte, on prenait plaisir à lui prêter des attitudes de petite fille rangée qui joue à la pirate avec un joli déguisement et de nombreux accessoires. Après tout, qui pouvait se venter de connaitre la boss des Momiji personnellement ? Mais il n’en était rien, devant Eliote se dressait la Cinquième Etoile en pleine possession de ses moyens et avec l’aura de meneuse qu’elle se devait d’avoir. Et quand sa voix claire raisonna dans la ruelle, il avait pris sa décision.

Son objectif ? Devenir pirate ! S’il était né héritier de la famille Monnin, il n’avait plus qu’un seul souhait : servir la piraterie et ses fantasques desseins. Il était fait pour ça ! Son cœur le lui disait et il hurlait plus fort que sa raison qui lui promettait une mort prochaine. Mais mourir pour la piraterie en ayant réalisé son rêve n’était-ce pas mieux que de reprendre l’affaire familiale et de se contraindre à toute une vie de comédie sociale ? Il eu une pensée fugace pour ses parents, il les aimait, bien sûr qu’il les aimait ! Et s’il devenait pirate, il ne les reverrait jamais. Ou alors, il ne fallait pas que ça se sache ! Sa conversion devait rester secrète. Mais à quoi pouvait bien servir un pirate qui devait passer son temps à se cacher ? Car Eliote n’était pas sot, la Cinquième ne l’accepterait jamais dans son clan s’il n’avait pas une utilité précise. Il passa en revue toutes ses qualités : il n’était pas fine lame mais il savait se défendre avec une épée, 12 ans d’escrime finissaient pas payer ; il avait des relations, beaucoup de relations ! De par son statut, il avait accès aux plus grands bals de la Haute, aux plus somptueux manoirs ; il pouvait se renseigner facilement sur les agissements des membres de la Bourgeoisie et fournir des plans sans éveiller le moindre soupçon. Ne ferait-il pas un merveilleux informateur ?

Il plante son regard déterminé dans les yeux vert prairie de Leila et se redresse.

« Je veux devenir pirate de votre clan ! S’il vous plait, embauchez-moi en tant qu’informateur ! »

Il se met alors à lui exposer sa situation. Son raisonnement se tient, il mérite considération ! Il attend le verdict, une boule dans la gorge et les intestins qui se tordent.

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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Mar 13 Avr - 15:25

Les paroles d’Eliote résonnaient dans la tête de la jeune pirate. Il ne fallait pas prendre de décision à la légère, il y avait des possibilités pour que le rouquin puisse rentrer dans son clan, mais elle ne connaissait pas assez les possibilités qu’il pouvait lui offrir. Sûrement pouvait-il avoir quelques avantages à la Haute mais Leila n’avait pas besoin d’un homme restreint, il devait pouvoir se fondre dans n’importe quel milieu. Le deuxième point qui faisait dangereusement pencher la balance était la certitude qu’elle avait : actuellement il était incapable d’être un minimum discret. Peut-être pouvait-il changer, mais pour ça il fallait que Leila risque gros.

Le soleil, quant à lui, aida Leila a remarqué le temps qui s’était écoulé depuis la dernière fois qu’Eliote avait ouvert la bouche. On ne le voyait plus dans le ciel. Quelques étoiles apparaissaient dans des couleurs bleu foncé teintées de quelques rayons orange qui persistaient. Elle se rendit compte qu’à la base, elle avait rendez-vous avec quelqu’un. Elle jugea le jeune homme de haut puis décida de lui consacrer son temps. Après tout, son rendez-vous pouvait être repoussé. Eliote pouvait être prometteur s’il suivait son enseignement. Bien sûr, Leila ne lui annoncerait pas ça tout de suite, il fallait qu’elle lui fasse passer le test… Y arriverait-il ?

