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 Ready? Go! [PV Liliotte]

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Dante Kilstrong
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MessageSujet: Ready? Go! [PV Liliotte]   Lun 12 Avr - 2:40

- « Shiroi, encore une pour toi. »

La porte se referma, pivotant plusieurs fois sur ses gonds avant de se stabiliser. Le silence est d'or, c'est pourquoi l'homme allongé sur le carrelage en profita durant de longues secondes encore. Il était tôt, et dehors, on entendait à peine les oiseaux chanter. Le soleil perçait finement les nuages gris qui avaient recouvert le ciel durant la nuit. Mais dans les vestiaires du café, il n'y a pas la moindre lumière. C'est dans le noir total que s'ouvrirent deux yeux d'un bleu somptueux. Trois heures de repos, trois heures complètes, voilà tout ce que le pauvre garçon demandait. Mais son vœux est loin d'être exaucé. Cela devait faire dix minutes tout au plus qu'il avait posé bagage à Anthélima dans le repère des coursiers, et qu'il avait posé sa tête sur ledit bagage, avant de sombrer dans un sommeil profond, mais peu réparateur. Esclavagisme. Le mot tournicota dans sa tête, l'espace d'un bâillement.

En quelques secondes le garçon se redressa, ses os craquant. Le sol n'est pas agréable mais il avait prit l'habitude d'y dormir, et les lits étaient devenus trop moelleux pour son corps si raide. Il se gratta la tête, bailla encore et se décida enfin à faire quelques pas vers la porte. Finalement, il retourna en arrière, saisit la lanière de son sac qu'il jeta sur son épaule gauche pour enfin revenir vers la porte et la franchir. Un fin rayon de lumière filtra sur le carrelage, illumina le mur en béton et la rangée de casiers disposés le long d'un mur, avant de s'effacer. La pièce retomba dans les ténèbres, tandis que le gamin aux yeux bleus bailla encore, l'air grognon.

- « 'Lut. J'peux faire quelques choses pour... »

Il se laissa tomber sur un canapé moelleux qui, s'il ne s'était pas retrouvé face à une cliente, aurait pu l'attirer dans un repos très apaisant. Mais malheureusement, il devait bosser. C'était comme ça. Il lui arrivait de passer des jours sans boulot et à côté de ça, il y avait des semaines où il ne dormait pas une seule heure. Cette semaine en faisait partie. Depuis quatre jours, le gamin n'avait pas pu faire une nuit sans être dérangé par un ou une cliente fortuné. Aujourd'hui, cependant, il aurait bien aimé faire une pause, au moins pour visiter Anthélima comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps.

- « Cette lettre. Tout est marqué dessus. Vous n'avez qu'à l'apporter, vous serez bien payé, cela va de soit. Évidemment, si elle n'est pas livrée d'ici une heure... »

Il posa le bagage à côté de lui, sur le sol. C'était un message entre lui et le serveur qui voulait dire milles choses. La lettre qui se trouvait sur la table fut aussitôt enfuit dans la poche arrière du pantalon du garçon, déchiré en plusieurs endroits, notamment aux genoux. A cet instant, un verre d'eau apparu sous le nez du dénommé Shiroi, ainsi qu'un autre sac.

- « Ouais, j'ai compris. Pour la thune, un versement maintenant et le second à l'accomplissement. Je dois renvoyer un accusé de réception? »

Tandis qu'il buvait son verre d'eau, sous l'œil hautain de sa cliente, Dante retenait les formalités. Une lettre importante, à transmettre en main propre, avec le caché de cire - Pourquoi donc fallait-il toujours que les gens le précisent? - dans un délais de cinquante huit minutes et, évidemment, dans un état irréprochable. Le must, c'était le prix d'une mission si banale. Elle donnait beaucoup, il recevait beaucoup, le serveur empochait beaucoup, et tout le monde était très heureux à la fin. Il ne restait qu'un détail à connaître. Le lieu. Lorsque la femme le lui dit, Shiroi avala de travers, recrachant un peu d'eau dans son verre, avec un joli filet de bave qui faisait la liaison entre ça et ses fines lèvres rosées.

- « C'est une blague? Vous pouvez pas la faire porter par
un de vos sbires? Ça vous coûterais quand même moins la peau du cul...
»


La Cité Haute, autrement dit, un lieu très peu fréquenté, assez peu accessible sans AT's, mais si prêt qu'il suffisait de quelques minutes de marche pour y arriver. Dante n'en croyait pas ses oreilles, mais il se réjouissait de se faire de l'argent aussi facilement. Ces quelques heures de sommeil seraient largement remboursées, et il aurait même droit à une petite vue sur la ville. C'était presque comme dans un rêve, le filet de bave en moins. Il s'essuya le menton, se leva, saisit les lanières des deux sacs et ensuite prit congé de sa cliente. Une femme pince sans-rire qui ne lui plaisait vraiment pas, avec son chignon trop droit, sa jupe trop droite, ses traits trop droits, ses lunettes trop droites. Qu'importe, il fit un signe de main au serveur et fila droit aux toilettes, perdant de cette manière six minutes sur son précieux temps.

Lorsqu'il sortit enfin du café, le soleil s'était levé sur la belle et grande cité, dessinant sur son visage des cernes noires et ruisselant dans ses cheveux blancs dressés en piques sur son crâne. Il portait à présent un simple t-shirt bleu foncé avec un slogan en blanc qui disait "Freedom isn't free, you have to pay for it". Par-dessous, un sweater blanc complétait l'habillage de ses bras, bien qu'il ait retroussé, par habitude, les manches jusqu'au coude. Il portait toujours ce même jeans déchiré et, bien évidemment, une ceinture noire qui avait le don de montrer à quel point il était maigrelet. Le vent balayait déjà les rues hautes, le forçant à plisser les yeux et froncer les sourcils. Mais sur ses AT's, qu'importe. Il pouvait fermer les yeux, il volait. Sa montre fit un bip qui signifiait qu'il ne lui restait plus que cinquante minutes précises pour livrer sa lettre. La main dans la poche arrière, il s'élança, vérifiant l'adresse une dernière fois.

- « Cité Haute, me voiiilààà! »

Comme une fusée, le garçon frôlait les lèves-tôt, bousculant leurs habitudes et leurs manières, criant à tout va des gros mots lorsque, fou de joie, il accélérait pour passer par-dessus un objet particulièrement haut. La fatigue avait presque disparue. Ou elle pesait toujours, mais savoir qu'il dormirait bientôt le mettait dans une humeur euphorique. C'était rare, il fallait en profiter.



[J'avais des idées >w< Dis moi si ça te va, ou pas...]

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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Mar 13 Avr - 23:57

Il entendait le son d’une cloche au loin, 5h15. Il faisait encore nuit noire dehors mais Eliote n’arrivait plus à se rendormir. A travers la fenêtre dont il avait volontairement oublié de fermer les volets, il voyait les courbes majestueuses d’Eros en plein dernier quartier. Le ciel était dégagé, chose rare à Anthélima : la pollution avait bien trop tendance à couvrir l’atmosphère d’une brume de gaz aux odeurs de fuel. Il avait cette irrésistible envie à laquelle il avait appris à céder qui lui prenait la gorge: il devait voler. Là, maintenant, dans les trois prochaines minutes. Il bondit de son lit, s’habilla en vitesse des premières fripes qui lui tombaient sous la main : un pull kangourou beaucoup trop grand pour ses longues soirées d’hiver à pantoufler avec un T-shirt rouge uni en dessous et un jean banal d’une coupe bien travaillée pour mettre en valeur ses jambes tout en restant confortable. Il attrapa au passage une grosse paire de chaussettes, de quoi amortir les chocs pour ses orteils, avant d’enfiler ses AT’s à la hâte, refermant les clips avec automatisme. Et en moins de deux minutes, il se trouvait sur sa fenêtre, se lançant dans le vide.

Il avait l’habitude, maintenant, des départs en chutes libres. Il fit quelque pas dans le vide grâce à l’élan et sentit la gravité se rappeler soudainement à lui. Son cœur remonta dans sa poitrine, il sourit et après une chute de plusieurs étages, finit par enclencher le moteur. Ce moteur qu’il avait trafiqué mille fois pour que ses AT’s ne soient plus qu’une seconde plante de pied et pour atteindre une vitesse de pointe largement supérieure à la norme autorisée. Il commença fort et partit à pleine vitesse, le vent lui fouettant le visage et traversant son pull. Il vole bas, juste au dessus des toits qu’il s’amuse à frôler. Dans son élément, il se sentait revivre.

Une heure passa ainsi, il finit par se poser sur le toit d’une tour, surplombant la ville. Il déchaussa ses AT’s et regroupa ses jambes contre lui, il était gelé et sa mâchoire claquait convulsivement. Il tira sur son pull et fit rentrer ses jambes à l’intérieure, coinçant le tissu avec ses orteils. Il rentra ensuite ses bras dans le vêtement et tint fermement ses genoux, cachant ses doigts dans l’articulation pour les réchauffer juste après avoir remonté le plus possible le col de son pull, couvrant son nez pour se protéger du vent. Dans sa position fœtale, il admirait tranquillement le levé du soleil sur Anthélima tout en détaillant le paysage qu’il commençait à connaitre. Droit devant lui se dressait la Tour Mirage en plein centre ville qui commençait lentement à s’animer. Le quartier des gourmets se réveillait, il était déjà l’heure de déjeuner et même si son ventre criait famine, Eliote n’avait aucune envie de redescendre sur terre. A l’ouest, on discernait les maisons insalubres des bas quartiers à moitié cachées par les gigantesques gratte-ciels du quartier des Affaires. A l’est, le Carré encore bien animé : il n’y avait pas d’heure pour aller jouer aux dés tout en sirotant un bon whisky 18 ans d’âge. Et derrière le quartier populaire s’élevait la Cité Haute, les maisons blanches décrivant une sorte d’escalier géant sur la colline. Le soleil semblait en jaillir et ses rayons de reflétaient sur les tuiles des toits, éclairant la Cité d’une lumière orangée. Les maisons étaient réparties inégalement sur le flanc de la colline et, de son perchoir, Eliote ne dénombrait que quatre routes pavées, des grandes artères qui reliaient un amas de maisons au centre ville. Les habitants des pavillons excentrés avaient intérêt à être bien équipés, la côte était des plus pentues et les quelques chemins de terres impraticables. C’était l’endroit rêvé pour tous les ermites à la recherche de tranquillité. Mais c’était le relief de la colline qui attirait l’attention d’Eliote, un parfait terrain de jeu pour voler à la verticale.

Son bain de soleil ayant finit de le réchauffer, il renfila ses AT’s et partit tranquillement en direction de la Cité, patinant sur l’air avec des mouvements amples pour se désengourdir les jambes et s’étirer un peu. Il bougeait les bras en rythme, les balançant plus que nécessaire. Ses nombreux claquages musculaires à ses débuts l’avait rendu prudent : voler à la verticale demandait beaucoup d’énergie et un bon maintient, il fallait rester dans une position semi-assise tout en résistant à l’attraction du sol et en gardant une bonne vitesse, un gros effort pour ses abdos et les muscles des jambes. Il n’avait pas encore commencé qu’il se sentait déjà fourbu.

Il finit par arriver en bas de la Cité déserte, il accélère peu à peu son rythme en prévision de l’effort à venir. Il remonte la rue pavée silencieusement, se permettant de fermer les yeux devant son étonnante linéarité, profitant du silence : son moteur tout juste huilé n’émet presque aucun bruit. Mais le son de bruissements familiers se fait entendre : quelqu’un d’autre vole dans la Cité Haute, il ne doit pas être bien loin, sans doute sur une rue parallèle. Eliote rouvre les yeux et se sent envahi de curiosité ; d’un mouvement habile, il se projette juste au dessus des maisons et aperçoit sa cible : un albinos non identifié qui semble bien pressé. Le roux vole parallèlement à lui et le rattrape facilement. Il le jauge un instant : ses mouvements sont assurés et cadencés, ses bras qui se balancent équilibrent bien son poid, ses genoux forme l’angle parfait ; un adversaire de taille. Sa poche arrière est arrondie et un objet en dépasse, inidentifiable pour Eliote. Un portefeuille peut-être ? Voila qui pourrait compléter parfaitement son échauffement.

Il prend de l’élan et, d’un saut précis, atterrit juste derrière l’albinos, se saisit de l’objet et repart comme une flèche dans la direction opposée, brandissant son forfait.

« C’est toi le chaaaaaaaat ! trouve-t-il bon de crier en accélérant sa course »

Et le voila partit aussi vite que son moteur le lui permet. Il coince ce qui semble être une lettre dans la ceinture de son jean et accélère encore, enchainant les virages serrés entre les maisons pour perdre son poursuivant, alternant le vol au raz du sol et celui au raz des toits. Il ne se retourne pas pour vérifier si l’autre le suit, il se concentre juste sur les courants d’air pour s’orienter dans leur direction. Il finit par quitter l’amas de maisons pour se retrouver à découvert, juste devant un chemin de terre battue qui sillonne un flanc de la colline particulièrement raide. Il fonce dessus à pleine vitesse et amorce le virage à 90 degrés, pliant les genoux en conséquence. Cela fait une éternité qu’il ne s’est pas essayé à la montée verticale : ça passe ou ça casse. Il tient comme il peut la position, serrant les abdominaux pour soulager son dos et ses mollets mais la côte est haute et il perd petit à petit de la vitesse, son moteur penne à suivre. Il patine pour compenser mais il sait qu’il vient sans doute de perdre l’avantage : si l’albinos lui collait aux fesses, il le cueillera arrivé en haut. Alors il tente le tout pour le tout. Il fait un demi-tour brusque et redescend la côte. Mais il prend un virage trop serré et se retrouve sur la trajectoire de l’Albinos. A peine a-t-il le temps de se protéger la tête qu’ils entrent tous les deux violemment en collision. Ils tombent rapidement de beaucoup trop haut : s’ils touchent le sol, quelque chose lui dit qu’ils ne pourront plus jamais voler.

[J'ai pris quelques libertés ^^' Je compte sur toi pour enfiler des collants et une cape pour nous la jouer Super Dada à la rescousse =D enfin si tu veux nous faire mourir...<.<]

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Dante Kilstrong
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Ven 16 Avr - 0:45

Spoiler:
 

Cette journée avait des allures de rêve. Elle était froide mais ensoleillée, étonnement pleine de lumière. Le ciel se dégageait au fil des minutes comme si quelqu'un, là-haut, dégageait les nuages du revers de la main. La voute céleste prenait des teintes bleutées, rosées et jaunies à la fois. C'était un vrai chef-d'œuvre peint à l'aquarelle, dans des tons pastels. Et sous ce dôme de couleurs magnifiques se déroulait un véritable carnage sanguinolent. Le rugissement d'un loup affamé parcouru la vallée et aurait terrifié bon nombre d'enfants, s'il n'avait pas été poussé par un adolescent mal léché.

- « ABRUTI DE ROUX! »

------------------

Dante avait calmé son allure en arrivant aux portes de la Cité Haute. Anthélima était paisible, ce matin. Alors pour profiter du bon temps et de l'heure qui allait s'écouler, il se décida à faire de petits pas, pour glisser lentement sur l'air si frais. Dans une position qu'il trouvait particulièrement agréable, il se laissa entrainer dans la folie des rues, tournant à tout va, passant d'un quartier à l'autre. Personne n'était encore levé, à une telle heure. Du moins, pas dans ce coin de la ville. Plus bas, certes, toute la vermine de Suria s'était réveillée, mais ici, les riches gens profitaient encore des doux bras de Morphée, laissant Dante profiter de l'agréable solitude qui l'emplissait. Agréable? Oui. S'il n'avait pas entendu le vrombissement d'AT's de mauvaise qualité, cela aurait été parfaitement agréable.

Quelqu'un, à quelques rues, zigzaguait nonchalamment, comme lui, sur les petites rues pavées de la Cité Haute. Certes, le bruit ne s'entendait pas vraiment. C'était huilé, du beau rafistolage. Mais les AT's, au son, le gamin aux cheveux blancs avait toujours été capable de savoir si s'étaient celles de coursiers comme lui ou seulement des bas de classe, vendues par-ci par-là. Il doit avouer qu'il en a vu défiler, dans sa jeunesse, des engins volant comme ceux qu'il portait aux pieds en cet instant. De toutes sortes, de toutes marques. Celles qu'il avait enfilées aujourd'hui étaient loin d'être ses préférées, mais pour une balade de santé, elles étaient les plus confortables et les plus résistantes. Il profiterait sans doute de la journée pour s'amuser un peu sur les toits, et les chocs risquaient de se compter par centaines. Casser ses AT's de travail serait comme se casser une jambe. Une mauvaise, très mauvaise idée pour un coursier de sa trempe.