« Suis-moi »

Elle l’emmena sur la place d’Ysir. Elle connaissait un petit bar où ils pourraient discuter tranquillement et où le patron connaissait Leila. (Enfin, il savait qu’elle était pirate, maintenant est-ce qu’il savait qu’elle était boss du clan Momiji et 5e étoile ? Elle en doutait) Une fois installés, Leila laissa commander Eliote. Elle n’avait pas réellement soif, mais le pauvre homme avait bien le droit de boire un peu face à ce qu’elle lui avait déjà fait subir et à ce elle lui réservait. La pirate attendit qu’il soit servi et prêt à l’écouter pour exposer les faits qu’il lui restait à affronter. Elle doutait quant au fait qu’il réussisse, mais il était de tradition de lui soumettre les trois questions qui décideraient s’il deviendrait pirate du clan Momiji ou pas.

« Tu vas devoir subir un test pour rentrer dans mon clan. Ne te trompe pas sinon c’est la mort qui t’attend, personne ne peut savoir en quoi il consiste. »

Le regard perçant de Leila se fixa dans les yeux bleus d’Eliote. Elle y décelait toute l’envie et la volonté de rentrer dans son clan. Elle avait souvent vu ce regard-là dans les yeux d’aspirants pirates, avec cette volonté beaucoup réussissaient ce pourquoi ils mettaient autant de volonté. Espérons que les Déesses soient avec le rouquin.

« Premier choix : tu as la possibilité de choisir entre trois épreuves. La première pourrait te faire souffrir physiquement, certains sont morts... La deuxième est mentalement éprouvante, beaucoup ont finis fous. La troisième est la plus simple, aucune souffrance n’en découle. Quel est ton choix ? »

Il était évident que la troisième était un piège. Leila avait longtemps réfléchit avant d’élaborer ce test. Pour le moment, toutes les personnes l’ayant réussi avaient répondu à ses attentes.
La première réponse était le choix le plus judicieux pour réussir le premier choix. La deuxième pourrait lui permettre de le réussir, mais quelqu’un qui choisit la douleur mentale n’est pas sain, il faudrait à Eliote expliquer sa réponse dans ce cas. Dans tout les cas, ces questions n’était que des questions et aucune des trois épreuves dont la pirate parlait ne seraient mise en application. Le test consistait juste à voir de quelle trempe était fait la personne qui se présentait. Leila attendit patiemment que le jeune homme trouve la réponse qui lui convenait. Que répondrait-il ? Une deuxième question arriverait ou pas à la suite de la réponse qu'il donnerait.
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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Ven 23 Avr - 18:49

[Disclaimer : Le dialogue de Leila vient d'elle]

Eliote suivit en silence Leila jusqu’à ce qui lui semblait être la Place d’Ysir, bien animée en ce début de soirée. Ils entrèrent dans une des nombreuses tavernes qui ornaient la place, le barman salua la jeune fille d’un hochement de tête, les laissant s’installer à l’une des tables libres, le plus loin possible des fenêtres. Eliote était nerveux, il jouait avec ses doigts et serrait la mâchoire, il était si proche de son rêve. C’était maintenant que tout se jouait, il fallait qu’il se contrôle. Une des filles de la taverne habillée légèrement se pencha au dessus de la table, révélant un soutien gorge bien rempli d’où de nombreux billets dépassaient, comme une invitation aux pourboires.

« Qu’est-ce que je vous serre jeunes gens ? On a le meilleur rhum de tout Anthélima, profitez-en.
-Un verre pour moi alors, mademoiselle. »

Il jeta un regard à Leila, comme une demande tacite. Elle se contenta de le fixer en chien de faïence, dans le blanc des yeux. La serveuse prit son mutisme pour un refus et repartit au bar. Il fallut attendre son retour avec sa commande pour que la pirate se décide à ouvrir la bouche, mettant fin au pesant silence qui s’était établi à la table. Eliote retint son souffle et se pencha un peu pour entendre les paroles de Leila malgré le vacarme ambiant. « Ne te trompe pas sinon c’est la mort qui t’attend », ces mots raisonnaient dans son esprit, donnant tout son impact à l’épreuve qu’il allait devoir subir. Il se doutait bien que devenir pirate était le choix de toute une vie, il ne pouvait plus revenir en arrière. Bien que l’Etoile lui proposât trois choix, il n’avait que deux issus : réussir ou mourir. Torture physique, torture psychique ou la facilité? Le dernier choix était un piège, il le voyait gros comme une maison. La vie de pirate allait de paire avec la souffrance, qu’il s’y refuse signifiait qu’il n’avait pas la trempe pour le devenir. C’était cependant un dur dilemme que celui-ci : il n’était pas masochiste et l’idée même de s’imposer une douleur quelle qu’elle soit le révulsait. Et pourtant il lui fallait choisir en tenant compte de ses capacités. Eliote se savait physiquement fragile, le premier choix lui semblait donc à proscrire. Mais était-il cependant assez résistant mentalement pour éprouver le second ? Il avait foi en ses idéaux, quand il s’agissait de son rêve, il se savait d’une volonté sans faille. La preuve était qu’il se trouvait sur le point de tout abandonner, famille et vie tranquille, fortune colossale et statut princier. S’il était capable de supporter la douleur de la séparation, il pourrait supporter n’importe quoi.

Il but une longue rasade de rhum pour se donner du courage. Le liquide amer lui brula la gorge, il le sentait descendre lentement le long de son œsophage. Il essaya de se détendre, abaissant ses épaules crispées et se redressant un peu sur sa chaise branlante. Il posa ensuite ses mains à plat sur la table sale et releva le menton, répondant au regard fixe de Leila par le sien déterminé.

« Le second choix, la souffrance mentale. Pas que je sois maso’ mais j’ai assez confiance en ma détermination. Et puis je suis déjà fou – il le faut bien pour que je sois là, à offrir ma vie à la piraterie- alors un peu plus, un peu moins…fit-il avec un sourire quelque peu contrit. »

La jeune femme le considéra quelque temps avant de répondre d’une voix nonchalante.

« Mmmh... Tu vois ça comme ça? Ok, alors l'épreuve sera de tuer un membre de mon clan pour prendre sa place. Tu as 3 jours devant toi. Acceptes-tu? »

La demande incongrue laissa Eliote bouche bée. C’était ça le test du clan Momiji ? Un meurtre ? Bien sûr qu’un pirate se devait de pouvoir tuer, mais l’un de ses camarades…C’était ça la piraterie ? Une batterie à cochon tellement étroite que pour faire rentrer un nouveau porc, on envoyait son congénère à l’abattoir ? L’expérience du meurtre était déjà dure à supporter, vivre avec n’était pas de tout repos. Alors devoir son statut à un meurtre, se rappeler chaque matin en se levant que c’est la place d’un autre qu’on occupe, un autre qui n’aurait certainement pas dû mourir, tout en attendant que vienne le jour où un nouvel arrivant viendra prendre votre vie, c’était la psychose assurée. La « souffrance mentale » prenait tout son sens maintenant qu’il réalisait ce qu’il allait devoir faire, lui qui avait déjà des scrupules à abattre une biche lors de ses parties de chasse. Tuer, il s’en savait capable, s’il y était contraint, si on le méritait –méritait-on la mort ? Mais tuer un camarade, une personne qui aurait dû devenir son frère d’arme, ça défiait ses principes. Ce n’était pas ça la piraterie ! Et si ça l’était, alors il avait fait fausse route et la désillusion allait être rude : le trépas. Car il ne tuerait pas pour rentrer dans un clan aux si basses pratiques. Dévouait-on sa vie à un clan sans honneur ?

Il avait la poitrine serrée, c’était une chose de se résigner à la mort et une autre de la désirer. Après tout, il était jeune, 17 années de vie ! Alors il allait mourir sans avoir rien vu ? Un sourire triste naquit sur ses lèvres, il fallait toujours qu’il prenne des décisions extrêmes : tout ou rien ; la piraterie ou l'agonie. Il avait une boule dans la gorge et les lèvres qui tremblaient, il allait devoir prononcer sa propre condamnation. Il bût une nouvelle gorgée de rhum, serra fort les points jusqu’à enfoncer ses ongles dans ses paumes.

« Non. »

C’était dit. Il l’avait presque murmuré mais il était sorti ; il avait l’impression que le nœud de ses intestins venait de faire une nouvelle boucle.

« Je ne tuerais pas l’un de mes camarades, si c’est ça le clan Momiji, je refuse d’en faire partie, cracha-t-il »

Il s’était soudainement senti le besoin de se justifier, pour que son « Non » tremblant prenne la gravité d’une sentence. Il ferma les yeux, se demandant si elle allait le descendre là, dans la taverne, ou l'égorger dans une des nombreuses impasses du quartier. Il espérait juste que la fin viendrait vite.