Perdu dans sa divagation, Dante tourna une rue trop tôt. Il ne s'en voulut pas et, au contraire, arpenta la rue venue avec le sourire aux lèvres. Un vrai sourire, paisible, comme il n'en affichait qu'en solitaire. En coin, ses lèvres affinées tirant sur la droite. Il balança ses bras en arrière, fit craquer sa nuque, soulevant son regard vers le ciel. Oui, c'était une bonne journée. Malgré la fatigue qui l'empêchait de respirer pleinement, il sentait l'air quelque peu pollué l'envahir peu à peu. L'air. Sa déesse, là haut, devait avoir décidé que cette journée serait la sienne. Le bruit désagréable des autres AT's se rapprochait, mais Dante n'en tenu pas compte. Il aurait dû prendre son casque avec lui aujourd'hui, pour écouter un peu de musique. Mais en mission, il ne le faisait jamais et malgré la simplicité de celle-ci, il ne pouvait se résoudre à enfreindre une de ses propres lois.

Ça sent l'huile. Les sens de Dante étaient toujours en pleine action. Sa vue était celui qu'il utilisait le moins, surtout lorsqu'il se baladait sur des routes bien tracées comme celles-ci. Par contre, son odorat et son ouïe étaient des radars qui balayaient sans cesse le périmètre, quadrillant la zone, le rassurant sur ce dont il devait se méfier. Pourquoi n'avait-il jamais heurté quelqu'un de plein fouet? Jusqu'à présent, il avait toujours fait en sorte de renifler les gens qui se rapprochaient un tant soit peu de lui, pour savoir quand il devrait les éviter, les contourner, leur passer au-dessus. Il détestait être un loup, mais il ne pouvait rien faire contre. Alors depuis toujours, il avait décidé de tirer un maximum d'avantages de ce trait horrible de sa personnalité. Wouf. Il grogna. L'odeur de l'huile émanait de derrière lui. Il accéléra le pas, la glissade, dans des mouvements plus vifs et réguliers.

- « C’est toi le chaaaaaaaat ! »

Qu'est-ce que c'était que ce délire? Un pirate, une sentinelle, un ennemi quelconque? Personne n'avait parlé de mission dangereuse! Ou peut-être le prix était-il évocateur de ce détail? En tout cas, Dante ne prit même pas la peine de freiner avant de se retourner. Une pirouette en l'air et il fila comme une flèche sur le chemin qu'il venait de parcourir, à contresens cette fois. Il avait bien senti l'huile, mais elle avait masqué l'odeur de l'humain qui venait de lui dérober de manière très peu subtile la lettre qu'il avait docilement rangée dans sa poche arrière. Pourquoi n'avait-il pas porté plus d'attention à ce bruit qui n'avait cessé de se rapprocher? Ah. Il s'en voulait, ça c'était certain. Même le plus bleu de tous les débutants n'aurait laissé une chose pareille arriver. D'un geste brusque, il se frappa le front, fit glisser sa main sur son visage et prit à droite. Ses bras retombèrent le long de son corps et ses manches glissèrent, couvrant même ses mains, tellement la prise de vitesse fut importante. Il fit tirer ses membres supérieurs vers l'arrière et fléchit les genoux, prenant ainsi une forme plus aérodynamique, plus vive et surtout, plus terrifiante. Sur son visage naquit une drôle d'expression. Il montrait les dents, comme un loup, et fronçait les sourcils à tel point qu'une ride verticale se dessina au-dessus de son nez.

En tout cas, c'était une mauvaise, très mauvaise idée de s'en prendre à Shiroi. Dans le domaine, il n'était sans doute pas le meilleur, mais se rapprochait de ce niveau jour après jour. Il connaissait les chemins par coeur, ainsi que les moindres dénivelés sur les routes, les moindres raccourcis ou déviations. Il prit d'ailleurs à droite en sachant pertinemment qu'il trouverait là une bute suffisamment haute que pour le projeter près de son ennemi, si pas à côté. Et tandis qu'il grimpait à vue d'œil, il ne quittait pas sa cible des yeux. Avec une vitesse suffisante, il atteindrait le toit sur lequel se trouvait le gamin aux cheveux roux. Alors il s'élança, faisant de grands mouvements de jambes et se projeta, lançant ses bras en avant et les ramenant soudainement vers l'arrière. Il prit de l'altitude, quelques mètres, et tandis que son corps fut ainsi malmené par les airs, il savoura, lèvres entrouvertes. Bon dieu que ça faisait du bien, de retrouver son univers. Depuis quand n'avait-il pas fait une course comme celle-là, sans risque de mort?

Parce qu'il avait fait le tour des possibilités. Ça ressemblait à une course et à rien d'autre. Il venait de se laisser entrainer dans le jeu du chat et de la souris, et pire que tout, il y prenait goût. Ça avait fait tilt dans son cerveau, quand il avait quitté la terre pour profiter d'un micro-vol fantastique. A l'arrivée, il fléchit encore un peu les genoux et se redressa quelque peu, inconscient du choc que cela aurait pu occasionner chez d'autres. Il ne sentait plus cela dans ses muscles trop habitués à de tels changements de pression. L'ennemi lui tournait le dos, à deux mètres, seulement. Il pourrait s'élancer comme un loup et le déchiqueter. Mais c'était trop bon, de lui courir après. La montre fit bip. Il restait trente minutes. Le chemin face à eux se dégagea. Il n'y avait plus qu'une étendue de terre, un chemin déserté qu'ils comblèrent de leur présence. La course était finie ou presque, alors pour le plaisir, Dante poussa une pointe phénoménale et rattrapa le rouquin. Et lui passa à côté.

- « Fuck! »

Il n'avait pas prévu ça. Le gamin venait de lui jouer un coup que Dante ne serait pas prêt d'oublier. Il rectifia aussitôt sa trajectoire, toujours sans freiner, à sec. Son pied gauche pivota, l'autre grimpait déjà. Parce que ce genre de petites pentes, il avait plus souvent l'habitude de les dégringoler à toute vitesse que de les grimper comme un mollasson. La dernière fois qu'il avait prit celle-ci, c'était au tout début de son entrainement. Il avait dévalé la Cité Haute de son sommet jusqu'à...Très, très bas. Son hurlement avait dû réveiller bon nombre de gens à l'époque. Il ricana intérieurement. Ce souvenir était bon et rare. Il releva la tête. Ses pupilles se dilatèrent aussitôt. Le gamin faisait un geste qui leur couterait cher à tous les deux. Il le vit juste faire son virage en tête d'épingle et retomber dans sa direction, à la vitesse du son. Alors dans un réflexe presque humain, Dante se protégea de ses bras et eut le temps de fermer les yeux lorsque l'impact eut lieu.

PAF. BOUM. CRAC.

Mauvaise qualité, ces AT's. Il l'avait dit. Ils étaient en chute libre à présent, ou presque. Comme s'ils avaient sauté d'un aérostat avec comme parachute un sac en plastique. Ses AT's, heureusement, ne l'avaient pas lâché, même lorsque le poids infligé avait considérablement augmenté. Mais elles étaient incapables de supporter plus longtemps le poids de deux êtres. Quand bien même le moteur ne lâchait pas, il ne les porterait pas non plus. La rencontre avec le sol serait plus que douloureuse, dans moins de quelques mètres. D'un coup de pied, le garçon albinos enclencha le second moteur, comme un motard aurait donné un coup de jus à sa bécane.

A quoi ça sert d'être coursier quand on ne peut même pas profiter des avantages, s'était-il dit un jour, lorsqu'il avait trafiqué une paire de ces fameux jouets volants pour leurs foutre un deuxième moteur, plus puissant. Il pourrait voler plus haut, sauter de plus haut, faire un tas de choses tellement plus drôles. Ça ne donnerait pas plus de vitesse, mais plus de puissance. Ce serait tellement cool, il volerait plus longtemps.

Bon sang, ce qu'il pouvait s'adorer, à l'instant même, d'avoir été si insouciant dans sa jeunesse. Le second moteur s'enclencha dans un crachotement paisible. Cela faisait longtemps qu'il ne les avait plus utilisées. Elles en avaient vécu des vertes et des pas mures avec lui, sur cette même pente. Et elles lui sauveraient la vie aujourd'hui, ou tout du moins une jambe. La chute se ralentit, tandis que le loup faisait ce qu'il pouvait pour garder ses pieds en direction du sol pour maintenir une trajectoire droite. Il tenait du bout de ses griffes le pantalon du garçon qui se déchirait. Ah et puis, c'était de sa faute. Sous l'impact, Dante s'était protégé à sa façon. Le loup s'était mis à grogner en lui. Le sol se rapprochait, il n'était plus qu'à un mètre. Presque assommé, Shiroi lâcha le gamin qui n'était pas dans un meilleur état que lui mais qui, heureusement, était en vie. Et par chance, peut-être qu'il n'aurait pas vu la taille phénoménale des griffes que Dante rangea soigneusement avant de poser ses mains sur son visage.