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Dernière édition par Eliote Monnin le Jeu 6 Mai - 18:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Dim 2 Mai - 13:00

    Leila était calme. Son éducation de pirate lui avait appris à réagir vite et dans n’importe quelle circonstance. Son rôle de boss depuis quelques années, lui avait appris à observer les personnes qui l’entouraient et ainsi deviner, parfois, leurs pensées. Eliote lui, qui au début semblait exciter, semblait beaucoup moins sûr de lui au fil des heures. Elle était sûre qu’il finirait par craquer. Enfin, c’est ce qui arrive dans beaucoup de cas, il y a toujours des exceptions.

    « Le second choix, la souffrance mentale. Pas que je sois maso’ mais j’ai assez confiance en ma détermination. Et puis je suis déjà fou – il le faut bien pour que je sois là, à offrir ma vie à la piraterie- alors un peu plus, un peu moins… »

    Un petit sourire, qu’Eliote ne vit pas, se dessina sur les lèvres de notre jeune pirate. Il avait du cran le jeunot et pour le moment, il n’était pas encore dans un état qui lui permettait de penser : je risque de mourir si je réponds la mauvaise réponse. Dans quel état d’esprit entrera-t-il lorsqu’elle lui apprendrait la prochaine question ? Ce n’était pas vraiment une question, me direz-vous, cependant, c’était une phrase test pour Leila et il fallait répondre oui ou non. Beaucoup de personnes étaient mortes juste à cause de ce petit test, car après tout, s’ils répondaient faux, Leila ne pouvait se permettre de les laisser repartir, la façon dont les Momiji recrutent doit rester secret.

    « Mmmh... Tu vois ça comme ça? Ok, alors l'épreuve sera de tuer un membre de mon clan pour prendre sa place. Tu as 3 jours devant toi. Acceptes-tu? »

    Petit à petit le visage d’Eliote prenait différentes formes d’expressions. La première que Leila reconnut fut l’étonnement. Ensuite, au fur et à mesure que la phrase de notre pirate, s’encrait dans l’esprit du rouquin, il changeait de visage. Doucement, c’est le dégout qui s’afficha. Oui, les pirates tuaient beaucoup de gens. Il fallait que ça s’enregistre dans son cerveau. Nous ne sommes pas de joyeux camarades qui font des bêtises ensemble. Il arrive que nous devions tuer des gens. Comme dans ce cas-ci, si Eliote répondait mal.
    Ensuite vint la détermination. Il semblerait qu’il avait prit sa décision, seulement, le courage lui manquait. Le verre de rhum qu’il avait devant lui finit dans son estomac en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. C’est seulement après que vint la réponse.

    « Non. »

    Cela avait semblé catégorique sur le moment, mais l’hésitation se peignait un peu sur le visage d’Eliote. Il avait foi en ce qu’il disait et pourtant son cerveau lui soufflait que la mort l’attendait. Leila, elle, souriait. Dans la semi-obscurité du bar, Eliote ne pouvait voir son visage convenablement, seulement, un petit plant germait déjà dans son esprit.

    « Je ne tuerais pas l’un de mes camarades, si c’est ça le clan Momiji, je refuse d’en faire partie »

    Elle l’aimait bien ce bonhomme. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de faire ce qu’elle avait imaginé. Elle se leva donc doucement de son siège et s’approcha d’Eliote. Doucement, elle se glissa derrière lui et sortit de son fourreau, son magnifique couteau. Avec encore plus de douceur, elle accompagna celui-ci jusqu’à la gorge d’Eliote avant de lui susurrer à l’oreille : « Es-tu prêt ? ». Elle attendit quelques instants la réponse d’Eliote et le fit languir avant de planter son couteau dans…. La table. Oui, il avait bien répondu. Même s’il faudrait qu’il ait un peu plus de courage.

    « Il te reste une question mon garçon »

    Elle s’installa sur les genoux d’Eliote et fixa son regard dans le sien. La prochaine question serait la plus facile et pourtant c’était celle qui a eut le plus grand taux d’échecs. Y parviendrait-il ?