- « Abruti de roux! »

Les AT's touchèrent à peine le sol que le pied droit de Dante se redressa vivement, filant droit vers le crâne du gamin écrasé sur le sol. Il ralentit légèrement, parce que Blanche neige n'était pas une brute, mais il lui flanqua malgré tout un grand coup d'AT's derrière la tête, alors qu'il se tenait le front des deux mains, cachant une grosse bosse bien douloureuse. Le coup eu pour effet d'éteindre les deux moteurs, octroyant un peu de silence au pauvre Shiroi dont la tête raisonnait comme une cloche. Et puis d'abord, je suis un loup, pas un chat.

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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Ven 16 Avr - 22:10

Il ne pouvait pas décrocher ses yeux du sol qui ne cessait de se rapprocher à une allure cependant beaucoup plus raisonnable. L’homme l’avait rattrapé par la ceinture et la bande de cuire s’incrustait dans son ventre. Eliote aurait sans doute pu se redresser, réenclencher le moteur de ses AT’s et regagner la terre ferme par lui-même mais le sang qui battait ses tempes l’avait plongé dans un état végétatif. Le choc avait été rude, il sentait encore les genoux de l’albinos rentrer violement en contact avec son thorax, lui coupant le souffle. Sa respiration était hachurée et tous ses muscles crispés par la peur de l’impact. Il sentait des sueurs froides dévalées son dos et les poils de ses jambes se dresser, le contrecoup de l’émotion. Brusquement, son corps chuta de quelques millimètres : une des lanières qui retenaient sa ceinture venait de lâcher, il ne doutait pas que ses congénères suivraient bientôt. Elles n’en eurent pas le temps, l’autre écourta sa descente d’un bon mètre : un nouveau coup pour ses avants bras et sa tête qui heurtèrent durement la terre battue.

« Abruti de roux ! »

Il poussa un gémissement plaintif et tenta de se relever laborieusement, un coup d’AT’s dans sa boîte crânienne finit de le clouer au sol, le plongeant dans un état proche de l’apoplexie. Il voyait trouble, sa tête le lançait affreusement et la lumière bien trop forte de l’aurore lui brulait les pupilles. Il sentait le sang chaud couler jusque dans son cou, presque invisible sur ses cheveux carmins. Malgré sa migraine, il souleva le bras pour tâter la bosse à l’arrière de son crâne : ce simple geste lui demanda un effort surhumain et lui fit étouffer une plainte douloureuse.

« Et ta grand-mère, blanc bec ! articula-t-il d’une voix rauque. »

Il se retourna pour appuyer son dos à la côte, le papier de la lettre frottant sur ses abdominaux : au moins ne l’avait-il pas perdue en cours de route. Il inspecta les dégâts : ses AT’s n’étaient pas trop endommagées mais la peinture en avait pris un coup, de même pour le moteur qu’il entendait tourner dans le vide. Il tournait toujours, c’était déjà ça ; il ne fallait tout de même pas envisager une nouvelle course poursuite. Ses avant bras étaient dans un sale état, une flopée de bleu commençait déjà à se former et une entaille saignée abondement sur le membre droit, tâchant son pull. Son jean n’était pas en reste, complètement maculé de boue. Il avait l’air fin !

« T’es pas bien toi ! C’est qu’une lettre ! Qu’est-ce qu’il y a dedans de si précieux ? Une déclaration d’amour pour ta petite amie ? Comme c’est mignooooon ! Tu l’as aspergée de ton parfum et y as scotché une mèche de tes cheveux ? On dirait pas comme ça mais sous ta touffe décolorée –c’est plus la mode d’ailleurs, ça l’a jamais été- se cache un romantique dans l’âme ! Tu veux que je corrige tes fautes d’orthographe ? »

Il passa une main sous son pull pour récupérer le courrier. Il lui jeta un coup d’œil rapide, s’arrêtant sur l’insigne du cachet et l’adresse, il aurait reconnu entre mille le blason et l’écriture fine et serrée de la Tante Marjorie. Enfin tante…l’une des associés de son père dans son « industrie de membres bioniques », en d’autre mots, de son trafic d’esclaves. Il l’avait rencontrée à plusieurs reprises, une femme-secrétaire aux lèvres pincées et à l’esprit étroit : « Les gitans ne sont que des vagabonds sans éducation et sans hygiène ! Enlever leurs enfants, c’est les sauver de la corruption et empêcher la reproduction excessive de leur espèce. Nous agissons pour le bien de la Société. ». Elle organisait sans aucun scrupule des rides dans les camps gitans, récupérant la crème de leurs rejetons ; il ne leur fallait que l’élite ! Des jeunes et des biens faits de leur personne pas encore emportés par la tuberculose. Elle les confiait ensuite au destinataire de la lettre, Oncle David, qui se chargeait de leur « éducation » et de leur transport jusqu’à Kelatolie où Papa Monnin organisait alors des ventes aux enchères réservées aux gratins de la Haute. Et elles montaient haut, très haut ; c’est que les esclaves de leur association étaient réputés pour leur docilité et leurs capacités étonnantes (ainsi que pour leurs attributs animaux parfois affriolants). Eliote préférait essayer d’ignorer d’où venait la plus grande partie de l’argent qui lui permettait de vivre mais en tant que futur PDG, il se devait d’être informé un minimum. Bien sûr, les petites magouilles de son père et de ses compères ne devaient en aucun cas s’ébruiter : pas qu’ils risquaient la prison, le Conseil était plutôt laxiste avec eux (c’était fou ce qu’on obtenait avec des pots-de-vin !), ils craignaient surtout pour leur réputation. Alors que faisait cette lettre dans les mains de l’autre ? Car elle contenait sans doute bon nombre d’informations compromettantes, la Tante Marjorie n’écrivait jamais par plaisir et Oncle David n’était pas homme à s’intéresser aux racontars de la Haute. Eliote n’avait aucune idée de qui pouvait bien être l’albinos, un sbire d’une quelconque famille rivale qui désirait les voir plonger ? Il n’avait qu’une certitude, cette lettre et les preuves qu’elle contenait devaient disparaitre.

Il resserra sa poigne sur la lettre et l’enfourna dans sa bouche. Il mâcha pour activer sa salive et rendre les écrits illisibles. Un gout de cire envahit sa bouche, il fronça le nez et se forca à mastiquer plus vite. Il finit par déglutir bruyamment. Personne n’irait plus chercher la lettre là où elle était.

« Oh pardon ! Ton parfum sentait tellement bon que je n’ai pas pu me retenir, j’ai mangé ta lettre d’amour… Je t’en écrirai une mieux, va ! La niaiserie ça me connait. Maintenant tu vas me dire à qui va ton cœur sans faire d’histoire, d’accord ? Tu bosses pour qui l’Albi ? grogna-t-il en l’attrapant par la manche. »

Sans doute n’avait-il pas l’air des plus impressionnants fagoté comme il l’était mais Eliote était on ne pouvait plus sérieux. Toujours quand ça concernait sa famille. Alors à moitié mort ou pas, il ne lâcherait pas l’affaire, quitte à ne plus être mort qu’à moitié.

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Dernière édition par Eliote Monnin le Sam 26 Juin - 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Mar 8 Juin - 23:09

*tac... tac... tac... tac... tac...*

Ses pas sont silencieux, mais pas sa canne. Le bruit sec qu'elle produit s'entend d'assez loin - mais les deux jeunes hommes en pleine querelle n'y prêtent pas attention.

*schrchttipti - et c'est donc avec plaisir que nous retrouvons notre repor -schrrrchr- pour une enquête spéciale sur les-*

Son doigt glisse sur le bouton, et la radio s'arrête. Ça tombe bien, les enquêtes spéciales, ça ne l'intéresse pas. Seules ses propres enquêtes spéciales l'intéressent. L'arrêt soudain de ce grésillement n'a pas non plus été noté par les deux garçons.

*pfffffffffffffffff...*

La fumée, lambeau immatériel d'une couleur violacée plutôt inquiétante, s'échappe de sa bouche, et vient paresseusement traîner dans son sillage, alors qu'il se rapproche de plus en plus des agitateurs... si proche, si proche... Ils en sont maintenant au contact physique, et leurs regards ne distinguent pas leur environnement...