    « Jures-tu de me servir jusqu’à ta mort ? »
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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Jeu 6 Mai - 20:21

Eliote observa Leila se rapprocher, la peur au ventre. Elle se plaça derrière lui et dégaina avec une lenteur calculée son arme dont la lame vint lui refroidir la gorge. Il sentait le tranchant acéré appuyer sur sa pomme d’Adam. Le bruit des conversations et des tintements de vaisselle s’était tu, il n’entendait plus que les battements trop rapides de son cœur et la voix douce de Leila dans son oreille, peut-être le prélude du silence de la mort. Pouvait-on y être préparé? Pas quand on a la jeunesse dans le corps, des regrets dans la tête et la désillusion dans le cœur. Il y avait tellement de choses qu’il aurait voulu faire, qu’il aurait voulu voir. Est-ce que la dernière chose qu’il avait mangée serait la Dernière Chose qu’il aurait mangée ? Retrouverait-on un jour son cadavre ? Le rapporterait-on à ses parents en larme ? Son père ferait-il son deuil ? Sa mère surmonterait-elle sa peine ? Les avait-il assez chéris ? Et pourquoi la garce derrière lui prenait-elle tant de temps à mettre fin à sa vie ? Il était évident qu’il ne répondrait pas à sa question rhétorique, qu’elle en finisse. Il ferma les yeux, serra la mâchoire : il n’aurait pas droit à la mort la plus douce. Le contact froid quitta soudainement son cou et le son sourd de la lame se plantant dans le bois se fit entendre.

« Il te reste une question mon garçon. »

Il rouvrit les paupières et laissa Leila s’assoir sur ses genoux sans réagir malgré son coccyx qui appuyait douloureusement sur ses fémurs.

« Jures-tu de me servir jusqu’à ta mort ? »

Alors il avait réussi ? Il allait devenir pirate ? Juste après avoir effleuré la mort, il atteignait son rêve. Il passa une main sur son front humide de sueur froide, un rire nerveux lui échappa, secouant ses épaules de spasmes. Un rire un peu fou qui finit par lui donner mal aux abdominaux. Il sentait ses épaules se relâcher, ses muscles se décrisper et le nœud de ses intestins se desserrer. Son fou rire se calma progressivement bien que son corps fût fréquemment pris de tremblements convulsifs. Un sourire niais apparu sur ses lèvres. Il finit par se redresser et regarder Leila. Il y avait toujours la dernière question, bien peu de chose par rapport à la précédente. Comment pourrait-il dire non ? Dès l’instant où le test avait commencé, il avait accepté cette clause : cela avait été servir ou mourir. Quelle différence maintenant ? servir jusqu’à mourir. Tant qu’elle s’en montrerait digne, ce ne serait pas une contrainte.

« Bien sûr, Boss. »

Ce mot sonnait étrangement dans sa bouche, lui qui avait rarement connu l’autorité. Il devait sans doute sourire jusqu’aux oreilles mais il ne pouvait s’en empêcher, il n’en avait aucune envie. Il était…pirate ! PIRATE ! Mais ses fonctions étaient encore à définir.

« Quel poste occuperai-je ? Comme je vous en avais fait la proposition, je pense avoir quelques qualités en tant qu’informateur de par mon statut. Mais je suis ouvert à toutes suggestions ! Je peux suivre une formation s’il faut ! J’ai de très bonne capacité d’adaptation et j’apprends plutôt vite. Cependant j’aimerais que ma conversion reste secrète si possible, mes parents… »

Ses parents quoi ? Il n’avait aucune idée de leur réaction sur son nouveau métier. Il savait sa mère ouverte d’esprit mais il était son fils. Et pirate n’est jamais l’avenir qu’une mère souhaite à son enfant. Son père le renierait-il ? Il l’aimait, certes ; assez pour lui pardonner la honte qu’il rependait sur sa famille, il en doutait. Non, il valait définitivement mieux qu’ils ne l’apprennent jamais.