D'un geste vif, il pose sa radio en bandoulière et sa canne au sol, resserre ses dents sur sa pipe - puis attrape les deux morveux par les cheveux, les écartant de force. Un vieux corps, mais habitué à en bouger d'autres - et les deux énergumènes se retrouvent le derrière par terre, à regarder...

... un aveugle. Qui semble les examiner.

"Un drôle de coeur s'il en est que tu as là, mon garçon... pas naturel, c'est le moins qu'on puisse dire..." dit-il, la tête tournée vers Dante.

Puis, levant ses paupières pour faire apparaître des yeux intégralement noirs, il se retourne vers Eliote :

"Et le petit affamé... curieux et renseigné... marrant que tu connaisses la vieille toute raide aux lèvres pincées..."

S'écartant des deux clowns matinaux, il remit sa radio sur son épaule, et canne en main il repartit, avec un vague "Et soyez plus silencieux la prochaine fois, je garde un œil sur vous..."

Un nuage de fumée plus tard, et l'Aveugle a disparu - hors de vue.




[Je me suis permis d'intervenir pour pimenter le dialogue en donnant une info sur l'autre à chacun de vous - si ça ne vous convient pas, je supprimerai Wink ]

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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Sam 26 Juin - 18:47

- « Et ta grand-mère, blanc bec ! »

Dante appuya un peu plus ses mains sur son crâne. C'était ça ou sauter sur le nabot et le secouer comme un prunier pour lui donner une bonne leçon. Enfin, cela n'aurait sans doute pas été nécessaire, puisqu'ils venaient tous les deux d'être punis comme il le fallait : La douleur du choc persistait bel et bien, et ne cesserait pas avant un sacré bout de temps.
Le blanc bec relâcha pourtant la pression qu'il appliquait sur ses bosses et laissa mollement retomber ses bras qui, endoloris, craquèrent quelque peu. De nombreuses égratinures marquaient sa peau blanche de longues traces rouges. Le contraste était choquant, mais le gamin n'y fit que peu attention. Ça ne saignait pas, donc il n'y avait pas le moindre soucis pour lui. Mais l'autre saignait, ce qui força Dante à esquisser un pas en arrière, dégoûté par l'odeur. Il ne pensait pas y avoir été aussi fort, en le frappant avec son AT's.

- « T’es pas bien toi ! C’est qu’une lettre ! Qu’est-ce qu’il y a dedans de si précieux ? Une déclaration d’amour pour ta petite amie ? Comme c’est mignooooon ! Tu l’as aspergée de ton parfum et y as scotché une mèche de tes cheveux ? On dirait pas comme ça mais sous ta touffe décolorée –c’est plus la mode d’ailleurs, ça l’a jamais été- se cache un romantique dans l’âme ! Tu veux que je corrige tes fautes d’orthographe ? »

Mais, finalement, il ne regretterai pas son geste. Au contraire, l'envie soudaine de frapper l'autre une seconde fois fit bouillir le sang du loup qui, serrant les poings, parvint à se contrôler. Quand bien même, cette histoire de petite-amie aurait pu le faire rire - Une petite-amie? Très peu pour lui. Mais il était allé trop loin, en parlant de ses cheveux. Décolorés? Il ressemblait vraiment à ces fils de riches incapables de rester à leur place en étant bien sages, qui risquaient leur vie et celle des autres en jouant à chat avec des inconnus et qui, sincèrement, n'avaient pas une couleur de cheveux habituelle non plus? Roux, selon lui, ce n'était en rien une couleur naturelle. Il fallait être un fameux boulet pour se pavaner en ayant cette couleur de cheveux - et se moquer de celle des autres.

- « T'as fini, gamin? Rends-moi cette lettre maint...»

Sous le coup de la surprise, la voix grave du loup resta en suspend. C'était à la fois un spectacle amusant, suspect, fou, inattendu et très...Très gênant pour les affaires de Dante. Ce gamin ruinait son business, en bouffant une lettre qui à priori, n'était rien de plus qu'une lettre. Un amas de mots sur un papier blanc, dans une enveloppe scellée par un cachet de cire. Voilà tout.
Et les rêves de repas délicieux dans des restaurants hyperclasse s'envolèrent en fumée lorsque le gamin avala le mélange succulent que devait être le papier, l'encre, la cire, les produits toxiques et, évidemment, la salive.
A l'intérieur de la caboche du loup, tout sembla faire une pause. Un retour en arrière s'imposa, il revit la scène. Et seulement alors, son corps eut un déclic. Les paroles de l'autre abrutis soufflèrent comme du vent à ses oreilles. Il n'écouta rien. Son sang n'eut pas le temps de faire un tour, que Dante se jetait sur lui, à genoux au-dessus de sa proie.

- « RECRACHE ÇA TOUT DE SUITE! Aller, rends-moi ce courrier, rends-le, rends-le! »

Il tenait le môme par les épaules, le secouant comme un prunier et se fichant pas mal du fait que le crâne du gamin heurta ou non le sol à plusieurs reprises. Il hésita à le secouer encore un peu, mais trop agité et aux aboies que pour réfléchir plus longtemps, il posa sa main gauche sur le sternum du rouquin, le plaquant au sol avec une force inattendue - celle du désespoir.
En une micro-seconde seulement, l'ongle de son index droit devint une griffe, une lame telle celle d'un sabre, affinée, sculptée.
Ce devait être le sang qui lui montait à la tête. Un peu plus un peu moins, maintenant que l'odeur le gênait, cela lui importait peu. Il devenait fou.

Ou pas du tout. En réalité...Il essayait juste de faire peur au gosse. Jamais un tel excès de rage ne parcourrait le corps du loup, il se l'était promis bien souvent. Certes, il est réactif, colérique. Mais pacifiste, quoiqu'il advienne. Et faire du mal à l'autre ne lui passa pas par l'esprit.
Oh non, il avait imaginé bien pire. Une confrontation avec le destinataire de la lettre serait sans doute le moment le plus horrible de la vie du petit roux.
Malgré tout, s'il pouvait récupérer au passage sa lettre, cela l'arrangerait bien. C'est pourquoi au moment même où son air devint celui d'un possédé enragé, il posa la pointe de son ongle sur le torse tremblant du môme. Un sourire macabre étirait ses lèvres, dévoilant sa dentition...Tout à fait normale.

- « Ne crains rien, tu ne vas rien sentir...»

Et en effet, il ne sentit rien.
Dante, cependant, eut l'impression que la douleur du choc ressurgissait, plus violente encore, à l'arrière de son crâne. Étrange d'ailleurs. Il se sentait s'éloigner du corps de sa futur victime, attiré par quelque chose qu'il ne parvint pas à identifier au premier coup d'œil. Il se débattit seulement après quelques secondes, le temps de ranger sa griffe proéminente.

- « Aïe, aïe! Lâchez-moi, vieux shnock! »

Retombant sur ses fesses, Dante hésita à bouger de nouveau, lançant simplement un regard menaçant à la saleté de roux dont l'acide gastrique commençait déjà à ronger la lettre.
Il reporta son attention sur ce qui l'avait empêché de mener son plan à exécution, et une nouvelle surprise le laissa sans voix.
Un vieil homme au regard perdu, dont l'air semblait plus alerte qu'égaré, venait de les séparer, sans brutalité mais avec une certaine violence malgré tout. Il scrutait les deux garçons, comme s'il avait été capable de lire en eux, de les sonder en un battement de cils. Face à ce viol, le regard bleu du coursier vira sur le côté, soudain mal à l'aise. Sa colère était retombée comme un soufflet.

- « Un drôle de cœur s'il en est que tu as là, mon garçon... pas naturel, c'est le moins qu'on puisse dire...»

Le loupiot resta sur les fesses, aussi bien au sens littéral qu'imagé. Ces mots le marquèrent au fer rouge, et il fut incapable d'esquisser un nouveau geste.
Qui était-il, pour dire de telles choses, des mots qui ont une si grande portée qu'aucun homme ne devrait avoir l'occasion de les prononcer? Se rendait-il seulement compte qu'il venait de précipiter Dante dans un profond et douloureux souvenir? C'était impossible à dire.
Quant à Dante? Il en avait le souffle coupé, les pupilles dilatées. Terrifiant souvenir que voilà.
Mais ce ne fut pas tout. La déclaration suivante concernait l'autre gamin, et même si elle était moins brutale, elle fut tout aussi révélatrice.