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MessageSujet: Re: Je vous dis que je suis pressée! [LIBRE]   Sam 11 Sep - 22:26

Leila ne put qu’admirer le sourire béat du garçon. Il souriait jusqu’aux oreilles, de son point de vue, elle apercevait même ses molaires. Il fallut qu’elle lui donne une accolade à l’épaule pour qu’Eliote revienne sur terre et réponde à sa dernière question. Le jeune homme était décidément un peu trop distrait, un gros défaut pour son futur emploi. Un pirate, qui plus est un espion, se devait d’être toujours sur ses gardes dans toutes les situations. Et plus elle jaugeait le roux, plus elle lui trouvait des lacunes. Il était voyant avec sa tignasse, sa voix portait trop, il avait tendance à faire des grands gestes de bras, il manquait de muscles et il n’avait jamais tué. Mais au milieu de tout cela se trouvait ses seuls avantages, son nom de famille passe-partout et sa motivation. Le visage d’Eliote était aussi facile à lire qu’un livre ouvert avec ses yeux pétillants et ses zygomatiques toujours aussi contractés : le visage du rêveur accompli. Et Leila était passé maître pour motiver ces gens-là, il suffisait de remuer une carotte devant leur nez pour qu’ils partent au petit trop.

« Quel poste occuperai-je ? Comme je vous en avais fait la proposition, je pense avoir quelques qualités en tant qu’informateur de par mon statut. Mais je suis ouvert à toutes suggestions ! Je peux suivre une formation s’il faut ! J’ai de très bonnes capacités d’adaptation et j’apprends plutôt vite. Cependant j’aimerais que ma conversion reste secrète si possible, mes parents…finit-il en baissant les yeux.
-Je crois en effet qu’une formation s’impose. Tu es loin du niveau requis, mon petit gars. Je pense avoir une petite idée à ce sujet. Il faudrait que j’en touche deux mots à Rowen. Je ne devrais pas avoir trop de mal à lui extorquer un service ! fit-elle en lui décochant un clin d’œil. En attendant que tu sois prêt, tu ne seras qu’un apprenti pirate. Il te faudra faire tes preuves ! Pour ce qui est de ta conversion, personne n’en saura rien. Je connais cette taverne et les gens qui la fréquentent, tu ne crains rien. S’il y a bien un principe qui prime dans la piraterie, c’est la loi du plus fort. Et qui oserait s’en prendre à Leila-sama ? rit-elle en lui tirant la langue.
»

Il était vrai qu’Eliote se trouvait le cul entre deux chaises. Il se devait de mener une double vie parfaite pour garder sa couverture intacte. De toute manière, la piraterie étant un acte illégal, on ébruitait rarement sa conversion. Leila n’était pas un boss cruel, elle savait faire preuve d’empathie pour ses recrues. Elle ne savait que trop bien le sentiment qu’on ressentait quand on perdait sa famille, elle ne le souhaitait à personne.

Elle écouta les remerciements d’Eliote d’une oreille et s’étira de tout son long, poussant un petit soupir. La soirée venait à peine de commencer. Elle avait des affaires à régler et un…rendez-vous manqué. Calill avait surement dû l’attendre un bon moment, elle allait se faire incendier. Autant qu’elle rentre tout de suite à leur repère anthélimien réparer les pots cassés. Elle espérait que le roux en valait la peine. Elle se releva d’un mouvement fluide avant de tapoter la tête d’Eliote.

« Nous nous reverrons bientôt je présume. Je suivrai ta progression de loin. Ton « professeur » viendra te chercher pour t’emmener à la Cité dans une semaine dans cette taverne à 18h tapante. Ne sois pas en retard, il ne t’attendra pas. Si tu ne te présente pas, tu connais la suite ! Tu m’as tout l’air d’un jeune homme galant, je te laisse payer la note. Au revoir Rouquin-kun ! fit-elle d’une voix chantante en lui collant une bise sonore sur la joue. »

Elle sortie en sautillant de la taverne en saluant d’un geste de la main le barman. Il fallait qu’elle se dépêche maintenant, elle avait encore les foudres de Calill à subir.

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’Eliote s’extirpa de la taverne, légèrement ailleurs. Il enfourcha ses AT’s et, dans un décollage contrôlé, s’élança au dessus de la place en direction de son chez lui. Une fois haut dans le ciel, il ne put empêcher un cri d’allégresse sortir de sa gorge.

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