- « Et le petit affamé... curieux et renseigné... marrant que tu connaisses la vieille toute raide aux lèvres pincées...»

La dame de la mission? Dante se ressaisit. Il prit une poignée de terre dans sa main et la broya, en silence. Avant de replier les jambes pour se relever. De toute sa grandeur, il regardait Eliote de haut, mordant sur sa lèvre inférieure pour ne pas précipiter le vieux dans les fourrées de bord de route. Zen.
Il relâcha la terre qui, sous le souffle de vent, s'envola dans un voile de poussière.

- « Et soyez plus silencieux la prochaine fois, je garde un œil sur vous...»

Ce fut la première fois que le son de la radio parvint au gosse aux cheveux blancs. Le jeu de mot ne le fit d'ailleurs pas rire. Le vieux qui s'en allait à petit pas ne fit aucun autre commentaire, comme si, heureux d'avoir gâché une conversation et bien d'autres choses, il s'était dit que son rôle était terminé.

- « Ne bouge pas, toi. »

La réaction n'avait pas tardé. Il avait juste attendu quelques secondes, le temps que le vieux ne soit plus à portée de main, pour poser la sienne sur le crâne du rouquin, toujours assit par terre. Il s'appliqua quelque peu, d'ailleurs, pour ne pas poser sa main dans le sang, et encore moins sur la blessure, mais malgré tout, il finit par retrousser ses narines et à tousser, entièrement dégoûté de cette odeur.

- « Maintenant que tu as bien bousillé ma mission, tu vas me dire d'où tu connais la vieille mégère, et qui t'as ordonné de détruire sa lettre et...Non mieux. »

Il y avait dans ces paroles comme une impression de déjà vu, avec un léger retournement de situation qui, étrangement, était bien plus propice à Dante qu'auparavant. Comme quoi, l'apparition de ce petit vieux n'avait pas fait qu'emmener des problèmes supplémentaires. Il avait apporté quelques solutions, bien utiles.
C'est avec cette idée que Dante s'abaissa, saisissant le gamin par le col de son haut. Sans aucune délicatesse, comme un soulève un sac à patate, il redressa le gamin. Il le jaugea rapidement, grimaçant à la vue du sang, et finit par hocher la tête.
Le même sourire carnassier et narquois repris position sur son visage, effaçant de ses pupilles toute trace de frayeur.

- « Tu vas m'accompagner, régler ça avec elle...Quoique non. Autant en parler en compagnie de monsieur Marconi. Il sera ravi de te recevoir comme petit cadeau...»

Sans plus attendre, il empoigna le rouquin par la taille et le souleva du sol, le plaquant sur son épaule, tête et pieds en bas.

- « Appelle moi Shiroi. Je vais être ton pire cauchemar à partir de maintenant. »

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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Jeu 8 Juil - 3:36

Et sa tête heurta violemment le sol, encore. S’il ne ressortait pas de cette rencontre avec un traumatisme crânien, c’est qu’il était béni des Déesses. L’autre semblait prendre un malin plaisir à le plaquer au sol, sa main sur son sternum l’empêchant de respirer correctement. Il se retrouvait la bouche grande ouverte à essayer de happer l’air, remuant les jambes et tirant sur les cheveux immaculés pour se dégager.

« Tu vas la récupérer ta lettre, attends juste la fin de mon transite intesti…siffla-t-il, interrompu par l’apparition soudaine d’une griffe acérée un peu trop près de sa gorge. »

Il la fixa, interloqué. Et soudain, l’étrange griffure dans son bas du dos reçue lors de leur chute un peu plus tôt pris tout son sens. Le type a des serres à la place des ongles, et rétractables qui plus est. Un hybride.
Eliote détourna son regard de la main pour tomber sur le sourire carnassier du matou (griffes rétractables, c’était l’évidence même pour Eliote, il était un félin).

« Woh ! Tout doux l’Albi ! Pas de gestes brusques ! Jeux de mains, jeux de vilain : ta mère ne te l’a jamais dit ? »

La légère piqure sur son torse répondit à la question. La réplique de l’hybride ne fit rien pour le rassurer. C’était un mauvais plan ! Il lui fallait trouver une échappatoire, juste de quoi le distraire quelques instants pour pouvoir filler. Et comme disait le vieille adage : « Si rien ne marche, visez les yeux ! Si c’est un homme, visez plus bas… ».
Il n’eut pas le temps de lever le genou qu’une poigne solide lui agrippa la tignasse, le trainant sur le sol pour l’éloigner de son comparse qui subissait le même traitement. Eliote poussa un cri aigu, surement avait-il laissé une petite touffe rousse dans la main du vieux. Il se frotta l’arrière du crâne, grinçant des dents en heurtant sa bosse. Il redressa la tête, tombant d’abord sur le visage antipathique de Blanche Neige. Il eu l’envie soudaine de lui arracher l'oreille mais le regard de l’hybride qui se détourna du sien lui fit tourner la tête vers le nouveau venu. Un vieux tout courbé et usé par le temps semblait les fixer sans les voir, yeux fermés. Devant eux se dressait un étrange prophète dont la sagesse mettait mal à l’aise Eliote, préférant se concentrer sur les grandes mains ridées aux vaisseaux sanguins apparents.

« Un drôle de cœur s'il en est que tu as là, mon garçon... pas naturel, c'est le moins qu'on puisse dire... »

Le visage tourmenté de l’autre lui confirma que le vieux avait vu juste, renseignant Eliote sur ses origines. Un hybride…artificiel ? C’était le premier qu’il rencontrait, du moins à qui il adressait la parole. Les gens de son espèce ne manquait pas sur le bord des routes ni dans les cuisines de la Haute, en bonne main d’œuvre servile. Sans doute son voisin avait-il eu plus de chance. Réduit à voler des lettres, c’était toujours mieux qu’à récurer des marmites.

« Et le petit affamé…curieux et renseigné…marrant que tu connaisses la vieille toute raide aux lèvres pincées...»

Le dit affamé était plongé dans les deux abysses noirs qui servaient d’yeux à l’homme. S’il l’avait trouvé étrange les yeux fermés, il le trouvait maintenant carrément flippant. Il sentait des frissons remontés le long de son dos. Il ne put que le regarder s’éloigner, geignant un petit « Pensez à la greffe de cornée plutôt ! » mais l’Aveugle était déjà loin.
La main de l’autre sur sa tête le sortit de sa rêverie.

« Ne bouge pas, toi.
-Du calme p’tit minet ! Te défrise pas les moustaches, où tu veux que j’aille ?

-Maintenant que tu as bien bousillé ma mission, tu vas me dire d'où tu connais la vieille mégère, et qui t'as ordonné de détruire sa lettre et...Non mieux, fit-il en l’empoignant par le col, le redressant soudainement, un sourire narquois aux lèvres. Tu vas m'accompagner, régler ça avec elle...Quoique non. Autant en parler en compagnie de monsieur Marconi. Il sera ravi de te recevoir comme petit cadeau... »

Hé ? Alors il connaissait sa tante et son oncle ? Il eu subitement envi de se fracasser le crâne contre le sol…un coursier. Et il voulait le trainer devant Oncle David ! C’était le moment de se tirer en vitesse, Oncle David savait être très vindicatif quand on nuisait à son business…
Mais il n’eu pas le temps de faire un pas qu’il se sentit décoller du sol pour se retrouver sur l’épaule de l’hybride.

« Appelle moi Shiroi. Je vais être ton pire cauchemar à partir de maintenant.
-Modeste le Shiroi en plus de ça, c’était pas l’inverse pour le moment ? Et bien vas-y, traine moi devant mon oncle, je suis sûr qu’il accueillera le bourreau de son neveu les bras ouverts !
»

Eliote essayait de se convaincre lui-même de ses mensonges. Après tout, Oncle David le connaissait depuis le berceau…il avait même passé des vacances chez lui. Il avait aussi le souvenir d’une photo de lui entrain de lui faire faire l’avion (elle trainait dans le tiroir à trésor de sa mère), certes, il avait légèrement abusé de la boisson ce jour-là mais l’alcool ne révèle-t-il pas la nature profonde de l’Homme ?
Mais tout ça, Shiroi ne le savait pas. Ça allait se jouer au bluff.

« Mes intentions étaient louables ! J’essayais de protéger des informations précieuses d’un vil mercenaire. Et même si ce n’est pas le cas, qui croira-t-il ? Son mignon petit neveu en sang ou un étrange inconnu pâlichon ? Range tes griffes gros-minet et feule tout ton soul, la fête est finie ! Repose moi par terre ! Si tu obéis sagement, je t’offre une boîte de sardine marinée. Tentant, non ?

Il gigota un peu, mal installé avec l’épaule osseuse du coursier appuyant sur son estomac. Il fit descendre sa tête un peu plus bas de sorte que l’os appuya maintenant sur ses abdominaux. Dans son mouvement, sa poche kangourou se vide, laissant tomber tout son contenu : une boîte de chewing gum, une sucette à la pomme, Chandler l’Ordinateur, un mini tournevis pour AT’s, ses clés et de la petite monnaie. A la vue de ses biens s’écrasant au sol, Eliote ne put que prier pour que Chandler y résiste et que Blanc Bec n’ait pas l’idée d’aller fouiller dans celui-ci.

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Dante Kilstrong
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Ven 11 Fév - 17:55

(Quoi, comment ça, j'ai des mois et des mois de retard? Je vois pas de quoi tu parles...

T.T Si tu es toujours partante pour RP avec la misérable personne que je suis...)


Un léger courant d'air soufflait sur la Cité Haute. Il balayait les brins d'herbe et les grains de poussières, soulevait les touffes de cheveux et gonflait les vêtements. Voltigeant autour des collines, la brise apportait les doux tintements d'un clocher, au loin, qui sonnait une heure quelconque.
Une montre, quelque part au beau milieu des fourrées, émit un tintement moins délicat. L'heure était passée.

L'air sombre, l'homme aux cheveux blancs cessa de marcher. Il sembla, pendant un instant, qu'une autre idée lui était venue à l'esprit. Pourtant, ce n'était en rien le cas. S'il s'était si soudainement arrêté, ce n'était que pour s'assurer, en comptant les gongs, qu'il venait officiellement d'échouer à une mission d'une simplicité déconcertante. En bref, il était à présent relégué au rang de sous merde, de pire coursier de tout Suria.
Il ne laisserait pas passer cet affront.

« Modeste le Shiroi en plus de ça, c’était pas l’inverse pour le moment ? Et bien vas-y, traine moi devant mon oncle, je suis sûr qu’il accueillera le bourreau de son neveu les bras ouverts ! »

La voix grinçante l'irrita plus que jamais. Un grincement singulier émit par le frottement de ses dents se fit entendre, lui arrachant un frisson déplaisant. Cependant, il esquissa un sourire. S'il était un mauvais menteur, il ne pouvait pas en dire moins par rapport à la prestation désastreuse dont venait de faire preuve le rouquin.
Pourtant, il était dur de deviner sur quel point il mentait, même pour Dante. Mais ça ne l'empêcherait pas d'en prendre profit.

« Mes intentions étaient louables ! J’essayais de protéger des informations précieuses d’un vil mercenaire. Et même si ce n’est pas le cas, qui croira-t-il ? »

Vu de cet angle, il était possible et presque normal que le gamin se mette Mr David dans la poche. Enfin, c'est ce que se fit l'Albinos - Oh, mais non, il n'est pas albinos voyons! - durant un millième de seconde, se rappelant qu'il avait toujours la vieille harpie comme preuve, si elle ne mourrait pas entre temps.
Sur son épaule, Dante replaça le corps de l'asticot qui se débattait, plaçant son os de façon à ce que ça fasse mal.
Très mal.

« Son mignon petit neveu en sang ou un étrange inconnu pâlichon ? Range tes griffes gros-minet et feule tout ton soul, la fête est finie ! Repose moi par terre ! Si tu obéis sagement, je t’offre une boîte de sardine marinée. Tentant, non ? »

Il prit une grande inspiration, nécessaire pour garder son calme, et reprit sa marche, le sourire revenu sur ses lèvres rosées.
Jusqu'à ce qu'il fut à nouveau stoppé, cette fois non pas par une réflexion personnelle, mais bien par une nouvelle imbécilité perpétrée par le roux.

« Tu ne peux pas la fermer, et rester calme trois secondes, stupide gosse? »

Son pied se souleva du sol, se posa sur un objet inconnu tombé tout droit de la poche du roux et qu'il allait écraser sans vergogne. Puis il se souleva à nouveau et se reposa sur le sol, tandis que Dante jetait un regard en biais à ce qu'il portait sur l'épaule.

« T'y tiens, à ce truc? »

Vu la tête de constipé et la contraction soudaine des abdominaux, la question était inutile. Mais plus qu'une réponse, c'était la réaction, que Dante attendait. Avec un malin sourire, il posa le pied sur le bord de l'objet rectangulaire et appuya légèrement. Un craquement de plastique se fit entendre.
Le loup jubila un peu, mais son but n'était pas de briser cet instrument qui semblait...Particulièrement intéressant. Alors il appuya encore un peu, plus délicatement, de façon à ce que l'objet se soulève sur son flanc et se pose sur la chaussure de Dante - Sur le bord de son AT. D'un léger geste, il parvint à soulever l'objet dans les airs.
Et le saisit lorsqu'il passa à hauteur de sa main.

Le reste, analysé du coin des yeux, ne lui sembla aucunement utile ou attrayant. Peut-être devrait-il récupérer les clefs, histoire de faire une bonne action.
Et puis quoi encore.
Il reprit sa marche, écrasant la sucette et frappant dans les clefs qui glissèrent le long du chemin, lévitant sur un caillou qui, à vue de ses hésitations entre tomber dans le vide ou rester sur la route, ne tarderait pas à s'enfoncer dans l'abîme. Le tremblement provoquée par la lourde posée du talon de Dante sur la terre envoya le tout valdinguer dans le fossé.

« Ah. C'est dommage ça. Si elles ne tombaient pas, j'aurai peut-être été les chercher pour te les rendre. Alors, voyons voir. On a du chemin à faire jusqu'à chez ton oncle, alors pourquoi ne pas jouer un peu avec ce truc? »

Un pied, puis l'autre, sans utiliser des AT's qui n'auraient pas supporté le poids - démentiel - de ce minuscule gamin, le loup se mit encore une fois en route, espérant ne plus devoir s'arrêter avant d'être arrivé à bon port.
Il aurait eu envie de dire qu'il n'était pas un chat mais un loup, et que si ce gosse était un peu plus futé, il l'aurait deviné au premier coup d'oeil. Les oreilles, les griffes, les grognements. Rien de tout cela ne collait avec l'attitude d'un abruti de félin. Sérieusement.
Et tout en pestant contre l'inculture du môme, il démarra l'engin qu'il tenait en main, lui qui se souvenait en avoir possédé un lorsque, plus jeune, il vivait encore avec sa mère.

« C'est horrible, ce genre de trucs. On met toute notre vie dedans et paf, quand le premier chat - MiaOuu - qui passe met la griffe dessus, on a l'impression d'être précipité dans la gueule du loup - RrWaouf! »

Il éclata de rire, pour son imitation désastreuse du chat, animal qu'il détestait par nature. Celle du loup, par contre, aurait filé un frisson à qui aurait su, ou comprit.
Ce qui ne devait pas être le cas de l'imbécile qu'il portait sur l'épaule.

Durant de nombreuses minutes, alors qu'ils descendaient tout deux la colline, Dante fit intrusion dans la vie privée du roux qu'il portait sur l'épaule. Il ne tarda pas à apprendre qu'il se nommait Eliote et que l'appareil portait le doux nom de Chandleur. Le sien, il l'avait nommé Shiroi, à l'époque.
Puis, en devant coursier, on le lui avait confisqué et, sous ses yeux de gosses à peine enfuit de sa prison dorée, quelqu'un dont il ne se souvient ni du visage ni du nom l'avait lancé sur un mur.
Sur le sol, fracassé, gisait son passé. Cet objet démolit et désincarné lui avait fait penser à sa propre personne. Shiroi serait désormais son nom.
Il se doutait que le gosse était de la haute. Un fils de riche, qui avait tout pour lui. L'amour d'une mère et d'un père, de l'argent, une belle vie. Il le méprisa, s'insinua plus encore dans sa vie.

Ils arrivèrent dans une ville toujours calme, et personne ne se troubla de voir le blanc-bec porter Fifi Brindacier sur l'épaule. Certes, ils furent dévisagés, mais personne ne fit rien pour porter secours au plus jeune. Au contraire.
Cela ne dura pas longtemps. Ils traversèrent la rue la plus mouvementée en une demi douzaine de minutes et filèrent au milieu des ruelles désertes.
Puis ils atteignirent un endroit plus calme, qui donnait sur le portail du domaine de Mr David.

« Nous y voilà! Tu te souviens? Cet demeure de ton oncle que tu aimes tant. Prêt? Je sonne! »

Avec un sourire méprisant, il déposa le môme au sol et le coinça contre la grille, le coude enfoncé dans l'estomac déjà douloureux suite au trajet parcouru.
Il chercha une seconde à éteindre l'ordinateur de poche. Son doigt ripa sur une touche, il grogna, puis écarquilla les yeux.

Il n'avait pas encore sonné pour qu'on lui ouvre le portail. En fait, il se redressa, lâcha légèrement le rouquin dont le dos devait à présent s'enfoncer dans les grilles et tourna l'écran de Chandleur dans sa direction.

« Tu veux vraiment aller voir Tonton, ou tu préfères qu'on s'arrange autrement? »

Il souriait, victorieux. La découverte qu'il venait de faire présageait qu'il ferait un bon repas, à midi. Avec des couverts en argent, une nappe blanche à en faire mal aux yeux et de grands verres qui tintent quand on les entre choc.
Oh, bien sûr, il aurait pu profiter de cette découverte pour envoyer le gamin dans les caves de ce sale mec à qui il devait livrer la lettre de la vieille harpie. Mais Dante a un coeur. Et puis, la vie de ce gosse, qu'il connait un peu mieux maintenant...
Disons qu'il préfère ne pas la gâcher.

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Eliote Monnin
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MessageSujet: Re: Ready? Go! [PV Liliotte]   Jeu 12 Mai - 20:07

« C’est fragile, du con ! »

Il serra les dents en le voyant dribler avec Chandler. Même s’il s’agissait d’un des modèles les plus résistants sur le marché – il le fallait bien pour que l’ordinateur survive plus de deux mois entre ses mains maladroites – il préférait ne pas le voir échouer au bas de la falaise comme le reste de ses effets personnels. Il pensa un instant qu’il devrait appeler un serrurier pour rentrer chez lui avant de se souvenir qu’il avait laissé la fenêtre ouverte. Même si ses AT’s étaient mortes, il pourrait toujours passer par le balcon de sa voisine pour entrer ; il pria silencieusement pour qu’aucun cambrioleur n’ait eu la même idée.

Il s’agita encore un peu plus quand l’autre alluma Chandler, se maudissant ne pas avoir mis de mot de passe.

« Bonjour, Monsieur. Chandler pour vous servir. Nous sommes le 12 avril et il est 9h13. La température extérieure est de 14°C.
- C'est horrible, ce genre de trucs. On met toute notre vie dedans et paf, quand le premier chat -
MiaOuu - qui passe met la griffe dessus, on a l'impression d'être précipité dans la gueule du loup - RrWaouf!
-La gueule du loup…tu parles ! D’un clébard voyeur, oui ! Si ça t’excite de mater mes photos, faudrait penser à consulter ! Et arrête de rire, ça me secoue !
»

Sa remarque ne sembla pas perturber plus que ça Shiroi qui continuait sa marche ; le soleil empêchait Eliote de voir correctement l’écran mais Chandler qui énonçait le nom des dossiers lui permit de suivre l’avancée de l’Albinos dans sa vie privée.

« Vos documents…vos images… vos photos…anniversaires. De haut en bas et de gauche à droite : Oncle Marc, Cousin Peter, Grand-mère Bertha, Grand-père René… »

Eliote pouvait maintenant deviner la série des dix-sept photos le représentant lui et toute sa famille dans la salle de réception du manoir de Kelatolie. Quand il était petit, il arrivait à apprécier ces gigantesques réunions où il pouvait encore jouer en public avec ses jeunes cousins, galopant dans toute la maisonnée entre les invités. Mais en grandissant, elles étaient vite devenues un calvaire obligatoire où il fallait supporter les plaintes de Papy René et le nouveau mari de Tatie Violaine. Les dix-sept photos mises côte à côte donnaient un étrange dégradé, chacun prenant bien soin de toujours reprendre la même place que sur les photos précédentes : on voyait ainsi les hommes se dégarnir, les rides se creuser, les gamins pousser (et les maris de Tatie Violaine défiler). La seule chose qui ne changeait pas était le sourire poli de circonstance de toute la famille.

« …Cousine Léopoldine, Cousin Fréderic… »

L’autre finit par changer d’album : « Manoir de Kelatolie » annonça Chandler. Ils étaient revenus sur une route pavée et l’ombre des maisons permettaient maintenant à Eliote de voir l’écran. Il y avait des photos en tout genre : le mariage de ses parents, de nombreuses réceptions, sa mère enceinte de lui avec des valises sous les yeux, sa chambre d’enfant, eux-trois dans le salon juste après sa naissance, lui dans le bain (« Tu profites, hein ? »), lui dans le parc, lui pour ses premiers pas, lui entrain de dormir, entrain de sourire, revenant du temple, avec de la peinture partout, avec des couettes, pour son premier jour d’école, avec Marcel dans les bras, avec son doudou, le pouce dans la bouche…Il se donnait l’impression d’être un peu narcissique et il ressentit le besoin de se justifier.

« Euh…c’est ma mère qui adore prendre des photos de moi, j’y suis pour rien ! Ma mère, c’est la rousse, enfin auburn gris maintenant, ça lui réussi par la cinquantaine…Il parait que je lui ressemble mais moi, je trouve pas, à part les cheveux bien sûr. Oh ! Là c’est mon canard de compagnie, il s’appelle Marcel. Il est meugnon, hein ? Mais il pince, c’est une horreur ! Ah ! Et elle là, c’était ma fiancé de l’école primaire, j’avais des goûts euh…particuliers. Je crois qu’elle s’appelait Paloma, Paola, Paulina, un truc du genre…»

Eliote aimait bien parler de sa vie, pas parce qu’il la trouvait particulièrement intéressante mais plus parce qu’il aimait parler. Et il pouvait être intarissable quand il s’agissait de sa vie. Et il sentait présentement le besoin d'alléger un peu l’atmosphère, il n’appréciait par particulièrement son tortionnaire mais le silence qu’il y avait eu entre eux pendant les dernières minutes avait été pesant. Il avait aussi le maigre espoir que son incessant bavardage finisse par lasser l’Albinos, il le relâcherait alors et le roux n’aurait pas à expliquer à Oncle David qu’il avait mangé sa lettre. Tout était de la faute de ce coursier, il n’avait qu’à mieux défendre son courrier. Il faudrait d’ailleurs qu’il demande plus tard le nom de sa compagnie pour ne jamais faire appel à elle pour ses colis personnels.

Ils finirent par arriver devant le manoir et le dos d’Eliote rencontra violement la grille. Il siffla quand le coude s’enfonça dans son estomac et il chercha à se dégager.

« De haut en bas et de gauche à droite : Abominable Oncle David »

Il se stoppa et tourna la tête soudainement vers Shiroi qui souriait, victorieux. Sur l’écran, une magnifique photo d’Oncle David retouché par ses soins pour en faire le parfait Croquemitaine.

« Tu veux vraiment aller voir Tonton, ou tu préfères qu'on s'arrange autrement?
-C’est pas ce que tu crois, c’était juste pour rire. Oh et puis merde ! Si tu veux tout savoir, non j’ai pas envie d’y aller. Il va sans doute m’engueuler, me tirer les oreilles, le dire à mon père qui va sans doute aussi m’engueuler et me tirer les oreilles. Ca va être chiant, ça va être long donc non, j’ai pas envie. Je veux bien qu’on fasse un deal mais je vois pas trop comment. Parce que, si j’ai vais pas, comment tu vas expliquer la disparition de la lettre ? Moi il m’engueule, toi il te dépèce !
»

Il se penche vers Shiroi et ajoute plus bas :

« Ce type est un malade, il voudra jamais croire que tu l’as perdue, cette lettre. Il va te torturer jusqu’à ce que tu lui dises la vérité, ou plutôt une vérité crédible pour lui. Alors comme je suis généreux et plein d’altruisme, je veux bien me résigner à mon sort pour te venir en aide. Ne me dis pas merci surtout ! A moins que tu ais une autre idée… »

Il désigna la sonnette du menton. Il avait plutôt joué finement sur ce coup, Eliote n’était pas avare mais il préférait tout de même sauvegarder ses précieuses économies, surtout maintenant que l’autre en connaissait l’étendue. Ne jamais devoir quelque chose à un prolétaire.


[Après tant de temps, je réponds enfin un truc très médiocre <.< Il serait temps qu'on finisse ce topic, hein !]

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